EXAMEN SPÉCIAL DES ÉCAILLES
Le caractère extérieur le plus remarquable du papillon est sans contredit les écailles qui couvrent son corps et lui donne 1^8 plus belles couleurs unies aux plus jolis dessins que l'on connaisse, non seulement chez les insectes mais aussi dans tout le règne animal. Ce serait alors commettre une grosse omission î'ie de ne pas consacrer un examen attentif aux différentes formes, à la construction et autres caractères des écailles ; ainsi ûous arrêterons-nous à rechercher, dans notre aperçu général, ^'issi détaillées que possible, toutes leurs qualités particulières, ^^sant d'avance le lecteur que pour connaître les variations Innombrables des écailles même d'un seul papillon, la vie entière d'un observateur spécial ne suflSrait pas, et que pour cette maison une description parfaite de toutes serait tout à fait impossible n.
n L'un des meiUeurs observateurs du siècle passé, M. Lyonet, s'occupa beaucoup ^^ l'état des écailles d'un seul papillon ; il a donné, dans ses œuvres posthumes,
L*écaille (squama^ fig. 19-32) est une petite lame cornée, gêné ralement de forme ovale, quelquefois triangulaire, en forme de lancette, de cœur et même filiforme, se terminant tantôt en ligne droite transversale, tantôt en courbe ou comme une fourchette, en pointe ou en dentelure, supportée en bas par un petit pédicule qui l'attache à la membrane des ailes ou aux téguments du corps du papillon. Par ces dififérences principales de la forme, quelques écailles se rapprochent des poils et des plumes à mesure qu'elles sont plus allongées ou plus fortement dentelées au bord terminal, les dentelures courtes se changeant en fils assez allongés en comparaison avec la lame basilaire de récaille. On prétend que ces écailles, en forme de plumes, se trouvent principalement chez les mâles des Piérides et Satyrides (*). Le pédicule de Técaille est généralement assez court d'autres fois très -long; elle se termine en bas par un faible renflement par lequel le pédicule est soutenu dans une petite poche de la surface de la membrane superficielle des ailes, et ces pocheii sont distribuées régulièrement, sur la membrane des ailes à des distances égales (fig. 19), celles d'une file alternant avec les voisines de l'autre. La poche même est une doublure de la membrane, fendue longitudinalement en dessus et présentant son ouverture à la pointe externe de l'aile. Grâce à cet arrangement, les deux lames de la poche se couvrent avec leurs bords libres et produisent par l'élasticité de la membrane constituante un mécanisme sûr pour retenir le pédicule renflé au bout dans le fond de la poche, jusqu'à ce qu'une force externe, comme le doigt d'un homme, touchant le papillon, arrache l'écaillé de sa poche, ce qui arrive généralement quand il est pris sans précaution (**). Comme les poches sont disposées en lignes avec position alternative aux voisines, les écailles doivent prendre la même position, c'est-à-dire que chacune cou-
publiées par M. de Haan (pi. 40-45), un grand nombre de figures d'écaillés du Cossus ligniperda, auxquelles nous remettons nos lecteurs.
(*) M. Bern. Desghamps a fait cette observation (Ânn. des se. natur.» III. Ser. tome III, page 121. 1835). Les trachées fines qu'il prétend avoir vues dans les écailles, je ne puis les voir nulle part.
(**) Nous devons la connaissance exacte du mécanisme, qui tient l'écaillé dans sa poche, aux observations de M. H. Landois sur le développement des ailes des papillons, citées plus haut, page 11, note **. Après la mort du papillon, la poche perd par la sécheresse de la membrane, bon élasticité et les écailles sortent alors plus facilement si elles sont touchées.