CONSTRUCTION DES PATTES
frange de poils fins plus ou moins allongés. Si la ligne qui termine ces bords est une courbe presque régulière, sans ondulations, on la nomme la bordure simple ; mais dentée s'il se forme dans le bord des ondulations plus ou moins fortes, soit des arrondies, soit des aiguës. Dans ce cas, les terminaisons des nervures sortent au dehors de la bordure de l'aile, conduisant avec elles une partie de la membrane voisine. Une queue est une prolongation remarquable d'une seule nervure avec une partie de la membrane de l'aile en dehors de la circonférenc générale qui se trouve toujours à la bordure postérieure des ailes postérieures, formée par le premier rameau interne de la nervure médiane.
Si nous regardons l'autre catégorie des organes du mouvement attachés au thorax, les pattes, nous les trouvons au nombre de six en trois paires ; chaque paire articulant avec un anneau du thorax à la poitrine. Leur configuration générale est la même que celle des autres insectes, se composant de cinq parties : la hanche (coxa), le trochanter, la cuisse (fémur), la jambe (tibia) et le tarse (tarsus), ce dernier toujours composé de cinq articles et- terminant par deux crochets (ungues) et quelques appendices de différente figure. Chez la plupart des papillons les six pattes sont d'une longueur et configuration conformes, c'est-à-dire celles de la première paire ne sont pas plus petites que les autres, mais dirigées en avant quand les deux autres paires sont dirigées en arrière et plus inégales, la troisième étant toujours la plus allongée. Mais entre les papillons diurnes, il en existe un grand nombre qui ont les pattes antérieures réduites ou diminuées. C'est le cas chez les Nymphalides, les Morphonides, les Satyrides et un sexe des Erycinides, le mâle ayant des pattes antérieures petites et la femelle de grandeur régulière. On a nommé les papillons à pattes antérieures petites Tétrapodes, et les autres Hexapo- ^les. La surface des pattes est généralement couverte d'écaillés, an moins l'externe et l'interne ; souvent la bordure inférieure <le chaque partie est couverte de poils qui forment des franges ou des faisceaux, et chez quelques espèces toute la patte est couverte de longs poils. Les trois premières parties, la hanche, ^6 trochanter et le fémur sont sans appendices , mais les deux ^^tres portent des parties accessoires. Ainsi termine la jambe ^û général avec deux petites épines (calcaVy pluriel calcaria) at- *^chées par articulation à'ia bordure terminale au côté interne
et sortant librement au dehors. Cependant, ces éperons manquent souvent aux jambes de la première paire des pattes, qui portent un autre appendice, un grand éperon élargi au côté interne avant le milieu, appliqué intimement à la jambe même. Cet organe se trouve chez le genre Papilio et les Sphingides (fig. 18 A), Les mêmes Sphingides ont, comme la plupart des Hétérocères, deux paires d'éperons aux jambes postérieures, une paire à la fin et Tautre un peu au dessous du milieu (fig. 18 C). Les tarses sont généralement assez allongés et un peu plus longs que les jambes, surpassant même les cuisses, qui sont régulièrement un peu plus longues que les jambes de la même paire. Leurs cinq articles sont aussi inégaux entre eux, le premier plus long que les suivants, mais ceux-ci presque égaux, sauf le dernier qui devient un peu plus long que chacun des précédents. Les hanches montrent des différences semblables de longueur, dont celles de la première paire des pattes sont plus allongées que les autres, sauf si ces pattes sont rudimentaires. Les articles des tarses sont un peu comprimés, comme aussi les jambes et les cuisses et munis à la bordure inférieure de deux rangs de petites épine», sortant au dehors des écailles qui couvrent les tarses comme les jambes et les cuisses.
Plus grandes que ces différences nommées, sont les variations des crochets à la fin des tarses avec leurs appendices. En général, les crochets des papillons sont petits et chez quelques groupes d'une petitesse extrême. On les trouve assez grands chez les genres Papilio et Danais^ sortant beaucoup delà pointe des tarses, accompagné^ d'une petite plantule membraneuse entre eux à la base. Chez les autres papillons ils sont plus courts, plus courbés et souvent munis d'une dent à la base, ou même fendus à la pointe comme ceux 4es Piérides (fig. 23). Dans ce même groupe, deux petites lamelles membraneuses accompagnent les deux crochets au côté externe, les embrassant à leur base, et une troisième lamQ est vue entre les crochets même, souvent supportée par une tige assez allongée. On nomme cette lame troisième la petite plante (plantula on pulvillus) et les deux latérales les paronyches (arolia). Par leurs fonctions comme ventouses elles servent par leur application à attacher avec facilité le papillon aux objets très-lisses, comme le verre. Souvent ces organes accessoires sont accompagnés de longues soies, sortant de la fin du dernier article