Genre Choerocampa DUPONCHEL
Hist. nat. d. Lépid. d. France, Suppl. II. 159.
Corps d’une stature plus grêle, fort pointu en arrière ; antennes droites, faiblement engrossies vers la pointe, terminées par un crochet petit; spiritrompe à peine de la longueur du corps, souvent un peu plus courte; palpes épais, courts, obtus, surpassant un peu le front. Yeux grands, fort saillants. Aïles antérieures lancéolées, assez étroites, bord externe arqué au dehors, angle terminal aigu, l’interne peu saillant; ailes postérieures petites.
Chenille allongée, les trois premiers anneaux bien rétractiles, le quatrième plus fort, décoré généralement avec deux yeux de paon latéraux, un à chaque côté, et souvent aussi les suivants avec des semblables plus petits ou des taches allongées; le onzième anneau muni d'une corne courte et droite, quelquefois remplacée par une petite plaque cornée, conique. Chrysalide très-allongée, ovalaire-conique, la partie antérieure un peu comprimée ; la couleur claire jaune-brune ou jaune pur, avec des taches noires aux contours des stigmates.
Les nombreuses espèces sont propres à la zone tropicale et leurs territoires voisins, quelques-unes préfèrent les révions plus tempérées. Elles se trouvent sur les deux hémisphères avec des variations du type assez remarquables. Nous avons une seule espèce dans notre territoire.
304 LEPIDOPTÈRES SPHINGIDES
Choerocampa tersa LINNEI
Ch. fulvo-grisea, sublus flavescens : alis anticis vitta longitudinali saturatiore ; posticis nigris, fascia maculari flava ; corporis dorso infuscato. Exp. alar. 3-37 (7,5-8, 2 cm.)
Mant. I. 358. — Fagr. Ent. syst. III. 1. 378. 20. — Crau. pap. exot. IV. 397. c. — Drury, il. exot. Ent. I. pl. 28. fig. 3. — Suira-ABBoT, Lep. Georg. I. 75. pl. 38. — Harris, Sizz. Amer. journ. tm. 36. page 303. — Burm. Sphing. bras. 1. I. 60. 4 — Borsp. Spéc. gén. Hétér. I. 268. 58. — Burz. Trans. zool. Soc. IX. 563. 53.
D'une stature très-crêle, principalement les ailes antérieures et l'abdomen allongés. Couleur dominante un grisjaunâtre, tirant un peu à l'olivâtre, dessous du corps et des ailes plus jaune-rougeâtre, les antérieures grises au disque ; milieu de la surface de la tête, du thorax et de l'abdomen plus foncé, tirant au brunâtre. Aïles antérieures avec une raie longitudinale plus foncée, grise-brune, suivie au côté postérieur de cinq à six lignes parallèles d’égale couleur, séparées par un fond un peu plus clair; au milieu de l'aile un point presque noir. Ailes postérieures noires, bordées de jaune-blanchâtre, avec sept taches triangulaires, formant une bande transversale, dont la dernière, la plus grande, occupe l’angle anal. Antennes et pattes au dehors blanchâtres.
La chenille, dessinée par moi à Novo-Friburgo en 1851 (Atlas, pl. XV. fig. 3.), est d’une couleur verte, tirant plus ou moins au bleuâtre, avec un grand œil de paon sur chaque côté du quatrième anneau et six plus petits sur les suivants. Le dos est strié de lignes fines plus foncées longitudinales, traversées par des semblables, formant une sorte de rets assez régulier. Entre les yeux se distingue une ligne un peu plus claire, qui termine à la corne droite jaunâtre. La chrysalide est jaune-orise, les stigmates entourés d’une tache noire. La chenille prend sa nourriture de différentes plantes Rubiacées.
L'espèce est commune dans toute l'Amérique, depuis la Caroline au Sud jusquà Buénos-Ayres, où nous la trouvons chaque année.
Notre collection possède, outre les espèces connues des environs de Rio-de-Janeiro, plus où moins semblables, une nou-
GENRE CHOEROCAMPA 359
velle des environs d’Arica, au Pérou, de laquelle je donne ici la description avec une figure dans l'Atlas, pl. X. fig. 2.