QUINZIÈME FAMILLE
EPLKALIDAE ()
Bombycoïdes d’une stature et de caractères tout particuliers, distingués de tous les autres par l'égalité aproximative, souvent à peu près complète, des quatre ailes, les postérieures étant de la même figure des antérieures, mais généralement un peu plus petites. Aussi la distribution des nervures dans les ailes est toute particulière par la présence d’une nervure accessoire postérieure dans la discoïdale, qui la divise en deux parties complètement séparées.
Le corps de ces papillons est allongé, la tête petite, le prothorax bien séparé, étroit, l’autre thorax robuste, l'abdomen très-long, allongé-conique, chez le mâle, allongé-ovalaire chez la femelle. Les antennes sont courtes, leurs articles peu pectinés chez les mâles et simples ou faiblement dentelés chez les femelles. Les yeux composés assez grands en comparaison avec la tête petite, nus; les yeux simples manquent. Les organes de la bouche sont rudimentaires, la spiritrompe réduite à deux petits nœuds; les palpes très-petits, descendants, couverts de longs poils. Le prothorax plus étroit que le mésothorax, bien séparé de lui; celui-ci robuste, assez large, comme le métathorax, les deux couverts de longs poils. L’abdomen grêle, allongé, les sept premiers anneaux bien séparés, successivement plus étroits, le huitième petit, avec un faisceau de poils chez le mâle, conique chez la femelle. Aïles longues, les antérieures de la longueur du corps et les postérieures un peu plus courtes, les quatre de la même figure allongée, ovalaire, presque lancéolée, pointue à la fin et peu élargie à la base, sans crin et frein, et sans angle postérieur ou anal, arrondis au bord postérieur.
La distribution des nervures (voyez l'Atlas, pl. XVII, fig. 11), est presque la même dans les deux catégories des ailes; les nervures marginales externes au nombre de douze, forment huit cellules entre les rameaux de la sous-costale et médiane, dont
(‘) L'ancienne ortographe : Hepialidae est fausse, le nom générique étant dérivé du mot grec YriæÀ:3, febris algida.
FAMILLE ÉPIALIDES 393
les deux correspondant à la cellule discoïdale se prolongent vers la base”de l'aile, pour faire une cellule allongée-triangulaire accessoire au milieu de la discoïdale, très-large. Sous-costale droitement dirigée à la pointe de l'aile, avec cinq rameaux postérieurs, dont les deux premiers sortent d’une tige commune ; les deux suivants (6 et 7) également unis par une tige commune, se continuent à la base de l’aile avec la branche médiane, pour former la seconde cellule discoïdale ; branche médiane divisée en trois rameaux (8, 9, 10), le troisième prenant son origine tout près à la base &e l'aile ; branche dorsale généralement simple dans les ailes antérieures et double dans les postérieures, aussi (Sylvius) double quelquefois dans les antérieures. Branche costale forte, parallèle au bord antérieur et continuée presque à l’angle terminal, unie au bord par un rameau court, droit, basilaire. — Pattes courtes, couvertes de longs poils lanugineux, les jambes sans éperons.
Les papillons de cette famille sont vrais nocturnes ; ils volent au commencement de la nuit et quelques-uns ont une stature très-grande, se rapprochant aux plus grands papillons de nuit. Ils sont répandus sur toute la surface habitable du globe, mais toujours rares et très-peu nombreux d'espèces ; jusqu'à présent aucune n’a été trouvée dans notre territoire, mais comme leurs retraites sont des forêts vierges peu explorées, nous pouvons soupconner qu'il se trouvera plus tard une ou autre espèce de celles observées dans le Brésil voisin. Par cette raison j'ai traité la famille dans notre faune.
Les chenilles sont nues, un peu aplaties, avec une plaque écailleuse sur le dos du premier anneau, quelques poils rares distribués sur le corps, de position fixe, généralement portés de petites verrues. Elles vivent dans la terre, mangeant les racines de différentes plantes et se changent, enfermées dans un cocon léger, en chrysalides allongées, presque cylindriques, pourvues de cercles de courtes épines sur les anneaux du corps, pour s'élever plus facilement de leurs retraites au moment de l’éclosion des papillons.
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