Genre ficclldotherlum^ Owen
Voyage ofthe Beagle, etc. Zool. I. 73, pi. 20-23. Glossotherium^ Owen. l l. 57, pi. iG,
Ce genre occupe, par la conformation de son squelette, k milieu entre le i^cfl^a/Zt^riMm et le Mylodon; il se rapproche do premier par le crâne et les pattes postérieures, et du second par la denture et les pattes antérieures. Sa grandeur est inférieure à celles des deux genres, mais il ressemble plus de In lourde apparence du Megatlierium que de celle plus élégante du Mylodon. Enfin les dents sont de forme différente de celle d^« deux genres, quoique leurs relations soient plus semblablf* aux dents du Mylodon qu'ii celles du Megnlherium, Les caractères diagnostiques sont comme il suit :
Le crûne allongé avec le museau fort aigu et très-proémin^D^ l'arcade zygomatique ouverte en arrière, les dents inégale* i sur les cinq molaires supérieures, les trois antérieures sont allongées, elliptiques et un peu courbées, les deux postérieur** successivement plus petites, sub triangulaires ; sur les quatre inférieures, les trois antérieures sont plus ou moins triant' laircs, la dernière très-grande est de forme bi-angulease, in»*] tant un 8. Les pattes antérieures ont quatre doigts; decenï"^* les deux internes portent de grands ongles presque droits; 1^ postérieures ont trois doigts, l'interne se termine par un ong»^ très-grand et droit. La queue très-longue et assez mince.
Observation. Presque tous les savants qui ont étudié le genre Sctliif^ therium. l'ont considéré identique au genre Plaiyonyx de Lu5D. et j'afùi
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moi-môme accepté cette opinion, dans les Anales d. Mus. Pûhl. de Buenos Aires, tome I, page 177, avant d'avoir connu, par autopsie, le squelette presque parfait du premier genre. A présent que je l'ai reconstruit dans le Musée public de Buenos- Ayres, je trouve des différences remarquables entre le Scelidotherium et les dessins, donnés par Lund, de différentes parties du squelette du Platyonyx, Ainsi Lund donne à son genre cinq doigta en avant (Act. de l'Acad. Roy. de Copenhague. Cl. phys. tom. IX, pi. 39}, et sur le pied postérieur, les trois doigts se terminent par des ongles aigus, tandis que notre Scelidotherium n'a que quatre doigts en avant et un seul ongle aigu en arrière, Le crâne dessiné par Lund, comme appartenant au Platyonyx Brogniartii [l.l, pi. S8), est tellement différent du crâne allongé du Scelidotherium, que la différence générique des deux animaux me paraît très-vraisemblable. Mais les espèces de Platyonyx ne sont pas connues dans notre territoire, je ne puis pas enirer dans la comparaison détaillée des deux genres, assez voisins l'un de l'autre.
licelidnilaeriuiii leptoceplmluiii, Owen.
Voyage ofthe Beagle, etc. t.l. --Ann, and Magaz, nat. hisiory, 1857. II. page 249. — Phil Transact. of ihe year 1857, page 101, pi. 8 et 9. — Pictbt, Traité de Paléontologie, I. 271. — P. Gervais, Recherches sur les Mammif. foss, de TAmér. mérid, page 48, pi. XI, fig. 1, etc. — Giebel, Fna der Vorw. I. 120. — Bdrm. An. d. Mus. Pûbl. d. Buenos Aires. 1. 179.
Jeunes individus :
Olossolherium^ Owen, l.l. 1. 57, pi. 16.
L'animal que représente cette espèce a eu la grandeur ordinaire d'une vache, sauf que le corps était plus robuste et le tronc moins relevé au-dessus du sol. Le squelette presque par-
r fait, que possède le Musée de Buénos-Âyres, mesure depuis la pointe antérieure du museau jusqu'au commencement de la ^QeueGJpieds de long, sur lesquels le crâne occupe IJ pied,
; le cou l pieds, et le reste appartient au tronc, sans y comprendre la queue qui a 23 pieds. La hauteur moyenne du dos ^t de 2 J à 3 pieds, suivant que les pattes sont plus ou moins droites ou courbées.
Le crâne, dont Owen a donné (Phil. Thvns. l.l.) un dessin de grandeur naturelle vu d'en dessous, ressemble beaucoup par ^ forme à celle du Megatherium^ sauf qu'il est plus petit de
I Moitié et beaucoup moins massif. Le museau avec la portion
334 ÉDENTÉS GRAVIGRADES
antérieure de la face, en avant de Tarcade zygomatiqne, a 10 pouces de long, et l'autre portion suivante jusqu'aux condjles occipitaux a 13 pouces. Ces mesures sont puisées sur le crâne que nous possédons au Musée et qui est un peu plus grand que celui dessiné par Owen, dont la portion antérieure a 9 pouces et la postérieure 11 pouces. La hauteur du crâne entre le palais et le sommet est de 5 pouces. La longueur de la mâchoire inférieure est de 17 pouces; la distance des deux branches de la mâchoire, en arrière, a 5 pouces; la portion libre en avant des dents est 6^ pouces de long, la hauteur de l'apophyse coronoîde de 7 pouces, et la hauteur du crâne fermé, y compris la mftchoire inférieure, est de 9 pouces. La face occipitale a 4 ponces de haut avec les condyles occipitaux, et presque 6 pouces de large, sur lesquels les condyles occupent 4 pouces.
Je n'entre pas dans une description plus détaillée du crâne, et renvoie le lecteur aux dessins des crânes des Gravigrades, publiés dans l'Atlas, pi. XIV, et à la description contenue dans le texte de la planche. Je préfère étudier, ici seulement^ nn peo plus en détail les qualités distinctives des crânes des autres genres. Ainsi, la comparaison du crâne de l'animal, que nous étudions, avec celui du Megatherium^ le plus voisin comme structure générale, nous montre que la partie libre du mnseau, en avant des dents, est plus longue que la série des cinq dents supérieures, mais plus courte chez le Megatheriuw. Chez celui-ci, l'arcade zygoma tique correspond à la deuxième dent et chez le Scelidotherium à la troisième. La série des dents en arrière dépasse les arrière-narines chez le Megiilhf' rititn^ et n'atteint pas cette ouverture postérieure de la cavité du nez chez le Scelidotherium; cependant elle se trouve chea Iw deux genres, en arrière du milieu de la longueur générale du crâne. Enfin, les dents sont moins distantes que leurpropw largeur, chez le Megatherium, et davantage chez le ScelOot^' rtum; l'espace moyen libre du palais est relativement ph* grand chez ce dernier genre et plus étroit chez l'autre.
J'ai déjà indiqué le caractère principal de l'arcade zygOD*** tique; cette arcade est fermée et forme un arc non interrompe chez le Megatherium, ouvert ou interrompu chez le SceliM^ rium, comme chez les autres genres bien connus des Gra^*' grades. Notre genre possède l'os zygomatique relativement 1* plus élargi et se divisant en arrière en quatre petits lobes pr^' que égaux ; le Uylodon n'en a que trois plus grands, mais ia^
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[aux, rinférieur plus large et les deux autres plus étroits ; eloi du milieu correspond à l'arcade fermée du Megatherium i 86 touche avec l'apophyse zygomatique de l'os temporal, ce ui n'arrive pour aucun lobe chez le Scelidotherium (*). Enfin, l'os ygomatique est assez étroit, de contour cylindrique et forme jie sorte de pédicule qui s'attache par suture oblique ascenante au bord antérieur de l'orbite ; il touche l'os lacrymal sur B côté interne de l'orbite et la courte mais grosse apophyse ygomatique de l'os maxillaire supérieur qui renferme le coulait infraorbital. Cette conformation est en harmonie avec «lie du Megatherium et du Mylodon,
La grandeur et la position de l'ouverture externe du conduit acrymal sont très-remarquables et tout à fait particulières; îlle se trouve un peu en dehors du bord de l'orbite et forme un grand trou de 6 à 7 lignes de diamètre^ occupant le milieu de l'os lacrymal qui est assez grand et élevé en mamelon qui s'étend en haut jusqu'au coin extérieur de l'os du nez, avec lequel Use touche entre le frontal et le maxillaire supérieur (♦♦). Cette position particulière n'existe ni chez le Megatherium ni chez le Mylodon^ chez lesquels l'ouverture lacrymale est relativemait plus petite et moins dirigée en dehors de l'orbite ; chez le Megatherium elle est beaucoup plus en bas.
Les autres caractères du crâne ont moins d'importance et ne présentent que des différences relatives avec le crâne du Mega- 'im'ttin et du Mylodon. Nous nous bornerons à dire quelques mots sur l'extension des os qui composent la caisse du crâne, dont les sutures sont bien visibles dans notre exemplaire. Au premier coup d'œil, la petitesse de l'os intermaxillaire attire l'attention ; il ne dépasse pas beaucoup la pointe du museau •llongé des deux mâchoires, quoiqu'il soit prolongé sur les ^8 jusqu'à l'ouverture du nez, formant une pointe aiguë de 4 ponces de long. Les côtés de l'oriOce du nez sont occupés par les vrais os maxillaires supérieurs qui forment chacun un bord ^, presque perpendiculaire, que dépassent en haut les longs osdn nez, prolongés en avant dans une direction obtuse, et se
n U genre dont l'arcade zy^matique est la plus semblable, est le Coelodon de ^1, doDt M. RiiNHARDT a donné dernièrement une description détaillée, dans les ^ctei de TAcad. Roy. Danoise. V. série, Classe physique, tome XII, page 257 et suiv. H L-Y.
n Le dessin publié par Gervais {LL) indique bien cette position extraordinaire ^ fm lacrjnial.
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touchant au coin externe avec les os lacrymaux, au milieu avec les 08 du front. Ceux-ci commencent par un coin avancé, entre les 08 mentionnés, touchent aussi le coin opposé de l'os de la mâchoire supérieure et se prolongent beaucoup en arrière, dépassant la moitié de la caisse encéphalique ; ils se rejoignent en cet endroit avec les os pariétaux plus courts, qui s'étendent jusqu'à la crête occipitale, réunis par la suture lamboîde à l'of occipital déprimé & la face postérieure du crâne. Tous les eôtét du crâne en dessous des pariétaux sont occupés par les grandi os temporaux, avec leur forte apophyse zygomatique, portant la facette glénoïde à sa base et l'os styloïde très-long en arrière a\i-dessous du rocher. En avant de ces os, dans le fond des o^ bites, se trouve une petite surface formée par les ailes sphénoïdes, qui laisse au milieu de la base du crâne un large espace aux corps des deux os sphénoïdes, avec lesquels se touchent de chaque côté les deux grands os ptérygoïdes, et plos en avant que ceux-ci, les os du palais qui forment la bordure libre de l'ouverture postérieure de la cavité du nez. Ainsi les oi maxillaires constituent la formation entière du palais, avec les deux séries alvéolaires sur les bords externes.
La grandeur moindre des dents, comparée à celle du Ikjtir (Aerium, a pour résultat une évolution plus faible de la partie des mâchoires qui les contient dans leurs alvéoles, et par coa* séquent une hauteur moindre de la région alvéolaire des deux mâchoires. Dans la supérieure, cette différence se prononce bien dans rabaissement moindre du palais, et dans Tinférienre par la portion du milieu de chaque branche, très-peu recourbée, et dans les apophyses coronoïde et condylienne qui sont beaucoup plus courtes. Toutes ces diff^érences expliqueront pla« clairement les dessins de l'Atlas, pi. XIV, qu'une description ultérieure. Le crâne du Scelidotl^rium se rapproche davantage par les caractères indiqués, de celui du Mylodon, mais la forme générale est aussi bien différente en raison du raccourcissement du museau propre au Mylodon^ et plus marquée encore chez le Megalonyx, Une certaine analogie de la forme générale me semble exister entre notre genre et le Coelodon, si on 1^ compare avec les dessins publiés dernièrement par RiiiBAint ({.{. note antérieure), mais comme il manque le museau deee crâne, la comparaison reste vague et incertaine. Cependant te crâne du Cœlodon est relativement plus haut ; la ligne sagittale, presque droite chez le Scelidolherium^ est assez foriemeat
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ourbée chez le Cœlodon et descend à la surface occipitale, suidis qu'elle est brasqaement tronqaée chez le Scelidotherium. 1 existe donc des différences particulières bien prononcées Qtre le genre actuel et les autres genres voisins des Gravi- ;rades.
Ces différences se présentent aussi dans la denture. Le celidolherium a, comme le Megatherium^ le Mylodon et le Mefdonyx^ cinq molaires en haut et quatre en bas, tandis que le œiodon n'en a que quatre en haut et trois en bas, qui se rouvent déjà complètes dès la première jeunesse, comme le rottYcnt les deux crânes des jeunes Scelidotherium que poshàe notre Musée public. Leurs dimensions indiquent qu'ils ont
peine dépassé la première année. On y voit aussi la preuve [ue chaque molaire a eu, au moment de la perforation de la lencive, la forme d'un cône aigu, comme M. le docteur Lund les k dessinées, et il avait fondé sur ces dents du premier âge le ^re Sphenodon; mais il y a révoqué plus tard lui-même après i?oir reconnu le caractère de ces dents du premier âge. Nos izemplsdres ont les dents longues de22 pouces dans la mâchoire supérieure et de 2J dans l'inférieure, quand dans le crâne de l'animal arrivé à son développement parfait, les dents ont 4| pouces de longueur en haut et 4 pouces en bas; elles sont pour- Tues d'une petite surface, pour broyer les aliments, de 4-6 lignes de diamètre, et les deux bords du cylindre vont en divergeant vers la base de chaque dent, d'une manière d'autant plus prononcée que l'âge de l'animal est encore retardé. Leur forme générale est néanmoins identique à celles des dents de l'exemplaire vieux, et la seule différence visible est celle de la grandeur.
Dans la mâchoire supérieure de l'individu âgé, les trois dents ^térieures sont plus grandes que les deux postérieures, mais presque égales entre elles ; la première est un peu plus grosse ^milieu et a une circonférence allongée triangulaire avec les coinB fortement arrondis; la face externe est un peu concave, die a exactement 1 pouce de long et J pouce de large au milieu; kl deux suivantes ont la môme longueur, mais sont moins groises au milieu; leur circonférence est légèrement recourbée ttrla face concave au côté externe. La quatrième molaire supérieure a J pouce de long et la circonférence presque triangulaire avec les coins arrondis, sa moitié postérieure est un peu >Iai large, La cinquième a la même forme, mais la moitié plus
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large est en avant et la longneur totale moindre^ eUe n'a qne J de pouce. Chaque dent est formée par un cylindre de dentine plus dure et de couleur claire, ayant à peine 1 ligne d'épaisseur et renfermant la vasidentine, qui est fiaiblement concave à la surface de trituration et a une couleur plos obscure, plus ou moins noirâtre. Une couche très-fine de cément forme la surface externe du cylindre de la dent; elle manqte lorsque la surface de trituration est déjà usée.
Les dents de la mâchoire inférieure ont la même composition, mais leur forme est un peu différente. Les trois antérieures sont de grandeur et de forme presque égales ; chacune a 1 pouce de large et un contour elliptique allongé, faiblement courbé; la surface interne est concave et l'externe conTexe« La quatrième dent est plus grande et est composée de ieùi dents à peu près comme les antérieures, chacune d'elles est seulement un peu plus petite. Ces deux dents sont sondées de telle manière que l'antérieure a son coin postérieur en arrièie du coin antérieur de la suivante et la dépassant du côté interne* Le tout forme une dent anguleuse de 1^ pouce de longueur, avec un fort sillon de chaque côté; le sillon du côté externe est plus avancé en avant du milieu de la dent, et celui da côté interne plus retiré en arrière du milieu de la dent.
Dans les deux mâchoires les dents sont posées un peu obliques; le diamètre le plus long de la couronne se trouve dans la direction longitudinale de la mâchoire, avec le coin antérieur de chaque dent plus avancé en dehors, le postérieur plus à l'intérieur de la bouche, laissant entre chaque dent voisine un petit espace vide de 3 à 4 li^çnes de distance.
La colonne vertébrale ou épine dorsale se composa de 7 vertèbres pour le cou, de IG pour le dos, de 3 lombaires, de 6 sacrées et de 20 à 22 pour la queue. Toutes ces vertèbres sont une répétition en miniature des vertèbres du Megatherinm.ti ressemblent aussi beaucoup à celles du Mylodon ; celles du dos sont un peu plus petites et leur apophyse épineuse est surtout relativement plus courte. L'Atlas est pareil à celui des denï genres sus-nommés; l'axis ressemble davantage à celui dn genre Mylodon par son apophyse épineuse plus grêle et p'"' reclinée. Les trois vertèbres suivantes du cou sont semblable* entre elles, la cinquième a encore une apophyse épineuse fine et aiguë comme celle des deux antérieures, mais la brancb^ inférieure de l'apophyse transversale a la crôte inférieure bea^'
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eoup pins développée aux deux coins ; la crête inférieure de la sixième rertèbre est très-courte et les coins avancés manquent, mais l'apophyse épineuse est plus haute ; à la septième vertèbre, cette apophyse est encore plus haute et plus forte, et atteint les trois quarts do la hauteur de celle de la première vertèbre dorsale, mais la crête inférieure de l'apophyse trans^ versale manque complètement; cette partie de l'apophyse est rudimentaire , sans renfermer de trou entre ces deux branches {*).
Les vertèbres du dos sont reconnaissables par les facettes articulaires posées sur le corps et sur les apophyses transversales pour l'attachement des côtes ; par d'autres facettes articulaires sur les arcades, à la base de l'apophyse épineuse, que nous avons déjà décrites chez le lUegatherium ; et par la grandeur des apophyses épineuses, toutes inclinées en arrière, dont la hauteur peu à peu décroissante est de 5 pouces pour la première et de 3 pour la dernière. Les neuf vertèbres antérieures ont trois facettes articulaires de chaque côté, deux sur le corps et la troisième sur l'apophyse transversale. Les deux du corps se trouvent seulement sur la première et la seconde vertèbre, au coin antérieur du corps lui-même; à la troisième vertèbre,cette facette articulaire antérieure remonte à l'arcade vertébrale, tout près du corps, et continue sur les suivantes en se relevant jusqu'à la fin de l'arcade en haut. La dixième vertèbre dorsale perd aussi la facette articulaire du coin postérieur du corps et les vertèbres, à partir de celle-ci, n'ont plus que deux facettes articulaires, l'une sur l'arcade et l'autre sur l'apophyse transversale. Ces dernières facettes articulaires sont assez grandes et de forme concave dans les six vertèbres antérieures ; dans celles qui suivent, elles deviennent plus petites et leur surface de concave devient convexe, jusqu'à la dernière des vertèbres dorsales qui ne présente plus qu'un faible vestige de cette surface, composé d'un petit mamelon avancé de l'apophyse. Les facettes du corps, de l'arc et de l'apophyse transversale sont placées sur chaque vertèbre, à une distance fixe, qui augmente d'avant en arrière, en relation de la position
(*) Ce caractère a une importance systématique cl prouve que le Scelidotherlum se rapproche plat du Blegatherium, qui a la même couformaliou ù la septième Tcrtèbre da cou, tandis qae celle du Mylodon est é{calc à la précédente et son apophyse est dittineteineiit perforée.
330 ËDËNTÉS GRAVIGRADËS
occapée par la vertèbre et permet de reconnaître la place de chaque vertèbre dans la colonne vertébrale. Ainsi, dans notre squelette, cette distance est, dans la première vertèbre da dos, de 2 pouces, dans la huitième de 2 J pouces et dans la dernière de 3 pouces. Ces indications suffisent pour calculer facilement Ii distance de toutes les autres ; l'augmentation de cette distance est en proportion de celle de la grandeur du corps des vertèbres, dont la première a le corps égal à celui des vertèbres du con^et la dernière à celui des vertèbres lombaires. L'augmentatioa est beaucoup moindre chez le Scelidotherium que chez le Mefatherium^ comme le prouvent les mesures suivantes du corps de la première et de la dernière vertèbre du dos. Je trouve pour le corps de celle-là 1 1 pouce de large en avant, 1 { pouce de haut, Is pouce de long, et pour le corps de la dernière, 2J pouces de large en arrière, 2 pouces de haut et 2 pouces de long. C'est U même grandeur que celle du corps des vertèbres lombaires. U surface antérieure du corps de chaque vertèbre est toujoarsos peu plus petite que la postérieure, et cette différence de grandeur est bien visible, lorsque l'on compare les deux surfaces de la même vertèbre.
Les trois vertèbres lombaires sont aussi parfaitement séparées, comme celles du Megatherium et ressemblent aux der nières dorsales par leur grandeur, sauf qu'elles n'ont pas de facettes articulaires pour l'attachement des côtes. Leurs apo* physes épineuses sont un peu plus larges et se terminent avec une protubérance fort dilatée de chaque côté. Les apophyses transversales n'ont pas la protubérance externe avec la facette articulaire pour l'attache du tubercule de la côte ; elles sont planes, plus larges et les trois successivement plus longues jusqu'au bassin. Chacune a une crête transversale delasa^ face supérieure à la base, déjà indiquée à la dernière dorsai^i et les mômes facettes articulaires de l'arcade, au-dessos dn canal vertébral, qui se trouvent également aux vertèbres dorsales, sauf à la dernière, où manque la facette médiane postérieure. Chaque apophyse transversale ascend un peu obliqua meut en dehors, terminant avec deux angles assez aigus, dont l'antérieur est un peu plus dirigé en bas, le postérieur plus en haut.
Les six vertèbres sacrées, je les traiterai en même tcmp* que le bassin. Les vertèbres de la queue, suivantes aux sacrée»! ne se distinguent des mêmes du genre Mylodon que par le»^
GENRE SCELIDOTHERIUM 331
dimensions un peu plus petites. Nous en avons douze d'une queue incomplète, dont les trois les plus grandes sont celles du commencement. La première a un corps égal à la facette terminale du sacrum, de 3 pouces de largeur, 2 pouces de hauteur et i | pouce d*épaisseur. Chacune des suivantes est un peu plus petite et a surtout les apophyses transversales moins grandes ; la seconde a 2} pouces de longueur et la troisième 2| pouces. Les apophyses épineuses sont très-basses et ressemblent à un mamelon allongé; elles ne sont pas plus hautes que les apophyses obliques et beaucoup plus petites que les correspondantes du genre Mylodon] les vertèbres des deux genres voisins se distinguent facilement par cette différence des apophyses épineuses. Les vertèbres en arrière de la troisième manquent, mais nous avons une série de neuf vertèbres du milieu que, d'après leur grandeur, je calcule être la septième jusqu'à la seizième. La première de celles-ci a un corps delf pouces de long, de 2 pouces de large en avant et del| pouce de haut, la dernière a l pouce de long, 1 pouce de large en avant et presque la même hauteur. Après cette vertèbre, il doit en manquer encore 5 à 6, car le nombre total est trèsprobablement de 20 à 22 vertèbres dans toute la queue. La vertèbre que je suppose être la septième n'a pas d'apophyse épineuse, mais seulement à sa place une faible crête longitudinale sur l'arcade vertébrale. L'apophyse transversale est bien développée, très-courbée en arrière, un peu renflée vers la fin et aplatie à la surface externe ; dans la queue du Mylodon^ la vertèbre correspondante a une apophyse transversale plus large, plus unie, et allant plus directement en dehors. Dans la cinquième vertèbre, après celle que je viens de décrire, et que je crois être la dixième, l'arcade vertébrale disparaît; à sa place 86 trouvent deux crêtes longitudinales, parallèles, renfermant une saillie semi-cylindrique ; les vertèbres suivantes ont la infime conformation. En même temps, l'apophyse transversale des vertèbres se change aussi en crête latérale horizontale^ un pea plus élargie en arrière, et cette crête devient plus faible dans chaque vertèbre suivante, jusqu'à la fin, où elle manque complètement. Toutes les vertèbres portent en bas des apophyses épineuses inférieures, ayant la forme bien connue d'une fourchette osseuse, attachée aux deux vertèbres voisines. Cette réunion se fait dans chaque vertèbre, par deux petites facettes articulaires ayant la forme de tubercules, au bord antérieur
333 ÉDENTÉS GRAVIGRADES
et postérieur, réunies aux facettes opposées des rertèbres voisines, pour supporter ces apophyses inférieures. La première vertèbre n'a pas ces tubercules articulaires sur le bord antérieur, ce qui prouve que cette apophyse n'existe pas entre b dernière vertèbre du sacrum et la première de la queue. Toutes les vertèbres suivantes ont ces quatre tubercules articulaim, car je les retrouve encore à la plus petite vertèbre, que je crois être la vingtième; il manque peut-être aux vertèbres te^ minales, trop petites pour avoir ces apophyses.
Dans l'exemplaire du Musée, il reste douze côtes du eôté droit et cinq de gauche (*), mais aucune n'est pas parfaite, il leur manque toujours l'extrémité inférieure, quoique la supérieure avec la tête et les facettes articulaires soient bien conservées. D'après la distance entre les facettes de la tête et la tubérosité de la côte, on peut aisément calculer la position de chaque côte ; j'ai pu constater ainsi, que j'ai sous les yeux les côtes 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 12, 14 et 15 du côté droit et 2, 11, 12, 14 et 15 du côté gauche. Chacune ressemble complètement, comme forme, à la côte correspondante des genres JtfyMoN et Megatheriiim ; comme dimension, chacune est plus petite et plus grêle. La tête est formée d'un gonflement conique tronqué au bout, avec les deux facettes articulaires servant à son attache [au corps et à l'arcade de chaque vertèbre correspondante; le cou, qui vient ensuite, est plus étroit, fort courbé et se termine à la tubérosité par une autre facette articulaire. Dans cet endroit, chaque côte a sa plus grande épaisseur, elle se courbe ensuite vers le bas, devient progressivement pln« mince et forme deux coins opposés, dont l'intérieur est nn peu dirigé en bas et le postérieur un peu plus en haut; celui* ci est un peu plus aigu. Comme aucune côte n'est parfaite, lenr longueur reste douteuse ; la plus longue, que je crois la douzième, a 19 pouces en ligne droite et 22 en courbure ; vu l'analogie reconnue du squelette de cet animal avec celui du H^' gaiherittm, chez lequel les côtes 9 et 12 sont les plus longo^^* elle doit avoir le même caractère et n'a probablement pcw* qu'un ^ pouce de la pointe. Très-probablement le genre Scdidotherium a eu une conformation analogue.
(*) presque toujours le côté droit du squelette entier est mieux coaserTé<p<" gauche ; je crois que l'atiimal, en ruisoo du poids plus fort de ce ciHé, toit ioa^^ mourant sur ce côté, et que le côté gauche, élevé en l'air, est ainsi resté phts esp^ à la dettructioa.
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J'ai à ma disposition trois pièces osseuses da milieu du steriOn et quelques os sternocostaux. Tous ces os ressemblent omplëtement aux correspondants du genre Mylodon^ sauf u'ils sont un peu plus petits, comme doit être aussi du thoax de cet animal. J'ai montré dans les Anal, del Mus. Pàbl. de I. il., tome I, page 168, pi. Y, fig. 3, que le sternon du My^ )don est composé, comme celui du Megatherium (1. 1. fig. 1), de ept vertèbres, et que sept paires de côtes seulement, et non leuf, y sont attachées directement. Je ne doute pas que t Scelidotherinm a eu la même conformation du thorax, car tous avons vu, dans les trois animaux, un nombre des paires le côtes égal, c'est-à-dire seize paires. L'examen et l'étude ixacte de ces squelettes prouvent que le tronc des grands Grarigrades a été construit complètement, sur un même type, iTec un nombre des os égal.
Les os du membre antérieur ressemblent tellement à ceux du genre Mylodon^ qu'il suffit pour les décrire, de les comparer ea notant les quelques différences remarquables; ils sont, comme ceux du Mylodon^ plus courts et relativement plus épais que les correspondants du genre Megatherium^ ce qoi prouve une application différente de ceux de celui-ci. Je crois que le caractère général des os du membre antérieur dea deux genres, Mylodon et Scelidotherinm ^ constate que ce membre a été destiné plus spécialement à la marche et non à nisir des objets placés un peu haut, comme il est évident chez les genres Megatherium et Megalonyx, par la longueur des os des membres antérieurs; ce qui indique aussi comme conséquence qu'ils s'alimentaient avec le feuillage d'arbres âevés. La longueur moindre des mêmes os des deux autres Beares, prouve que ces animaux mangeaient les feuilles d'arbnstes plus bas, et même de plantes molles d'une hauteur moyenne.
L'omoplate bien dessiné, sauf le coin postérieur qui manque, dans l'Ostéographie de Blainvillb, IV, genre Mega- ^fcrtuw, pi. III, fig. 27, ressemble plus à celle du Mylodon ^^^iuitm qu'à celle du Mylodon gracilis^ par sa forme assez courte et haute, sans la prolongation marquée de l'angle supé- '^ en arrière, qui existe dans l'autre espèce et dans l'omoplate du Megatherium, Cependant elle se distingue des deux ^•ptees sus-nommées par l'arcade plus convexe, réunissant l'actomion à l'apophyse coracoïde, ce qui indique une muscula-
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tore plus forte dans la fosse sons-épineuse, et par conséquent une force de mouvement plus grande du membre entier. En proportion de la convexité de cette arcade, toute la fosse ions* épineuse est aussi plus grande que celle du Mylodom rabuAu^ si on la compare avec la fosse sous-épineuse de cette espèee, quoique pas si forte que chez le Megatherium et le Jfybta gracilis^ chez lesquels la fosse sous-épineuse a la droonférenee plus grande.
Les clavicules que nous possédons sont en parfiût étatde conservation ; ce sont des os cylindriques un peu sinueux, de 7 pouces de long et de | pouce d'épaisseur au milieu, terminés à chaque bout par une tête articulaire, dont l'extrémité interne aplatie et élargie s'articule avec le bord du manubriom dn sternon, et Texteme plus petite, ovale, séparée de la partie voisine de Vos par un étranglement, forme un court cou, s'irticuie avec l'arcade de l'omoplate, entre Tacromion et Tspophjse coracoïde. Cette arcade a sur le bord libre antérieur, le plus avancé en avant, une facette articulaire concave^ oorretpondant par sa forme et sa grandeur à celle de la clavicale (% Il n'existe pas d'autre articulation de la clavicule avec la première côte, ni chez le Sceliiotherium, ni chez le Megatkeriu»^ ni dans d'autres genres des Gravigrades.
L'humérus se distingue de celui du genre Mykdm par la présence du pont au côté interne de la surface iiiTérieure, allant du centre de l'os à l'épitrochlée. Ce pont existe chez beaucoup de Mammifères; nous le trouvons chez les chats, les martres, quelques ours, les coatis, les marmottes, plusieurs autres rongeurs, le Cholœptis et les Dasypus. En outre, toutes les crêtes et les tubérosités de l'humérus sont un pen plus fortes chez le Scelidotherium que chez le Mylodan^ ce qni dénote une musculature plus développée et une force plQ< grande dans le genre que nous étudions. Ce développement se prononce aussi dans les mesures de la longueur et de b largeur en bas. Je trouve pour l'humérus de notre squelette de Scelidotherium 13 pouces de long, 7 de large en bas, entre l'épitrochlée et l'épicondyle, tandis que rhumérus da Mylodon gracilis de notre Musée a 14 pouces de long et ans» 7 de large en bas, entre les deux tubérosités. La tubérosité
(*) Cette («cette articalaire de Tarcade de l'omoplate est bien tisible dans rOi^ graphie, etc. /. /. flg. 27, à la partie inférieare.
GENRE SCELIDOTHERIUM 335
leltoïdienne de la surfleice antérieure est surtout plus forte lue la correspondante du genre Mylodon, quoique ayant complètement la même forme et les mêmes crêtes accessoires mperficielles.
Les deux os de Tarant-bras correspondent aussi complètement par leur forme à ceux du genre Mylodon, mais ils ont me dimension plus grande et quelques différences de rapport. Dbez le Mylodon, les os de Tarant-bras sont toujours plus souris que Thumérus d'un quart et même d'un tiers de la lenteur totale. Dans notre squelette du Mylodon gracilis^ Thunérus a 15 pouces de long^ le cubitus 13 et le radius 10. Les mêmes os du Scelidotherium leptocephalum ont les mesures mirantes : humérus 13 pouces, cubitus 14 et radius 11. Cette différence de longueur se retroure chez le Megatherium ; elle 86 prononce dans les os de Tarant-bras, principalement dans la partie grêle de chacun, où la région articulaire est presque aussi forte chez le Scelidotherium et chez le Mylodon. Si Ton prend la bordure antérieure de la carité sygmoïde du cubitus comme point de départ de la mesure^ la partie antérieure a 8 pouces et la postérieure 6 pouces chez le Scelidotherium^ et ehez le Mylodon Tantérieure a 7 pouces et la postérieure également 6 ponces. Pour le radius, la relation est la même ; la partie grêle supérieure, chez le Scelidottierium^ 6 pouces de long et la partie grosse inférieure 5 pouces ; les deux sont nettement séparées par une diminution brusque de Tinférieure, tandis que dans le même os du Mylodon^ les deux parties sont d'égale extension et la transition de Tune à l'autre insensible. Tous les antres caractères sont pareils et on ne peut distinguer les os de Tarant-bras des deux genres que par les rapports différents de longueur, tels que nous les arons expliqués (♦).
La conformation du pied antérieur du Scelidotherium n'est pas connue jusqu'à présent ; j'ai donné un dessin du pied dans l'Atlas (Mammifères, pi. XIX, fig. 2), d'après les deux exemplaires complets qui se trourent dans notre Musée public. Je
n Ikos rOsléographie de Blainville se troave (/./. pi. III. fig. 32 et Sf) le dessin 'm CQbiiDs, que rioscription de la planche attribue à tort au genre Scelidotherium^ ^3 ne ressemble pas aux exemplaires qui sont à ma disposition; la partie supé* 'ÎMfs aoHlessus de la cavité sygmoïde est beaucoup moins grande que la moitié de iKWgiieiir de rinférieure an-dessous de cette cavité. L'os appartient plutôt au geor« ^^itiimyx qu'an Scelidotherium,
336 ÉDENTÉS GRAVIGRADES
renvoie à la descriptâon détaillée des os, contenae dans le texte de l'Atlas, et donne ici seulement la comparaison du pied de cet animal avec ceux des autres Oravigrades, principalement avec le pied du Mylodon, auquel le pied de notre genre se rapproche surtout. Les dififérences d'importance systématique sont les suivantes :
Le pied du Scelidotherium n'a que quatre doigts parfiûta; l'interne, le pouce, est rudimentaire et réduit à un os du métacarpe soudé, comme dans le pied du Megaiherium^ au trapèae, formant avec lui un seul os triangulaire (e), dont l'angle libre très-avançant correspond au métacarpe du pouce et porte quel* qnefois une très-petite phalange {*),
Le trapézoïde, qui touche, dans le pied du MylodoUy le métacarpe du troisième doigt, celui du milieu, ne touche pas cetoi chez le Scelidotherium.
Le gros métacarpe du second doigt s'articule avec le grand os if) du pied et s'intercale entre le trapézoïde et l'os métaearpe du doigt du milieu.
Le métacarpe du même doigt est également très-groa et touche plus largement l'os unciforme (g); il occupe la moitié de son bord antérieur, tandis que l'autre moitié porte les deux métacarpes plus grêles du quatrième et du cinquième doigt.
Les deux doigts n'ont pas de phalanges onguliferes. Lesdeax autres doigts ont de grandes phalanges onguliferes qui sont de double de longueur des deux phalanges des doigts précédents. La forme des phalanges onguliferes est plus large que hante;' elles sont presque droites ; l'axe osseux de l'ongle est un pe« aplati, non falciforme, et la gaîne de la base moins ouverte, presque cylindrique, ou même un peu plus étroite en avant.
Les os des membres postérieurs sont beaucoup plus semblables à ceux du genre Megatherium qu'aux correspondants dn genre Mylodon ; leur comparaison avec ceux du membre antérieur prouve très-clairement la double relation du genre Serf»** therium avec les deux autres, comme type intermédiaire.
(*) Uq pelil 08, correspondant à la phalange du ponce, n'est pu coosenré ^ ancun des trois os du métacarpe du pouce qui existent dans le Musée. Mais tttÊ^ l'un des trois a une petite facette articulaire de la forme que dans les antref ^ tacarpes, il faut supposer qu'une phalange a été également présente sar es «^ carpe. La présence de cette petite facette n'est pas sufQsante, va sa petJteiie« P^ prouver l'existence d'un doigt complet.
(;knre scelidotherium 337
Le bassin a la forme de celui du Megatlœrium^ sauf qu'il est plus petit et relativement encore plus large, mais moins haut. Son diamètre transversal, entre les coins externes des ilions, est de 30 pouces; l'entrée de la cavité du petit bassin, entre la première vertèbre sacrée et la symphyse des pubis, a 14 pouces de haut ; l'ouverture postérieure a 10 pouces de large entre les tubérosités des liions, tandis que la largeur de l'ouverture antérieure n'a que 8 pouces, à la hauteur des cavités cotyloïdes. Celles-ci avec leurs bords externes sont distantes de 18 pouces, et chacune a 4 pouces de diamètre. Le grand trou obturateur a 4 pouces de'long et 2 pouces de large. La crête épineuse du sacrum est inclinée et a 3 pouces de haut en avant, mais devient peu à peu un peu plus basse en arrière; sa longueur est de 11 pouces. Les liions ont 8 pouces de large an milieu et 13 pouces de long du coin externe jusqu'au trou rond qui représente l'échancrure ischiatique; ce trou a une forme un peu elliptique, son diamètre le plus long a 4 pouces et le plus court 3^. L'ischion a 4 pouces de large en arrière de ce trou et 15 pouces de long dans la courbure jusq<u'à la sj^mphyse des pubis, qui a une longueur de 2 pouces. Le pubis a 1 pouce de grosseur au milieu, en avant du trou obturateur, et 9 pouces de long, de la cavité cotyloïde jusqu'à la symphyse. Le sacrum est composé de six vertèbres, mais la première est séparée de chaque côté des autres par un grand trou ovale qui perfore les ûles latérales réunissant le sacrum avec les liions ; on la regarde pour cela, avec raison peut-être, comme la dernière vertèbre lombaire, car son corps est aussi séparé des autres par une facette intervertébrale, quoique les apophyses soient intimement soudées aux suivantes. Les six vertèbres unies dans le sacrum ont 12 pouces de long, ce qui donne pour chaque vertèbre 2 pouces de longueur et trois pouces de largeur dans la figure elliptique de la facette vertébrale antérieure et postérieure. De hautes crêtes latérales courbées unissent les apophyses transversales des vertèbres aux liions et ischions; leur distance est en avant de 12 poucos, au milieu de 7 pouces et en arrière de 9 pouces. Ces crêtes se relient en avant sans interruption aux grosses crêtes iliaques qui rendent le bord supérieur des deux liions très-rccourbé.
Le fémur du ScWirfoi/wTîMm ressemble tout-à-fait à celui du Hegatherium, sauf que sa grandeur est moindre. Les cinq échantillons de fémurs, que nous avons dans le Musée, ont de 15^ à
RÉP. ARC— T. m. W
338 ËDENTËS GRAVIGRADES
16 pouces de long aa côté interne, entre les condyles du haut et ceux du bas, et 6{ ponces de large an milieu. La tête est formée d'une hémisphère complète de 4 pouces de diamètre, avec une forte échancrure sur le côté interne, servant à reeefoir un court ligament rond. Le grand trochanter est très-fort, miii pas relevé en haut de la tête ; il a 3J pouces de grosseur. Doe grande excavation se trouve à la surface inférieure, au-dessus de laquelle les tendons des muscles de la fesse (m. ghitei ou fessiers) s'attachent au fémur, et par laquelle les nerfs et les vaisseau sanguifères entrent dans Tintérieur de Tos. Le petit trochanter forme une faible protubérance au-dessous de la tête, séparée par une courbure assez remarquable du bord de l'extrémité iaférieure, servant à son union avec la jambe. Le condyle interae du tibia est beaucoup plus fort que l'interne du péroné ; les deux convexités elliptiques transversales sont unies en anat par la facette articulaire concave de la rotule, qui occupe exactemeut le milieu de la surface. Cette facette a 2| pouces de large et 1| pouce de haut au milieu ; elle est un peu échancrée. Aa* dessus des condyles, Tos présente de fortes tubérosités; celle de l'intérieur est plus courte et plus aiguë en dehors; Texterie arrondie et plus prolongée en haut, et forme avec le grand trochanter un bord élevé faiblement concave. Enfin, il y a entre les deux condyles une forte excavation assez profonde, qai correspond à la fosse poplitée de l'homme. Les deux condjies réunis ont une largeur de 5J pouces en ligne droite, dont Tia* terne occupe 2J pouces, la fosse poplitée 1\ pouce et le condyle externe 2 pouces.
La rotule, dont nous avons huit complètes dans le Mosée, est grande en proportion de la taille de l'animal, et ressemble plus à celle du genre Mylodon qu'à celle du genre Me§ntheriw$\ elle est ovale allongée, mesure 4 pouces de longueur et grosse en haut, tan<lis que celle du Megatherium est presque hémisphérique (*) ; celle du Scelidotherium se termine en bas par une forte prolongation, et a sur le côté interne une facette articnlaire, convexe au milieu et sinueuse en haut et en bas, de 3 ponces de larircur.
(*) J'ai déjà dit, pa{;e 312, que la rotule dessinée daos Tuavrife de Owni, appartenant au Megatherium, appartient au Scelidotherium, et que BLAiavux, ^ rO$téo(^raphic, tome IV, genre Megatherium, pi. IV, fig U, a donné le dessin ^^ vraie rolole du Megatherium, qu'il a prise pour celle dn Mylodon; ceUe-et ssl^ stnée mCme planche, flg. 7, de M. gigtmteus {Leêtodon ërmatus, Gistais).
GENRE SCELIDOTHERIUM 339
Les deux os de la jambe sont courts en comparaison du imnr, et ce caractère rapproche le genre Sceliiotherium davan- ^e de celui du Mylodon que du Megatherium ; la séparation du bia et du péroné existe comme dans le Mylodon, tandis que les lêmes os du Megatherium ont leurs extrémités soudées en haut t en bas. Ces deux os ne sont pas aussi courts, en comparaison a fémur, que dans le genre Mylodon, et quoique le corps du tdidoiheriutn soit plus petit que celui d'un Mylodon, le tibia du remler est presque aussi long que celui du second. La relation rec le fémur est chez le Mylodon des deux-cinquièmes, et chez iSeeUdotherium de moitié. Les os des deux genres sont semlables, avec seulement quelques faibles différences. Le Scelidoiêrium a les deux os de la jambe plus minces au milieu, [uoique les deux extrémités soient relativement plus larges, nais la forme et les facettes d'union sont complètement les Aimes. Le tibia a 8 à 9 pouces de long, sa tête supérieure a ) pouces de large, le milieu a 2 pouces et l'extrémité inférieure If à 5 pouces. En dessus^ le tibia a deux facettes articulaires inégales, dont l'externe, plus petite et plus plane, est pourvue d'an grossissement très-fort de ce côté avec une troisième faeitte articulaire en dessous pour le péroné. L'extrémité inféneare a deux facettes articulaires, Tune très-grande, divisée en deux par une élévation transversale pour l'astragale, et l'autre plus petite plane-triangulaire pour l'union avec le péroné. La grande prolongation en bas de l'élévation transversale de la finette pour l'astragale est un des caractères particuliers de Botre genre; elle manque dans le tibia du genre Mylodon, chez lequel cette élévation est tronquée en arrière, mais non prolongée. Le péroné est plus grêle au milieu que celui du Mylodon, iBiis trèe-renflé à ses deux extrémités, principalement à l'infé- Beare. La supérieure a deux facettes articulaires, une sur le côté ùteme qui s'unit à la correspondante du tibia, et l'autre sur le eMé postérieur qui reste libre. Celle-ci se continue aussi un pea sur le bord libre postérieur de l'élargissement latéral de la tite du tibia, et forme avec celui-ci une grande facette transversale à laquelle s'attachait sans doute un os correspondant à lAbbelladu Megatherium, suspendu dans le tendon du muscle gistrocnémien externe. Malheureusement cet os manque dans notre Musée, mais la grandeur de la facette articulaire composée de deux parties séparées, celle plus grande du péroné et l'autre plus petite du tibia, prouve que l'os a été présent et
310 EDENTKS GRAViORADES
était relativement plus grand que le correspondant du Uegnlkrium (♦). L'extrémité inférieure du péroné est très-développée, de forme triangulaire, descendant fortement en arrière, comme celle du tibia, et pourvue de trois facettes articulaires, dont Tune triangulaire, dirigée en haut, se réunit avec la facette externe du tibia ; les deux autres sont allongées, se toacheot à leurs coins externes et s'articulent avec les facettes correspondantes du côté externe de l'astragale. Le péroné du Myloion, à la place de ces trois facettes, n*en a que deux ovalaires dont la supérieure correspond à la triangulaire supérieure du Scelidùtherium, et Vautre plus petite inférieure aux deux allongées de notre genre, et s'articule avec l'astragale. On voit par cette différence, que le pied du AiyJodon s'articulait à la jambe d'une manière moins sûre, plus relâchée, et que par conséquent la force portative du pied était moins grande. Le Megatherium^, comme le Mylodon^nne seule facette articulaire pour l'umonda péroné à l'astragale^ mais elle est plus grande, en raison de la tubérosité fort développée formée par l'extrémité du péroné.
Le pied du Scelidotherinm est identique à celui du Megûtheriuniy comme nombre des os et des doigts, mais sa confor mation est plus fine et s'approche un peu de celle du genre Mylodon, sauf le talon, qui a la forme particulière et la grandeur moindre de celui du genre Megalonyr. Notre dessin de la planche XIX de l'Atlas, la représente au tiers de la grandeur naturelle. Les trois doigts présents correspondent au troisième, quatrième et cinquième du pied de l'homme, et il y a seulement six os au lieu des sept du tarse de l'homme, comme dans le pied du Megatherium ; les trois os cunéiformes sont réduits à deux, dont l'interne est encore pourvu, chez le Scelidolk^ niif», d'un os du métatarse du second doigt, souvent soudé au cunéiforme, comme on le rencontre toujours chez le Mfg(i' therium.
Le calcanéum (a) est un os assez fort et relativement plQ^ grand que celui du genre Mylodon ; il a 71 pouces de long et i pouces de large en avant, dans sa plus grande grosseur; il ^ distingue de l'os correspondant du Megalherinm et du Mjjjioi^ par l'étranglement très-prononcé du milieu, qui n'a plus que
(*) Le Mylodon a aussi ane facette semblable pour un os sesainoïde du tfod»^ du fulrocnémien externe, mais elle est plus petite et bornée au tibia, elle manf»^ au péroné. Voyez l'ouvrage do Owen, pi. X\, tlg. t. h'.
r.KNRK SCKLIDOTUKRIUM 311
i pouces de grosseur. Ce caractère du calcanéum du Scelido- \kfrium le rapproche de celui du Megalmyx et du Coelodon, laiontla même forme générale, mais la structure plus fine, propre aux pieds de ces deux genres. La portion antérieure du Alcanéum forme un grossissement triangulaire prononcé, ar- •ondi aux trois coins et pourvu, à chacun, d'une protubérance i«sez forte, terminée par ti\)is facettes articulaires de forme et le grandeur différente. La plus avancée est la plus petite, elle !st circulaire et mesure à peine un pouce de diamètre; elle se ^nit à la correspondante de l'astragale. La seconde, la plus ;mnde, dirigée en haut est allongée elliptique transversale et iirme une facette convexe, qui se combine avec la facette Dférieure concave de l'astragale. La troisième, placée sur le ôté interne du pied, est également un peu allongée, presque 'vale, et sert à l'union du calcanéum avec le cuboïde. Le calanéum du genre Mylodon n*a que deux facettes articulaires, u lieu des trois du Scdidotherium. Il n'a pas la prem'ière «tite facette antérieure servant à Tunion avec Tastragale. A Megatherinm^ le Megalonyr et le Coelodon ont les trois correspondantes aux mêmes de notre genre. La portion postérieure la calcanéum est développée en forme d'une massue, tronquée bliquement sur le côté interne et donne le gros talon du ied. II est pourvu d'un gros bord élargi, dirigé en haut, et 'une protubérance ovale, aplatie, dirigée en bas, mais un peu lus en avant et qui forme le vrai coin portant du talon. Sur fi bord supérieur s'attachait le grand tendon d'Achille des luscles gastrocnémiens.
L'astragale (b) est petit, en comparaison du grand calcaléum, et notablement plus petit que celui du genre Mylodon, Il k la forme ordinaire à cet os généralement connue et ne se listingne de celui des autres genres que par des différences reatives. La principale consiste dans la forme des facettes artitalaires, l'unissant au scaphoïde et au cuboïde; ces facettes K>nt plus étroites et plus allon.rées que celles de l'astragale du Uegatherium et du Mylodon, Vue seconde différence existe dans la grande étendue de la facette articulaire du péroné, divisée e&deux bra iches séparées en forme de triangle, dont j'ai déjà parlé précédemment. J'ai décrit deux autres facettes articulaires de l'astragale lorsque j'ai étudié le calcanéum, avec le- •Ittel elles servent d'union, comme chez le Megatherium, Enfin, I& plus grande foeette articulaire supérieure servant à l'union
342 ÉDENTÉS GRAVIGRAOES
avec le tibia, a la forme bien connue de deux portions inégales, imitant une demi-poulie, sans caractères particuliers. Ainsi Vastragale est pourvu de six facettes articulaires, une supérieure pour le tibia, deux inférieures pour les deux facettes du caleanéum, deux antérieures pour le scaphoïde et le cuboïde, et une externe composée de deux sections pour le péroné.
Le scaphoïde (c, o$ naviculare), qui est placé immédiatement en avant de Tastragale, est un petit os asses mince de 3 pouces de longueur, et de 1 1 à 2 pouces de largeur, avec une grande facette articulaire sinueuse du côté de l'astragale» deux facettes à Tautre côté opposé et une quatrième au côté externe, qui touche le cuboïde; les deux de la surface antérieure touchent les deux os cunéiformes. L'os scaphoïde du ScMotherium est un peu plus grand que celui du Mylodon^ et diffère surtout de celui-ci par la grandeur de la portion supérieure moins convexe du côté de Tastragale que chez le Myhldcm.
Le cuboïde (d) est un os presque pyramidal, ayant la pointe tronquée et occupée par une facette articulaire convexe trani* versale qui touche l'astragale, et une autre plus grande plane, opposée et divisée en deux portions par une faible crête transversale, servant à l'attache des deux os du métatarse des deux doigts externes. Une troisième facette ovale se trouve sur le côté postérieur et touche au calcanéum ; deux petites facettei placées en avant touchent le scaphoïde et l'os cunéiforme externe. Le cuboïde du Mylodon est plus gros, moins haut, et 8e rapproche plus de la vraie forme cuboïde, tout en s'en distin guant par la présence d'une facette articulaire de plus, servant à la jonction avec le métatarse du troisième doigt; cette facette n'existe pas dans le cuboïde du Scelidotheriutn^ chez lequel le troisième métatarse est complètement séparé du cuboïde.
Les deux os cunéiformes C/'et g) sont des os minces triangulaires, inégales, avec deux grandes facettes articulaires sur les surfaces opposées larges ; la postérieure touchant le scaphitfde et l'antérieure les métatarses. Celle du premier cunéiforme interne touche le métatarse du doigt rudimentaire ; celle dt second touche celui du troisième doigt. Les os cunéiformei du Mylodon sont plus petits et au nombre de trois, mais l'externe troisième seul est parfait ; les deux autres, du côté interne du pied, sont unis aux métatarses des doigts correspondants, dont l'interne est rudimentaire.
Chez le Scelidotherium, le premier doigt interne du pied
GENRE SCELIDOTHERIUM 343
manque complètement et le second est rudimeutaire; il est représenté par un métatarse triangulaire^ dont un angle libre est dirigé en avant et se termine en mamelon arrondi ; les deux autres, dirigés en arrière, forment les coins supérieur et inférieur d'une facette articulaire allongée concave, qui s'unit avec la correspondante du premier os cunéiforme. Nous avons ce métatarse rudimeutaire de chacun des deux pieds postérieurs ; lealement, au pied du côté gauche, il est séparé du cunéiforme par une articulation, et du côté droit les deux os sont soudes BU un seul de grandeur égale aux deux os de l'autre côté (*).
Les trois doigts suivants, correspondants au troisième, quatrième et cinquième de l'homme, sont parfaits, mais d'une couformation inégale. Le troisième se compose d'un métatarse brès-court, mais énormément gros, dont la facette articulaire le la base touche seule le second cunéiforme, et qui porte à ion extrémité opposée une autre grande facette articulaire ijantla forme d'une partie de la surface d'une poulie. Une grosse protubérance quadrangulaire de l'os supporte les deux hcettes d'en bas et forme la pièce principale du milieu de la plante du pied. Deux facettes articulaires latérales, une de ehaqne côté, réunissent ce métatarse avec les métatarses voilins du second doigt et du quatrième. La facette interne, serrant pour le second métatarse rudimeutaire, est plus petite ((ue l'autre externe servant pour le métatarse du quatrième ioigt. La phalange qui suit le métatarse du troisième doigt est très-courte mais très-grosse, et de la forme ordinaire ; elle a leax grandes facettes articulaires, celle de la base est concave, fit celle de l'extrémité convexe ; elles forment deux demi-poulies, séparées par une forte saillie moyenne. Cette phalange r^résente, comme chez le Megatherium, les deux unies, sans indiquer la séparation antérieure en deux pièces. La phalange terminale ongulifère est très-grande et de la même forme presque droite des correspondantes du pied antérieur. Cette phalange n'est conservée dans aucun des deux pieds à l'état Munplet, mais ce qui en reste prouve^ qu'elle a eu environ S pouces de long, et la gaine séparée renfermant l'axe de
(*) Cette même conformation te retrouve aussi dans les deux pieds da squelette du HjjfMoM graeili»^ conserré dans notre Musée public. Le premier doigt rudimentaire ihi eôCé gauche est formé par un seul os et celui du cété droit par les deux os« ayant memble la grandeur de l'os unique de Tautre côté.
34i F:DENTh!s GRAVIGRADES
Tongle a 2 à 2| pouces de large et 3 à 3| pouces de lon<^. Uo? grande facette articulaire bi -concave occupe la surface à la base de la phalange, et il existe une plaque plane ovale de 3 pouces de long et de 2 pouces de large, perforée au commencement de deux grands trous, conduisant à l'intérieur de l'os en avant des deux facettes concaves, tant comme dans la même phalange du Megatherium dessinée pi. XIX, fig. 10 de l'Atlas.
Les quatrième et cinquième doigts sont formés comme ceux du Mylodon et du Megatherium^ d'un os métatarse assez fort et deux petites phalanges de la forme l'une d'une noix, et l'antre d'une noisette, avec des facettes articulaires à une extrémité ou aux deux, sans autres caractères particuliers que quelques* uns relatifs à la forme. Ainsi les métatarses de ces deux doigts sont, chez le Scelidotherimn^ relativement plus grands que chez le Mylodon^ et celui du cinquième doigt est remarquable à la base et à la pointe par la séparation des deux grosses extrémités de la portion moyenne plus grêle et distinctement re88e^ rée. La première phalange du quatrième doigt se distingue par sa grandeur et sa forme plus rapprochée du type des phalanges; elle a 2 pouces de long, tandis que la seconde phalange du même doigt a la forme d'une noix un peu conique ; les deu phalanges du dernier doigt sont courtes et complètement rudimentaires.
On trouve en grand nombre les ossements de cet animal dans toute la province de Buenos- Ayres, et ce sont les plus nombreux parmi ceux des espèces de la famille des Gravigrades; mais jusqu'à présent, on n'a pas trouvé de squelettes complets. Celui de notre Musée a été reconstruit avec les os de plusieurs individus, et néanmoins il n'est pas parfait. D'après la conformation des membres, et principalement des antérieurs, je suis porté à croire que le Scelidotherium n'avait pas la même manière de vivre que le Megatherium; car le raccourcisssemcnt de? pattes antérieures, leur conformation tout-à-fait différente des os plus gros, la forme presque droite des ongles, au lieu d'îitre falciformes, rendent peu probable l'opinion qu'ils auraient été destinés à saisir, en haut des arbres, des branches pour les incliner vers la terre ; la queue mince et faible s'oppose aussi à l'opinion que l'animal en ait fait usage, en guise de support, quand il relevait en haut la partie antérieure du corps; enlinli forme particulière de l'humérus du Scelidotherium et du Jfyi^ tfoft, tout-à-fait semblable à celui du Dasypus gigauteus^ anima'
r.ENRK MYLODON 315
fonisseur, mais non grimpant. En les comparant, il paraît pro bable que le Srelidothcrium a pris sa nourriture à terre, arrachant peut-être, avec ses pattes antérieures, les plantes du Ibnd pour les manger, sans être assis, et s'aidant dans cette opération de son crâne fort allongé, qui contrebalançait le cou court de l'animal et lui permettait de saisir à la surface de la terre les aliments nécessaires avec les lèvres, qui recouvraient les os avancés du museau, et ont dû être fort charnues.