‹ Description physique de la République Argentine (volume 5)Chapitre 86 sur 418 · CINQUIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME FAMILLE

NYMPHALEIDAE

La famille des Nymphalides, répandue sur toute la surface habitable du globe, est une des plus grandes entre les papillons diurnes, aussi une des plus difficiles à déterminer en peu de mots. Quoique la stature générale soit assez bien caractéristique par la grandeur de la tête, avec son occiput bien prononcé, ses palpes assez grands, fort avancés et rapprochés, et les antennes longues; son thorax très-ramassé avec des ailes antérieures larges, triangulaires, souvent dentelées au bord externe, et les postérieures grandes, plus ou moins circulaires, avec une forte saillie abdominale, des dentelures de la bordure externe, et même quelquefois avec une queue; enfin son abdomen court

mais assez épais, au moins en avant, imitant plus ou moins la figure ovalaire; aucun de ces organes ne donne un caractère exclusivement particulier de la famille et seulement l’ensemble desdites qualités peut caractériser un Nymphalide. Il est vrai que la cellule discoïdale des deux ailes est souvent ouverte, sans nervure recurrente, mais il y a aussi beaucoup de genres où cette cellule est fermée, soit dans les ailes antérieures seulement, comme chez les genres Coluenis et Agraulis, ou même dans les postérieures, comme chez les sous-groupes des Argynaides et Brassolides. Un peu plus fixes sont la distribution des nervures des ailes et leur forte constitution, se levant beaucoup au dehors de la membrane de l’aile et donnant aux ailes une texture très-forte, plus forte que généralement dans les autres familles. Dans les ailes antérieures la costale termine presque toujours aux deux-tiers ou trois-quarts du bord antérieur. La sous-costale se divise peu à peu en sept rameaux, dont quatre, très-rapprochés l’un à l’autre, se dirigent au bord antérieur jusqu à l'angle terminal, et trois au bord externe, le dernier de ceux-ci sortant de la nervure recurrente, si cette nervure existe. La branche médiane termine avec trois rameaux et la branche dorsale est toujours simple. Les ailes postérieures ont une costale simple, la branche sous-costale se divise en trois rameaux, la médiane en même nombre de rameaux et l’abdominale en deux, dont l’interne est un peu plus court et plus faible que le principal.

Les pattes sont d’une concordance générale par l'état rudimentaire de la première paire. Celles-ci vêtues chez les mâles d'une frange latérale externe de poils, qui manque aux femelles, ont le tarse souvent articulé chez les deux sexes, mais toujours un peu plus long et mieux articulé chez la femelle, Dans les quatre pattes postérieures les éperons sont assez grands et les jambes et les tarses bien épineux au côté interne ou inférieur. Les deux ongles sont toujours simples, un peu élargis à la base, terminant par un crochet très-aigu et accompagnés de deux paronyches tantôt grands, tantôt petits, souvent divisés par une incision à deux lamelles, dont la supérieure est plus étroite et pointue, l'inférieure plus large et arrondie (Voyez pl. I, fig. 22). C’est une exception remarquable, quand les ongles sont libres, sans appendices, comme chez le genre Agraulis.

D'une manière semblable les chenilles montrent aussi beaucoup de différences en ne suivant pas un type fixe, Chez la

132 LÉPIDOPTÈRES NYMPHALIDES

plupart des Nymphalides les chenilles sont épineuses, pourvues sur chaque anneau du corps d’épines longues, généralement dentelées ou couvertes avec des épines secondaires plus petites. Souvent le premier anneau a deux épines, les deux suivants en ont quatre et les autres six, les épines dorsales dirigées en haut, les autres obliquement distantes aux côtés. La tête est tantôt sans épines, tantôt armée avec des fortes. Beaucoup de chenilles des Nymphalides sont velues, mais les poils généralement courts, quelquefois plus longs en faisceaux, lesquels remplacent les épines par leur position. Les chenilles sont vêtues de poils fins chez les Morphoides des genres Caligo et Brassolis, avec de fortes épines sur la tête seulement ; velues de faisceaux de longs poils et sans épines sur la tête chez le genre Morpho même.-—- Les chrysalides des Nymphalides sont presque toujours anguleuses, avec des oreilles longues ou courtes sur la tête, et les côtés du corps carênés ; très-souvent aussi ornées de taches métalliques, d’or ou d'argent. Leur figure n’est pas courte et ramassée, mais plutôt allongée, sans être grêle, parce que les enveloppes des grandes ailes donnent au corps antérieur une assez grande extension. Elles sont toujours suspendues, la tête en dessous.

La distribution de la grande famille en sous-familles est encore plus difficile que la détermination fixe de la première. Nous donnons ici un arrangement des indigènes, sans le croire pour parfait de la famille entière, et renonçons sur leur définition courte par un seul caractère, parce qu'il est impossible de les distinguer de cette manière sans connaître les chenilles et les chrysalides. En général, les premières sous-familles ont des chenilles armées de fortes épines et les dernières des chenilles sans épines, mais une tête armée de cornes ou épines et une queue double à fourchette.

Î. SOUS-FAMILLE Cetlhosiadae

Ailes antérieures plus ou moins allongées, souvent de double longueur des postérieures, leur bord externe courbé à l’intérieur, un peu concave, l'angle terminal largement arrondi, la branche sous-costale terminant avec une cellule à fourchette, donnant pendant son cours quatre rameaux en avant et deux en arrière; ailes postérieures courtes, d’une figure elliptique

GENRE ERESIA 133

ou presque triangulaire, l’angle anal un peu allongé, arrondi au bout. Cellule discoïdale des premières ailes fermée, avec une nervure marginale sortant de la recurrente ; des secondes ouverte. Antennes avec une massue triangulaire courte, plus ou moins comprimée; palpes densement écailleux, avec des poils roides intermêlés. Abdomen assez gracile, cylindrique. Pattes petites, les tarses des quatre postérieures aussi longs que les jambes; les ongles fins, quelquefois sans paronyches.

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