‹ Description physique de la République Argentine (volume 5)Chapitre 19 sur 418 · LES STIGMATES DES CHENILLES · texte numérisé non relu

LES STIGMATES DES CHENILLES

ces chenilles aquatiques ne respirent pas par des branchies ; elles portent l’air atmosphérique sous le vêtement dense des poils qui couvrent leur corps et qu’elles renouvellent de temps en temps en se levant à la surface de l’eau, quoiqu'elles vivent entièrement submergées sur le feuillage d’Azolla, de Potamogeton et d’autres plantes aquatiques qu'elles mangent.

Des organes externes du corps des chenilles qui ne sont pas des décorations, nous avons encore à examiner les stigmates et les pattes. Les premiers sont de petites ouvertures servant à la respiration, lesquels se trouvent aux deux côtés du corps un peu au dessus de la bordure inférieure. Chacun est formé par un petit anneau elliptique, ouvert au milieu par une fissure perpendiculaire qui forme de cette manière deux petites valvules au centre de l’anneau externe. Par leur couleur généralement différente de celle du corps, ils se distinguent facilement. De l’intérieur du corps sortent de ces organes les tuyaux aérifères nommés trachées. On compte neuf stigmates sur chaque côté du corps, le premier au premier anneau, le second sur le quatrième, le deuxième et troisième étant dépourvus des stigmates, et les autres sur le quatrième jusqu’au onzième; les stismates manquent aussi toujours au dernier anneau du corps. Les chenilles perpétuellement aquatiques ont les branchies sur les mêmes lieux où sont situés les stigmates, formant des tuyaux externes complètement fermés, contenant des rameaux fins de trachées. Ces stigmates se trouvent aux mêmes lieux sur le corps des papillons, mais cachés sous le vêtement, et ceux de l'abdomen couverts aussi par les bordures latérales surpassant l’arceau dorsal de chaque anneau, Ils manquent aussi aux deux derniers anneaux de l’abdomen. Le manque des stigmates sur le deuxième et troisième anneau du corps de la chenille est singulier, car le papillon les possède sur ces mêmes lieux, comme nous l'avons vu plus haut. Je crois que les observations de M. Laxnpoïs, citées plusieurs fois, ont éclairei ce fait, prouvant que les ailes du papillon existent déjà en germe dans la chenille, attachées sous la forme d’une petite lame triangulaire de tissu cellulaire au tronc latéral des trachées, tout près du lieu où doivent être situés les stigmates. Aussi le petit tronc communicatif, qui sort du stigmate se rendant au trone commun longitudinal des trachées, est indiqué dans la chenille sans avoir de communication avec un stigmate qui manque. On peut dire alors avec raison ce qu'a déjà dit

le célèbre naturaliste philosophique OKex dans sa Natur-Plhilosophie, que les ailes des insectes sont des branchies d'air (Luftkiemen) ; car les observations de Laxpois prouvent qu'elles prennent leur origine du système respiratoire des insectes, ainsi que la véritable base de leur formation.

Les pattes des chenilles présentent beaucoup de plus grandes variations que les stigmates, soit par leur configuration, soit par le nombre. Concernant la configuration de chaque chenille elle a des pattes de double qualité, lesquelles se distinguent par les mots de vraies et fausses pattes.

Les vraies pattes, aussi nommées écailleuses, se trouvent toujours sur les trois premiers anneaux du corps de la chenille et correspondent, par conséquent, aux pattes du papillon parfait. Elles sont des petits organes articulés, composées de trois articles cornés successivement plus étroits, de haut en bas, mais non plus courtes, terminant par un crochet peu courbé et portées par un cousin charnu à la base du corps qui contient les muscles mouvants, lesquels se continuent dans l’intérieur par les trois articulations de chaque patte. C’est une exception remarquable si ces pattes sont très-prolongées, ressemblant à celles du papillon, comme il se trouve chez la chenille du Stauropus Fagi, espèce européenne.

Les fausses pattes, nommées souvent membraneuses, ou mieux charnues, sont des mamelons ovalaires, sortant aussi d’un cousin plus grand de la base de l’anneau du corps, mais sans articulations dans leur étendue, quoique très-variables de figure et de longueur, terminant avec deux petits lambeaux semi-elliptiques opposés l’un à l’autre du côté interne à l’externe et couronnés généralement chacun par un double rang de petits crochets, qui sont implantés dans la bordure externe du lambeau. Quelquefois les crochets manquent ou se trouvent en nombre très-petit; en général leur nombre est de quatre-vingts à quatre-vingt-dix dans chaque lambeau (‘) de la patte. Dans l’intérieur, ces fausses pattes ont aussi un apparat musculaire assez fort et compliqué qui peut se comparer à celui d’une ventouse circulaire ou à un sphinetère bilobé à mesure que les deux lambeaux terminaux sont plus ou moins séparés.

() LYONNET qui a compté ces crochets chez la chenille du Cossus ligniperda et d’autres, donne des nombres différents entre soixante-dix à soixante-seize; n’en comptant jamais plus de cette dernière quantité. Traité entom., etc., page 88.

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