tome I, page 150. Buenos- Ayreg
— Verhandl d. k. k. zool. bot. Gesellsch. z. Wien. année 18TO, page 381.
— Archiv f. Anat, n. Physiolog, etc. année 1873, page 826. Leipzig, 8'».
Les caractères zoologiqnes du genre le plus gigantesque dat Gravigrades sont donnés dans la table précédente; nous nelei répéterons pas ici et commencerons notre description génënla par celle des dents^ qui constituent en premier lieu la partieslarité générique. Leur forme prismatique quadrangulaire est u peu variable, la plupart sont oblongues, quelques-unes carréei, l'une eu l'autre trapézoïde, et toutes arrondies aux coins per pendiculaires. Leur direction n'est pas tout-à-fait droite, mais» peu courbée, convexe au côté antérieur, concave au postérieur, et de leurs quatre surfaces les deux larges sont planes, les deux autres faiblement creusées. Sur la surface de trituration il se forme, par le frottement entre elles, deux crêtes transversales triangulaires fort aiguës qui se conservent toute la vie, à caase de la rénovation perpétuelle de la dent de bas en haut, et paf leur position alternante dans les deux m&choires, de cette niftnière que chaque dent de Tune se touche avec deux deTaulre. Cette position est reconnue nécessaire par le nombre inégal des dents en haut et en bas, cinq dans la m&choire supérieure et quatre dans Tinférieure. Les crêtes de la surface de trituration sont formées au sommet par une lamelle fine de ladentinei qui est la couche la plus dure de la dent. Cette lamelle fine a la forme de la dent entière, mais elle est un peu plus petite de circonférence et renferme au côté interne une grande nasse centrale de vasidentine, tandis que sur le côté externe, elle est couverte d'une couche de cément, dont les quatre parois soat d'épaisseur très-différente; les deux, l'externe et l'interne, sob| très-minces, les deux autres assez épaisses. Le prisme ainsi constitué de la dent est solide seulement dans son tiers svp^
rieur, les deux tiers inférieurs renferment un large ride pyraxxmidai, qui sert à recevoir la matrice qui produit les matières dlvares de la dent, une couche après l'autre. La première dl^s trois couches composant la dent, qui se forme, est la dentixie ; elle se présente, tout en bas de la moitié inférieure de Icfe. dent, comme une paroi fine et mince, de la grosseur d'un ecipirton fin, à laquelle s'attache successivement plus de substei^zice. Cette augmentation se forme par la vasidentine qui es t; produite par la portion supérieure de la matrice, et à mesure que cette portion pyramidale devient plus aiguë, la C€>i3che formée de la vasidentine devient plus grosse et se termine à la pointe de la matrice pyramidale par une masse solide. En même temps que se forme cette vasidentine, sur le côté interne de la dent, la couche de cément se forme au côté externe. Elle n'est pas un produit de la matrice, mais de la paroi vitale du petit sac dentifère, qui a renfermé toute la dent avant de sortir en dehors des gencives, et reste toujours audessus de la moitié inférieure de la dent, contenue dans Tal- Téole dentifère. Ces opérations continuent durant toute la vie de Vauimal, et de cette manière, chaque dent conserve sa forme fixe, car pendant qu'elle est usée par le haut elle est reconstruite en bas sans interruption.
Les dents du haut et du bas ont une forme un peu différente; les supérieures se rapprochent plus de la circonférence carrée, les inférieures de l'oblongue. En haut, la première dent est ar- ^ndie en avant et la dernière en arrière, celle-ci est assez pins petite que l'autre. En bas, la première et la dernière sont <le forme trapézoïde, plus étroite en avant, et la dernière dent ^tun peu plus petite que la première. Une dent parfaite des ping grandes du milieu de la mâchoire inférieure de notre Mu- ^ présente les dimensions suivantes : longueur totale 9 \ ponces, largeur des parois larges 24 pouces, des étroites Ijj P^Hices, vide interne pyramidal G pouces de long. La plus petite dent est la dernière supérieure, elle a G pouces de long et 'ft circonférence carrée est de 1 pouce de diamètre longitudinal ^Ue 1} pouces transversal.
La forme générale du crâne est très-allongée dans le sens de longneur et très-étroite en travers. Un crâne de dimension '^nlière a 2^ pieds de longueur et 14 pouces seulement de laigeur entre les arcades zygomatiques; la largeur de la région ^iiôSphalique est de 7 pouces, celle de la cavité du nez de 5|[ à
38B ÉDENTÉS GRÀVIGRÀDES
5 { ponces. Cette partie est fort saillante par suite de l'extension considérable de Tos intermaxillaire, qui a 7 ponces de long et' seulement 2 {[pouces de large au milieu ; les bords laténu de l'ouverture nasale sont très-ouverts en dehors et donnent ta nez cette largeur de presque 6 pouces. Le front a 8 1 à 9 poueei de large au milieu ; il devient plus étroit en arrière des ortntei, qui n'ont pas la bordure supérieure saillante, mais l'épine poitérieure assez prononcée. L'arcade zygomatique, qui temmie l'orbite en bas, est très- forte et pourvue de deux apophyses perpendiculaires, dont la plus grande descend immédiatemeit du bord postérieur de l'orbite, et l'autre supérieure, plus petite, monte obliquement en arrière, un peu en avant du milieu de l'arcade zygomatique. Celui-ci se réunit intimement avec Tipophyse de l'os temporal sans laisser de vides entre eux. Cette apophyse a une grandeur considérable et, par suite, la foMe temporale a une extension très-grande ; elle monte jusqu'à b crête occipitale au sommet du crâne, où elle se termine par l'tfeade temporale, ledssant au milieu du sommet du crftne, eitre les deux arcades, une surface sagittale assez étroite, percée par un trou rond considérable, s'élargissant à partir de là en amt* en raison de la distance triangulaire des arcades temporales, pour s'unir ensuite sur le front à l'épine postorbitale. Tonte li fosse temporale était occupée par le muscle masseter, dont la dimension surprenante était en rapport avec la mâchoire inférieure très-grande, très-grosse et extrêmement pesante.
La partie inférieure du crâne se compose en avant de l'os intermaxillaire étroit, et en arrière de cet os de la surface unieda palais des mâchoires supérieures. Le palais est complètement horizontal et a presque un pied de long, jusqu'aux arrière-narines; il a une texture spongieuse, avec beaucoup d'ouvertnres vasculaires, et porte de chaque côté les cinq molaires snpé' rieures, rangées en deux lignes droites presque parallèles a^^ une distance entre chacune de 1 § à 2 pouces. Les arrière-na* rines forment une grande ouverture elliptique perpendicalsii^ terminée en bas par les os du palais avec les gros os ptért* goïdes, qui sont attachés en haut à la base du crâne, forméepar l'os sphénoïde. Cette partie du crâne se distingue par sa hanteof perpendiculaire entre le palais et l'os sphénoïde, égale à la moitié de la hauteur du crâne entier, sans la mâchoire isSt' rieure. Sur les côtés de l'union dés os ptérygoïdes avec la ba*^ du crâne, on voit les grandes facettes articulaires
GENRE MEGÀTHERIUM
de la mâchoire inférieure, appartenant aux os temporaux, et en arrière d'elles les petites caves tympaniques, dépassées par les rochers épais et les mastoïdes. Au côté interne du mastoïde e^uste la facette articulaire de la grande apophyse styloïde, Q^mxi forme un os entièrement séparé des autres os du crâne, et q Y&i l'attache à cette facette par union flexible. Cet os ressemble ik, i2n petit marteau, son manche est presque de 4 pouces de long. EZxi arrière des deux mastoïdes le crâne se termine par les deux ^x^snds cendyles occipitaux hémisphériques, entre lesquels se trouYe le grand trou occipital, à une distance d'environ 2 a pouces d^adeux coins du crâne, et avec une extension transversale à p^n près égale à cette distance. Une surface occipitale hémisplsiérique et courte, de 4 pouces de haut et de 8 pouces de large, tr&s-inégale et perpendiculaire, remonte au-dessus de ce trou et: des condyles, formant la paroi postérieure du crâne.
Xa mâchoire inférieure est de tous les os du crâne le plus rexuarquable par sa grandeur et sa forme. Elle a une longueur de 26 pouces dans la branche horizontale, et la hauteur de la brcuiche perpendiculaire est de 20 pouces, depuis l'apophyse coronoïde jusqu'à la bordure inférieure de la branche horizont&ilc. Cette hauteur considérable est produite par les alvéoles dea molaires, qui forment à la surface inférieure de la branche horizontale une protubérance semi-circulaire égale à la longueur des molaires et haute de 10 pouces au milieu. Dans la direction loixgitadinale de la mâchoire, cette protubérance, contenant les quatre molaires, occupe presque un tiers de l'extension, lais- ^ut en avant un autre tiers libre, et en arrière le troisième tiers, occupé par l'apophyse coronoïde, le condyle et la prolongation postérieure moins forte que l'antérieure. Cette portion Mtérieure correspond à l'os intermaxillaire et a presque la o^ême forme prolongée horizontale, concave en haut et coH' ^exe en bas, se continuant jusqu'au milieu de la protubérance alvéolaire, et terminant à la seconde molaire, formant ainsi une bugue et forte symphyse mentale. Le tiers postérieur de la ii^&choire inférieure est formé par une paroi perpendiculaire <>Bsease, mince en bas et terminée en cet endroit par une courbure régulière, mais divisée en haut en trois pointes de disettes forme et hauteur. L'antérieure des trois, qui commence ^ bas avec la quatrième molaire, est la plus haute et forme ^'^physe coronoïde de 10 pouces de hauteur, avec une bor* doie antérieure courbée et inclinée à sa fin; celle du milieu est
itP. AEG. — T. UI 19
iSO ÉDENTÉS GRAVIQRADES
an peu plas courte, mais c'est la plus grosse et porte le condyle oyale et transversal, de 3 pouces de diamètre en long et de 1 pouce en large ; la troisième est placée beaucoup plus bas et se termine, après une longueur de 4 pouces en direction horizontale, en arrière par une pointe courte mais aiguë, pen recourbée en haut, et réunie à base de Tapophyse coronoïde et celle du condyle. On voit, sur le côté intérieur, la grande <m- ▼erture du canal dentaire, qui passe par la branche horizontale en avant, s'ouvrant arec plusieurs trous mentaux (2 à 3) lor le côté extérieur, dans le tiers antérieur prolongé de la mâchoire.
Le cou du Megatheriwn se compose de sept vertèbres oerri* cales, comme celui de la plupart des mammifères ; ces e^ vertèbres réunies ont une longueur de l|pied. La pronière, l'Atlas, a 11 pouces de large et à peu près 4 pouces de long as milieu des deux arcades qui forment le canal vertébral, maii chacune des deux arcades n'a que 2\ pouces d'extension; la sipérieure avance plus en avant et l'inférieure plus en arrière, ceqai produit une extension totale de 4 pouces. L'arcade supérieiie est plus épaisse et se relève au milieu par une crête obtuse trasiversalede2pouces de hauteur; l'arcade inférieure estbeaneovp plus mince, plus étroite, et présente sur le côté intérieur vse face articulée circulaire, accompagnée de deux autres perpei* diculaires, une de chaque côté, servant à la réunion avec l'apophyse odontoïde et le corps de la seconde vertèbre. Les deax dilatations latérales de l'Atlas forment des ailes airondiei, assez minces vers le milieu, avec une bordure extérieure m peu relevée et traversée à la base par le conduit vasculairede l'artère occipitale. A la surface supérieure, l'ouverture dn conduit forme un grand trou ovale transversalement ouvert, jnst^ en arrière du bord antérieur, au-dessus de la grande facettear ticulaire concave qui sert à recevoir le condyle occipital. Deb base de ce trou sortent deux conduits : l'un, petit interne patf^ par rintérieur de l'aile et entre dans le grand canal vertébral. il donne le passage au premier nerf cervical ; l'autre un p^ pins grand se dirige au commencement en dehors, il passe pv le côté inférieur de l'aile et continue en se recourbant de nouveau par la base de l'aile, et s'ouvre au-dessus des facettef 1*' térales articulaires pour la seconde vertèbre. C'est par cettepu*tie du conduit que passe l'artère intervertébrale. Oéuéndement cette ouverture postérieure du conduit est double et séparée ^
GENRE MBGATHEMUIf Kl
demx pêi WÈL pont osseux, qui dépasse l-oarertare oommuna.et doat un trou se dirige en avant et l'autre en arrière.
La seconde vertèbre cervicale, connue sous le nom à'Aœiê ou d*EfnUrapheu$j est la plus grande et la plus forte de toutes; elle a 7 pouces de long et 8 pouces de haut ; la basé nommée le eorpsa presque. 2 pouces de grosseur; le canal vertébral en dessus du corps a la même hauteur, et Tépine supérieure trèsforte a le double de hauteur, c'est-à-dire 4 pouces. La partie antérieure du corps est saillante et forme la grosse apophyse odontolde; elle se termine en bas par une facette articulaire circulaire. A côté de celle-ci, les deux arcades supportent deux autres grflmdes facettes articulaires circulaires, servant à Tunir a^ec les&cettes correspondantes de l'Atlas. Une apophyse ttansveisale descend obliquement des côtés externes du corps ; elle a aa base percée d'un trou et est divisée à la fin en trois tubercules, un supérieur et deux inférieurs opposés, dirigés Tun en avant et Fautre en arrière (*). L'arcade s'étend en arrière de eluMmn des côtés supérieurs, jusqu'à une autre facette articu- Iflûre ovale, oblique, qui tire de cette position son nom d'apophyse a1»1ique, et s'articule avec la correspondante de la vertèbre sui- ▼^a^nte. Enfin, au-dessus des deux articulations obliques, l'apoplayse épineuse remonte, en formant une grosse crête inclinée aa& arrive, qui dépasse en avant l'arcade vertébrale par un fort ^oin baailaire, et en arrière la même arcade par une grosse px^tabérance légèrement bilobée au sommet, se dressant sur tories les autres apophyses épineuses des vertèbres suivantes ^u. oou^ jusqu'à la dernière, qui a une hauteur encore plus cou- Âfléiable.
lies vertèbres cervicales suivantes ont réuni 1 pied de long ^t r<mt en diminuant d'épaisseur du corps jusqu'à la cin- 4^^%îèiie, qui est la plus petite ; leur diamètre s'augmente d'ici ^^ccesÂvement ensuite comme celui de toutes les vertèbres dor- *^les. Les troisième, quatrième et cinquième sont semblables de forme ; leur corps est composé d'une planche transversale ^'^ale, 1| à 1| pouces de grosseur, qui supporte en dessus l'ar- ^^de vertébrale et de chaque côté l'apophyse transversale, bien
C) a €8t bMB ooDDO que le caractère général de la perforation de Papophyte
^'autfenale dea T^ertèbres da oon des MaminifèrM, est produit par sa conformaMon
^ ém pièces osseuses, prirnittvement séparées, dont rinférieure en dessous dn
^^, eorrespond à la côte des vertèbres dorsales. Celle-ci se tenniM par dem Ulbe^
^a, Vaotre snpérieore n'en a qu'an seul.
Sn ÉDBNTÉS GRAVIGIIADES
perfi>rée à la base et se terminant par deux fenbercoles inégMtx, dont rinfërieur est le plus grand à la troisième rerièbre et le pins petit à la cinquième. L'arcade se dilate de chaque eôté en arant, tout près de la base, en apophyse oblique aree sa &ee articulaire concave sur le côté interne, et en arrière au-desnu du canal rertébral en autre apophyse oblique, posée unpei plus haut, qui porte la facette articulaire conyeze en bai. Entre ces quatre apophyses obliques sort, du ' sommet de Tar cade, l'apophyse épineuse courte et faible ; celle de la qu* trième yertèbre est la plus basse et celle de la cinquième h plus forte. La sixième vertèbre cervicale se distingue des troii antérieures par une apophyse épineuse plus forte, qui a pm* que le double de hauteur de la quatrième, et par une apophyse transversale également plus forte, dont le tuberoule tenûBl inférieur est surtout remarquable par sa dimension beauoovf plus grande que celle des autres vertèbres. Enfin, la septiène vertèbre cervicale dépasse la sixième par la hauteur et la giw* seur de son apophyse épineuse, qui se termine par une mtene forte, de 9 pouces de hauteur, et par son apophyse tra&ffre^ sale, qui n'est pas perforée à la base et se trouve située plii en haut, presque au milieu de l'arcade vertébrale, où elle i'tiit avec l'apophyse oblique antérieure qui se relève en fomede crête perpendiculaire avancée, en avant de l'apophyse tAB>* versale. Le corps de la vertèbre présente aussi un caractère particulier par la présence d'une petite facette articulaire de chaque côté, qui sert à recevoir la tête des premières côtes (*)• La diminution des vertèbres du cou, depuis la seconde jaiqu'à la cinquième, existe aussi dans l'extension du canal t<^ tébral, qui va en s'amîncissant un peu dans la même direetion et présente sa plus petite section à la cinquième vertèbre. U s'élargit ensuite en avant et en arrière, mais très-peu àpendafif cette dernière direction, où il suit la grandeur successivement plus forte des vertèbres, quoique en moindre degré, car Tang* mentation des vertèbres et principalement celle de leur corps est
n Dans l'oavrage de R. Owszf sar le Megatkerium^ cité plos haot, m tna^ ^ doMin <le la teptiùme vertèbre cervicale, pi. IV, Ag. 6 et 7, où manque cette Cict i^ ticnlalre ; l'apophyta épineuse ett anisl beauconp ptns élevée que eellt de Vtà^" tIlkNide notre HntAt publie. Ce detsin ne représenta pas exacleneat réttt ■<>*" de k septième vertèbre du eou, mais une anomalie exceplionoelle, dent j*ai éa^^ l'explication détaillée dans le Jonmal d'Anat. et Phjsiol.. page S», dlé égalstfi*^ plus haat.
GENRE MEGATHBRIUM 893
beaacoap plas considérable. J'ai donné une description détaillée de cette décroissance, dans le Journal allemand d'Anat. et de Physiol. , année 1873, page 638, avec les mesures de chaque vertèbre. Il résulte de ces mesures que le corps de la première vertèbre dorsale a un tiers à peine de celui de la dernière, et que cette différence s'augmente encore plus jusqu'à la fin de la solonne dorsale, où le corps de la première dorsale n'a seulement que le quart de la dernière lombaire.
Pour ce qui concerne la forme particulière des vertèbres dorlales et celles du cou, il faut noter aussi quelques différences relatives. Comme chaque vertèbre dorsale a les mêmes apophyses que celles du cou, il suffit de remarquer que l'apophyse transversale ne sort pas du corps de la vertèbre, mais plus haut du sommet de l'arcade; elle est pourvue d'une grande EM)ette articulaire concave, dilatée à la fin, pour la réception l'une facette correspondante convexe de la tubérance de la côte. Une seconde grande facette articulaire ovale se trouve sur l'arcade même, en dessous de l'apophyse transversale, et une troisième plus petite sur le corps de la vertèbre, au coin supérieur postérieur. Ces deux reçoivent la tête de la côte, mais de Bianière que la grande facette articulaire de l'arcade reçoit la Bufime côte que la facette articulaire de Tapophyse transversale, et la petite facette du corps de la vertèbre la tête de la côte suivante. La première et la seconde vertèbre dorsale ont quatre petites facettes articulaires, une sur chaque coin du corps, deux en avant et deux autres en arrière. Ces facettes sont un contact avec la tête de la première, de la seconde et de la troisième côte ; la tête de la première côte avec la dernière vertèbre cervicale et avec la première dorsale; la tête de la seconde côte avec la postérieure de celle-ci et l'antérieure de la seconde vertèbre ; la tête de la troisième côte seulement avec la postérieure de la seconde vertèbre dorsale, car la troisième vertèbre dorsale n'a pas plus cette facette articulaire au coin antérieur de son corps, seulement la postérieure.
Les apophyses obliques n'existent pas dans les vertèbres dorsales comme apophyses saillantes, quoiqu'elles aient de grandes facettes articulaires obliques. Ces facettes se trouvent sur l'arcade vertébrale, les antérieures en dessous de l'arcade, en avant de l'apophyse épineuse, les postérieures en arrière, où cette apophyse se réunit à l'arcade, en bas de l'apophyse épiueaae même. Il y a encore une troisième facette articulaire mé-
9M ËDBNTËS 6RAVI6RADES
diane entre les deux autres obliques, en araiit eomme en wrière, qui correspond par sa position aux coins antérieur et postérieur de l'apophyse épineuse. Cette troisième fiftcétte manfu aux quatre ou cinq premières vertèbres dorsales, elle cou* mence à la sixième et devient peu à peu un peu plus grande, jusqu'à la quatorzième vertèbre dorsale, où chacune des dsu £ftcettes articulaires obliques externes se sépare en deux. Akn l'arcade de chaque vertèbre présente en avant quatre facettessr ticulaires et quatre autres en arrière, dont les plus exlenei sont posées aux coins postérieurs des apophyses transversslei et les deux autres moyennes à la base de Tapophyse épinwae. Cette séparation commence déjà, dans notre squelette, à li vertèbre treizième, mais seulement au côté postérieur ; raatérieur a encore trois facettes articulaires, comme les autres ver tèbres précédentes. Les vertèbres en arrière de la treizième sat quatre facettes articulaires aux deux côtés et cette conformatioi continue aussi dans les vertèbres lombaires, qui sont égikment pourvues de quatre facettes articulaires obliques en aTtti et en arrière.
Cette remarquable différence dans l'articulation des vertèbrei antérieures et postérieures de la colonne vertébrale prodiU aussi une différence dans le mouvement ; l'augmentation dei fieicettes articulaires empêche complètement le déplacement dei vertèbres, l'une contre l'autre, et donne à la partie postérieue de la colonne vertébrale une rigidité très-différente de la flexibilité plus grande de la partie antérieure, où les membres intérieurs, qui y sont attachés, demandent aussi une plus grande flexibilité de la colonne vertébrale, pour permettre les divers mouvements du corps entier et de ses deux portions prind* pales.
Les trois vertèbres lombaires se distinguent des demièrei dorsales non-seulement par leur grandeur, mais aussi pardeox autres caractères accentués; elles n'ont pas de facettes artiei* lairesaux corps, aux arcades et aux apophyses transversales poar les côtes, et la forme spéciale de ces apophyses est toute différente. Au lieu d'un prolongement horizontal gros et épais à la fin très-élargie, chaque apophyse transversale des vertèbres lombaires forme une crfite presque perpendiculaire, un peu inclinée en dehors, perforée presque au milieu par un grand trou ovale, qui devient un peu plus grand à chaque vertèbre suivante, par suite de la hauteur de la crôte. Cette crête
GENRE MEGATHERIUlf 9K
retend en ayant, comme en arrière, en coins aigus Baillants;<le Mxin antërienr plus petit se dirige un peu rers le côté interne, it le postérieur plus grand vers Tex terne. De même que les orps, les apophyses épineuses de ces trois vertèbres lombaires oiit plus fortes et plus inclinées en arrière, sauf la dernière, kmt la moitié supérieure se recourbe un peu en avant. Toutes es apophyses épineuses des vertèbres dorsales ont la même nclinaison en arrière, mais s'augmentent avec la position des 'ertèbres en arrière ; les deux premières sont tout-à-fait perlendioulaires, rinclinaison commence très-faiblement avec l'a- ^physe épineuse de la troisième vertèbre dorsale.
Les deux premières vertèbres de cette catégorie présentent [aelques particularités remarquables qui nous obligent à plus le détails. Elles ont les corps les plus petits, mais Tapophyse ipineuse la plus haute. Celle de la première vertèbre, est pourvue d'one crête antérieure assez haute et aiguë avant la fin, sonespondante jt la partie supérieure de Tapophyse, au-dessus le l'apophyse épineuse de la dernière vertèbre cervicale. Cette »6te prouve évidemment que la vertèbre cervicale a eu une ipophyse épineuse plus basse que la première vertèbre dorsale si que eette relation des deux vertèbres entre elles est normale, comme le prouvent les trois échantillons de la première dorsale de notre Musée, qui ont toutes la même conformation. Le cas décrit par Owsk, à la page 19 de son ouvrage cité plus haut, que la dernière vertèbre du cou a eu l'apophyse épineuse lapins hante et dépassant en élévation celle de la première ▼orièbre dorsale, constitue donc une exception anormale^ comme jel'û dit auparavant (*). L'apophyse épineuse des trois vertèbres en question, la dernière du cou et les deux premières du dos, se termine en haut par un agrandissement en forme de Riisue, dont la face supérieure est allongée et triangulaire, iTse des coins arrondis sur la dernière vertèbre du cou et pvsque circulaires dans les deux vertèbres du dos. La face ds la première est un peu plus grande que celle de la seooade. L'apophyse épineuse de celle-ci a la môme hauteur que celle de la première, mais l'apophyse même est un peu plus
n i*ii traité pbs en détail cette question dans mes études sur le Mtgatherlum •■«rtWMim, publiées dans VArddv, f. Anat. u. Pky$iol. ann. 1873. page CSG. Dans leiqwlette du Mylodon cl do Scelidotherium de notre collecUan, l'épine de la dcr- >^ lertèbre da cou est également plus courte que celle de la première do dos.
m ÉDENTËS GRAVI6BADES
mince et moins large que Taatre de la première Tertèbie ; les deux sont posées perpendiculairement et la seconde mène «t un peu inclinée en avant en haut. Arec la troisième Tertèke dorsale commence Tinclinaison légèrement marquée en airièn de Tapophyse épineuse, elle va en augmentant davantage pes à peu en suivant toute la colonne vertébrale jusqu'à la qime^ Les apophyses épineuses des vertèbres de celles-ci sont perpttdiculaires, comme celles des vertèbres du cou.
Il y a encore à relever un caractère remarquable des corps des vertèbres qui a une grande importance pour la direotkm de toute la colonne dorsale, c*est la diminution du diamètre longi' tudinal en bas, relativement au diamètre du haut. Gette diainution, dont j'ai parlé amplement dans mon essai antérieur di Journal d'Anat. et Physiol. (année 18'73, page 635), a pour résultat que la forme générale de la colonne vertébrale du dos n'est pas une ligne droite^ mais une arcade de hauteur considérable qui oblige le corps de l'animal à se tenir toujours diis une position inclinée, principalement si l'on remarque que \b membres postérieurs ne peuvent pas s'étendre en ligne drmte et donnent, par conséquent, à la partie postérieure du eorps une position plus basse qu'à l'antérieure, où les membres saté* rieurs plus flexibles permettent une élévation du corps asseï considérable. On voit par la table des mesures données aa par sage cité plus haut, que chaque vertèbre a un corps de t jusqu'à I pouce plus court en bas qu'en haut, et que Tarcsde de toutes les vertèbres réunies, se relève au sommet de 13 à 14 pouces au-dessus de sa corde droite de 5| pieds de longnetr. Cette courbure donne la forme juste et normale du corps di Megatherium. La position horizontale, qui a été dessinée par tots les auteurs antérieurs, n'est pas naturelle et n'est pas possible, en regard à la conformation des corps des vertèbres, qui oonsii* tuent la colonne dorsale de l'animal.
Nous traiterons ici, immédiatement à la suite, les vertèbres de la queue, pour finir notre description de la colonne tortébrale, et laisserons pour le moment les vertèbres sacrées (p^ suivent aux lombaires, pour les décrire en môme temps (f^ le bassin.
La queue se compose de dix-huit vertèbres, dont les quatorie antérieures ont encore un canal vertébral, les quatre dernières seulement sont pleines. (Quoique composée du même nombre de vertèbres, la longueur de la queue est très- variable ; nous avons
GENRE MEGATHERIUIf 297
deux exemplaires parfidts dans le Musée, dont l'un a 5 1 pieds de longueur et l'autre 4 f pieds, chez lesquels la grandeur des ▼ertèbres antérieures est presque la même et ne dififère que pour les huit postérieures. Dans l'une, elles ont 20 pouees, dans l'antre 12 ensemble. Dans ce cas, les dernières vertèbres sont plus déprimées et d'une forme plane, qui prouve évidemment leur usage comme appui ; dans l'autre, la longueur du corps dépasse sa largeur, même dans la dernière vertèbre, et la queue 0e termine plus en pointe.
Quant à ce qui concerne la forme des vertèbres séparées, chacune des antérieures a un corps plus large que long, jusqu'à la huitième^ où les deux dimensions du corps seront égales. Au-dessus, le canal vertébral offre la même diminution que le €5orps, ainsi que les apophyses externes, qui existent comme dans les vertèbres dorsales. Les transversales n'ont pas de foc^ettes articulaires et sont dirigées plus en arrière, avec la pointe grosse et relevée faiblement en haut; les obliques ont deux ftkcettes, comme les vertèbres dorsales antérieures, sans Avoir la troisième entre elles comme celles-ci. Ces facettes se perdent à la douzième arcade vertébrale et deux vertèbres ^v-aatlafin du canal vertébral ; mais les apophyses transversales <soiitinuent jusqu'à la fin, en diminuant peu à peu, et forment Ax&e arête latérale aux quatre dernières vertèbres.
IJn caractère particulier des vertèbres coccygiennes consiste ^^ns la présence de petites facettes articulaires sur le bord ii^flMeur du corps, autant en avant qu'en arrière, supportées Pcir un double tubercule du bord. Ces facettes se trouvent sur W>iites les vertèbres, sauf aux quatre dernières. A ces facettes ^'attachent des os particuliers ayant la forme d'une fourchette, ^oirespondant aux apophyses épineuses et nommées, pour ^tte ressemblance, apophyses épineuses inférieures ou haema- Pophyses^ parce qu'elles renferment les troncs des vases san- S^ifères de la queue. Chaque apophyse s'attache à deux ver- ^bres, et est suspendue en dessous de l'union des corps vertébraux, par la substance intervertébrale cartilagineusefibreuse ; elles sont en rapport avec la grandeur des vertèbres ^^rrespondantes et diminuent peu à peu, comme les vertèbres ^Ues-mômes, sauf à la première vertèbre, où existe seulement ^Ue paire d'épines complètement séparées, êorrespondant aux ^leux bras de fourchette des autres apophyses, sans former l'union de la première vertèbre avec la se(y)nde. Ensuite, les
SBB ËDENTÉS GRAVIGRADBS
épines inférieures deviennent parfaites, diminnaak en hantctr Yors la fin de la queue, où la dernière apophyse est atbsdiée à la treizième et quatorzième vertèbre. Gelle-oi n'a pas une 6fs^^ mus seulement à sa place une courte crête, quoique lesbranokei soient aussi larges que celles des autres.
Deux petits os particuliers se trouvent encore entre la fnr mière vertèbre de la queue et la dernière sacrée^ au mène endroit où les apophyses épineuses inférieures des vertèbreade la queue sont attachées. Ce sont des os triangulaires ayaatli forme d'un court prisme de 3 à 3 1 pouces, intercalés entre ki bords des surfaces opposées des corps vertébraux, afin d'enpêcher le rapprochement intime des deux vertèbres. Ces dm petits os ne sont pas universels ; nous avons un autre ezen* plaire de la queue, dont la première vertèbre n'a pas de vestige au bord inférieur du corps de la présence antérieure d'oi oi. Aussi la forme de l'apophyse transversale de la première vth tèbre coccygienne est variable, elle est tantôt cylindriqoeM commencement, comme les autres suivantes, tantôt fortemeit élargie à sa base, et forme un prolongement assez gros du eorpi et non pas une simple apophyse externe.
Les côtes et le stemon, qui constituent la cavité du thonii sont les 08 que nous étudierons en suivant, à cause de letr union avec la partie antérieure de la colonne vertébrale. U 7 e seize paires de côtes, dont les sept antérieures s'attachent eo stemon par égales paires de côtes sternales ou os sternocosteox assez forts ; le stemon est aussi composé de sept pièces on Ye^ tèbres sternales.
Les côtes ne sont pas excessivement fortes ; leur grosiev est de 1 à 2 1 pouces, dans les deux directions principales, eileir forme est d'un arc plus ou moins courbé. Au commencementi ^ haut, il y a une tête conique pourvue d'une petite facette arti' culaire terminale, et une autre facette à la surface interne de la tête, tournée vers les vertèbres dans la position naturelle; il y en a une troisième, avant les deux autres, sur l'agrandissemest de chaque côte, que l'on nomme la tubérosité. Entre cette to* bérosité et la tête, chaque côté est un peu plus étroit et comme serré; on nomme cet étranglement le cou de la côte. LatabéfOsite s'unit par la facette articulaire avec l'apophyse t^an8VC^ sale de la vertèbre correspondante ; la facette latérale de I* tête avec l'arcade de la même vertèbre, et la facette terminale de la tête avec la vertèbre précédente seule, ou aves elle et U oor
GBNRB MEGATHERIUM 299
rwpondante par les moitiés de la fitcette terminale. Cependant cette double union se trouve seulement sur les têtes des trois premières paires de côtes. Ce caractère important fait distin^ gmer flusilement les trois premières côtes; la première a environ ]. pied de long, la seconde 1 1 pied et la troisième 2 pieds, mesures en relation avec leur courbure ; les trois sont grosses de 1- 1 ^ 1 s pouces. Elles se distinguent aussi par la courte distance la tête de la tubérosité et par la direction presque anguleuse la tête contre l'autre portion de la côte, en dessous de la tubérosité. Dans les côtes suivantes, cette distance s'augmente peu à peu, le cou devient toujours plus long, et cette différence, jc»inte à la longueur de la côte, donne l'indication exacte de lour position. J'ai trouvé que la distance entre la facette ter* nûnale et celle de la tubérosité, c'est-à-dire la longueur du cou^ est de 4 pouces pour la première côte et de 8 pouces pour la (lix.atorzième; les deux suivantes sont un peu plus courtes, en Sèmerai de la longueur du cou, qui est aussi moins étroit, la tâte moins grosse, et présente cette différence, qu'elle n'a pas la takc^tte terminale articulaire qui touche le corps de la vertèbre précédente dans les autres côtes. La dernière côte, la seizième, ià*ctpaa non plus la figicette articulaire de la tubérosité, et s'unit seulement par une seule facette assez grande avec l'arcade de ^ seisième vertèbre. La longueur des côtes va en augmentant Bucoessivement de 2 à 4 pouces; la quatrième a 26, la cina^ème ao, la sixième 34, la septième 37, la huitième 39, la neuvième 41 et les quatre suivantes chacune 40^ enfin la quinûèaie 38 et la dernière, la seizième, 35. La neuvième est donc ^ plus longue de toutes.
OwsM dit que la facette articulaire de la tubérosité manque ^^ oôies depuis la treizième, ce qui est en contradiction avec l'exemplaire de notre collection, qui a cette facette, non-seulei&ent à la treizième côte, mais aussi à la quatorzième, quoique >tr ehaoune un peu plus petite qu'à la précédente. Il semble que ces différences sont individuelles et variables, comme la Wteur des apophyses épineuses de la dernière vertèbre du <^ et des premières du dos.
Les os qui joignent les côtes au sternon sont connus sous le uom de sternocostaux; ils sont assez forts, ainsi que les *ept vertèbres du sternon, dont le véritable nombre a été in- ^na à OwEN, qui a dessiné la sixième pour la huitième sur '^ pL XI de son ouvrage. Nous avons cinq exemplaires du
300 ÉDENTtiS GRAVI6RADES
6 ter non dans le Musée public de Buénos-Âyres, et entre eu trois complets, qui n'ont pas plus de sept vertèbres en tout. J'ii donné dans les Annales du Musée, tome I, page 1B3, pL V, fig. 1, une description détaillée de deux stemons complète, qui prouve que la première vertèbre, nommée manubrium^ est me large pièce ovale avec une prolongation terminale postérieur qui la réunit à la seconde vertèbre sternale. Sur la partie sotérieure large existent deux petites facettes articulairâs, une nr chaque bord externe, servant d'union avec la première côte, et avant ces facettes, la surface supérieure de la lame est forts* ment concave de chaque côté et sert à recevoir la dificule. La prolongation terminale de la lame est aussi poume d'une facette ovale articulaire pour l'union avec la seconde pièce du sternon. Celle-ci est la plus petite de toutes, et pov* vue de deux grandes facettes articulaires : une en avasi, l'autre en arrière, et deux autres à chaque côté pour l'omM avec les os sternocostaux de la seconde paire de êôtes. Cette même conformation générale existe pour les quatre pièeei suivantes du sternon, dont la première est lapins grande et principalement la plus forte ; les suivantes deviennent sueeeisivement un peu plus petites et se terminent par une septtèae pièce plus longue et plus étroite, de forme conique, qui représente l'apophyse xiphoïde du sternon, pourvue de chcïqae eôté de la base d'une grande facette articulaire, pour recevoir les deux derniers os sternocostaux de la septième paire de côtes. Les sept os réunis, formant le sternon, ont une longueur de 22 à 24 pouces, en proportion de la grandeur individuelle da squelette entier, sur lesquels le manubrium occupe 7 à 8 pouees, l'apophyse xiphoïde de 4 à 5 pouces et chacune des cinq pièo^ intermédiaires 2-2^ pouces. Elles sont réunies par substance
molle cartilagineuse, fibreuse, et forment ainsi une pièce aeseï forte, peu flexible, presque solide.
Les os sternocostaux sont remarquablement différoiti d^ grandeur et de forme. Le premier de la première côte est le plus court, mais aussi le plus épais. C'est une pièce presqe^ cubique, soudée à la côte sans flexibilité, mais attachée es sternon par une seule facette articulaire^ se touchant aree h facette latérale du manubrium.
Le second os sternocostal a le double de longueur du p(^ mier (4 à 4| pouces) mais il est beaucoup plus mince et de forme triangulaire, avec une forte tête à sou exirémiic iatertei
GENRE HROATHERIUlf 901
pourvue de deux fooettes articulaires, l'une en desBUB de l'autre, pour son union arec les correspondantes de la seconde vertèbre du stemon; Tautre extrémité externe s'unit avec la côte, soit par une soudure complète, soit par un cartilage intermédiaire. Dans ce cas, la facette terminale des deux os est inégale et présente quelques rugosités ou petits tubercules.
Les os stemocostaux suivants sont de plus en plus longs, le troisième a de 6 à 6| pouces, le quatrième a de 7 1 à 8 pouces, le cinquième de 9 à 94 pouces, le sixième de 11 à 12 pouces, le septième de 15 à 17 pouces. Chacun est renflé à ses deux extrémités : la supérieure ou externe est pourvue de fortes rugosités, l'inférieure ou interne a trois à quatre facettes articulaires, servant à son union avec les facettes articulaires des vertèbres correspondantes du stemon. Quelquefois le sixième et le septième scmt unis au milieu par une facette articulaire sur les bords correspondants ; le septième est toujours le plus fort et pourvu d'une seule grande facette articulaire & son extrémité inférieure renflée en forte crÊte hémisphérique. A ce dernier os sternocostal, qui est toujours un peu courbé, tandis que les autres sont plus droits, s'unissent successivement les autres os des côtes suivantes. J'ai examiné ces os jusqu'à la onzième paire de côtes, et j'ai vu que chacun a une forme allongée conique, sensiblement plus large au côté externe et faiblement courbée; il s'attache par une pointe au précédent, et par l'autre large et rugueuse à la côte. De l'extrémité inférieure des côtes on peut déduire que ces os se trouvaient jusqu'à la quinzième paire et manquent seulement à la dernière seizième.
Pour connaître les os des membres du Megatherium^ il suffit d'ënumérer chacune de ces particularités, sans les décrire plus en détail.
Le premier caractère remarquable est la grande différence des membres antérieurs et des postérieurs, en rapport avec la solidité de ces os; les os antérieurs sont grêles et fins en comparaison avec les os forts et excessivement massifs des postériears. Il se répète ainsi dans les membres, ce que nous avons d^à vérifié pour le tronc, que la moitié antérieure est plus faiblement construite que la postérieure qui est excessivement Bolide; différence qui prouve que les deux membres sont aussi d'un usage entièrement différent ; les antérieurs correspondant i^ des mouvements légers, les postérieurs à des mouvement pesants.
308 ÉDENTÉS GRAVIGBADES
Dans les membres antérieurs l'omoplate a une forme ilktgée triangulaire avec la pointe un peu arrondie en arrièfe, il % 27 à 28 pouces de long dans cette direction, et en arant mx k facette articulaire humérale 17 • 18 pouces de haut. La sorbee externe porte une forte épine, qui court obliquement sur cttti surface, parallèlement au bord postérieur et ya s'unir en afiit par une arcade très «forte avec l'apophyse coracoïde non nrâi forte ; union caractéristique chez tous les Grarigrades, emm aussi la perforation du plan de l'omoplate, ayant l'apcq^yie coracoïde, par un grand trou servant au passage des nerft et des vaisseaux sanguifères. Par la direction oblique de Viciât^ des deux divisions de la surface externe de l'omoplate, Vtsté* rieure, nommée fosse sur-épineuse, devient plus grande qie b postérieure, connue sous le nom de sous-épineuse^ et cette difirence remarquable distingue bien l'omoplate du MegaihÊrim de celle du Mylodon et du Scelidoiheritm^ où les deux (aiem oi fosses sont moins différentes de grandeur. En outre, l'aroide réunissant l'apophyse coracoïde avec l'acromion porte use il* cette articulaire pour son union avec la clavicule.
Cet os est extrêmement fort, mais sans autre caractère ptf* ticulier. Il a une forme cylindrique, un peu courbée en 8, tvminée à ses deux extrémités par un renflement remarqmbb. Sa longueur est de 14 à 15 pouces, sa grosseur de 2 pouces u milieu et 4 pouces à la un. Les deux bouts sont diffëmii; Texteme s'attachant à l'arcade entre l'acromion et l'apophyie coracoïde, est moins élargi mais recourbé en angle obtus eontic la direction générale de l'os, et se termine par une fieu»Ue•^ ticulaire, qui s'unit avec la correspondante de l'arcade. L'iob^ extrémité interne, qui s'attache au manubrium du stenoi, ^ aplatie obliquement, et sa surface plus large se pose contre te même surface de la clavicule opposée et touche la surbee ii* terne du manubrium du sternon, au moyen d'une protubérBsee inférieure, rentrant dans l'excavation de chaque côté de eette surface du manubrium, que nous avons décrite auparavant Ui deux surfaces terminales internes des clavicules sont trèe-ii^ gales, perforées de trous vasculaires et ont dû être eonrerief de cartilages, pour leur union entre elles et avec le manubrium
L'union de la clavicule avec la première côte, que Cv^^ avait supposée, n'existe pas, comme l'a dit Owbm avec rtiaoBf les deux* os sont séparés par une distance vide asseï large.
La grandeur excessive de la clavicule prouve, qM ^
onbres * antérieurs du Megaiherium lui serraient, non-seuleent pour marcher, mais aussi pour d'autres occupations de aadê importance pour l'animal, qui exigeaient de la force, car B mammifères, dont les membres sont uniquement destinés à ircher, comme les chevaux, les ruminants et les autres onlioulés, n'ont pas la clavicule, et cet os est d'autant plus aod que l'usage des membres antérieurs est plus varié et mande plus de vigueur.
L'humérus n'est pas un os très-fort, si on le compare avec fômur. Généralement les deux os des deux membres sont en laiion réciproque ; lorsque l'un est très-fort, l'autre l'est égament ; mais chez le Megaiherium^ l'humérus est beaucoup plus ible que le fémur, et surtout à la partie supérieure qui s'ateke à l'omoplate. Les cinq exemplaires de cet os, que nous ^0118 dans notre Musée, trois du côté gauche, deux du côté tnt, ont une longueur de 28 à 29 pouces et une grosseur de \ pouces en haut, au-dessus de la tête, avec la facette articuire hémisphérique accompagnée de deux tubérosités, qui sont sez faibles, quoique l'externe soit un peu plus grande. Depuis^ devient peu à peu plus gros et forme à la surface antérieure 16 crête intermusculaire allongée, triangulaire, assez faible i comparaison de celle des genres Mylodon et Scelidotherium.
la hauteur de l'extrémité de cette crête, l'humérus de* ent bientôt plus large, s'étendant peu à peu des deux côtés iposés en deux forts tubercules latéraux qui forment, l'inme l'épitrochlée et l'externe l'épicondyle ; l'externe est le us grand, soit plus haut, soit plus large. Au commencement 1 tubercule épicondyle externe, on voit une sinuosité pro- &de sur le bord, pour le passage des nerfs et des vaisseaux inguifères, qui se continue en saillie oblique à travers le côté Miérieur de l'humérus. Tout en bas se forment les deux confies pour l'union avec les os de l'avant-bras, les deux hémisliériques unis en un seul en forme de x , et dont la moitié cteme est un peu plus grande que l'interne. Cette partie terdaale élargie de l'humérus a une largeur de 13 J à 14 pouces, t les deux condjles ensemble de 8 pouces. L'externe est lus fort dans la direction antero-postérieure, l'interne dans la iiection opposée bilatérale. La perforation au-dessus des cou- 7)^ pour la réception de l'olécrâne, n'existe jamais.
Les os de l'avant-bras sont encore plus grêles que l'Humérus, Atf leur portion articulaire qui est très-forte en haut, dans le
30i ÉDENTÉS GRAVI6RADES
cubitus, et assez forte en bas dans le radius. Le premier» 26 pouces de long et le second 25 ; Tépaissenr moyenne est de
3 à 3| pouces. La partie supérieure du cubitus a 10 à U poacei de large et forme une crête transversale épaisse, arrondie en bout^ plus large sur le côté interne que sur l'externe. La canté sygmoïdeen avant et en dessus de Tolécrâne a de 6^ à 7poHeei de lai^e et est divisée par une élévation transversale, en tax parties inégales; Tinteme plus grande est circulaire et e
4 pouces de diamètre, elle est concave comme une hémi^hère; Texteme, transversalement elliptique, a seulement 2| pouœede diamètre dans son petit axe et 4 dans son grand. A partir delà, le cubitus devient sensiblement plus faible et se termine eifii par une tête articulaire un peu plus forte, de 3( à 4 pouoesdi diamètre, qui porte deux facettes inégales : rintcôrne po« l'union avec le radius, la terminale pour l'union avec le caipe. Le radius commence assez grêle avec une facette articulsire circulaire, de 3 à 3 } pouces de diamètre, qui s'unit avec la mmiié externe de la facette articulaire du cubitus, pour recevoir vm elle le condyle externe de l'humérus. Après, l'os est très-miiee et forme bientôt une petite tubérosité en arrière, qui s'attMhe au cubitus; se relève ensuite au milieu en crête, en avant, pev devenir peu à peu plus gros, et se termine par une massue de 6 pouces de diamètre, accompagnée sur le côté externe de troif tubérosités bien distinctes, séparées par des excavations aeni* cylindriques. A son extrémité, cette massue porte une csTité articulaire cordiforme, de 6 pouces de long et de 4 poueei de large, pour la réception des deux os scaphoïde et semi-losaiie du carpe. La pointe interne descendante de ladite cavité dépasse un peu en avant le premier des deux os du carpe, <|t^ nous venons de nommer, quand la facette articulaire terminelc du cubitus n'entre pas en contact immédiat avec le troisième oi du carpe, le cunéiforme ; ce qui donne aux mouvemats dei pieds antérieurs, correspondant à la main de l'homme, besi* coup de liberté par suite de la grande flexibilité de runion trti* culaire avec le carpe. L'union légère du radius et du eabits* facilite aussi ce mouvement et laisse à l'avant-bras une fictif de la pronation et de supination presque égale à celle de b main de l'homme.
La patte antérieure est grande et presque aussi longte (p^ ravant*6ras. De nos deux exemplaires, l'un mesure ea ligB* droite 22 pouces, l'autre 23; elle est composée de quatre doig^
GENRIi: MEGATHERIUM 305
l'interne oa ponce manque (Voyez la figure de TÂtlas, pi. XIX, Bg. 1). La partie du carpe est extrêmement courte, en compandson des longs doigts, dont le troisième, correspondant au luatrième de Thomme, est le plus long.
Le carpe est composé de sept os et n'a pas un trapèze séparé avant le métacarpe du pouce, quoique un os allongé soit jrésent, qui se touche avec le trapézoïde et le scaphoïde de la première rangée. Cet os correspond au trapèze et le métacarpe la pouce réunis. Dans la première rangée, les quatre os sont H>mplet8 et assez grands, principalement le scaphoïde (a), qui lépasse tous les autres en grandeur. Il forme avec le semi-lunaire [b)y Tarticulation de Tavant-bras et s'attache au radius ; le cubitus ne s'articule avec aucun os du carpe, il reste distant du Bonéiforme (c), qui a une forme presque cuboïde et plus petite ijae la semi-lunaire. A son côté postérieur s'attache le grand pisiforme (d) qui a la forme d'une forte crête osseuse, dirigée en arrière^ et est posée très en-dehors de la surface des autres os du carpe. Dans la seconde rangée des os du carpe se trouve, sur le côté interne, l'os déjà nommé au lieu du trapèze et un trèspetit trapézoïde {e), contenu dans une excavation de scaphoïde; irient ensuite le grand os (capitatum f)y pas très-grand, qui se trouve retiré dans une excavation du métacarpe du doigt du iBilieu, et touche de l'autre côté, avec le scaphoïde et le semilinaire, mais pas avec le métacarpe du doigt annulaire. En- •ûte vient Tunciforme {hamatuntg)^ le plus grand os de la seoonde rangée ; il touche le semi-lunaire et le cunéiforme, et contient, à l'autre côté, les trois métacarpes des deux doigts externes et une portion de celui du doigt du milieu.
Les cinq os du métacarpe sont présents, mais celui du pouce est uni au trapèze, comme j'ai dit auparavant. C'est un petites ayant une base étroite, en forme de coin, qui s'intercale entre le scaphoïde et l'os du métacarpe de l'index ; il touche le scapliolde par son bord le plus étroit et fait passer en dehors un mamelon court, mais assez gros, à côté du métacarpe du second doigt, qui représente le métacarpe du pouce. Les autres os du métacarpe sont assez grands, mais différents; on peut les diviser ea deux catégories : ceux de l'index et du doigt du milieu sont plus courts et plus gros, les deux des doigts externes sont plus longs et plus étroits. Le premier, dont la base touche le trapézoïde, a 5 pouces de long et est très-comprimé sur ses deux côtés interneset externes; il porte, aux deux côtés, des fhcettcs articu-
KÉP. àBG. " T. m. âO
30B ËDENTF'S GRAVIGRADES
laîres sinueuses qui reçoivent les méUtcarpes voisins. Le métacarpe du doigt du milieu a 7 pouces de long, il est très-gros et fortement élargi à sa base, où il embrasse le grand os du carpe tout entier et touche aussi le trapézoïde par son côté interne, et le cunéiforme par l'externe. Ses deux côtés sont occupés daas leur entier par les métacarpes voisins. Des deux métacarpes externes plus grêles, celui du doigt annulaire a 10 à 11 pouces, et celui du petit doigt 9 à 10 pouces de long, en proportion de la grandeur générale du corps d'animal, plus petite ou pins grande. Les deux s'attachent à l'os cunéiforme du carpe, qie le dernier métacarpe touche seulement par une facette étroite; l'autre portion de la base reste libre en dehors ; mais ils sast intimement unis entre eux et au métacarpe du doigt du mi* lieu par une large facette latérale articulaire. Ces quatre grands os du métacarpe ont une forte tubérosité à la fin de la surface supérieure, avant la facette articulaire, près des phalanges, et cette tubérosité se continue dans Tarfeicalatiei terminale des os, comme la demi-poulie moyenne forte de la facette articulaire même. Les phalanges des doigts seat très-courtes, sauf la seconde de l'index et la terminale oa* gulifère des trois doigts 2 à 4. Au second doigt, la seconde phalange a le double de longueur de la première, et ks deux s'articulent librement entre elles. Les deux phalanges très-courtes du doigt du milieu sont soudées à un seul os, presque cuboïde, qui est excarv^é aux deux facettes articulaires opposées. Les deux phalanges également courtes du doigt aanulaire restent isolées, mais unies par articulation capsulaire; enfin, au petit doigt externe les deux phalanges sont très* courtes et la seconde est rudimentaire ; la première est eaeore pourvue de deux petites facettes articulaires, la seconde d'une seule et se termine en forme de mamelon arrondi, sans pbt* lange onguUfère, qui manque complètement.
Les trois autres doigts (2 à 4) ont de grandes phalanges oa* gulifères, composées d'une gaîne externe et d'un cdneeoia* primé central, qui sert à la réception de la matrice ongoli* l'orme entre la gaîne et le cône. Au second doigt la gaine est cylindrique, un peu courbée en dehors, et toute la phalange • 0 pouces de long, la gaîne seule a 5 pouces. La même phalaog^ du doigt du milieu est extrêmement grande, fort comprimai plus haute et d'une extension énorme. La longueur générale est de 11 pouces et celle de la gaîne de 8 pouces. La phalange
GENRE MEGATHERIU5! 307
^Dgalifère du doigt annulaire est de forme semblable mais moins laote et plus allongée ; sa longueur totale est de 9 pouces et «lie de la gaine de 7 pouces. Par cette prolongation des deux 18 du métacarpe et de la phalange ongulifëre, le doigt annuaire devient le plus long, il y a une extension totale de 21 à 12 pouces, tandis que le doigt du milieu a seulement 15 à 1() K>ace8, rindexlGàl? et le petit doigt externe 10 à 11 pouces (*).
Les os des membres postérieurs sont remarquables entre tous es os du squelette du Megatkerinm par leurs proportions consilërables, et dépassent les dimensions des os correspondants de eus les animaux terrestres; le bassin a surtout une extension \i énorme, qu'il dépasse d'un tiers celui de l'éléphant, et quoique le fémur de ce dernier soit plus long que celui du Megathedam, sa grosseur est moitié moindre.
Le bassin de notre exemplaire a un diamètre transversal de S pieds, entre les coins les plus externes des liions, mais il y a les exemplaires où ce diamètre est de 5| pieds et la hauteur générale, de la symphyse du pubis jusqu'au bord supérieur de la crête du sacrum, est de 3^ pieds et s'étend même jusqu'à 4 pieds dans les exemplaires les plus grands. La conformation générale du bassin est néanmoins la même que celle des paresseux vivants, et ne présente avec eux, d'autre différence que la grandeur excessive. Le seul caractère positif différent consiste dans le nombre des vertèbres unies du- sacrum; les paresseux vivants en ont six ou même sept et le Megatherium en a seulement einq. Cette similitude générale se prononce au premier lien dans la direction opposée des liions, qui forment ensemble lUie surface presque unie, un peu concave à chaque côté et di-
(*) CUTIKE dit dans ses Ossem. foss. tome Y, pt.l, page 127, qae la patte antérieure 4ii|niid Tatoo (Da$ypui gigas)^ la plos particulière de tous les Mammifères, doDue U seule esplieatioo des aDomalies de la même patte du Megatherium, Cette compa- '^^iiOB me semble bien fondée, si on regarde que les doigts semblables sont en po- 'îlioa opposée, comme le prouve ma description donnée dans Anh. f. Anai. et Pfujs. (^Uttée 1811, page 705, pi. 18. lîg. 4). Le grand tatou a cinq doigU parfaiU et les W«B (brU à grands ongles sont les trois externes ; les deux internes sont grêles. L'ai^^lofie de la plut grande importance, qui me semble exister, consiste dans l'union ^tax phalanges des doigts 3 à 5, en une seule chez le ùaiypuM, mais cette union *etroii?e chei le Megatherium, au doigt du milieu seulement, non aux autres. Dans Ws pieds des paresseux vivanU, la même union des phalanges est la règle. Je don- «'«•l me descripUoD plus détaillée des os des doigts et principalement des phalanges, ^ le texte accompagnant les planches de l'Atlas (pi. XIX), parce que l'assistance te figuras est nécessaire peur l'explication de ces os particuliers.
303 ÉDENTÉS GRAVIGRADES
rigée transversalement contre Taxe du tronc de la colonne vertébrale. Chaque ilion est une forme à peu près triangulaire et mesure 20 pouces de haut et 25 pouces de long ; les troU côtés sont un peu courbés^ principalement le supérieur, qui est le plus long et le plus convexe, Tinférieur est concave et le troisième ou interne est le plus court mais le plus gros, il a la moitié supérieure unie au sacrum et l'autre moitié inférieoie libre, en dessous du sacrum, où elle forme une partie du bord de rentrée du bassin. Cette partie est arrondie au coin et le termine à la cavité cotyloïde ; des deux autres bords libres^ l'inférieur sortant en dehors de la même cavité jusqu'à Tëpine iliaque, est assez aigu, et le supérieur, formant la crête iliaque, très-gros, obliquement aplati et d'une largeur de 3 à 4 ponces, a cette partie aplatie, ce qui donne à l'ilion une apparence véritablement colossale.
La cavité cotyloïde,. qui occupe l'angle inférieur interne de l'ilion, a une courbure complètement demi-sphérique à sa sn^ face concave, mais elle paraît elliptique, car les coarbnret antérieure et postérieure de la circonférence sonfsinueuses; le diamètre transversal a 7| à 8 pouces, et l'opposé d'avant en a^ rière seulement 6 1 à 7 pouces. Cette différence se produit pria* cipalement par la sinuosité plus grande du bord postérienr. L'impression pour le ligament rond (ligamentum teres) n'existe pas dans la cavité cotyloïde du Megatherium, car ce ligament manque, comme chez plusieurs autres Mammifères. Une petite trace sur le bord de la facette articulaire de la tête du fémnr, qui se trouve au côté interne, ne me semble pas prouver son existence, car l'impression correspondante manque dans la ca* vite cotyloïde.
Au-dessous de cette cavité et de sa bordure interne se présentent immédiatement le pubis en avant et l'ischion en arrière. Le premier est un os cylindrique de 10 pouces de long, un f^ élargi aux deux extrémités, de 2 pouces de grosseur au mili^l il forme le bord antérieur du grand trou obturateur. Ce trou a une forme allongée ovale de 9 1 - 10 pouces de long et 5 de large. L'ischion forme une grande lame osseuse de 11 à 11} poncesde large au commencement, qui descend en direction obliqne t^ l'intérieur et constitue de cette manière le bord postérieurdo trou obturateur. C'est la portion la plus remarquable dubassis par sa seconde union en haut avec la fin du sacrum, fermaat de cette manière l'cchancrure ischiatique qui, chez le pl^'
GENRE Mt:GATUt:RlUM 309
grand nombre des Mammifères, reste ouverte en arrière, mais forme chez le Megatherium Un trou rond entre Tilion, le sacrum rt l'ischion. Ce trou est assez petit dans notre bassin, il a 4 pouces le diamètre perpendiculaire et 5 pouces horizontal et donne passage aux branches du grand nerf ischiatique qui descend du sôté postérieur du pubis^ dans une excavation particulière de l'os et passe par le trou obturateur au côté interne du fémur, Toù il va, par la cuisse et la jambe, jusqu'aux doigts du pied. Le pont osseux, qui termine ce trou en arrière, correspond à Té- ^ne ischiatique des autres bassins et a, chez le Megatherium, ine longueur de 9 à 9| pouces; il s'unit aux deux dernières vertèbres du sacrum, qui dépassent en haut le pont par deux fortes tabérosités dirigées un peu plus en arrière, et indiquent bien les apophyses transversales des deux dernières vertèbres soûlées à l'épine ischiatique, qui se transformait en large pont Mseax comme l'échancrure en trou.
L'ischion descend en bas du trou comme une lame osseuse, peu à peu plus étroite^ et forme, au milieu du bord postérieur usez gros, vis-à-vis du trou obturateur, un coin obtus : la tuberosité ischiatique, et se dirige de là avec son bord peu à peu plus en avant, pour former son union avec la portion correspondante du pubis, qui se tourne également un peu plus en arrière. A leur union au-dessous du trou obturateur, les deux os (mi ensemble 12 à 12 1 pouces de large et leur extension perpendiculaire, en bas de l'union, a presque la même mesure. Enfin ils se touchent pour former la symphyse du pubis, qui est une crête grosse et obtuse, faiblement courbée au bord, de 8^ à 9 ponces de longueur; sa pointe arrondie antérieure avance assez sar le bord du pubis.
Le sacr u m , qui ferme le bassin en haut, se compose de cinq vertèbres soudées, comme le prouvent les quatre trous intervertébraux de chaque côté en haut et en bas des branches laténles. L'os entier, ainsi composé, a 19 à 20 pouces de long et sa largeur entre les crêtes latérales de la surface supérieure est de 10 pouces en avant et 16 en arrière. Tout l'os est perforé longitidinalement par le conduit vertébral, qui a une extension de 3 pouces de diamètre transversal en avant et de 4 en arrière ; sa bâuteur est de 2 à 2| pouces. En dessous du conduit sont les gros corps des vertèbres, au-dessus les arcades soudées. L'areade vertébrale unie est assez mince et perforée à chaque côté ptr quatre trous, d'où sortent les conduits intervertébraux, dont
310 ÉDENTÉS GRAVIGRADES
chacun se divise en deux branches, l'une en haut, Vautre en bas, pour le passage des nerfs qui ont la même direction. Entre les ouvertures des branches supérieures on voit, an milieu de l'arcade vertébrale, la grande et haute apophyse épineuse et de chaque côté de celle-ci, entre les ouvertures latérales, trois petites protubérances bicarénées; qui signalent les apophyiei obliques soudées des cinq vertèbres, car en avant et en arrière de l'arcade, la première et la dernière de ces apophyses sont bien visibles et séparées de l'arcade, comme les mêmes apephyses des vertèbres lombaires. L'antérieure, qui se touebe avec la postérieure de la dernière vertèbre lombcdre, porte en* core, comme cette vertèbre, une épine très-relevée horizoatal^ ment en arrière de la facette articulaire, qui se dresse, taslôt librement avant la crête de Tilion, comme une épine isolée, tantôt s'unit avec cette crête par une prolongation osseuse, d*oi de chaque côté de la crête iliaque se forme un trou entre l'épine et la crête, comme ceux des apophyses correspondaitei des vertèbres lombaires. Ces différences sont purement indin* duelles. Il en est de même de l'apophyse épineuse qui est, ei général, une orête simple de 11 pouces de hauteur et de 11 pouoes de longueur, se terminant au bord supérieur par lie extension latérale de chaque côte de 1 J à 2 pouoes de largeir, la crête inclinée un peu en arrière dans toute son extenskm* Mais il y a aussi des exemplaires où la crête est perforée es haut, en dessous de l'élargissement terminal, par 3 à 4 trovB, indiquant la séparation de la crête en apophyses isolées, et cette séparation peut se continuer de haut en bas, divinit en vérité la crête entière en apophyses toutes ou à demi-fléparées. J'ai vu un exemplaire du bassin où la dernière apophyse épineuse était seule séparée des autres, et un autre où les trois dernières apophyses se trouvaient en demi-séparation de la portion supérieure. Nous avons dans notre Musée trois crêtes épineuses du bassin, toutes entières, et je crois que c'est la forme régulière ; mais le dessin du Megatherium de Madrid indique les cinq apophyses épineuses du bassin séparées et ii est possible que cet exemplaire les ait eues ainsi, mais c'est aa fait tout exceptionnel.
La cavité au-dessous du corps du sacrum, entre les deaxia^'i' tiés du bassin, formées par l'union des trois os soudés en aa seul, connue sous le nom de l'os innominé, porte le nom ^^ petit bassin, «n opposition avec le grand bassin formé entre 1'^
GENBË MEGATHËRIUM 311
leux 08 iliaqaes. Il reste à déterminer la forme et la grandeur le cette cavité du petit bassin. L'entrée est très-allongée et de brme OYale, elle a 2 pieds 1 à 2 pouces de haut et 1 pied de arge au milieu. En arrière Textension devient un peu diffé- 'ente, le diamètre perpendiculaire est de 21 à 22 pouces et le raïuiversal de 17 à 18 pouces.
Le fémur est Vos le plus colossal du squelette et le plus rro6 des os de tous les animaux terrestres. Il a une longueur un lea variable, de 27 à 30 pouces, et une largeur différente au miiea, en rapport de sa longueur de 10 1 à 11 1 pouces ; l'épaisseur Doyenne est de 3 { à 3 1 pouces. Sa forme générale n'est pas lylindrique, comme chez la plupart des animaux terrestres, nais allongée oblongue, les deux côtés plus courts sont occupés m haut par la tête articulaire et le grand trochanter, et en bas Nur les deux condyles de l'articulation du genou. La tête est in hémisphère complet de 7$ pouces de diamètre, avec un bord )ien aigu, indiquant l'insertion du ligament capsulaire. Ce bord I une faible sinuosité sur le côté interne, ce qui semble indiloer l'existence d'un ligament à ce côté, qui peut-être remplaçait le ligament rond. Le col du fémur, au-dessous de la tête^ Bst eourt et a presque la même grosseur que celle-ci. Sur le iftté externe de la tête se présente le grand trochanter, qui bme une espèce de grosse tubérosité de circonférence triangtlaire, large et arrondie en dehors et perforée à la base^ tout piès du col, par une forte excavation ronde ou elliptique (la foise trochantine) pour la réception des nerfs et des vaisseaux stBgiifères dans l'intérieur de l'os. Plus en bas la surface de l'os eil lisse; des deux bords opposés, l'externe a un fort sinus en denous du grand trochanter et le bord interne a, vis-à-vis du ôaos, une autre tubérosité allongée plus faible, le petit trochanter. Au-dessous de celui-ci, l'os a sa grosseur minimum ; il commence à s'élargir de nouveau en bas et devient plus gros à l'endroit où il forme les deux condyles terminaux. Ils ont la fonne d'une demi-poulie de 6 pouces de diamètre ; chacun a 4à 4 1 pouces de large, l'externe est assez convexe, l'autre trèspea ; l'externe est plus relevé en avant, l'interne plus en arlière et chacun a son bord libre accompagné d'une tubérosité presque pyramidale; celle du condyle externe est plus forte que l'autre. Entre ces deux tubérosités, le fémur a sa largeur la plus grande de 15^ à 16 pouces. Une excavation assez profonde qui se continue en arrière, formant une fosse poplitée, sépare
312 ÉDENTÉS GRAVIGRADES
les deux condyles d'une distance de 2| à 3 pouces. Le bord aatérieur du condyle externe s'unit en haut à la facetta artiea* laire de la rotule d'un plan articulaire, un peu plus que aemi* orbiculaire de 3| à 32 pouces de diamètre.
La rotule est un petit os presque hémisphérique de 3 poaeei de diamètre transversal et de 4 pouces longitudinal, qui se prolonge un peu plus en bas par une protubérance conique, tiôdif que la portion supérieure est plus fort relevée, en avant, en ti* bérosité. La surface articulaire a une circonférence par&ite de 3 pouces de diamètre, elle est faiblement concave et n'est psi divisée en deux moitiés par une élévation médiane ; du moiu les trois exemplaires du Musée public n'ont pas cette aération, comme le dessin donné dans l'ouvrage de Owbv (pi. 2S, fig. 2), présente. Nos exemplaires ont une conformation toute différente ; le dessin cité correspond bien aux huit rotules dt Scelidotherium de notre Musée. Je crois qu'il y a eu une eneir de désignation (*).
Les deux os parallèles de la jambe, le péroné endehorsetle tibia au côté interne, sont unis intimement à leurs deuxextiémités et laissent entre eux un vide allongé ovale de 8 à 10 pouces de longueur et 2} à 2| de largeur; la longueur génénb des os unis est de 20 à 23 pouces. Le tibia est plus fort que le péroné et en général du double de grosseur de l'autre ; celai-li a une grosseur de 4 1 à 5 pouces au milieu, et celui-ci de 2 pouces. La forme particulière de chacun est de celle d'un pilon, élargi aux deux extrémités en forme de massue; en hftetf les deux os sont à peu près égaux, en bas le tibia est beaneoiv plus fort et laisse quelquefois le péroné libre au-dehors, eaai être soudé avec lui et formant un appendice latéraL L'extrémité supérieure est pourvue de deux facettes articulaires, estièrement séparées, correspondant aux deux facettes terminalei du fémur et de même forme. L'interne du tibia est située ple< haut, elle a une circonférence elliptique transversale, fort coscave ; l'externe du péroné ne se relève pas autant en hast, elle est plus étroite, toute plane et moins circonscrite. Elle s vb appendice semi-circulaire en arrière, dirigé obliquement eob^
(') Une semblable erreor a été faite par Bl/onville. qui fait flffurer dam toBO*" téographie, s^nre Megathtrlum^ pl- IV, flg. 3, la rotale do Mylodon gigmUeut eci'^ étant celle du Megatherlum, Celle-ci, flg. 14, est donnée comme a|.parteatft ** fean M^loitm, Voyes Assi. d. Jriia. PM, d, B. A., tome I. ISS.
GENRE MEGATUERIUM 313
pour la réception d'un petit os trilatéral, qni slntercale ici dans l'articalation et laisse passer sur sa face convexe libre postérieure, le tendon du muscle gastro-cnémien externe. Owen a nommé ce petit os la fabella. Par suite de la position plus basse de la facette articulaire du péroné, la jambe entière ne se pose pas en direction perpendiculaire contre le fémur, mais est obliquement dirigée en dehors à son extrémité inférieure, ce qui donne à la jambe une force plus grande pour soutenir, le corps suspendu d'une manière sûre et lui donner un point d'appui des deux côtés externes. L'extrémité inférieure est occupée par une seule grande facette articulaire concave, ayant la forme d'une demi-poulie et de circonférence presque circulaire; dUe est divisée par une crête obtuse en deux portions : l'interne plus petite est circulaire et plus concave; Texterne, semi-lunaire, est plus grande et moins concave. Cette facette s'artirale avec la correspondante de forme opposée de l'astragale. Bar le côté externe est posée, à cette facette articulaire, la plus petite massue inférieure du péroné, qui forme un mamelon trilatéral, touchant par sa surface interne, et pourvue d'une petite tkcette articulaire, la surface externe de l'astragale et formant de ce côté la grande facette articulaire principale du pied sur ce infime os. Les deux autres surfaces externes de la massue du péroné forment une protubérance assez forte, connue sous le nom de malléole externe ; la malléole opposée interne du bord da tibia est plus faible, située plus en haut et très-peu séparée de l'autre surface de l'os, formant une tubérosité allongée 9nle.
Les 08 du pied présentent, comme ceux de la main, un des caractères les plus caractéristiques du genre; c'est la dimension beaucoup plus grande de la moitié postérieure du pied, énormément développée par rapport à la moitié antérieure, qui est en partie rudimentaire ou réduit à un petit volume. Le pied entier mesure, de la pointe ressortant du talon jusqu'à la pmnte du doigt le plus long, qui correspond au troisième chez l'homme, 23 à 30 pouces, et sur cette grande extension l'os du Won, le calcanéum, occupe plus de la moitié, c'est-à-dire 14|àl5|pouces. lia une forme complètement singulière et représente une masse solide, plane en dessous, convexe en dessus, se terminant en pointe allongée-conique en arrière, *vec des bords presque parallèles en avant, où il se termine P»r trois facettes articulaires. Cette partie antérieure a 6 pouces
314 ËDENTËS GRAVIGRADES
de large et est pourvue, sur le côté externe, d'une protubéranes perpendiculairement comprimée, assez forte pour retenir les tendons puissants des muscles fléchisseurs des doigts. Une autre protubérance plus grosse se trouve au coin interne, arec une facette articulaire plane, elliptique, pour l'union avec l'astragale. Cette union se produit principalement par une seconde facette articulaire, plus grande et convexe, située au-dessus da coin antérieur supérieur. Une troisième facette articulaire petite et perpendiculaire existe à l'extrémité antérieure en bas et donne Tunion à l'os cuboïde.
L'astragale est un os également très-fort et du double de grandeur de celui de l'Eléphant, quoiqu'il soit assez variable de grandeur. Des quatre exemplaires de notre Musée publie, le plus grand a un diamètre longitudinal de 10| pouces et le plas petit de 8| pouces. Il a la forme bien connue d'une demi-poalie, avec une grande facette articulaire supérieure bi-sinueuae, poir l'union avec le tibia, et trois autres plus petites, dontdetx elliptiques se trouvent à la surface inférieure pour l'union avec le calcanéum, et une excavée en avant pour la réception de la facette semblable de l'os scaphoïde. Cette facette asseï grande se compose de deux moitiés différentes : l'interne oeavexe, l'externe concave de forme conique.
Le scaphoïde est un os allongé elliptique de 7| poueesde long et de 4 pouces de large, avec les deux surfaces principales très-inégales ; il a le bord externe libre arrondi, de 1 àl| pooee de grosseur. La surface postérieure, qui s'unit à l'astragale ptf ladite grande facette articulaire, est convexe en cône snrsa moitié externe circulaire, et concave dans sa moitié iukrùt transversale elliptique. L'autre surface opposée externe a dea<^ facettes articulaires : l'une triangulaire-perpendiculaire poo^ l'union avec le troisième cunéiforme, un petit os triait' gulaire de 4 pouces long et faiblement concave, avec deia^ grandes facettes articulaires, et l'autre allongée • elliptique transversale, pour l'union avec les deux autres os cunéi^ formes, qui sont unis à un seul os assez grand, avec trois cettes articulaires pour l'union au scaphoïde en arrière, l'autre cunéiforme au côté externe et au métatarse du doig — interne en avant; l'os se termine au côté interne et en bas en ma^ melon fort. Enfin, il y a encore une facette articulaire étroite allongée sur le bord externe du scaphoïde ; elle est toumée peu en bas pour l'union avec le cuboïde.
GENRE MEGATHRRIUM 315
L'os caboïde aune forme cuboïde très*irréga1iëre ; seule, a face externe, visible entre le calcanéum, l'astragale et les leaz métatarses externes, se rapproche assez de la forme qua- Irangulaire. Il est plus haut que large, son diamètre perpendi- Milaire est de 5 pouces et l'horizontal de 3 à 3 ^ pouces. Presque oute la circonférence est occupée par des facettes articulaires, lauf une petite portion de la surface externe, entre le calcanéum st le métatarse du dernier doigt externe. Sur l'autre circonférence se trouvent six à sept facettes articulaires; l'une, la )ostérieurej est assez petite et s'unit avec la troisième facette iirigée tout en avant du calcanéum ; sur son côté interne est ûtuée la facette articulaire la plus grande, qui s'unit à l'astra- ^le. Une troisième beaucoup .plus petite se touche, en avant ie la seconde, avec le coin postérieur du scaphoïde. Entre cette Eacette et la suivante, la quatrième entièrement dirigée en ivant, il reste un espace libre qui s'agrandit à mesure que l'os cunéiforme interne se retire plus ou moins du cuboïde ; il peut mêaie être sans contact avec lui, mais généralement il se trouve une très-petite feicette articulaire pour l'union avec le coin le plus externe du cunéiforme. Ensuite vient une autre luette très-étroite, sur le coin le plus avancé du cuboïde, qui se touche avec le métatarse du plus grand doigt. Lorsque cette liaeette est bien développée, ainsi que la plus petite qui touche arec le cunéiforme, le nombre des facettes s'augmente de sept, nuis généralement il manque l'une ou l'autre, tantôt celle pour le eonéiforme, tantôt l'autre du troisième métatarse. Les deux Cuettes articulaires du cuboïde qui restent encore, s'unissent avec les métatarses des deux doigts externes ; elles sont assez gr&ades. L'une se trouve au coin antérieur du cuboïde et l'autre à la moitié antérieure de la surface externe ; l'une pour le pé- QBlttème doigt, l'autre pour le dernier.
fie cette manière le tarse du Megatherium se compose de six <>«, il lui manque le premier cunéiforme séparé avec l'orteil et ^^ «ccond doigt du pied de l'homme, car les trois doigts présents du Megatherium correspondent au troisième, quatrième «t cinquième de notre pied. Aucun de ces trois doigts n'est P&rfiût; le troisième n'a pas la phalange du milieu, les deux ^vtres n'ont pas les phalanges ongulifères.
Le premier des doigts restants du Megatherium est la partie 'a ping singulière du pied et sa construction est véritablement surprenante. Il se compose de trois os, le métatarse et deux
316 ÉDENTÉS GRAVIGRADES
phalanges ; la seconde pbalange est une ongulifëre de grandeur triple des deax autres os précédents. Le métatarse est, par la conformation, Vos le plus remarquable du pied du Megatheriom et d'une forme toute particulière.
Ce métatarse du doigt interne, correspondant au troisième de l'homme, est un os très-singulier et à peine corn* parable à un métatarse d'aucun autre animal. Vu d'en haut, sa surface supérieure est presque triangulaire ; la pointe la plus étendue se dirige en arrière pour toucher la même pointe avancée du cuboïde. Deux grandes facettes articulaires oecupent les deux côtés de cette pointe avancée ; sur l'interne se trouve la facette triangulaire concave qui s'unit avec le troisième cunéiforme; sur le côté externe, celle du métacsipe suivant du quatrième doigt. L'autre portion plus large di troisième métatarse est dirigée en avant et porte deux antrei facettes articulaires, l'une plus grande en avant, ayant la fome d'une demi-poulie, s'unit avec la phalange du doigt, l'antie très-petite, interne, s'unit avec l'autre cunéiforme, le seeond ou moyen. En bas de ces deux facettes, le métatarse descend encore beaucoup et forme un fort mamelon libre dans la plaate du pied; il a dans cette direction une hauteur de 6| à 7 poneei. La surface supérieure est de 4 pouces de large et de 4} ^ 5 pouces de long, entre la pointe postérieure et la pointe antérieure les plus avancées.
Les deux autres métatarses du quatrième et cinqoième doigt sont de forme régulière cylindrique de 9| pouces de long, élargis aux deux extrémités, en forme de massue, et ponrvasen cet endroit de facettes articulaires. En avant, chaque métatarse a une très-petite facette presque circulaire, pour Tunion arecl^ première phalange; en arrière, leur conformation est un peu di(' férente. Le métatarse du quatrième doigt est largement étend^ en haut et en bas en lame perpendiculaire, et a trois facette^' dont la plus grande interne s'attache au métatarse du troisièof^^ doigt et au troisième cunéiforme ; la plus étroite basilaire s'a^ ticule au cuboïde, et l'externe moins large que l'interne au mét^ tarse suivant. Celui-ci a une forme un peu prismatique triang^ laire, moins élargie aux extrémités et arrondie à la postérieun^ il a sur le côté interne, avant la base, deux facettes articulain^ rapprochées, se touchant: l'une, Tantérieure, avec le métatarse précédent, et l'autre, la postérieure, avec le cuboïde. Un ma " melon de l'os court et arrondi dépasse cette facette en arrière^
Genre megatherium 317
Les phalanges sont des os assez petits, sauf l'ongalifère in troisième doigt. Ces trois doigts n'ont pas plus de deux phalanges chacun, mais elles ne sont pas pareilles. La première [ihalange du troisième doigt est une lame assez mince, à peine ie 1 pouce de grosseur, d'une circonférence à peu près circulûre, avec deux grandes facettes articulaires : la postérieure ïoncaye, Tantérieure convexe, et un sillon assez remarquable lur le bord inférieur. Elle porte la grande phalange ongulifère Uciforme, de forme semblable à celle du même doigt antéîeur, mais un peu plus petite. Celle du pied postérieur est de 1 à 8 pouces de long, de 3 à 4 pouces de grosseur au milieu de A gaîne basilaire, et de 4 à 5 pouces de haut au même endroit. lok conformation particulière est la même de celle de la phaange correspondante antérieure, mais sa position est différente; û\e n'est pas dirigée en avant, mais plutôt inclinée vers le côté Jtterne et plus ou moins tournée contre la plante du pied. D'après la position de la facette articulaire de la phalange, il ne semble impossible de lai assigner une direction toute droite m avant. Les deux phalanges des deux autres doigts sont de ^tits os irréguliers sphériques, ressemblant chacun à une pomme de terre de 1 à 3 pouces de diamètre ; la première a le louble de grandeur de la suivante. Elles sont unies entre elles Bt avec le métatarse par une petite facette articulaire circulaixe. Les deux phalanges du quatrième doigt ont le double de grandeur de celles du cinquième doigt et sont toujours séparées en deux ; celles du cinquième doigt se trouvent plus souvent réunies dans un seul os, et se soudent par les facettes artienlaires.
J'ai terminé ma longue description du squelette du Megatheimnii et je crois avoir présenté d'une manière complète tous les dractères remarquables de cet animal. Il me reste encore à dire quelques mots sur la forme extérieure et les différences vpéciflques des échantillons trouvés dans les différentes parties ^ l'Amérique.
n n'est pas douteux qu'un animal, d'une conformation de i^uelette si colossale, n'ait pas eu aussi une puissante muscuhtare et, par conséquent, une apparence extérieure lourde et lUissive. Mais je doute que la musculature ait été en propor- % aussi colossale que les os du squelette. Mes raisons pour ••tte hypothèse reposent sur la conformation des os eux- ■lêmes, qui en général sont peu durs, fort spongieux et moins
318 KDKNTÉS GRAVIGRADES
pesants que leurs dimensions énormes pourraient le faire supposer ; ils cassent facilement à l'état humide, quand on les trouve dans la terre, et c'est pour cela qu'on peut très-rarement les tirer, en dehors des couches où ils sont déposés, sans les détruire plus ou moins. Mais il y a encore une autre raison, fondée sur la forme des os, qui n'ont pas de fortes crêtes aux coins externes, du moins en rapport avec une forte musculature ; les os du Megatherium sont assez lisses et leurs surfaces ontplutdt des impressions de vaisseaux sanguifères, que la trace des coins de l'attache de muscles et de tendons puissants. Toutes les impressions de cette dernière catégorie sont assez faibles et d'aucune manière en relation avec la grandeur excessive des os entiers. Et ce qui vient donner plus de poids à ces raisonne* ments, c'est l'analogie des Paresseux actuels, qui ont une mai^ culature également faible, quoique leur force, pour se tenir au-dessus des arbres, soit assez grande. Nous savons qu'une conformation particulière des vaisseaux sanguifères ftuîilite l'activité musculaire des Paresseux (*), et nous pouvons snp* poser avec raison qu'une semblable conformation existait chei les Qravigrades, quand nous voyons sur leurs os les fortes impressions des vaisseaux sanguifères. Je crois donc que la forme extérieure du Megatherium n'a pas été aussi lourde que le sqvelette, que la marche de cet animal a été lente, comme celle des Paresseux actuels, et que tous ses mouvements dénotaient na animal apathique, paresseux et indifférent.
Une preuve- importante de l'apathie générale, non-seulement des Paresseux,* mais de tous les Edentés, consiste dans leur enveloppe extérieure qui est toujours très-forte, soit formée de poils longs et denses^ souvent un peu aplatis, soit par des cnirasses composées de plaques ou d'écailles cornées, ou même d'une carapace osseuse. Ces enveloppes solides sont en relation avec l'apathie des animaux (jui en sont revêtus ; il est facile d'en déduire peu de sensibilité de la surface extérieure d'an animal ainsi protégé par une substance dense et dure, qui ne laisse pas de passage aux sensations ordinaires extérieures. L> similitude générale du Megatherium avec ces animaux, et U conformation massive du squelette, ont donné occasion de supposer aussi que ce genre avait une carapace osseuse, et des
(') Voyez, sur cette conilgaration des artAres des Paresseux, l'omTage de W. R^^* Anat. Unters. d. Edentalen, Tubingen, 1S52, p«ge90 et f liv.
'Détents comme Cuvibr, Wbiss, Bucrlakd, et
INVILLE, ont proclamé cette opinion dans
^'oppose, dans son Mémoire sur le Mega-
'^ypothèse, à laquelle ma propre décou-
^> du genre Mylodon, de forme sem-
'um, trouvées par Lund (*), avait
vérité. Mais malgré Tappuique
'îette hypothèse, je crois que
^.^ 'ouvé d*os de la peau sem-
1 ' '^elidotherium, parmi les
3uvé plusieurs fois des
.A conservés, de Megathe-
a de tels os dans les environs
. entier à l'époque de sa mort et de
-dt croire, vu la différence remarquable
.ture entre le Megatherium d*un côté et les
dt Scelidotherium de l'autre, que l'animal le
vait un tégument plus léger et moins pesant, et
de taille inférieure en avaient une plus dure et
ik grande masse du premier lui permettait de se
lui-même ; les animaux moins grands avaient
cuirasse pour se défendre^ et leurs dimensions
lient de la porter avec agilité. Je crois donc que le
n'a pas eu une forte carapace, mais était probable-
légèrement, à la manière des Paresseux actuels.
8 à étudier enfin ce qu'a mangé cet animal colos-
Loi il est supposable que sa nourriture était phyl-
8 nous appuyons pour cela sur la forme générale
ur la structure des dents. Celle-ci est tout à fait
celle des dents des Paresseux et prouve que le
se nourrissait aussi de feuilles, et non-seulement
plantes basses et à ras de terre, comme celles des
ais des feuilles d'arbres assez élevés. En effet, la
nimal ne lui permettait pas de prendre sa nourri-
u du sol, et le manque d'incisives l'empêchait de
intes qui s'y trouvent. Cette supposition de son
avec des feuilles d'arbres concorde bien avec la con-
corps de l'animal. La force beaucoup plus consi-
te qoestioD, mon exposé dans \hf€ti. f.Anat. et Phys., année 1868,
318 KDKNTÉS GRAVIGRADES
pesants que leurs dimensions énormes pourraient le faire supposer; ils cassent facilement à Tétat humide, quand on les trouve dans la terre, et c'est pour cela qu'on peut très-rarement les tirer, en dehors des couches où ils sont déposes, sans les détruire plus ou moins. Mais il y a encore une autre raison, fondée sur la forme des os, qui n'ont pas de fortes crêtes aux coins externes, du moins en rapport avec une forte musculatare ; les os du Megatherium sont assez lisses et leurs surfaces ontplntôt des impressions de vaisseaux san<;uifëres, que la trace des coins de l'attache de muscles et de tendons puissants. Toutes les impressions de cette dernière catégorie sont assez faibles et d'aucune manière en relation avec la grandeur excessive des os entiers. Et ce qui vient donner plus de poids à ces raisonne* ments, c'est l'analogie des Paresseux actuels, qui ont une musculature également faible, quoique leur force, pour se tenir au-dessus des arbres, soit assez grande. Nous savons qu'âne conformation particulière des vaisseaux sanguifères facilite l'activité musculaire des Paresseux (*), et nous pouvons sup* poser avec raison qu'une semblable conformation existait chei les Gravigrades, quand nous voyons sur leurs os les fortes impressions des vaisseaux sanguifères. Je crois donc que la forme extérieure du Megatherium n'a pas été aussi lourde que le 8qu^ lette, que la marche de cet animal a été lente, comme celle des Paresseux actuels, et que tous ses mouvements dénotaient un animal apathique, paresseux et indifférent.
Une preuve- importante de Tapathie générale, non-seulcmeii^ des Paresseux,' mais de tous les Ëdentés, consiste dans leur ea^ veloppe extérieure qui est toujours très-forte, soit formée d^ poils longs et denses^ souvent un peu aplatis, soit par des coi^ rasses composées de plaques ou d'écaillés cornées, ou mêm^ d'une carapace osseuse. Ces enveloppes solides sont en relatio^^ avec l'apathie des animaux qui en sont revêtus ; il est facile d'en déduire peu de sensibilité de la surface extérieure d*iii^ animal ainsi protégé par une substance dense et dure, qui n^ laisse pas de passage aux sensations ordinaires extérieures. lJ0 similitude générale du Megatherium avec ces animaux, et ll^ conformation massive du squelette, ont donné occasion de sap-^ poser aussi que ce genre avait une carapace osseuse, et df^
(*) Voyez, sur cette conflcruration des artères des Paresseux, Vouvrage de W. Rirr' Anat, Untcn. d. EdentaUn, Tubingent 1852, page 90 at s jiv.
GENRE MEGATHËRIUM 319
sarants très-compétents comme Cuvibb, Wbiss, Bucrlakd, et principalement Blainvillb, ont proclamé cette opinion dans leurs travaux. Owen s'oppose, dans son Mémoire sur le Mega- ^herinm, page 8, à cette hypothèse, à laquelle ma propre décourerte des plaques osseuses du genre Mylodon, de forme sem- )lable à celles du Scelidotherium, trouvées par Lund (*), avait lonné une grande apparence de vérité. Mais malgré Tappuique tna découverte semble donner à cette hypothèse, je crois que î'est une erreur; car jamais on n'a trouvé d'os de la peau semtables à ceux des genres Mylodon et Scelidotherium, parmi les Mdes squelettes de Megatherium ; on a trouvé plusieurs fois des exemplaires complets, magnifiquement conservés, de Megatherium, mais toujours sans vestiges de tels os dans les environs lu corps, qui était sans doute entier à l'époque de sa mort et de son ensevelissement. Il faut croire, vu la différence remarquable le grandeur et de stature entre le Megatherium d'un côté et les genres Mylodon et Scelidotherium de l'autre, que l'animal le plus grand avait un tégument plus léger et moins pesant, et les animaux de taille inférieure en avaient une plus dure et plus forte. La grande masse du premier lui permettait de se défendre par lui-même ; les animaux moins grands avaient besoin d'une cuirasse pour se défendre^ et leurs dimensions Uar permettaient de la porter avec agilité. Je crois donc que le Hegatherium n'a pas eu une forte carapace, mais était probablement garanti légèrement, à la manière des Paresseux actuels. Nous avons à étudier enfin ce qu'a mangé cet animal cdIos- 8ttl, et pourquoi il est supposable que sa nourriture était phyllophage. Nous nous appuyons pour cela sur la forme générale da corps et sur la structure des dents. Celle-ci est tout à fait ■cmblable à celle des dents des Paresseux et prouve que le Megatherium se nourrissait aussi de feuilles, et non-seulement ^^ celles des plantes basses et à ras de terre, comme celles des P&tnrages, mais des feuilles d'arbres assez élevés. En effet, la sature de l'animal ne lui permettait pas de prendre sa nourriture au niveau du sol, et le manque d'incisives l'empêchait de Couper les plantes qui s'y trouvent. Cette supposition de son alimentation avec des feuilles d'arbres concorde bien avec la conlorination du corps de l'animal. La force beaucoup plus cousi-
nVoyet sur celte qoesUon, mon exposé dans VArch. f.Anat. et PAj/s., année i86S, !*»»© 769.
330 ÉDENTÉS GRAVCGRADES
dérable de la moitié postérieure da corps, et la solidité de la qaeue, lai facilitaient de s'asseoir en dessous d*an arbre; la longueur et la disposition plus grêle des membres antérienn lui permettaient de lever faiblement en haut ces mêmes membres pour atteindre, avec les ongles forts et falciformes, les branches inférieures des arbres et les soutenir à portée de la bouche ; sa tête, longue et facile à relever, se trouvait doneà la hauteur commode pour manger ces feuillages avec tranquillité. L'extension énorme du ventre, prouvée par la grande distance des côtes postérieures et des ailes iliaiques du bassin, indique aussi que le Megatherium était obligé de manger beaicoup pour remplir ses grands intestins soutenus dans cette ca* vite immense. On retrouve cette analogie chez les Paresseux actuels, qui sont pourvujs d*un estomac composé de différentes sections, à la manière des ruminants, et dont la première snr prend par sa grandeur excessive. J'ai examiné moi*mêmeles intestins d'un Paresseux du Brésil et j'ai vu, avec surprise, le premier estomac très-développé, rempli de feuilles finement mâchées, le ventre d'une grandeur énorme en proportion aree l'animal si petit et de conformation aussi grêle. Sans dente le Megatherium a eu un estomac proportionnellement aussi grand, et en l'estimant d'après la grandeur du ventre, où est sa plaee naturelle, on peut dire que son premier estomac a eu àpea pris la capacité d'une barrique ordinaire de vin. Le Megatherin0 continuait son repas en dessous de l'arbre qu'il avait attaqué, jusqu'à la dernière feuille accessible, se relevait pour marcher doucement en tenant le dos courbé, comme les Paresseux actuels, jusqu'à un arbre voisin, où il recommençait de nouveau la même opération. Pour moi, il n'existe aucun doute que tous les mouvements du Megatherium ont été aussi lents que ceux des Paresseux actuels.
Les différentes espèces du genre ne sont pas encore bien déterminées et ne sont pas assez connues pour avoir de Tuleur scientifique. La seule bien connue est celle de notre territoire, c'est celle dont j'ai décrit le squelette; toutes les autres soot douteuses. Cette espèce principale se nomme :
HegatlaerltiHia mmerleaBam, Blumbkbach.
Handb. i. Nalurg. page 73.— Cuvier, Ossem. foss. tom. V. part. 1. page 171, pi. 16.— Bronv, Lethaeageogn, 11.12*'-
— Clift, not. on the Megath, Lond. 1835. — Blainvillb, Ann. d. se. nat. II 8ér. tome XI, page 114.
Megaiherium Cuvieri, Dbsmar. Mammal. 3G5. — Buckland, Bridgew. Treat. GeoL 121. — Pictet, Traité de Paléont, I. 265. pi. VII. fig. 1-4. — GiEBEL. Fna der Vorw. 1. 111.
Megaiherium australe, Oken ; Holl, Petref. 27. 465.
Bradypus giganteusy Pander et D'Altok, i. ReUenfauïih. etc. Bonn. 1821.
Depuis 1788, an de la découverte* de cet animal gigantesque, on a trouvé assez souvent des squelettes entiers dans les dé- ;pots marneux de la formation quaternaire de la province de ^uénos-Ay res ; la grandeur colossale de Tespèce la distingue 'bien des autres, incomplètement connues jusqu'à ce jour, par des os séparés. La longueur de l'exemplaire que nous avons dans le Musée public est de 16 pieds, et la hauteur de la région du bassin, dans sa position naturelle, est de 6 pieds. Le crâne seul a 3 pieds de long, le cou 1.J pied. Le tronc, dans sa courbure naturelle de la colonne vertébrale, a 7 pieds, la queue 5 pieds. L'animal pouvait relever la portion antérieure du corps jusqu'à 12 pieds, diriger la tête eu avant et ployer, avec ses pattes antérieures, les branches d'arbres d'une hauteur de 18 à 20 pieds, BuiYant que le bassin, avec la portion postérieure du corps, se soulevait plus ou moins au-dessus du sol. Les grands ongles fal ciformes des pattes antérieures facilitaient beaucoup cette opération de faire descendre les bmnches, ainsi que la queue forte ^t le talon énorme des pattes postérieures, qui permettaient U'animal de se soutenir quelque temps le tronc fort élevé. Il swnbleque le grand ongle falciforme du troisième doigt interne des pattes devait servir à s'enfoncer, avec la pointe courbée, 8oit dans la terre ou soit en arrière du tronc d'un buisson voi- Bin, afin de donner plus de sécurité au corps suspendu ; la diction de cet ongle vers le côté interne me semble indiquer ^iiele doigt était plus apte à prendre et retenir qu'à marcher.
OiSERYATiON. — Parmi les autres espèces du genre, je citerai ici le Mega- ^«m mirabile de Leidt, espèce assez bien fondée à cause de sa ma- ^oire inférieure, dessinée dans l'ouvrage de cet auteur, page 49, pi. XV. A Mmble avoir eu une grandeur d'un quart plus petite que celle de Tes- P^ principale.
^1 y a une autre espèce également petite, que M. Lund a fondée sous le *ïûiii àB Megaiherium Laurillardi (Mém. d. TAcad. Roy. Danoise de Copen- RÉP. ARG. -> T. m. 21
332 ÉDENTÉS GRAVIGRADES
hagne. tom. IX, page 143, pi. 35, ûg. 9). fl me semble qae le caleinëam dessiné et décrit par P. Gervais, comme venu de Tarija (Rech. i. Mamro. foss. d'Amer, mérid. page 53, pi. XII, fig. 6), est de la même espéee qte celle de Lund. Le dessin de Blainville (Ostéogr. IV, genre Megatherwm, pi. 4, Çig, 21), qu'il attribue par erreur au genre Mylodon, l'appliqaeà cette espèce. On connaît donc à présent trois espèces du genre Megatkmïïm.
1. La plus grande, décrite dans cet ouvrage, répandue dans la Répt blique Argentine et le Paraguay, et est propre aux terrains voisins desriviêres appartenant au bassin du Rio de La Plata.
2. La moyenne est répandue dans l'Amérique du Nord orientale (Gter gie).
3. La plus petite, originaire du Brésil, est peut-être indigène de U grande vallée des affluents du Rio Amazones.