L'ABDOMEN DU PAPILLON
des tarses, à côté et au dessus des crochets. Ainsi oo voit ces parties chez les Nymphalides (âg. 22).
Quant aux relations desdits appendices entre eux, il faut noter que les crochets sont articulés en haut avec le tégument corné du dernier article du tarse même, mais en bas sur une petite lame séparée de ce tégument, articulant avec le dernier article du tarse dans l'intérieur de celui-ci. Cet article est découpé en bas profondément pour recevoir cette lamelle libre, et sur elle viennent s'articuler les crochets avec leur angle basai inférieur. La petite plante et les paronyches sont des appendices de cette lamelle portant les crochets, laquelle est généralement divisée en trois pointes externes par deux incisions de la bordure libre postérieure. La plantule est un appendice de la pointe médiane, et les deux paronyches sont les appendices des deux pointes latérales de ladite lamelle ; de la prolongation plus ou moins forte de l'un ou l'autre appendice proviennent les différentes modifications du type général commun de la terminaison des tarses des papillons.
La dernière portion principale du corps du papillon, l'abdo men (abdomen), est la plus simple des trois parties constitutives, et seulement différente par sa grandeur dans les divers groupes. Il est composé de neuf anneaux, dont le dernier, le plus petit, est généralement rétréci dans le précédent, laissant voir seulement huit ou sept, par l'umon des deux pénultièmes. Sa figure générale est presque cylindrique, atténuée en pointe à 1^ fin, et un peu renflée au milieu, imitant un ovale allongé, principalement chez les femelles de chaque espèce. Les anneaux sont composés chacun de deux arceaux, un supérieur plus gi^nd, qui embrasse l'inférieur plus petit de ses deux côtés externes, unis entre eux par une membrane mince, flexible, comme aussi les anneaux mêmes, laquelle membrane permet ^iie dilatation générale de l'abdomen d'après les différentes auditions de la vie. Les deux arceaux sont nommés d'après leur position, le supérieur le dorsal (segmentum dorsale), l'inférieur le ventral (segmentum ventrale). Pour cacher la membrane conjonctive molle, chaque anneau antérieur surmonte un peu sur le postérieur suivant, et par ce mécanisme on ne voit plus îue la bordure libre postérieure de chaque anneau, frangée généralement avec des écailles plus longues et d'une couleur ^ peu différente des autres. Cet arrangement rend facile à distinguer les anneaux visibles. Quelquefois des épines fortes
sont entremêlées aux écailles, comme chez les Sphingides (fig. 1), pour soutenir mieux les écailles allongées dans leur position juste.
Comparant les anneaux entre eux, il est important de noter que le premier est un peu plus court que le second, se rétrécissant aussi en avant, pour s'unir mieux avec le métathorax. Le second et le troisième deviennent chacun un peu plus grands, et le quatrième Test en général le plus de tous. Après lui chacun diminue un peu de longueur comme de largeur, et enfin le dernier visible se termine peu à peu en pointe, prenant une figure plus ou moins conique. Mais cette terminaison en pointe n'est pas générale; principalement chez les mâles, cet anneau est obtus et Tabdomen plus renflé à^ son extrémité qu'au milieu, prenant la forme générale d'une massue, produite par les organes externes sexuels, contenus dans la cavité inférieure de ce dernier anneau. Le regardant en dessous, on le voit fendu longitudinalement par une scissure, accompagnée à chaque côté par une valvule renfermante. Ces valvules sont plus grandes chez les mâles que chez les femelles, et cachent complètement la cavité inférieure du mâle, laissant ouvert le milieu entre les valvules chez les femelles (voyez pi. IV, fig. 9, A et B), Entre ces deux valvules se trouve dans le fond de la cavité l'ouverture sexuelle, accompagnée principalement chez les mâles par des appendices en forme de tenaille, qui renferme l'organe mâle, le pénis. La femelle n'a pas de semblables appendices, mais une ouverture simple un peu plus grande. En arrière de cette ouverture se trouve le neuvième anneau de l'abdomen, caché aussi complètement entre les valvules du huitième. Cet anneau se présente comme un petit cône, fendu par un orifice à sa pointe, et cet orifice est l'anus, l'ouverture des intestins. Chez. le genre Papilio un crochet corné termine le dernier anneau du mâle en dessus, se courbant sur l'orifice anal, et donne une figure particulière à la pointe du corps masculin, si les valvules refermantes sont ouvertes. Dans beaucoup de Lépidoptères hétérocères, le dernier anneau de l'abdomen est garni d'un épais faisceau de poils longs et fins, qui forment une sorte de queue ou une couronne au contour de l'orifice terminal. Souvent ces poils fins et lanugineux servent à recouvrir les œufs après la ponte; chez d'autres femelles l'orifice sexuel se prolonge en forme de tarière, pour déposer les œufs dans les substances