lIjIocloM gigsiiitcufl
Anales d. Mus. Pûbl de B. A. I. 162.
Leslodon armatuSy Gervais. Recherches sur les Mammif. foss. de l'Amer, mérid. page 47.— Mém. de la Soc. géol.
372 ÉDENTÉS GRAVIGRADES
de France, 2* série, tome IX, mém. V, page 21. 1873. J. Rbikhardt, Bidrag till Kundskab om Lestodon armaiw.
Mem. de l'Acad. Roy. d. Copenhagae. V. série, claue
des sciences naturelles, tome XI, n^ 1. 1875. Platygnathus platensis^ Erotbr, naturh. lidsk. tome III.
page 588-595 (1841).
Cette grande espèce se rapproche du Megatherium par ses dimensions considérables, auquel il n'est inférieur que d'un quart; il s'en distingue, ainsi que les deux autres espèces précédentes du genre^ par une conformation plus grêle des os da squelette. Cette différence de la stature, surtout des os séparés plus variés, a engagé M. Gbrvais à fonder sur l'espèce son genre particulier de Lestodon; mais après avoir comparé les os de cet animal avec ceux des squelettes entiers des trois espèces à ma disposition, je n'ai trouvé qu'une différence de relation, en plus de la différence réelle des deux os du talon : le calcanéom et l'astragale, qui se distinguent positivement des mêmei des deux autres espèces ; le calcanéum a une forme plus allosgée en arrière^ le talon est moins élevé, moins élargi sur les côtés, et la portion antérieure pourvue de deux facettes pour l'oiiioi avec Tastragale, et celui-ci a les mêmes deux facettes séparées Tune de l'autre pour l'union avec le calcanéum. Il l'est pas possible d'accepter ces différences comme des motifs suffisants pour fonder un genre à part, et je conserve, en coiséquence, l'espèce dans le genre Mylodon^ établissant une distinetion pour sa stature plus considérable, et je lui ai donné un non spécifique plus caractéristique que celui donné par GxtTAis, qui nomme cet animal Lestodon armatus^ quoiqu'il ne soit nullement plus armé, soit pour attaquer, soit pour se défendre, qtt les deux autres espèces bien connues.
J'ai examiné deux squelettes presque entiers, dont l'un est la propriété de M. Josâ Pachbco, l'autre moins complet, qui est conservé dans le Musée de Buénos-Ayres, ainsi que plusieurs os isolés provenant d'autres individus, parmi lesquels se trouvent deux astragales complets. Je les ai comparés aTee les mêmes os des autres espèces et je donne ici les dimensioos principales du corps de cet animal, pour qu'il soit possible au lecteur de se former une idée générale de son apparence et de sa grandeur étonnante.
GENRE MYLODON 373
Longueur du corps entier, y compris le crâne
et la queue 12 pieds.
— du crâne 2 »
— du cou IJ >
— de répine vertébrale du tronc 5 »
— des trois vertèbres lombaires 1 >
— des six vertèbres sacrées 1| >
— des vertèbres de la queue 3| »
— de l'humérus 21 pouces.
— du radius 14 t
— du fémur 27 »
— du tibia 13 »
— du pied postérieur 20 »
lauteur moyenne du dos 5 pieds.
— du bassin, depuis la crête sacrée à la
symphyse des os pubis 3| >
Mstance des coins externes des ilions 3| >
3e8 dimensions prouvent que la conformation générale est ativement moins longue et moins grosse, mais plus haute s celle des deux autres espèces^ et que vu cette différence, Aiemble de l'animal était moins massif que celui du Mega*
Sn ce qui concerne les particularités spécifiques, je me borndà la comparaison des os principaux, sans entrer dans une leription détaillée de tout le squelette et de chaque os séparé. [ie crâne se distingue par une forme un peu plus élevée en rière et beaucoup plus large en avant ; la bouche principalemt a eu une largeur énorme, en raison de la grande extenm, latérale du bord antérieur des deux mâchoires. Cette tension latérale de la région du menton est le caractère le 00 particulier de la tête de l'animal ; tous les autres caracrci présentent moins de différences et sont presque identiques, af Ut surface supérieure qui est un peu plus recourbée et n'a m la grande surface plane des os pariétaux entre les arcades mporales, qui donne au crâne du M. rohustus et à celui du . graeilis^ mais à un degré moindre, une forme aplatie en arbre. Au lieu de cette plaine sagittale, le crâne du M. giganieus une faible crête sagittale, creusée le long du sommet et com- >8ée de deux arêtes parallèles, qui se séparent ensuite vers la "Ate occipitale, laissant un espace triangulaire entre leurs
37% EDENTËS GRAVIGRÀDES
courbares, qui remplace un peu la plaine du sommet des deux autres espèces. Cette différence, la plus remarquable de la conformation du cr&nede cet animal, est la conséquence de la plu grande extension des fosses temporales qui serrent à la r^ption des muscles de la mâchoire inférieure, et leur grandeur dépend de la largeur et de la grosseur de l'ayant de cette ml* choire, qui est plus pesante que chez les autres espèees el demande des muscles plus forts pour lui communiquer un moivement sûr et rapide. A partir des fosses temporales, en arant, la forme des crânes des trois espèces est complètement la mène; l'arcade zjgomatique ne présente pas de différence renwquable : l'os zygomatique est divisé en arrière en trois branches, dont la supérieure est la plus longue, comme chez le Jf.rohnhii, la médiane aussi est assez allongée et la troisième intérieve beaucoup plus large, mais nous ne Tavons pas dans un état de conservation suffisant pour connaître exactement sa forme; lei* lement, comme l'arcade zjgomatique tout entière est plu longue que celle du M. rofttîs(tis, nous avons la preuve que b fosse temporale a été aussi plus allongée en avant et phy grande que celle des deux autres espèces. La base du oïlie, entre le grand trou occipital et l'ouverture des arrière-nariieit est tout*à-fait semblable à celle du if. rofrtisftisetà peine n peu plus grande. Cette ressemblance prouve que la différeM de forme du crâne tout entier est causée principalement per celle de la moitié antérieure, contenant les cavités du nez ek de la bouche.
La cavité du nez est un peu plus longue et un peu plus eos* vexe en haut, son contour est moins triangulaire, la base est plu large et les côtés plus convexes, comme ceux du nez du Jf. t^ bustm. La largeur de la base est produite par les os maxillairei, beaucoup plus élargis, en raison de la forte courbe du bord U* téral extérieur en avant.;Cette courbe, produite par ladistanM des premières dents, constitue le caractère principal spécififs^ de notre espèce, déjà bien connue par les dessins de Qmm^^ (Ul. pi. XII, fig. 1) et de Blainvillb (Ostéographie. IV. Jfcf^ therium^ pi. I, fig. 11). J'ai pris les mesures de cette région des mâchoires de notre crâne, et j'ai trouvé que la supérieure i 7 pouces et l'inférieure 8. Chaque mâchoire forme uneexcnû* sance remarquable, d'où sort la première dent cylindriqae di* rigée obliquement en dehors et termine tronquée obliqaemeatt avec une face elliptique-allongée, dirigée en arrière pour le*
GENRE UYLODON 375
dents sapérieares et en avant pour les dents inférieures. Cette dent est suivie dans chaque mâchoire par un intervalle vide sans dents, de 4 pouces de long dans la supérieure et de 3 pouces dans rinférieure ; ensuite viennent les autres quatre dents de la sapérieure et les trois de l'inférieure, toutes de circonférence elliptique semblable ; chacune a 1 pouce de long, sauf la dernière de la m&choire inférieure qui se compose de deux lobes elliptiques inégaux; le lobe postérieur est plus petit que l'antérieur (*). Ces dents occupent ensemble un espace de 6 pouces dans la mâchoire supérieure et de i^ pouces dans Tinférieure, ee qui donne pour la série complète des dents de la mâchoire supérieure 10 pouces, et de l'inférieure 9 pouces. Cette grande distance, entre la première dent de chaque mâchoire et les raivantes» est une particularité de notre espèce, et on peut la considérer comme un caractère spécifique plus marqué dans notre espèce, car elle constitue seulement une différence relative avec les antres espèces, puisque l'intervalle entre la première et la seconde dent est toujours un peu plus grand que eelni des autres dents.
Le bord antérieur des deux mâchoires présente l'aspect d'un are peu recourbé en dehors et assez aigu, formé dans la mâchoire supérieure par l'os intermaxillaire. Cet os est présent, mais soudé de telle sorte au maxillaire^ qu'il n'est pas facile de l'eu distinguer. Cependant une série de petits trous indique l'ancienne suture entre les deux os et laisse voir ses bords ^aux à ceux des autres espèces. Dans l'espèce actuelle, l'os infcermaxillaire a eu une largeur antérieure plus grande, car ses ailes latérales s'étendent jusqu'à l'excroissance de la première dent et forme un arc séparé des deux excroissances, par une largeur de 4 pouces. Dans la mâchoire inférieure, un arc semblable termine la mâchoire en avant, et son extrémité se finit à chaque côté par un angle aigu ; il y a une largeur de 8 pouces entre ces deux coins ; la distance des excroissances deniifères de cette mâchoire est de 10 pouces et la longueur de la branche entière horizontale de la mâchoire est de 18 pou- ; sa hauteur de l'apophyse coronoïde est de 10 pouces et la
O On troinre eiceptionnellement dans la même mâchoire, en arrière de cette dent MIobéa de la mâchoire inférieure, une cinquième dent petite, simple, comme le prouve le dessin 10 l.l. de l'Ostéographie de Blainvills. Notre Musée ne possède pas «n semblable échantiUon.
376 ÉDENTÉS GRÀVIGRADES
distance des coins externes des denx eondjles de 13 pouces ; chaque condyle a environ trois ponces de large. Ces dimensions peuTent donner une idée de la grandeur énorme de h cavité de la bouche de notre espèce. En outre, la conformation de la mâchoire inférieure est égale à celle des trois antres espèces décrites, avec quelques modifications, conséquences de la difiérence spécifique générale, mais nullement asses i]|lpo^ tantes pour justifier une séparation en genre séparé.
La colonne vertébrale ne présente rien de remarquable à noter; elle est exactement comme dans les antres espècei, sauf que chaque vertèbre est un peu pins grande. II fiiut lealement remarquer que sur les seize vertèbres dorsales^ les quatorze antérieures ont les trois facettes articulaires ponrlei côtes, Tune sur le coin postérieur du corps, l'antre à l'are et la troisième à l'extrémité de l'apophyse transversale ; li quinzième et la seizième vertèbre n'ont pas la facette du coipi: il 7 a à sa place une petite prolongation en forme d'oreillette, s'articulant avec l'arc de la vertèbre suivante à sa baae. Toutes les vertèbres dorsales ont aussi les deux facettes à li base de l'apophyse épineuse, l'antérieure au-dessus de l'areide vertébrale, la postérieure en dessous ; j'en ai parlé en étadiut le Scelidotherium et les deux autres espèces de MyMbm (^) ; eei mêmes facettes manquent aux vertèbres lombaires. Les apophyses épineuses des vertèbres du dos sont inclinées en arrière, sauf la dernière, dont la large pointe arrondie est tournée e& avant, ainsi que celle delà première vertèbre lombaire libre; les mêmes apophyses des deux autres vertèbres lombaires sont soudées à Vos sacré du bassin et forment avec celui-ci nne seule crête épineuse sans interruption.
Les côtes, les os sternocostaux et les stemaux ne sont pas complets dans notre Musée, mais nous en avons plusiean de chaque catégorie, qui prouTcnt que leur conformation a été complètement identique à celle des autres espèces, avec les modifications nécessaires d'une grandeur au moins d'un quart plus fort.
(*) M. REiHHUiDT t donné le dessin d'one vertèbre dorsile rontilèe où les éiSkttf^ facettes articaltires sont biea indiquées ; a est U facette du corps senraot i VtH^ de la facette terminale de la tète de la côte ; h est la fkcette de la face interne 4e ^ tète» et non dn coo, eomnie le prétend l'aateur ; c est la faceUe senraot & U tnWfosité de la céte, et + la postérieure de l'arcade Tertébrale an-dessous de Tapop^jf*' épineuie. Vojei le Mémoire cité plus haut, pi. II, flg. t.
GRNRK MYLODON 377
Les deux membres sont complètement conservés dans le squelette appartenant à M. Pacheco, nous en avons plusieurs M isolés et un bassin complet, qui manque dans ce squelette. J'ai déjà décrit ce bassin dans les Anales d. Mus, PûbL.tortic I, page 162, et plus tard, Gbrvais a donné les dessins de quelques parties d'un bassin cassé, qui appartenait à un individu mâle, tandis que le bassin complet que nous possédons est celui l'une femelle, car les dessins de Gervais (/./., pi. XV. (v.) fig. 3) prouvent que la différence sexuelle de la symphyse des os pubis existe dans cette espèce, comme chez le M. gracilis, chez lequel je l'ai notée auparavant.
L'omoplate ressemble davantage à celui du Jf. gracilis qu'à seluî du M. robmtus ; il a 16 pouces de hauteur le long du bord postérieur, et 19 de large d'avant en arrière. La distance de. l'arcade réunissant Tacromion à l'apophyse coracoïde, du coin postérieur de la cavité glénoïde, est de 10 pouces, et la cavité glénoïde elle-même a 5 pouces de longueur ; la hauteur de l'épine est de 4 pouces au commencement en bas, et la moitié le la surface externe en avant de l'épine est plus large que l'autre en arrière de celle-ci.
L'humérus ne se distingue du même os des deux autres es- [»ice8 que par sa grandeur supérieure et une conformation reafcivement plus grêle. La forte crête intermusculaire deltoïde serrant à l'attache des grands muscles de l'épaule est lortout moins développée et par cette diminution donne à 'humérus quelque ressemblance avec celui du Megatheriuniy inoique la tubérosité externe sur le côté de la facette articu- Aire de la tête, soit encore beaucoup plus forte que celle du Vegatherium et conserve par sa grandeur à l'humérus la ressemblance générique avec celui des deux autres espèces. La portion terminale, ainsi que les condyles et les deux excroisnnces de rëpitrochlée et de l'épicondyle, est dessinée dans le Hémoire déjà cité de Reikhardt et se rapproche assez bien du dessin contenu dans l'ouvrage de Owek, pi. XI, de l'humérus du *f. robusUis. Notre échantillon mesure dans cette partie 9 pouces de large et les deux condyles 5 pouces; chez le M. gracilis, je trouve pour la mesure de cette même partie 8 pouces de large et pour les deux condyles 4 J pouces, quoique la Longueur de l'humérus soit de 15 pouces et celle du M. giganieus 21 pouces.
Le cubitus et le radius sont également peu différents des 08 correspondants des autres espèces, ils sont relativement
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plas grêles à la moitié supérieure et la portion articulaire da cubitus surtout est moins haute. Cette diminution de la portion de la base est aussi notable dans le radius, qui commence en bas de la facette articulaire par un trait cylindrique et de* vient à partir du milieu de son extension brusquement plus large avec un bord sinueux, qui forme une crête assez haate vers la fin (*), tandis que ce même bord du radius des antres espèces forme une ligne droite et tout le radius est de plus en plus large, sans inégalités dans son augmentation.
Je n'ai pas tous les os du pied complets^ mais ils sont asses nombreux pour que je puisse affirmer qu'ils ont la même con* formation que ceux des autres espèces, dont ils ne difièreat que par la grandeur plus considérable. Sans donner plus d'explication pour les autres légères différences, je me borne à présenter les mesures des trois phalanges onguifères, qni ont presque la même augmentation successive que celle du M. robustus^ elles sont seulement un peu plus épaisses et moins pointues. La plus petite du premier doigt a 3 pouces de long, celle du second doigt a 6 pouces et celle du troisièmes pouces; la grosseur de la gaîne, à sa base, est de 3 pouces et la fiusette à la base de la surface inférieure a 4 pouces de long.
J'ai déjà donné une description détaillée du bassin complet^ existant dans notre Musée, dans les Anales del Mmeo Pûblico de Buenos Aires^ tome I, page i62 ; je ne la reproduirai pas ici. L* forme générale rappelle celle du bassin des autres espèce^* mais elle est caractérisée par la grande prolongation en bas d^ la section, composée par les os pubis et les ischions, ce qt^^ rend l'entrée du petit bassin elliptique très-allongée. Le di^' mètre perpendiculaire de cette entrée est de 32 pouces et 1' plus grand transversal est de 15 pouces. La même ouver^ ture du bassin du M. gracilis a 22 pouces de haut et 11 ponc^^ de large; quoique la distance la plus grande des coins extem^^ des liions ait moins de différence, elle a 36 pouces chez l^ M. gracilis et 44 pouces chez le M. giganteus. Les deux bassix*-^ ont aussi le même nombre de six vertèbres sacrées soudée^ Une différence remarquable consiste dans le grand trou obtai
(*) n semble qne le deuin t3 de la pi. ni, da Megatkerium^ dant rOitéofripl»S'^ de Blainville, représente un radius mutilé de cette espèce. Le dessin d'an éekm^ tillon complet, un peu plus grand qne le ndtre, se trouve dans le Mémoire drji câ^ de RiiHiÀBDT, pi. I, M*" 3, i et 5.
GENRE MTLODON 379
^ar, qui est divisé, chez le M. gigantetis^ par un pont osseux ^lacé au milieu et formant deux trous séparés de forme ellip- ^que ; le supérieur a 4 pouces de long, l'inférieur 3 pouces, le ^ont entre eux a 4 de pouce de large. Dans le dessin d'une partie du bassin, donné dans le Mémoire deGBRVAis (pi. XXV, 11*3), le pont est imparfait et indiqué seulement par deux coins apposés. Le bassin que nous avons l'a parfait aux deux côtés. [1 7 a une autre différence dans le dessin, que j'ai déjà mentionnée auparavant, c'est une forte tubérosité sur la surface externe de la symphyse des os pubis, qui manque dans notre bassin et indique le sexe masculin, comme nous le prouve la même différence des deux bassins de M. gracilis que possède notre Musée public.
Un dessin d'un fémur se trouve dans VOstéographie de Blaiitvillb, Megatherium, pi. lY. fig. 12 ; cet os est beaucoup plus grand que celui du ilf. robmius. Nous en avons deux, l'un eomplet, qui a 28 pouces de long et 12 pouces de large en haut eomme en bas, entre les tubérosités au-dessus des condyles ; l'autre a des dimensions un peu inférieures, il a 27 pouces de loi^ et 11 pouces de large ; le dessin de TOstéographie reprélente un fémur encore plus grand, puisque la mesure indiquée est de 30 pouces. Sa forme est identique à celle du if. robustus^ «anf qu'il est relativement moins large, car le fémur de cette espèce a une longueur de 20 pouces, avec une largeur de 9 ponces en haut et de 8 pouces en bas. Ces dernières proportions sont presque les mêmes en longueur et en largeur que eelles du fémur du M. giganteus, mais la largeur supérieure
dépasse celle du fémur de la même espèce chez le M. robtislus;
le fémur du Jf. gracilis est également large en haut et en bas. La rotule se distingue par sa grandeur remarquable ; elle a
presque le double de grandeur de celle du Megatherium. Notre
pins grand échantillon a 5 pouces de large et 8 pouces de long;
elle est dessinée aussi dans l'Ostéographie de Blaisvillb,
tbgtaherium, pi. IV, fig. 3.
Il n'y a rien à noter dans les deux os de la jambe, que leur
pandeur ; des trois tibias que nous avons, le plus petit a 12
pouces de long et le plus grand 14 pouces ; sa largeur en haut
^tdeS^àO^pouces, et en bas de 6^ à 7| pouces. Le péroné
& la même longueur que le tibia.
La forme générale du pied correspond complètement à celle
du pied des deux autres espèces, comme le prouvent les de»-
380 ÉDENTÉS GRAVIGRADES
sins que Gbrvais a donnés du pied de notre espèce, pi. VII, dans son Mémoire cité plus haut. Il n'est donc pas nécessaire de nous étendre davantage sur sa conformation ; il suffira de noter que le pied tout entier a une longueur de 30 pouces environ, sur lesquels les trois plus grands os du tarse, le calcanéum, l'astragale et le cuboïde, occupent presque la moitié. Les deux premiers de ces os sont les seuls très-différents dei correspondants dans les autres espèces et qui présentent quelques caractères distinctifs, qui permettent de classer cette espèce dans un groupe particulier ou sous-genre. J'ai déji relevé ces différences au commencement de la description spécifique, et je ne ferai que les répéter ici, sans entrer dans le détail complet des os.
Le calcanéum a environ 12 pouces de long et est par conséquent à peine inférieur à celui du ilegatherium. n s'en di»tingue facilement par son extrémité postérieure arrondie et forme moins grosse du milieu du talon, mais il se rapproche dn calcanéum du même genre par la présence de deux fiuettei articulaires en avant, au lieu d'une seule, comme dans les denx autres espèces. Ces facettes servant à l'union avec l'astragale, la plus petite est plane, transversale et située plus bas au cOté interne ; l'autre, plus grande, convexe et sinueuse, est dirigéeen haut et placée près du commencement de la surface supéneore de l'os. Une troisième facette triangulaire assez grande existe en dessous de cette seconde, à la surface antérieure de l'os, et sert à son union avec le cuboïde.
L'astragale ressemble presque entièrement à celui du Jfef*' therium^ sauf qu'il est d'un quart plus petit et se distingue par cette ressemblance. Il a été déjà dessiné dans deux ouvragei de OwBK, Zool. d. 1. Voyage du Beagk I, pi. XXVIII, fig. H et le Mémoire sur lé Mylodon robustus, pi. XXIII, fig. 3, où Tanteur le présente comme l'astragale du Megalonjfxj plus tard, Gbrvais et Rbinhardt l'ont dessiné de nouveau dans lears Mémoires sur le Lestodon^ sans le reconnaître ni l'nn m l'autre (*)• Owbk dit dans sa description de l'astragale (1- 1*
(*) Le deuia da Mémoire de RinfHARDT, pi. 111, fig. 3 et 4, est trèt-éléfiii *^ point de Yue artistique, mais il n*est pas très-bon au point de vue 8ciettlilk*'t ' cause des fortes dégradations de l'os, scrupuleusement imitées par le dessioaieor. U deMîn antérieur de la Zool d. 1. Voy. du Deagle est beaucoup mieux et peut lerrtr à» modèle, pour la manière de dessiner ces sujets.
GENRE MYLODON 381
page 132) qu'il ressemble à celui du Megatherium par la profonde nnuosiié de la facette articulaire supérieure en forme de demipoulie, qui le réunit au tibia, mais en réalité cette sinuosité est encore plus forte que celle du genre indiqué et pas du tout en proportion avec celle des deux autres espèces de Mylodan^ où elle est très-faible. Il signale aussi la présence des deux facettes articulaires pour le calcanéum , au lieu de l'unique plus grande des autres deux espèces de Mylodon^ mais il trouve Tastragale semblable à celui des Mylodons, par la facette articulaire Tunis- •ant au scaphoïde, qui est plane et non concave, a la forme d'un entonnoir, comme chez le Megatherium. Il faut ajouter à cette comparaison, que la même facette n*est pas plane chez le Jf. gracilis^ mais assez concave, quoique moin^ grande que celle du Megatherium^ et que dans cette même facette du M. rohustus^ il y a une faible excavation ; celle seule du M. gigantem est complètement plane. Cette différence dans les trois espèces du même gejure me semble prouver, que la conformation particulière d'un seul os n'a pas une grande importance, au point de rae de la diversité générique, car des genres vraiment séparés, comme le Megatherium^ le Scelidotherium^ le Mylodon et le Mega^ lonfXj présentent toujours une différence complète dans le type de tous les os du squelette et pas seulement dans l'un ou l'autre de ces os, comme le M. giganteus^ si on le prend pour représentant d'un genre séparé : le Lestodon, Les autres caractères de l'astmgale correspondent à ceux des deux autres espèces de Myloion, principalement par la grandeur de la facette articulaire pour le péroné, placé sur le côté extérieur de l'os, et par le voisinage parfait de la facette articulaire servant à le joindre aa cubolde, et de la petite facette articulant au calcanéum. Cette portion de l'os porte aussi la facette du scaphoïde. La Dseette pour le cuboïde reste bien séparée dans l'astragale lu Megatherium de la petite facette pour le calcanéum^ par la présence d'une fossette allongée, posée entre les deux facettes articulaires du calcanéum et du cuboïde.
Il n'y a aucun caractère distinctif à relever dans les autres os lu pied, comme Gbrvais les a décrits (1. 1. page 33 suiv.) lorsqu'il a expliqué les dessins qu'il donne du pied. Les os que possède notre Musée correspondent bien aux dessins de cet auteur, sauf les deux phalanges onguifères^ qu'il représente assez fortement courbées, tandis que celles que nous avons sont toutes droites, un peu plus fortes, et la gaîne de l'ongle plus grosse à la base.