Genre Vaaiuiy Storb
Oe genre particulier des Ursines est exclusivement améiioiiii; il se trouve répandu dans toute la zone tropicale et subtropicale du Nouveau-Monde. Ce sont des mammifères de taille moyenne ; ils ont le corps grêle, le museau allongé avec le bord du nez relevé à la manière des cochons, une très-longue queue, mais des pattes courtes dont les pieds assez larges sont pourvus d'ongles aigus, saillants et un peu recourbés. La tête, allongée comme tout le corps, est surtout remarquable parle museau large, fort flexible, ayant la forme de celui d'un cochon. Les yeux sont bien ouverts, mais pas très-grands ; les oreillei assez basses et arrondies; le cou bien marqué; le tronc allon)^} sans être faible; la queue longue, toujours un peu recourbée vers la pointe et dessinée par des anneaux de couleur claire et foncée, alternant régulièrement; les pattes courtes se terminent par des pieds forts, plantigrades, à plante nue, et les cinq doigts courts sont armés d'ongles un peu recourbés et aigttf* Les poils du corps sont doux, assez longs, sauf sur le visage et les pieds.
La denture, pas très -puissante, est en rapport avec la cou* formation générale do l'animal ; les six incisives sont degraB' deur différente, les quatre du milieu plus petites et de fors* assez égale, les supérieures un peu plus grandes, trilobées ptf le bout, les inférieures bilobées ; les externes de chaque àb^
GENRE rfASUA l'A
ot plus grandes, les supérieures comprimées, atee une ottiCiie en prononcée en avant et en arrière ; les inférieures arec on »rd obliquement tronqué et trilobé. Les canines sont assez lûtes, faiblement recourbées, arec une carène en avant et en Tière. Les trois premières des six molaires sont des ftiusses claires, simplement coniques, mais successivement un peu [us grandes en arrière et bien élargies à la base du cône ; is trois tuberculeuses jplus grandes sont presque carrées, mats )lles de la mâchoire inférieure sont un peu plus allongées; i première a cinq tubercules inégaux, trois externes assez auts, coniques, et deux internes plus bas; la seconde a cinq ibercules presque égaux, le cinquième placé en arrière, et la rAisième tuberculeuse est pourvue de trois forts tubercules et 'un quatrième accessoire plus petit placé en avant de Tin- Bme. La première des vraies molaires de la mâchoire inféienre est pourvue de trois tubercules, les deux autres en ont inq, dont Timpair est dirigé en avant de la deuxième et en jrière de la troisième.
La denture de lait commence par les quatre incisives Boyennes, très-petites, suivies par les deux externes plus iniides qui apparaissent quand les quatre du milieu sont dé}à lorties. Après les incisives externes sort la pointe des canines, )i un peu plus tard commencent à paraître quatre molaires, kmt les deux du milieu sont les premières ; ces quatre molaires xirrespondent aux deux fausses et à deux tuberculeuses. La [iremière tuberculeuse est pourvue de trois tubercules, dont l'on interne est plus grand que chacun des deux externes, ce ini donne à cette dent une forme semblable à celle d'une carttiûère* La quatrième molcùre vient la dernière, et un peu iTBnt elle sort la première fausse molaire. Lorsque ces quatre aolaires sont bien développées, une cinquième molaire sort en irrière de la quatrième, et quand elle a fini de croître sort la îâème et dernière. En même temps les incisives se changent en autres nouvelles permanentes, et après que ce changement est accompli, la quatrième molaire de lait se perd et est remplacée par une nouvelle permanente. Un peu plus tard appanît la deuxième fausse molaire permanente, et quand celle-ci est sortie, la troisième, entre celle-ci et la première tuberculenie, vient à son tour. La dernière molaire à faire son apparitum est la première fausse, et les dernières dents de toutes sont ^ quatre canines, qui n'arrivent que peu à peu à leur grau-
drai^ complète quand toutes les autces deutf pennaoentes Vont déjà atteinte.
Les Cuatis, comme se nomment ces animaux dans leur pa* trie, yiyent en petit» groupes dans les forêts, où ils cherchait pendant la journée leur nourriture, qui est tantôt animale, tantôt végétale. Ils chassent les oiseaux et les petits mammifëjres et mangent aussi les fruits doux ou farineux qu'ils trou* rent sur leur parcours ; d'autres fois ils recherchent les insectes, principalement les larves grosses dans des arbres pourris et dans la terre, qu'ils creusent avec leur nez comme les cochoni. Pendant la nuit ils se cachent dans le creux des arbres ou dans les abris qu'ils peuvent rencontrer. C'est là que la femelle fait ses petits, dont le nombre ne dépasse pas 4 ou 5. Us montent aussi sur les arbres et cherchent à se sauver d'un danger en grimpant s'y cacher, mais pas très* haut ; un coup de fusil lei ftdt tomber aussitôt, même si l'animal n'est pas touché. En avançant en âge, les vieux mâles se séparent souvent du groupe des autres et vivent solitaires. Ce sont toujours des individus très-grands, avec les poils d'une couleur plus foncée, une face grisâtre et un caractère triste, que longtemps on a re* gardés comme faisant partie d'une espèce différente à laquelle on avait donné le nom de Nasua solitaria (*). Nous les regar* dons comme de la même espèce que les autres et conservais à cette espèce l'ancien nom donné par LiHvi.
TSmmvm VarlMi
Viverra Nama et Nariea, Syst. Nat., édit. XII, tom. I, p. 61, no 2 et 3. — Edii. XIII, cura GmsLiv, 1. 1, p. 86, n« 2 et 3, et 87, n« 11 (V. Quasjc).
Nama socialis et solitaria, Pr. Wisd. Beiir. z, Naturg. Broi. 11,283. 1. et 292. 2. — Rbugobr, Sâugeîh. Parag., 96 et 109. — Wagner, Sohrbb. Suppl. II, 165. 1. — Burm. Syst. Vbers, etc., 1. 120 et 121.
Noitêa rufa et N. fusca, Dbsmar. Mammal. 170.
El Ctto/t, AzARA, Apunt., ete., I. 293, n"" 31.
(*} CeUeqaesUou.loD^einpidouteaMi a été traitée dernièremeDt atec beaacoBp 4s safacité par M. A. Hbnsbl, dam an estai publié par TAcad. d. icieiie. Berlio. Q. phyt. math, de Tannée 1S7S, page 68 et iiiiT.; et 5(lumyafter 4. On. tmt, It^.saeffte, f SOe, page fî.
GENRE If A8UA 181
La coaleor de la robe rarie entre le rouge et le bran-grisfttre (Nasua, Lnrinf), et le brun pur foncé {Narica^ Limi^) ; elle est rarement jaune-grisfttre plus clair ou ehatain {N. Quàsje, Limt); les poils inférieurs plus doux sont d*un gris-brun assez clair, les plus longs rigides externes plus foncés à la moitié externe, mais pourrus d'un anneau jaunâtre- clair dans cette partie et presque noire avant la pointe. Le dos est plus foncé et devient peu à peu un peu plus clair sur les côtés, jusqu'au ventre qui est janne-grisàtre. La face est assez foncée, mais le dessus des yeux et les joues sont d'un jaune plus clair ; le nez, les lèvres et la goi^e paraissent blanchâtres, en raison des poils blancs nombreux entremêlés. La queue a toujours deux couleurs, le fond est janne-brun-clair, mais interrompu par 8-10 anneaux brans plus foncés^ dont le dernier occupe la pointe ; ces anneaux, tantôt très-faiblement indiqués et à peine plus foncés qae le fond, tantôt très-obscurs et presque noirâtres. Les pattes tonjours plus foncées sont tantôt brunes, tantôt noires. Lalongnenr totale de Tanimal avec la queue est de 3 pieds, dont la tête occupe 5 à 6 pouces, le cou 3 pouces, le tronc 1 pied et la qnene 1} - 1 1 pied.
Le Guati se trouve dans notre République, mais seulement dans les provinces du Nord et de TEst, où il cherche les endroits boisés et les grandes forêts. Je l'ai entendu appeler du nom de Sancho-Mono ; il est assez commun au nord du Grand Chaeo, très-commun dans le Paraguay et les Missions de la piOYince de Gorrientes ; il se trouve encore dans la même promce, jusqu'au nord d'Entre-Rios et dans le sud du Grand Chaco, sur la frontière de la province de Santa-Fé. Il est cndntif à l'état sauvage, mais s'accoutume bientôt à l'homme, ^ devient peu à peu un animal très-doux et très-familier.
Le squelette de l'animal. a une conformation très-élégante; li eolonnç vertébrale se compose de 7 vertèbres pour le cou, U pour le dos, 6 lombaires, 3 sacrées et 20 à 22 pour la queue. Us 14 vertèbres du dos portent le même nombre de paires de cotes, dont 10 sont attachées au sternon et 4 libres.
Le sternon est formé de 10 vertèbres, qui se soudent entièrement avec V&ge, et dont la première est élargie et la dernière très-allongée. L'humérus a le même conduit au-dessus du condyle interne, qui se trouve aussi dans celui des chats et rare- Mit dans celui de quelques ours, mais toujours chez les autres Seoieades Subursus, comme Procyon^ Arctiii$,Cercoleptes^ Ailmiu.
IM MiLRSUPIAUI
Oa n'a pas encore trouvé des os fossiles de notre espèce dans le territoire argentin, quoique Luvd en ait trouré d'une très-semblable dans les cavernes du Brésil.
CINgUIÈME TRIBU MARSUPIAUX. MARSUPIALIA
Ces mammifères ont une organisation très-différente qui lei distingue de toutes les autres tribus; leurs petits naissent dans un état de développement à peine comparable à celai d'un fétus, quelques semaines après la conception. Cependant ils naissent parfaitement formés, comme un fétus ordinaire; ils ont, comme celui-ci, toutes les ouvertures du corps fermées, sauf la bouche qui forme une assez grande ouverture pour laisser entrer la tétine de la mère. Celle-ci les prend pour les mettre chacun contre une tétine, où le petit reste immobile, suçant le lait jusqu'au moment que son organisme se soit amélioré et ait atteint le degré de formation ordinaire des mammifères, au moment de leur naissance. Ils sont alors couverts de poils et pourvus des autres oriûces naturels du corps ; ils quittent de temps en temps la tétine de la mère, pour la suivre en marchant, mais à chaque alerte ils vont se fourrer dans la grande beurse de peau qui entoure la région des mammelles^ placées sur le ventre de la mère. La présence de cette bourse est le seul caractère général extérieur du groupe et a été l'origine du nom de la tribu.
Les autres caractères généraux sont anatomiqnes, et M servent pas beaucoup pour reconnaître extérieurement les Mar supiaux ; nous nous bornerons à mentionner deux os allongés en forme d'épines, attachés au tford antérieur libre du pubis et renfermés entre les muscles du ventre; ils paraissent destinés à donner plus de force aux muscles pour mieux soutenir les petits dans la poche de la mère. Cependant, ces os se trouvent aussi chei les mâles» qui n*ont pas le soin du développement des petits.
GENRE DIDELPHYS 18^
Il est remarquable que, malgré cette singularité constante de la naissance prématurée et de la conformation des petits, ainpi que des organes sexuels externes et internes, destinés à la reproduction, Torganisation des espèces de ce groupe est assez Tariable et différente. Cette différence est en outre très-visible dans la conformation de la denture, qui offre tantôt les carac* tères des dents des frugivores ou des herbivores, tantôt des carnassiers ou des insectivores et quelquefois même une similitude tellement complète avec le type des autres tribus, comme par exemple celui des rongeurs, que c'est seulement Torganisatien interne et la naissance prématurée des petits qui nous Mt réunir cet animal au groupe des Marsupiaux.
Ces mammifères ne se trouvent actuellement que dans d^x parties du globe, qui sont TAustralie, avec quelques îles voilines et rAmérique ; ils ont existé, comme les premiers représentants des mammifères, à Tépoque secondaire jurassique de la formation de notre globe, et paraissent être les derniers descendants d'une création en quelque sorte préliminaire qui B'est conservée dans certains endroits seulement, grâce à certaines conditions favorables à leur conservation. L'Amérique es possède un seul genre, celui que nous étudions immédiatement à la suite, et qui renferme les diverses espèces représentées dans notre faune.
Genre Dldelpliya Linn^.
Syst. Nat. I. 71. 17.
Les espèces de ce genre ressemblent, par leur forme génélale, à un grand rat, ou pour mieux dire à une grande musa« nigne, car le prolongement de leur museau est plus grand que eeloi des rats ordinaires. Les oreilles sont assez grandes, toutes taes ou faiblement velues et à peu près de forme circulaire ; les lèvres supérieures sont pourvues de longues soies fornaat les moustaches; le corps est couvert d'un poil épais, aoa, quelquefois surmonté de longues soies plus rigides. Les ftttes sont assez courtes, les pieds petits avec cinq doigts, pourvu d'ongles aigus, sauf l'interne des postérieurs, qui forme u grand pouce opposé aux autres et sans ongle, à la manière 4*tne véritable main. Enfin la queue est longue, grêle, nue et couverte d'écaillés, comme celle d'un rat.
L'examen plus en détail de ces animaux fait ressortir quel- 4M particularités plus distinotives. Ainsi le nez, nu et Ûsse,
eat dirisé par un pli perpendicakûre bien imprimé et a les narines dirigées en avant ; de longues soies se trouvent au-deasoB des yeux, au milieu des joues et sous le menton. Les oreilles sont rarement toutes nues, mais généralement couvertes da poils fins et courts ; la conque se termine en bas par un lobe libre, et porte sur le côté interne, au-dessus et un peu en ar — rière de l'orifice auditif, un petit clapet bien différent de l'o— reillette, qui est placée de l'autre côté, en avant de rorific^a auditif. Un autre détail caractéristique consiste aux pieds e "^ à la queue de ces animaux ; les pieds antérieurs sont petits ^ t pourvus de cinq doigts, dont chacun est armé d'un ongle saiK^* lant, aigu. Leur surface inférieure est nue et la supérieure ass^ ^ peu couverte de poils courts et déprimés ; le doigt moyen e^^t on peu plus long que les quatre autres, qui des deux côtés soi^^i pareils, les deux en dehors et sur le côté interne sont les pli courts. Chaque doigt se termine par une élévation chami ronde, qui porte un petit ongle beaucoup plus étroit, et plante est garnie de trois autres élévations également chi nues, dont la plus grande, celle du milieu, correspond aux tro doigts moyens et les deux autres à l'externe et à Tinterne. ICZn outre, il y a une quatrième élévation semblable en arrière c^Mt Texteme, de forme allongée, qui occupe tout le côté exter^iae du pied. Les pieds des pattes postérieures sont beaucoup pl^L^s grands que les antérieurs et remarquables surtout par Topp* ^ sition du pouce, aux autres doigts. Ce pouce est assez fort ^^ se termine par une grande élévation ronde charnue, mais sax:3J ongle. Les quatre autres doigts ressemblent à ceux d ^s membres antérieurs, sauf qu'ils sont un peu plus grands ^^ qu'ils ont les ongles surtout plus grands; ceux des deux doig^ ^ internes sont encore plus grands que ceux des externes. L^* plante est nue et s'étend jusqu'au talon. Elle porte quatre él^ vations charnues en avant, pour les cinq doigts, celle du pon^^ est la plus grande; une cinquième plus large élévation arrondi^ en arrière est placée sous le talon. La queue est longue de la lov gueur du tronc, ou encore plus allongée et est, en général, o^ peu enroulée vers le bout. Elle est ronde, grêle et pre8q0<^ nue, mais la peau en est ridée par des plis transversaux, f9 ^ mant des ceintures divisées chacune par d'autres plis en (9^ ^' rection longitudinale, formant ainsi de petites verrues rhoi^^' boldes. Chaque verrue est couverte d'une petite plaque c^^ corne qui dépasse un peu la verrue en arrière ; 0OO6 le bo^^^
GENRE DIDELPHYS 166
ibie de oette plaque sont implantés des poils courts assez rijides, au nombre de deux à cinq pour chaque verrue, d'après % grandeur. Ces caractères de la queue sont moins apparents liez les petites espèces, mais bien distincts chez les grandes.
Un caractère anatomique remarquable réside dans les or* ^nes génitaux des mâles dont le scrotum est grand et posé en ivant de l'orifice de la verge, et dont la verge elle-même a le gland bifurqué en deux lobes très-allongés ; chez la femelle, les orifices de la matrice sont séparés en deux dans le canal de la rulve, un de chaque côté du fond du vagin, où entrent les leux tubes en forme d'anse. Le second caractère, celui des génitaux féminins, est du reste commun à tous les Marsupiaux
La denture de ce genre se compose à l'état parfait dans l'âge avancé, de dix incisives en haut et de huit en bas, de grandes oanines assez recourbées et de sept molaires^ dpnt les trois premières sont de fausses molaires avec un seul tubercule élevée et les quatre autres sont des tuberculeuses avec cinq tubercules chacune. Des dix incisives supérieures, les deux du milieu sont les plus fortes et de forme conique plus élevée, les antres huit sont petites et basses avec un bord assez large, faiblement sillonné; les huit inférieures ont la même forme, mais leur bord libre est simple. Les canines croissent très-doucement et atteignent enfin le double de hauteur qu'elles avaient pendant k jeunesse. Des trois fausses molaires, la première est petite, Irès-avancée et séparée de la seconde par un intervalle ouvert, la seconde est assez grande et la troisième encore plus ; cette dernière se distingue des deux autres par une couronne plus conique» un peu plus renflée. Les quatre tuberculeuses supérieures ont une couronne triangulaire et portent sur le côté externe deux petits tubercules, deux autres plus rapprochés sur le milieu et un cinquième plus large et plus bas à l'angle inteftie; les inférieures sont oblongues, avec un petit tubercule en avant Qt deux à deux plus grands en arrière de lui.
La denture de lait présente quelques particularités remarquables. Le jeune encore dans la bourse de sa mère, quoique d^à parfait et tout à fait ressemblant à sa mère, n'a en haut que huit incisives, très-courtes canines et trois molaires, dont deux sont de &usses molaires et la troisième une tuberculeuse (^. D'après cette période se présente, en arrière de la
n ^tî donné ne dSKripUon étendue de la transformaUcn de la dentore jenM en
troisième molaire, une quatrième et un peu plus tard une dnquième, qui sortent lorsque les incisives supérieures moyennet plus hautes commencent à apparaître. A ce moment d'éroli* tion, les jeunes quittent en général la bourse de la mère et Tirent en dehors, quoique restant encore auprès d'elle. Bientôt après sort la sixième molaire en arrière des autres, quand k troisième^ la dernière de la denture de lait, commence à tomber. Cette molaire est toujours un peu plus petite que les autres, la couronne est moins triangulaire et plus ovale ; à sa place panti la troisième fausse molaire, qui a une couronne plus épaisse éb figure d'une coupole, et quand elle a presque terminé sa croia* sance> apparaît enfin la dernière septième molaire tuberculeme, qui se distingue des autres par sa grandeur un peu moindre, du moins dans la mâchoire supérieure.
Il est à remarquer que toutes les dents avant la tuberculeuse de lait ne changent pas, elle seule est caduque et est ensuite remplacée par la troisième fausse molaire, tandis que les ind* sives, les canines et les deux fausses molaires antérieures soit permanentes et ne changent jamais (*).
Il faut encore remarquer que les trois fousses molaires ont chacune deux racines et les quatre tuberculeuses trois; tontei les autres dents en ont une seule simple, comme c'est la règle pour les incisives et les canines.
Le squelette des Didelphys est bien connu, au moins celai dei grandes espèces, par la description de Tbmiiinok (Mon. d. Mamm. I. pi. V et VI.) illustrée de figures. Le crâne se distingue par une caisse encéphalique très-petite, pourvue d'une haute crête sagittale, d'une arcade zygomatique forte^ compcimée et large, des épines orbitales postérieures très-saillantest un palais énormément allongé en arrière, et une mâchoire in* féneure remarquable par l'inversion du coin postérieur à l'in* térieur, fort caractéristique pour notre groupe, avec son bord inférieur courbé en arc presque régulier. Les vertèbres eervi* cales donnent un caractère fort singulier par leurs hautes et larges apophyses épineuses, unies en crête complète. Les antrei os du squelette sont fins, le nombre des vertèbres dorsales est
denture adulte dam mes ErlAuUr. tut Fauna Brasil., page 89, iUottréf par ^ flfurea, pi. IX, flf . 4.
{*) Voyei nir cette particalarité commirae à tous lea llartupiaiix, le BéMbe di W. ruwn, dsof les PUiat^. TVitiisel., tiNOS 157, page S8 tl miv.
GEHRE DIDELPHTS 18î
le treize, avec le même nombre des paires de côtes dont sept lont Traies et six fausses, restant les quatre dernières libres. le compte six yertèbres lombaires, deux sacrées et 26-31 vertèbres dans la queue, à mesure que sa longueur est plus ou moins forte. Les clavicules sont présentes et au bassin les os marsupiaux, qui se forment du tendon ossifié du muscle oblique interne. Le tibia et le péroné sont séparés dans toute leur longueur et les os des pieds complets en nombre régulier.
Les Didelphys^ que les habitants du pays nomment Comadr^as^ sont des animaux nocturnes qui se cachent pendant la journée dans leurs retraites et se nourrissent surtout de petits animaux rivants et de grands insectes, qu'ils chassent pendant la nuit ; ils recherchent avec empressement les œufs des oiseaux, sans dédaigner les lézards, les grenouilles, les écrevisses, quand ils peuvent les prendre. Ils mangent aussi des fruits farineux, mais jamais seuls et toujours mêlés avec des substances animales. Quand ils le peuvent, ils attrapent des animaux vivants un peu plus grands pendant leur sommeil, ils savent les attaquer avec sagacité et ils les tuent à Taide de leurs fortes canines ; ils sucent d'abord le sang avec avidité, et c'est l'aliment qu'ils préfèrent à tous les autres. Les grandes espèces pénètrent dans les poulaillers, où ils tuent souvent en une seule irait une douzaine de poulets ou même de canards dont ils ne fimt que sucer le sang. Les colons les craignent beaucoup et les tuent partout où ils peuvent les prendre. La manière la plus générale de les prendre consiste à disposer une trappe, avec un demi-tonneau dans lequel l'animal s'enferme vivant. Leur naturel est paresseux et en relation avec leur cerveau gui est extrêmement petit et indique un degré inférieur des ftctions vitales ; ils marchent assez lentement et grimpent sur les arbres avec assez de peine, sans s'aider beaucoup de la ^neue entortillée à la pointe, quoiqu'ils restentjquelquefois suspendus à une branche d'arbre par la queue pendant une heure.
I^e phénomène le plus remarquable et le plus curieux de leur existence se produit à l'époque de leur naissance et pendant le premier âge, lorsqu'ils sont encore dans un état de production véritablement prématuré. Les recherches de Rbnggbr et Hbm- •n. (*) nous ont bien révélé aujourd'hui les progrès de leur
n Im olisenratioiu de Rehgger sont consignées dans son hist. nat. des Mammif. ^ ^mfMy, pafe t19 et saiv., et celles d'HsrsEL dans les SU%. Ber. d. Ges. naturf. fmmk da Bortla» «mée 1861, page 5.
ëYolation. Us naissent tellement imparfaits qu'ils ne peateit pas se mouvoir d'eax-mêmes ; la mère les prend, soit avee li bouche, soit à Taide de Tune de ses mains postérieures, pou les approcher de ses mamelles lorsque le jeune sort de layalTe* assez distante de Touverture de la bourse qui recouvre les mamelles.
Les grandes espèces ont dix tétines disposées en troÎB groupes, trois en avant, cinq au milieu et deux en arrière. An commencement la bourse est petite, réduite à deux plis de U peau du ventre, un de chaque côté des tétines; mais lorsque lai petits augmentent de croissance, la bourse devient plus grande et enfin assez étendue pour contenir 6 ou 8 jeunes, ce qui est te nombre ordinaire d'une portée. Il est à croire que les petits ne naissent pas tous à la fois, mais Tun après l'autre pendant te période de plusieurs jours. Il est remarquable que les pattei antérieures des jeunes, à cette époque, sont un peu plus dë?eloppées que les postérieures, qui sont tout à fait rudimentairei et que l'animal peut les mouvoir un peu sans le concours des autres parties du corps ; car Hbksbl dit avoir observé qn'ite s'accrochent avec ces pattes aux poils de la mère, entre tel tétines, auxquels ils restent suspendus. Dans cette situation, ils sont presque immobiles pendant quatre semaines; alori commencent à paraître les poils de leur corps, et deux semainei plus tard ils ouvrent les yeux. Â présent se forme aussi labouche qui n'était jusqu'à ce moment qu'une ouverture ronde, immobile, bien attachée au contours de la tétine ; le petit laisse la tétine à laquelle il est attaché, lorsqu'il veut changer arec une autre, parce qu'on trouve toujours toutes les tétines usées dans la bourse, quoique leur nombre soit plus grand que celui des petits. Hbnsel croit que la bouche du petit noaveaané est plus grande au moment de la naissance, et qu'elle n'est pas une ouverture ronde, mais une fente transversale, et il pense que cette fente se ferme des deux côtés des angles de te bouche, par une membrane fine qu'il a trouvée de chaque cb^ de l'ouverture ronde du jeune, pendant à la tétine, après qo^ le petit l'a sucée pour la première fois. Il dit aussi que la tétine se prolonge beaucoup dans la bouche du petit lorsqu'il la saee, et qu'elle descend peu à peu jusqu'à l'ouverture de l'oosophage*
Les espèces du genre, jusqu'à présent connues, sont asie> nombreuses et toutes répandues dans les parties chaudes de l'Amérique. J'ai foit déjà, dans mes ErUMenmgm z. h^
GENRE DIDELPHTS 188
WuiUens (Berlin, 1856 fol.) une révision de celles qui ont été [écrites et j'ai relevé parmi elles vingt-quatre espèces que j'ai omninées moi-même. Je les ai divisées en six sous-genres disincts. Notre faune est riche de cinq espèces, qui se distriment dans les quatre sous-genres suivants :