lll7l«don gmelllfl
Anales d. Mus, PnhL de B, A., I, 166, 3. Jjestodon myloldes, Gkrvais, rech. s. l. Mammif. foss, de TAmér. mérid.,pag. 47. (♦)
Cette espèce se rapproche par la conformation de tons les os du squelette de l'espèce précédente ; seulement les proportion» eu sont plus iiues et les dimensions un peu moindres. Ceq^* permet de distinguer les os de l'une et de l'autre. Le senl caractère distinctif consiste dans la forme de la première d^t
(*) Dernièrement, M. Geivajs a décltré (Joum. d. Zool., tome VI, paT^ qu'il fait rentrer cette e«pèce dans le i^nre Mylodon.
<;ENRK MYLODON 36ô
38 deax mâchoires, qui est obliquement tronquée, comme lez rUnau actuel des Bradypides; la facette supérieure de . partie tronquée est dirigée en arrière et celle de la dent inféeure en avant. Les autres dents des deux mâchoires ont la ême forme, sauf qu'elles sont un peu moins grosses et la derière bianguleuse de la mâchoire inférieure est un peu plus larte ; la distance des deux angles saillants du côté interne it surtout moins grande.
Il est inutile de décrire plus en détail le squelette, dont nous rons trois exemplaires dans la collection de Buénos-Âjres, .nsi que beaucoup d'os séparés. De ces trois squelettes, Tun it complet ; c'est celui d'une femelle, il a été trouvé avec celui e son petit, qui avait la moitié de la grandeur de la mère ; lais^les os du jeune, parfaits au moment de la découverte, ont té cassés presque tous ; il ne reste plus que quelques parties a bassin, du membre postérieur et de la queue. Le troisième qnelette est celui d'un jeune mâle, dont le sexe est facile à relonnaître par la forme particulière de la symphyse des pubis; i'estmoi-même qui l'ai découvert à l'état incomplet. Il n'y avait le conservé que le bassin, la colonne vertébrale en partie, le uembre antérieur gauche et la plupart des côtes de ce côté. j%B os de ce mâle ne sont pas plus grands que ceux de la 'emelle, mais comme l'individu était assez jeune, il me semble Probable que plus tard ils seraient devenus un peu plus grands et »ea inférieurs à ceux du J/. robustus.
Le crâne bien dessiné dans l'Ostéographie de Blainville Megatherium, pi. I, fig. 8, 8', 9 et 18) est un peu plus court que iclai du M. robustus et son contour supérieur un peu plus con- ''tte. Notre exemplaire a 18 pouces de longueur, depuis le H»rd antérieur de l'os intermaxillaire jusqu'aux condyles occipitaux inclusivement ; le dessin de l'Ostéographie présente la ûtiQe longueur, ainsi que celle du M. robmtus dans l'ouvrage UOwBv; mais comme l'os intermaxillaire manque au crâne iiBL question, il faut croire qu'il était un peu plus long, de 19 à 19 1 pouces. La différence principale de la conformation des os 1^ ciftne consiste dans le zygomatique, dont la branche supé- 'icnre est très- raccourcie et qui n'est pas plus longue que la Hoyenne, et dans la forme plus étroite presque pointue de la *ï*iïche inférieure. Ces caractères sont bien indiqués dans le icasin S' de l'Ostéographie. Toutes les autres différences sont friatiTes, par exemple celles de la mâchoire inférieure, dont la
3«H KDENTf^S GRAVIGRADES
portion antérieure en avant de la première dent, est un peu plus courte, et dont le coin postérieur en dessous du condyle est moins saillant.
Les sept vertèbres du cou ont ensemble une longueur d'an pied, comme celles du M. robustus^ et les seize du dos ont trois pieds ; chacune est un peu plus mince que la correspondante de l'autre espèce^ mais sans autre caractère distinctif. Lestroii vertèbres lombaires sont soudées aux six sacrées et ont, réunies à celles-ci, une longueur de 18 pouces, dont les trois lombaires occupent 8 et les sacrées 10 pouces. La dernière de cellesei est un peu mieux séparée des deux autres et imite la forme de la première vertèbre de la queue, sauf qu'elle est beaueoap plus grosse. Les apophyses obliques articulaires sont ellesmêmes bien indiquées au-dessus de l'arcade vertébrale de cette dernière vertèbre. Les quatorze vertèbres conservées de It queue ont une longueur de 25 pouces. Le corps de la premiire a 2 pouces d'épaisseur et le corps de la quatorzième 1} ponces; la grosseur de la dernière est remarquable, en comparaison de la vertèbre correspondante de la queue du Sceliioêherium^ chei lequel le corps de cette même quinzième vertèbre n'atteint à peine que 1 pouce de grosseur et est moins haut que large, c'està-dire un peu déprimé, tandis que le corps de la quatorzième vertèbre de la queue du Mylodon est aussi haut que large et n'est nullement déprimé.
Les cotes et le sternon ont les mêmes relations qneles vertèbres en comparaison des mêmes os du M. rotmstui, U première côte a en ligne droite 7 pouces de long, la seconde 9, la quatrième 13 et la sixième 18; les plus longues côtes soot celles depuis la neuvième jusqu'à la douzième ; la oniièse complète a 23 pouces de long ; à partir de là, elles deviennest plus courtes; la quatorzième a 20 pouces, et la dernière U* Les quatre dernières sont plus grêles que les autres au milita et leur diamètre est elliptique court ; depuis la septième joi* qu'à la douzième, les côtes se distinguent par une largeor de ^ pouces au milieu avec une circonférence très-comprimée, nllo* gée elliptique ; les antérieures sont moins larges, maisnnpca plus engrossies, au côté concave interne, et légèrement crH* sées à la surface inférieure avant le contour convexe postérieer ou externe.
J'ai donné une description détaillée du sternon, illnstrée d'un dessin dans les Anal, d. Mus. PnbL I, page l(»8suiT., pi. ^'t
GKNRK MYLODON 'MH
^o* 3 > J3 ne la reproduirai pas ici : il suffit de dire que les 08 qui le forment sont les mêmes dans les deux espèces de Mglodan^ ainsi que les os sternocostAux, mais leur union présente quelques différences ; car, chez le M. robustm^ le premier 08 du stemon est en contact avec deux os sternocostaux et le dernier, le septième, avec un seul, tandis que chez le M. gractlû, le premier porte un seul os sternocostal de chaque côté et le dernier deux. Ce dernier os du sternon, formant l'apophyse xipholde, est allongé et fort aplati à son extrémité, chez le Jf. robuiiHs ; mais plus courte peu élai^i en arrière et brusque* ment arrondi chez le M. grac'dis.
Dans les deux espèces, les sept premières paires de côtes s'attaehent directement au sternon et forment les vraies côtes ; le8 sairantes, les fausses côtes, sont attachées chacune à la précédente par des os intercostaux peu à peu pluis courts, et pi^bablement une ou deux des dernières côtes étaient libres à l'extrémité, comme chez les paresseux actuels et beaucoup d'antrea Mammifères.
Parmi les os des membres, l'omoplate et le bassin présentent des différences spécifiques, ainsi que la dimension de la phalAnge ongalifère du second doigt antérieur ; les autres sont •eulement un peu plus grêles dans notre espèce, que ceux du Jf. robtiHtif .
L'omoplate est de tous les os du squelette le plus remarqiable an p<nnt de vue de la différence spécifique, car il imite Ia forme de celui du Megatherium^ et est comme lui très-altengé en arrière. Je trouve que sa hauteur, le long de la crête etteme, est égale dans les deux espèces de Mylodon, et mesure upied environ; mais la longueur d'avant en arrière, qui, chez le Jf. robtêsiug^ a 15 pouces, est de 17 pouces chez le Jf. gracilis, quoique la hauteur soit la même. Cette différence vient : 1^ de ee que la rinnosité du bord antérieur est plus forte, et 2^ que l'angle poatérienr est plus saillant et fort aigu en arrière. La Cf6te externe, appelée l'épine, court parallèlement au bord pofltérienr dans les deux omoplates, et cette analogie fait lue la portion en avant de la crête est plus large chez le If. gracitiâ qne chez le M. robustus ; la grande courbure du )ord antérieur extérieur est la cause de cette différence rcnarqnàble.
Je ne parle pas de l'humérus et des deux os de ravant-hrnn, parce qne leur forme est identique, seulement le cubihM ont
MH KDKNTËS GRAVIGRADES
évidemment plus fort chez le M. rohustuêy suriont dans sa moitié supérieure, auprès de la cavité artiealaire arec Thvmérus. Cette différence fait le cubitus du M. gradlU m pes plus grêle que celui de M. robusku.
Le pied diffère davantage par la relation du deuxième doigt avec les autres ; ce doigt est presque aussi fort que le trdinèiiie et la phalange ongulifère est à peu près de la môme grandev pour les deux. Cette augmentation de la grandeur se prétenle déjà dans le métacarpe du second doigt et est de plus en plis forte pour chacun des os qui le suit, tandis que ches le Jf« f*bustus, les mêmes os restent successivement plus petits et plis faibles, et la phalange ongulifère du second doigt est d'«A tiers plus petite que celle du troisième. Chez le M. rotasiitt, les km phalanges ongulifères correspondent , en suivant une augiMi* tation progressive, aux nombres 3, 4, 6, et dans le pioâ di M. graciliSf la progression est égale aux nombres 2^, 5, 6.
Dans les membres postérieurs la différence spéeifiqoa 9à moins visible ; le bassin seulement en présente mne bien iitts dans le nombre des yertèbres sacrées, qui est de six. ias trois lombaires soudées sont un peu moins fortes qae sdks du M. robusttis^ et leurs apophyses transversales sont nku séparées par deux grands trous intervertébraux, placés de chaque côté. Les corps de ces vertèbres se distinguent de ceux des vertèbres dorsales par deux ouvertures des conduits des vaisseaux sanguifères au milieu de la surface il* férieure, très-rapprochées l'une de Tautre; leurs apophyses épineuses sont unies à la crête sacrée dans une seule lame pe^ pendiculaire un peu élargie au bord libre supérieur. Lei n^ sures des distances des os du bassin sont presque les mènes que celles du M. robustus. J'ai relevé les suivantes :
Jjargeur entre les coins externes^des liions 3 pieds
Longueur des vertèbres lombaires et sacrées réunies 1} pied
Hauteur de l'entrée dans le petit bassin 20 poueee
Largeur de la même entre les cavités cotyloïdes 11 >
Distance des coins postérieurs du saorum 11 »
Diamètre perpendiculaire de l'ouverture posté*
rieure 17 *
Diamètre trans verse de la même 15 »
Longueur du tnm obturateur Ui '
GENRE MYLODON 9d9
Nous avons deux bassins complets : Tun, celai d'ane femelle, li a été trouvé avec celui de son petit, et l'autre appartenant un mâle bien reconnaissable par la présence d'une forte tubetsité sur la symphyse des os pubis, servant d'attache pour les ^rps caverneux de la verge du mâle. Ce bassin a appartenu à 1 jeune individu, quoique presque de la même grandeur que dui de la femelle, la dimension de la largeur totale entre les ions est de 3J pieds; l'entrée du petit bassin a 16 pouces de lut et 14 pouces de large. Cette remarquable diJOférence corsspond au sexe masculin et prouve que l'entrée du petit bassin A mâle est plus courte et plus large que celle de la femelle ; sa >rme est ovale, tandis que celle de la femelle est purement Iliptique. Il possède encore les sutures entre les épiphyses exîmes de tous les os du bassin bien visibles. Entre les vertèbres imbûres soudées il n'existe qu'une seule épiphy^e et non eux, comme entre les vertèbres dorsales; tous les bords exernes des os liions et ischions sont formés par des épiphyses HTopres, c'est-à-dire le bord arqué supérieur des premières et la inbérosité postérieure des secondes ; la symphyse des os pubis ist formée non de deux épiphyses, mais d'une seule située au milieu de la symphyse. Cette épiphyse est un os carré, qui a trois pouces de long et quatre pouces de large sur la surface Ksteme, pourvue d'une tubérosité qui sert à l'attache du pe- Qii. L'os s'étend au bord inférieure de chaque côté, formant une prolongation pointue de 3 pouces de longueur, qui suit le long de l'es ischion sur la même étendue, comme épiphyse, mais correspond à l'os médiane comme sa branche inférieure. La pré- Mfie de cet os intercalé dans le pubis, comme épiphyse de la ■ymphyse, n'est pas fréquente. Gervais l'a dessiné dans la Mtmuchmia et je le retrouve dans les squelettes du Dasypus et dtt Praopus de notre Musée. Une forte tubérosité aussi existe dans le bassin du tapir mâle, mais sans la présence d'un os intercalé. On sait bien que le mâle de cet animal se distingue par des ^iganea génitaux énormes et cette particularité me semble iMÛfi indiquée par la présence de la forte tubérosité de la symphyse des pubis, du genre Mylodon^ qui constitue peut-être un ^metère sexuel propre à toute la famille des Gravigrades.
J'ai parlé du fémur de cet animal occasionellement en étu- ^nt celui du Jf. robustus ; il est un peu plus grêle en avant des ^ndyles inférieurs et a le bord externe plus recourbé, garni 4'une tubérosité plus forte au milieu, entre le grand trochanter
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et le condyle externe. Sa longueur est de 18 pouces et sa lar geur, en haut, entre les deux trochanters, ainsi qu'en bas entre les deux tubërosités, est de 8 pouces ; la partie la plus étroite du milieu a 5| pouces de large. Le fémur du jeune animal trouvé avec sa mère a 15 pouces de long et présente, bien léparées du tronc^ non seulement les deux épiphyses ariieoltirtt terminales, mais aussi une grande épiphyse isolée du trochinter majeur. Celui-ci a un épaisseur de 4 pouces chez ranimtlle plus âgé et de 3 pouces chez le jeune. L'épiphyse inférieue comprend aussi, au côté externe, la tubérosité de ce c6té, miii laisse au dehors, appartenant au tronc d'os, la tubérosité moÎBi haute, mais plus étendue dans la circonférence de sa base Ai côté interne.
Les autres os du membre postérieur ne présentent aueiuieiractëre particulier, sauf qu'ils sont un peu plus petits etgrtief. Le tibia a 9 pouces de long, et sa base, y compris les deoz IIcettes articulaires, a 6 pouces de large ; le péroné a la ntee longueur. Le pied, dans son extension complète, a 15 poucside long; il est semblable à celui de Vautre espèce, sauf les petilei différences du caloanéum et de l'astragale que nous ayons à^à mentionnées dans la description de ces mômes os du Jf* f^ bustus (♦).
Il me reste à parler des petits os de la peau, que j'ai déeoiverts chez cette espèce. Je les ai décrits en détail dans lesilufll. d. M. Pûbl. de B. A., tome 1, page 173, pi. V. fig. 8, etphsea abrégé dans VArchiv f. Anat. n. Phys.y année 1865, page 331. avec les additions critiques de l'année 1868, page 759. CespetiU os ont la grandeur et presque la forme d'une demi-noisrtte, plus légèrement convexe d'un côté, presque plane de l'antiû. La plupart ont une forme elliptique, d'autres sont rhomboïde ou trapézoïdes; leur diamètre le plus grand est de 1 à 1,5 cSm et le plus court de 0,5 à 1,0 cm. La surface plane est couverte de petites fossettes de 2-3 mm. de diamètre, toutes de toft^ elliptique et distribuées régulièrement sur la surface, avsedet distances égales entre elles. Je suppose que cette surface étsi^ extérieure, car ces os avaient cette surface en dehors del'û* ilion gauche du bassin de l'individu mâle, lorsque je l'ai déeofl*
(*} L'astragale du itf . gradlis est dessiné dans le Mémoire de M. RlonAlvri i^ le Lettodon armatus, pi. 111, flg. 4. (Mém. de TAcad. Roy. de Copenbafse. CI* '• ^' nat. Y. série, tome XI» 1875.)
GENRE HTLODON 371
. L'antre surfhce, qai devait être Tinterne, est plus ou 18 convexe; la partie moyenne la plus épaisse a de 0,5 à sm. d'épaisseur, et à partir de là, les bords vont peu à peu l'amincissant et se terminent par un coin fin et aigu. En ainant soigneusement ces coins, on voit que l'un appartient 5té supérieur de la surface de la plaque osseuse et l'autre ^té inférieur, servant à réunir les plaques entre elles ; le
supérieur se pose au-dessus de l'inférieur de l'autre pl€U][ue ine et forme ainsi une couverture écailleuse, unie par les Ls fins superposés des différentes plaques, qui couvre tout »rps. Je les ai trouvées ainsi réunies et soutenues par un fin le mêlé de sable, au milieu de la surface externe de l'ilion le bassin, et parfaitement conservées dans la place qu'elles ipaient pendant la vie de l'animal.
ne me reste aucun doute que ces plaques étaient renfer- 8 dans la peau de l'animal, et recouvertes par un épiderme
ou moins écailleux ou corné à la surface externe. Ces ues étaient coUoquées dans la couche inférieure, plus 88e de la peau, comme chez des animaux voisins, les Dasyi8, qui ont aussi la peau pourvue de petites plaques osseuses plusieurs parties du corps, en dehors de la cuirasse.
aimvATiON. — Je connais comme os de cette espèce, l'os hyoïde et un iafe ossifié da larynx, qae j*ai décrits dans les Anales del Mus, PiihL , 1„ tome I, pa|[e 171, pi. V. fig. 9-11; le lecteur y trouvera les détails conformation, que je ne répéterai pas ici. L'os hyoïde est attaché à aade apophyse styloïde, qui se trouve aussi chez le Mylodon, comme le Megalheriwn et le Scelidotherium; elle ressemble davantage k celui remier genre qu'à celui du second. Elle a la forme d'un marteau, la i 3 pouces de long et la base transversale a 1; pouce de large ( Voyez Ig. 11).
^ Portion antérieure des deux mâchoires fort élargie, beaup plus large que la portion alvéolaire, avec les deux séries dents; celles-ci toutes également elliptiques, les premières laquées obliquement au bout. Lestodon, Gbrvais.