‹ Description physique de la République Argentine (volume 4)Chapitre 15 sur 450 · POSITION DES ÉC4ILLES · texte numérisé non relu

POSITION DES ÉC4ILLES

vre l'intervalle des deux de la ligne suivante et est couverte à sa base aussi de deux de la file précédente, leur position imitant de cette manière exactement l'arrangement des tuiles d'un toit. Cette couverture de la base des écailles s'étend un peu au dehors de la base au côté du pédicule, et par cette raison, la même portion de l'écaillé est d'une texture plus faible que l'autre libre, au dehors de la couverture. On n'aperçoit alors rien du pédicule ni de la base des écailles ; si on regarde l'aile d'un papillon au moyen d'une loupe, on voit seulement la portion découverte, qui correspond aux deux tiers environ de l'étendue entière de Técaille, comme le montre la fig. 19, représentant les écailles de l'aile du Philampelus Vilis sous un agrandissement linéaire de neuf fois (quatre-vingts fois de la lame). Sur le côté de cette figure on voit, sous fig. 20, une seule écaille trente fois augmentée linéairement, qui montre bien la partie basale plus faible de Técaille, laquelle est aussi un peu plus'étroite et arrondie de chaque côté vers le pédicule, ceux-ci prenant toujours sa position dans une petite incision de la base. Aussi la terminaison un peu renflée du pédicule est visible comme la poche de la membrane de Taile recevant la tige dans son intérieur. Mais pour représenter la fissure dans la surface supérieure de la poche, notre figure est encore trop petite. Il faut noter que sur les surfaces dures des nervures, comme dans tout l'autre corps du papillon, les poches recevant le pédicule manquent, existant au lieu d'elles des petites fossettes dans lesquelles le pédicule entre, soutenu là-dedans par un mécanisme semblable comme dans les poches.

La figure 20 montre aussijclairement une autre qualité générale des écailles, leur striure fine de lignes parallèles sur toute la surface. Pour connaître bien la nature de cette striure il a Mu beaucoup de peine aux naturalistes ; je crois pouvoir dire qu'à présent ce phénomène est bien éclairci. Je donne ici les résultats de mes propres études, faites principalement sur différentes espèces du genre Castnia, qui porte de tous les papillons les écailles plus grandes. Ces insectes particuliers de tous les côtés, constituent un groupe séparé entre les Rhopalocères, se rapprochant par quelques caractères aux Sphingides, avec lesquels ils ont de commun le crin et le frein des ailes postérieures. Les écailles de plusieurs espèces de ce genre ont plus d'une ligne de longueur (23 mill.) et une demi-ligne de largeur, tandis que celles des a^utres papillons, les plus gran-

des ne 8uiT[)assent pas une demi-ligne de longueur et un quart de ligne de largeur, la plupart des écailles étant au dessous de ces mesures. Aussi leurs figures sont très-dififérentes chez le même papillon, comme le prouvent les nombreuses figures de Lyonbt dans son ouvrage cité plus haut, d'un seul Cosms ligniperda et la calculation de Lbuwbnhoek, qui prétend avoir compté chez le papillon à soie (Bombyx Mort) plus de 400,000 écailles aux ailes.

Pour commencer la description spéciale, il est prouvé par les observateurs les plus exacts que chaque écaille est formée de deux lames d'une membrane fine, unies entre elles sur tout le contour de l'écaillé de la même manière que les deux lames de la membrane de l'aile, le pédicule se formant par une prolongation des deux lames, unies entre elles sous la forme d'un petit tuyau renflé à la fin à la manière d'une bulbe ou racine bulbeuse. Cette qualité fondamentale des écailles est évidente et affirmée par mes propres observations ; j'ai vu aussi le pédicule artificiellement coupé comme un petit tuyau ouvert, avec des bordures fines irrégulièrement rompues. La question reste à connaître l'intérieur de l'écaillé : si elle est vide ou remplie par une troisième couche conduisant les couleurs élégantes qui l'ornent. Sur ce point, les vues des observateurs sont différentes.

D'après mes propres observations, l'intérieur des écailles ne contient pas une troisième couche de substance particulière ; je suis de l'opinion que les écailles sont vides, contenant seulement de l'air dans l'intérieur, les deux lames superficielles ne se touchant pas intimement, mais laissant une certaine distance libre entre elles. Cette construction est évidente dans les écailles blanches et claires comme du verre. Dans les colorées, ce vide contient une matière colorante fluide au commencement de la formation de l'écaillé, qui dessèche peu à peu par l'influence de l'air atmosphérique et laisse un dépôt sur la surface intérieure des deux lames de l'écaillé; enfin le fluide remplacé par l'air atmosphérique qui est entré peu à peu par la résorption de la membrane, encore molle, immédiatement après la formation de l'écaillé. Le dépôt colorant me semble principalement attaché à la lame supérieure de Técaille, la rendant opaque, tandis que la lame inférieure reçoit moins de ce dépôt et reste par conséquent un peu plus transparente, et même sans dépôt chez beaucoup de papillons. De cette différence des

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