‹ Description physique de la République Argentine (volume 5)Chapitre 20 sur 418 · DIFFÉRENT NOMBRE DES PATTES DES CHENILLES · texte numérisé non relu

DIFFÉRENT NOMBRE DES PATTES DES CHENILLES

Concernant le nombre des paires des fausses pattes, il est variable de deux à cinq. On distingue les chenilles d’après cette variation par de différents noms. Ainsi, on nomme Fausses-Arpenteuses toutes chenilles avec cinq paires de pattes; elles sont les plus nombreuses dans toutes les différentes catégories. Des cinq paires, quatre se trouvent sous les sixième, septième, huitième et neuvième anneaux du corps et le cinquième à la fin, sous le dernier. Demi-Arpenteuses sont nommées les chenilles avec trois ou quatre paires de pattes, les ayant sur les septième, huitième, neuvième et dernier anneaux du corps, manquant aussi la paire du septième, si le nombre est de trois paires seulement. Enfin, les Arpenteuses (Geometrae) sont des chenilles avec deux paires de fausses pattes sous les neuvième et dernier anneaux du corps. Cellesei ont la coutume de marcher avec la partie du corps entre les vraies pattes et les fausses pattes, levées en courbe, de sorte qu’elles semblent mesurer leur chemin par compas. Ces mêmes chenilles ont une autre mode particulière de se présenter droitement, étendant leur corps comme un fil de fer, et conservant longtemps cette position avec les quatre fausses pattes, sans se fatiguer. Quelquefois seulement manque la dernière paire de fausses pattes aux chenilles, quoiqu'elles possèdent les quatre antérieures sous les anneaux six à neuf. C’est le cas, chez le genre Harpyia ou Gerura, dont nous avons aussi une espèce dans notre pays. Généralement, cette dernière paire des fausses pattes est la plus grande, plus forte que les autres, et plus rétrécie en arrière avec le dernier petit anneau du corps qui la porte, se distinguant aussi par cette position particulière avancée et couverte en dessus d’une espèce de valve triangulaire qui termine le corps de la chenille, cachant l'ouverture anale, située entre la valve et les dernières fausses pattes, au dessus de leur base. On à nommé cette valve le clapet, la regardant comme organe particulier de la chenille ; organe qui se répète encore plus distinctement dans la chrysalide comme pointe anale sous des figures les plus différentes.

Ayant ainsi décrit les organes externes des chenilles avec leurs variations les plus remarquables, nous examinerons enfin leurs différentes manières de vivre sous quelques points de vue. Ce thème amène beaucoup à parler, par les grandes variations que subissent les coutumes des chenilles; mais nous nous

bornerons ici sur les connaissances les plus nécessaires, lais sant toutes les particularités pour la description détaillée des différentes espèces de notre pays. Nous commençons cette histoire par l'explication de la manière de l'accroissement de la jeune chenille jusqu'au moment de la sortie du papillon.

Les chenilles ne croissent pas insensiblement et peu à peu, comme la plupart des autres animaux, mais comme les insectes en général par intervalles, conservant quelque temps leur grandeur presque invariable, jusqu'à ce qu'il vient le moment où l’ancienne peau peu extensible serait trop petite pour contenir en plus l'augmentation des organes internes. Alors la chenille change sa peau par rupture le long du dos, sortant avec une nouvelle au dehors de l’ancienne, et cette nouvelle peau, ressemblant en général complètement à l’ancienne, est un peu expansible au commencement, permettant un agrandissement de tout le corps de la chenille, comme le demande l'accroissement des organes internes. Ce phénomène se nomme la mue de la chenille. Les dépouillements sont plus ou moins nombreux selon les groupes -des papillons, mais en général on trouve quatre, au moins trois, sauf quelques espèces très-velues, chez lesquelles on en a compté jusqu’à sept ou huit. Ce dépouillement est non seulement borné sur la peau externe ainsi que sur les poils et les épines, mais aussi sur l’interne de l'intestin et des grands vaisseaux aérifères ; on voit sortir de la bouche et de l'anus l’épiderme de l’æœsophage et du rectum, et des stigmates l’épiderme des troncs des trachées ; il se présente aussi dans tous les appendices externes de la peau, en répétant les poils et les épines complètement identiques sur la nouvelle surface du corps. Le moment du dépouillement s'indique déjà quelque temps avant l’arrivée, par une différente manière de conduite de la chenille; elle devient tranquille, prend une place sûre, où elle puisse faire passer sans gêne le moment difficile; elle se prive de nourriture pendant un jour ou même plus, change un peu sa couleur, l’ancienne peau se flétrit et se fend enfin au dessus du second au troisième anneau. Alors pour se dégager de l’ancienne peau, elle dépouille en premier la partie antérieure du corps avec la tête et les vraies pattes, et quand cette partie est sortie, elle se débarrasse de la postérieure avec les fausses pattes et la fin du corps. Cette opération, préparée par la tranquillité de l’animal depuis quelque temps, se termine dans quelques minutes. Assez souvent se changent aussi avec le dépouillement, la couleur et même la figure du corps de la

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