‹ Description physique de la République ArgentineChapitre 161 sur 267 · ÉDENTÉS · texte numérisé non relu

ÉDENTÉS

différence est moins indiquée chez le MegaUmyx que cbes le Jlrgatherium^ dont Tavant-brafl est relatirement le plus grêle, m proportion de la grosseur générale des os du squelette du mtee genre.

Le même caractère se retrouve dans la forme des doigts. Le Megalherium a quatre doigts très-inégaux, qui par la grandear excessive des phalanges falciformes des trois internes, indiquent une grande faculté de préhension ; le quatrième doigt externe n*a pas d'ongle. Chez les autres genres, les doigts soot plus égaux de grandeur et les phalanges falciformes moint grosses, ce qui semble indiquer une disposition plus grande p<mr gratter. Le Scelidotherium a quatre doigts^ les deux intenei pourvus d'ongles falciformes, peu recourbés ; les deux aatni sans ongles. Le Mylodon a cinq doigts avec trois falciformes, sa peu plus forts et recourbés, et deux sans ongles. Le Megakmpi a dû avoir les mêmes cinq doigts avec trois falciformes.

Il faut remarquer que les humérus sont dans une autre aoilogie remarquable ; on ne trouve pas chez le Jfe^olikmtMietlfl Mylodon la perforation par un canal au côté interne, immédit* tement au-dessus de l'épitrochlée, qui existe chez le SceUMn* rium et le Megalonyx, Nous observons aussi cette différence ebo les Tardigrades actuels, où la perforation existe chez le CWiiBt ptis et le Bradyptis iorquatus, mais manque chez les autres eipèces du môme genre. Il y a la même correspondance pour les os des membres postérieurs qui suivent le type des Tardigrades, sauf que leurs proportions sont colossales.

Le bassin prouve en premier lieu cette analogie, par la grtn* deur excessive des os iliaques et leur position opposée presque en ligne droite, se terminant par une crête extrêmement forte, courbée en demi-cercle; et, en second lieu, par l'union dei épines ischiatiques avec l'extrémité de l'os sacrum ; l'échaO' crure ischiatique est fermée par un pont osseux, et il existe ta trou circulaire au-dessus du trou obturateur ovalaire alloagé-

Le fémur présente les différences comme l'humérus dans let quatre genres. Le fémur, du Megalherium et du JU^otofiJur ert presque d'égale longueur que l'humérus, mais énormémeat gros et large chez le premier, moins fort chez le second. De la même manière se remarque la même différence dans les fémari des genres Scelidolherium et Mylodon; les deux ont cet os plat long que Thumérus. Le fémur du premier est gros et large, reisembûnt à celui du Megalherium, et est plus court que le fémar

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du second, qui n'est pas aussi gros. Celui-ci est même assez

grêle à la partie inférieure, et plus long en comparaison avec le

rps de l'animal; il ressemble davantage à celui du MegaUmyx.

Il 7 a une différence importante dans les facettes articulaires

iS condyles. Chez le Mylodon et le Scelidotherium^ il existe dans

1^ captU jèmoris, l'impression pour le ligament rond, mais cette

pression avec le ligament manque dans les genres Megathe-

et Megalonyx^ comme aussi chez les Tardtgrades ac-

taxais. Les facettes articulaires à l'extrémité inférieure du fémur

présentent d'autres différences ; elles forment avec les os de la

î&xnbe et la rotule l'articulation du genou. Les trois facettes ici

présentes constituent, par les bordures rapprochés, une vraie

iui.îon chez le Mylodon et le Scelidotherium ; elles se touchent

seulement avec les bords, sans s'unir, ou restent même toutes

distantes, chez le Megalonyx, et sont séparés de la manière

chez le Megatheriutn^ que la facette articulaire de la rotule

reste tout-à- fait distante de la facette articulaire interne pour

1^ tibia, quoiqu'elle se réunisse intimement avec celle pour le

péronéy au côté externe du fémur.

Les deux os de la jambe sont soudés par leurs têtes aux deux ^Ktrémités chez le Megatherium^ et fixés entre eux seulement P^x* union molle dans les trois autres genres. Chez le Megathe- ^*4ni ils sont presque aussi longs que le fémur, chez les autres plas courts ; un peu chez le Megalonyx, plus chez le Scelidothe" ^utn et beaucoup plus chez le Mylodon. Dans ce genre, la longueur de la jambe est au-dessous de la moitié de celle du fémur.

Tous les quatre genres sont remarquables par la grosseur

des pieds postérieurs, chez lesquels le talon surtout est d'une

giundeur surprenante. Le Megatherium présente ce caractère

plus encore que les trois autres; son talon (calcaneus) est

ptesque aussi long que la moitié du pied entier. Chez les autres

goures le talon occupe à peu près un tiers de la longueur du

]^^. Le nombre des doigts est variable. Le Megatherium et le

SoetUatherium en ont trois^ il leur manque l'orteil et le suivant,

<^ui-ci est indiqué un peu par un faible vestige. Le Mylodon a

quatre doigts, l'orteil reste rudimentaire, mais est encore re-

^luudssable. Le Megalonyx semble avoir eu cinq doigts, mais on

A^ les reconnaît pas bien. Dans tous les quatre genres le plus

S^d doigt, celui du milieu, est pourvu d'une grande phalange

^ciforme terminale, qui a été armée d'un ongle très-fort de

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la même forme ; les deux doigts exiemes n'ont pas d'onglM, comme dans tous les autres genres. Le MyMkm a un ongle semblable aussi au second doigt ; le MegaUmyx en a eu probabl^ ment aux trois doigts internes.

La grandeur remarquable et même excessive de l'os du talon est fort importante, pour déterminer la yraie manière de vivre de ces animaux ; nous voyons par ses dimensions qu'Ut eu une influence prépondérante sur les mouvements de l'animal et il prouve par sa grandeur qu'il était destiné à soutenir tn très-grand poids. Un talon de telle grandeur, comme celui dt Megatherium^ était certainement nécessaire pour supporter la corps dans une position relevée de la moitié antérieure, mais d'aucune manière dans la position horizontale du tronc, et nosi en tirons la conséquence que l'animal marchait le tronc relevé en avant, et que cette position était d'autant plus prononcée que les membres antérieurs étaient plus longs et le talon plus allongé. La position du corps du genre MegaloHtfX me semble avoir été très-semblable et moins inclinée que celle dei genres Scelidotherium et Hylodon^ dont leur colonne vertébrale paraît avoir été portée assez horizontale pendant la marche.

On ne peut rien affirmer de plus sur la manière de vivre de ces animaux bizarres, sauf que leur nourriture se composait du feuillage des arbres ; nous le savons par la structure complètement identique de leurs dents avec celles des Tardigrade» actuels et leur forme souvent aussi égale, sauf que les dents des Gravigrades sont plus grandes. Les Tardigrades mangent exelasivement les feuilles d'un seul genre d'arbres, nommé CecroiM, et vivent dans la couronne entre les grandes feuilles digitées. Nous ne connaissons pas les arbres de l'époque quaternaire de l'Amérique méridionale, mais l'existence de ces grands animaux phyllopliages prouve la contemporanéité de grandes forêts. H est impossible de croire que des animaux d'une taille si gig^* tesque, avec les os du squelette tellement lourds, aient monte sur les arbres de cette époque ; c'est une idée tellement ridicule et incroyable qu'aucun savant ne peut l'admettre. Il ft^^ donc accepter l'hypothèse, déjà présentée, que ces animaux ont incliné les branches des arbres pour manger leurs feuilles, ^ se relevant probablement sur leurs pieds postérieurs trèspuissants, et en s'appuyant au tronc de l'arbre. Cette idée ing^ nieuse a été émise en premier lieu par R. Owen et me scniW^ bien fondée par la conformation du squelette des Gravigrades-

Uears mouyements ont été également aussi lents comme eenx defl Tardigrades; ce fait est prouvé avec évidence par leurs os gx^s et massifs qui, par leur surface lisse et le manque de fortes crêtes musculaires, indiquent aussi une musculature assez f&ible, en comparaison avec la grandeur des os. Il me semble complètement prouvé, par la conformation des os, que les Gravlgrades ont été aussi paresseux que les Tardigrades.

Xes quatre genres nommés dans Texposé antérieur sont réptundus à l'état fossile dans toute l'Amérique chaude, depuis la V^irginie jusqu'au Rio de la Plata, mais le dépôt le plus riche se trouve dans les pampas de notre République et principale- Dâent dans celles de la province de Buenos- Ayres. On y trouve toixs les genres réunis^ souvent dans un état parfait de conser- ^<^tion, des squelettes sans qu'il manque un seul os. Nous avons dans le Musée public les squelettes de trois genres, msds il nianque encore celui du genre Mégalonyx, dont nous n'avons plus qu'un fémur cassé, qui prouve sa différence spécifique avec celui de l'Amérique du Nord.

Ces genres se distinguent comme suit :

• Les dents grosses sont pnsmatiqncs et se terminent à la surface qui sert à broyer par deux fortes crêtes transversales; quatre doigts en avant, trois en arrière. 1. Uleifatlierlain.

• Les dents grêles plus ou moins cylindriques ont la surface do trituration plane.

1* Quatre doigts en avant, trois en arriére. 2. Scelldotlierlaiii. 9* Cinq doigts en avant.

»• Dernière molaire inférieure bilobée; quatre doigts en arrière. 3. mylodon.

%• Dernière molaire inférieure simple, égale aux autres; cinq doigts en arrière. 4. HEesalonyx.

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