‹ Description physique de la République ArgentineChapitre 173 sur 267 · I. Bilorlcfitfi · texte numérisé non relu

I. Bilorlcfitfi

Glyptodontidae Owbn. — Hoplophoridae Huxley.

Gomme j*ai étudié ce groupe très en détail dans le tome II es Anales del Mus, Pûbl. de Buenos Aires C*), je ne donne ici a'un extrait de mon travail antérieur et renvoie à cet ouvrage I lecteur désireux de faire une étude spéciale. Les Gljptodontes, comme nous appelons les membres de la ms-famille en général, sont des animaux gigantesques, dont k conformation extérieure rappelle celle des Tatous ou Armaillos actuels, sauf que la plupart ont une forme plus sphérique ; moins allongée que leurs congénères modernes. La différeucc ctërieare la plus remarquable, en plus de la grandeur et de la «ne plus ronde des Gljptodontes, consiste dans l'absence des on turcs mobiles an milieu de la cuirasse, que possèdent les rmadillos; la cuirasse des Gljptodontes est entière, sans flexi- .lité de la partie centrale plus grande ; elle est seulement an m flexible aux bords externes de la moitié antérieure, où les ois ou quatre dernières plaques qui composent la cuirasse ont bord postérieur dépassant un peu l'antérieur de la rangée dvante des plaques, ce qui produit de cette manière des fentes itre les rangées des plaques et donne un peu de flexibilité au )Td lui-même. Mais cette conformation n'est pas générale, nsi le genre Hoflûpkorusu'B. aucune flexibilité au bord externe, a cuirasse se compose de petites plaques osseuses de 1 à [pouces de diamètre, de forme hexagonale; celle du centre 3 la cuirasse sont régulièrement hexagonales, celles des parties Srisphériques sont plus ou moins allongées. Les pla/^ues sont lies par des satmies. et allant vers le centre de la cuirasse, les laques vont peu à peu se soudant intimement; les pkujaes du )rdont leurs satures plus ou moins ouvertes. Chaque pla/^ue a

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lènnieDt i. RwsSAiSf. Le mtmûn de va ansev teu m» Ytéouà^ Mt/d4^Mièer^ taèt 1875, page 165« evf., lait nmaû:n «k iiwM;Ije •rhy^jt ùm l^'^i , tMui *t m lifoiflcalif de dypfetfn dnfai, que je s*» ym k T^fM^Hf. vviv;v «-a «<k 'a. tinn de notre Cunie. Ceaz fei wi 1« « mùMàkrt KMoyr^antîvit. ytwisuui jt ytitert MierioQs tUenee ton

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un dessin régulier externe qui varie un peu suivant la diSëreDee des genres et la position de la plaque dans la cuirasse. Généralement, il 7 a une petite facette centrale hexagonale ou oct<^ne un peu plus convexe, séparée de l'autre surface par des silloni fins peu profonds. Des coins de cette facette centrale sortent d'autres sillons radiaires qui séparent la partie périsphériqae de la plaque en facettes plus petites, et celles-ci réunissent avec les mêmes facettes des plaques voisines, pour former des fiEU^ttei composées semblables à la centrale, en dessus des sutures entre les plaques osseuses. Le genre Panochthus n'a pas cette dispo* sition, toute sa surface est des plaques osseuses, couverte de petites verrues égales, sauf quelques plaques périçphériquef, qui ont une facette centrale^ plus grande et plus convexe.

La surface des facettes n'est pas lisse, mais rude, granulée, onduleuse ou fortement ponctuée, avec de petits trous servant de conduits dans l'intérieur de la substance spongieuse dechaqae plaque, pour la mettre en communication, par les vaisseaux sanguifères et les nerfs, avec le tissu organique de la peaa ea dessus des plaques. Souvent on trouve dans les coins des &• cettes, à l'endroit où sortent les sillons radiaires, de petites fossettes de 1 à 2 mm. de diamètre, qui me semblent être destinée! à contenir les racines des soies ou poils durs qui sortent entre les plaques cornées du dessus. Le bord libre externe de la cuirasse est garni de tubercules coniques ou arrondis, qui sont o^ dinairement plus grands que les plaques unies de la, cuirasse, et leur position correspond aux intervalles entre les rangées des plaques centrales. Ils ont la même surface granuleuse ou rude, mais sans sillons ni facettes superficielles, car pendant la vie de l'animal chaque tubercule fut couvert d'une seule gaîne cornée, qui a tenu le même aspect que les tubercules. Leur forme diffère en raison de la position sur le bord externe de la cuirasse, qui se sépare en quatre parties distinctes : l'antérieure, d'où sort la tête, la postérieure d'où sort la queue et les deux bords latéraux d'oil sortent les pattes. Les tubercules du bord anté* rieur sont courts, très-ovales ou sphériques ; ceux du bord postérieur très-grands et arrondis; ceux des deux bords latéraux plas ou moins coniques, très-petits d'abord et devenant de plas en plus grands à chaque file suivante des plaques de la cuirasse. Ils finissent par former des cônes marqués aux coins postérieurs, entre les bords latéraux et le bord postérieur, qui porte les plus grands tubercules.

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Le nombre des rangées centrales des plaques de la cuirasse est le même pour chaque espèce. J'ai compté de 35 à 42 rangées transversales dans les dlfFérentes espèces, et je ne crois pas qu'il y en ait plus de 45 dans aucune espèce. Chaque rangée a un nombre fixe de plaques, qui s'augmente de Tavant jusqu'au milieu de la cuirasse et décroît de nouveau en arrière. Comme les latérales antérieures deviennent plus petites vers le bas, leur nombre n'est pas constant, mais dans l'autre partie de la cuirasse, le nombre des plaques dans chaque rangée est de 40 à 66, et les files transversales les plus nombreuses de plaques sont les 25 à 30. Je n'ai compté au plus que 58 plaques dans chacune de ces files, chez le Panochthus tuberculaCus^ et 66 chez VHoplophorus euphractus {*),

La cuirasse principale couvre tout le corps, depuis le dos jusqu'à la moitié de la jambe, et laisse une ouverture antérieure semi-circulaire plus petite et une autre plus grande postérieure; les deux sont unies en bas par un large espace ouvert, où se iroavent la poitrine, le ventre et les membres. En examinant l'analogie de ces animaux avec les Tatous vivants, il est trèsprobable que les joues^ les pattes et les doigts ont été également cuirassés par des petites plaques osseuses, mais nous ne connaissons pas bien leur conformation. Nous savons seulement que le sommet de la tête a été couvert de plaques identiques, et la queue renfermée dans des anneaux et des tubes osseux, com* posés chacun de plaques séparées pendant la jeunesse, sauf la base de la queue, entourée d'une partie nue, qui permettait le libre mouvement de cet organe. Ces cuirasses se trouvent aussi chez les Dasypides actuels. Mais les vrais Glyptodontes ont eu aussi sur la poitrine et le ventre un grand bouclier osseux, qui manque chez les Dasypides, et c'est pour cela que je les ai appelés Bihricata. Ce second bouclier était composé de plaques osseuses hexagonales semblables à celles de la cuirasse du dos, mais sans sculptures extérieures et renfermées toutes dans la peau, sans plaques cornées par dessus, et perforées au milieu psr 2à 4 grands trous servant au passage des vaisseaux sanguiftres et des nerfs. Nous avons un grand nombre de ces plaques dans notre Musée public, mais nous ne possédons aucun boudier complet; il semble qu'il s'étendait depuis la poitrine jus-

n D^içrèt mes cakaU , le total de toutes les plaques d'une cuirasse complète ntie de 1,500 à S,SOO.

qu*au bas-ventre et se terminait par un bord ovale plus mince, légèrement arrondi, sans toucher la cuirasse dorsale qui dépassait les bords du ventre et les pattes, et pendait librement avant les pattes et au-dessous de la circonférence du corps. Ce bouclier du ventre n*est pas commun à tous les genres de Gljptodontes ; ainsi le Hoplophorm^ qui se distingue des autres genres par une cuirasse dorsale plus ovale, moins grosse et dépourvue de fentes latérales à sa partie antérieure, il n'y avait pas trèsprobablement de bouclier sur le ventre.

Le squelette, dont nous avons plusieurs exemplaires bien conservés, ressemble, par Tensemble de sa conformation, à celui des Tatous, mais il s*en éloigne par certains caractères distinetifs remarquables, qui se rencontrent dans presque tous les os.

Le crâne n'a rien de la forme allongée du cr&ne des Tatous, il est au contraire tronqué en avant et sa forme générale est plutôt carrée et presque cubique. Le sommet est plan chez la plupart des Olyptodontes, le genre Panochthustile front et les os pariétaux convexes. Les os de cette même portion du ciftne sont très- caverneux et ont de grands sinus frontaux, qui s'étendent jusqu'à la crête occipitale et descendent en bas jusqu'aux pommettes. L'ouverture du nez est grande et son contour est triangulaire, large en haut et plus étroit en bas, avec des bords latéraux connivents, formés dans la moitié inférieure, par une branche étroite, remontant de l'os maxillaire, et au-dessus par les larges os du nez qui avancent un peu en forme d'arcade en angle. L'os maxillaire supérieur a une extension énorme, principalement dans la section formant le palais et contenant les alvéoles de huit dents molaires ; il se prolonge en dessous de l'orbite et forme une grande apophyse perpendiculaire qui l^ donne ainsi quelque ressemblance avec l'arcade zygomatiqne des Gravigrades, quoique chez ceux-ci l'apophyse en dessous de l'orbite appartienne à l'os zygomatique même et non à l'os maxillaire supérieur, comme chez les Glyptodontes. L'arcade zygomatique est forte, tantôt ronde et assez étroite (Glyptod(»)% tantôt élargie en crête et pourvue d'un coin postorbitaire, comme chez le Hoplophorus^ ou d'un pont complet formant ^o^ bite réuni avec l'os frontal, comme chez le Daedicuru$ et le ft* nœhthus. L'os frontal est grand, plus grand que le pariétal, qû s'étend en arrière jusqu'à la crête occipitale, peu élevée w basse comme toute la surface perpendiculaire de l'occiput. Vo9 temporal a une très-grande extension , il occupe toute la paroi

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iterne de la fosse temporale et forme une forte apophyse en rant, servant à Tunion avec Tos zygomatiqne. A la base inféeare de cette apophyse se trouve la facette articulaire pour union avec la mâchoire inférieure, dont la face est tournée on vers le bas, mais en arrière. Le rocher est petit et retiré UI8 l'intérieur du crâne, il laisse la cavité tympanique ouverte Btr le bas ; on ne rencontre pas la vésicule auditive osseuse, ai manque dans tous les crânes observés jusqu'à présent. La mâchoire inférieure est aussi forte que la supérieure et clément grande ; elle avance un peu en dehors de Tos interlaxillaire de la supérieure avec le bord étroit un peu épais rrondi, ressemblant à une cuillère. La branche alvéolaire est rès-haute et son bord inférieur est très-arrondi ; elle est séarée en arrière de la branche ascendante portant le condyle tTapophyse coronoïde. Cette branche est énormément haute, i cause de la grande élévation de la portion alvéolaire de la nftehoire supérieure et elle est inclinée en avant de manière à ioimer avec la branche horizontale un angle aigu variant entre B^ctTO®. L'apophyse coronoïde est petite, peu élevée et arrondie à son coin supérieur ; le condj'^le est aussi très-court et pu très-gros ; sa facette articulaire n'est pas dirigée en haut, mis en avant, et légèrement concave, ce qui lui permet une uuon complète avec la facette convexe de l'arcade zygomatiqae.

Les huit molaires des Glyptodontes sont remarquablement égales; c'est le caractère le plus saillant de cette famille. Ces dents forment une série de 6^ à 7 pouces de longueur ; chacune est séparée de ses voisines par un petit intervalle de 1 à 2 lipies; les dents elles-mêmes ont | à 1 pouce de longueur et sont eoiifpoeées de trois prismes rhomboïdes, dont le premier et le dernier de chaque dent est aplati ou arrondi du coin libre. Les trois prismes unis forment un prisme commun allongé, Buiqué de deux forts sillons anguleux de chaque côté; le prisme a de 3 à 5 pouces de hauteur, il est un peu courbé, il n'y i pas de différence entre la couronne et la racine de la dent, ■ais il est ouvert à la base pour laisser pénétrer dans Tintérieor la matière qui forme la substance dure de la dent. Cette sibstaBce se compose, comme celle des autres dents des Ëdeatés, de trois couches différentes, bien distinctes, à la surfue plane du dessus de la dent. On voit, au centre de chaque dent, une couche mince légèrement ponctuée de vasidentine, qui

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dépasse un peu le haut de la substance voisine, l'ivoire ou la dentine; et autour de la dent il y a une autre couche très-fine plab dure, qui forme Técorce extérieure de l'enveloppe générale de la dent. Cette couche correspond au cément de la dent des autres Edentés. La vasidentine constitue la couche centrale; c'est une paroi mince longitudinale avec trois branches opposées latérales de chaque côté, composées de fins tuyaux calcaires qui vont en direction radiaire, du centre au contour de la couche; la dentine d'ivoire forme la masse principale moyenne entre la vasidentine et le cément, elle est composée de tubes très-fins horizontaux parallèles ; enfin la troisième couche externe, le cément, est homogène, claire, à demi- transparente et d'une formation difficile à distinguer.

Généralement, les dents antérieures de la série sont un peu plus petites et leurs trois prismes rhomboïdes moins bien se* parés; à la seconde dent cette séparation devient plus complète, et augmente un peu avec chacune des dents suivantes, mais diminue un peu de nouveau, entre les deux dernières dents, qui ont le troisième prisme plus petit et les coins externes moins avancés que le premier de la même dent. La forme pa^ ticulière de chaque dent change donc un peu, en raison de sa position dans la rangée, et nous voyons que cette différence peut donner une certaine indication de sa position.

Les dents de la mâchoire supérieure ont le côté extérieur un peu recourbé en dehors; celles de la mâchoire inférieure également, mais en dedans, et leur prisme est un peu plus court que celui des supérieures, mais la forme spéciale de chaqae dent correspondante est la même.

J'ai découvert l'appareil hyoïde de plusieurs espèces de Glyptodontes, et l'ai décrit dans VArchiv. f. Anat. und Pktp, de J. MuLLER, année 1871, page 418 et suiv. pi. XI. Il se compose d'un os impair de grandeur moyenne, qui imite la forme d'un V, et dont les deux branches constituent les deux grandes cornes postérieures qui s'unissent au larynx; la pointe dirigée en avant forme l'os hyoïde lui-même. Cet os est muni de deox petites facettes convexes servant à l'union articulaire st^ deux os longs un peu recourbés et styliforme^. Ces os correspondent aux petites cornes antérieures de l'appareil de l'homme» qui s'unissent avec les rochers des os temporaux, en a'ap* puyaut sur Tos styloïde.

La portion la plus remarquable du squelette est l'épine dn

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do8^ où les vertèbres sonfc unies sans mouvement entre elles et forment une masse fixe. Il n'y a que la première des vertèbres, l'Atlas, la sixième cervicale et les 6-7 vertèbres de la base delà queue qui restent isolées; les autres se transforment en tuyaux solides et n'ont pas le gros corps des vertèbres de la plupart des Mammifères; souvent même les apophyses épineuses et transversales leur manquent. Généralement l'épine dorsale forme cinq morceaux différents^ dans lesquels les vertèbres sont soudées, comme il est expliqué en suivant.

La première vertèbre, l'Atlas, est toujours séparée des autres et mobile par elle-même. Elle a la forme ordinaire de l'Atlas des Mammifères et sa grandeur n'est pas très-considérable; au contraire, on peut dire qu'elle est petite, en proportion du crâne qui est gros et massif. Ses ailes latérales sont courtes et remontent obliquement en arrière^ leur bord extérieur est légèrement dentelé et le bord antérieur est largement arrondi.

La seconde vertèbre, ou l'axis, est toujours réunie aux trois suivantes et forme une pièce commune, appelée os mëdiocervical, qui au milieu a la forme d'un toît percé d'un large tuyau central, avec une forte crête en haut, et s'élargislant de chaque côté, où il forme une grosse apophyse horizontale, se terminant par un bord élargi, recourbé vers le bas. Cette grosse apophyse est formée par les apophyses transveraales des quatre vertèbres soudées^ comme le prouvent les trous ioterrertébraux de chaque côté, percés à la base de l'apophyse commune, et les sutures de la surface inférieure encore reconaaissables sous la forme de lignes transversales finement tracées. Il y a toujours trois trous intervertébraux à la surface supérieure et trois autres à l'inférieure^ qui traversent Tos jusqu'au grand canal vertébral, représenté par le tuyau central de l'os médiocervical. Sur le bord antérieur de ce canal se trouvent trois facettes articulaires convexes à la surface inférieure de l'os, qui constituent l'articulation avec l'Atlas; la facette du milieu est plus avancée et correspond à l'apophyse i>dontoïde de l'axis.

Il y a quelques différences dans la conformation de cet os ches les différents genres; nous les examinerons plus tard en étudiant chaque genre en particulier.

La sixième vertèbre cervicale est presque toujours libre; le Glju^oion davipes et ses congénères font seuls une exception chez

les animaux de ce genre; car la vertèbre s'unit aussi avec l'os mëdiocervical. Dans les autres genres, cette vertèbre est an os faible et mince, de forme triangulaire au milieu, perforé à cet endroit par le grand canal vertébral, qui a la même forme et est prolongé de chaque côté par une apophyse transversale asses grosse. Cette apophyse est perforée à sa base par un petit trot pour le passage de Tartère vertébrale, et porte sur chaque satface des facettes articulaires servant à l'union avec les vertèbres voisines. Il y a quatre facettes de chaque côté de la vertèbre, en avant comme en arrière, c'est-à-dire seize en tout. La plus grande est située à la base de l'arcade, au-dessus du canal ve^ tébral; elle correspond à l'apophyse oblique des autres vertèbres. Une seconde facette assez grande existe aussi en dessoas du même canal; la troisième et la quatrième sont plus aa dehors sur l'apophyse transversale elle-même.

La septième vertèbre cervicale reste séparée du cou et s'unit avec les deux premières vertèbres du dos, formant une autre pièce séparée que j'ai appelée os post- cervical. Cet os a une forme presque carrée plane, il est perforé dans le miliea par la continuation du canal vertébral des vertèbres préeé* dentés, et surmonté au-dessus par une grosse protubérance plos ou moins conique, qui représente les apophyses épineuses des trois vertèbres soudées. Les apophyses transversales sont également intimement soudées et forment une surface unie latérale, perforée par des trous intervertébraux qui indiquent leur séparation antérieure ; de chaque côté il y a trois fentes triangulaires profondes qui servent à recevoir les trois premières paires de côtes. Le bord antérieur de l'os est un peu pins large que le postérieur, et forme la plus large étendue transversale de répine dorsale ; il porte sur les coins externes quelques petites facettes articulaires convexes pour l'union avecls sixième vertèbre cervicale et en arrière à la base de la grande apophyse épineuse conique, deux grandes facettes articulaires concaves presque circulaires, pour Tunion avec l'arcade verte brale de la portion suivante de l'épine dorsale. A côté de Touverture postérieure du grand canal vertébral se trouvent deux autres facettes articulaires allongées pour l'union aveel^ troisième paire de côtes; chacune est accompagnée, en arrière, d'une autre plus petite ronde, ayant la même destination. U première sert à l'articulation avec la tête de la côte, la seconde à l'articulation avec la tubérosité de la côte.

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En arrière de Tos post-cervical se trouve un tujau osseux, légèrement recourbé, composé des autres vertèbres du dos, qui sont généralement au nombre de 10 ou 11. J'ai appelé cette pièce le tuyau dorsal {tiibus dorsalis) ; sa surface supérieure est garnie de trois crêtes, dont celle du milieu est un peu plus hante et les deux latérales sont dirigées obliquement en dehors. Ces crêtes sont d'abord aussi hautes et aussi larges que les correspondantes de Tos post-cervical, mais elles se rapprochent pea à peu davantage en arrière et deviennent plus basses. La médiane correspond à Tapophyse épineuse des vertèbres et les latérales aux apophyses transversales. La surface inférieure est lisse, très-mince et forme un véritable tuyau, oïl on ne voit aucune indication des anciens corps des vertèbres soudées. De chaque côté de ce tuyau, on remarque une double série de trous, Tune à la surface supérieure, près du bord intérieur des crêtes latérales, et l'autre à la surface extérieure du tuyau, en dessous de la même crête. Ce sont les trous intervertébraux qui indiquent l'ancienne séparation des vertèbres soudées. Un léger sillon, qui sort de chaque trou et se continue sur la surface du tuyau, marque davantage l'ancienne séparation en vertèbres isolées. Entre ces trous du côté externe, un peu en dessus de la série formée par les trous, on voit des facettes articulaires pour l'attachement des côtes, placées dans une &tble excavation de la paroi de la crête ; elles reçoivent la grosse tête de chaque côte. Leur nombre correspond à la quantité de vertèbres soudées, quelquefois il y en a une de moins ; chaque excavation reçoit une côte qui s'articule avec deux iacettes diffrentes, comme les côtes de l'os post-cervical.

Les vertèbres qui suivent les dorsales sont unies à un autre tayau solide jusqu'au commencement de la queue. D'après la position en avant du bassin et entre les os innominés, on peut distinguer les deux portions de ce tuyau, dont l'antérieure se compose des vertèbres lombaires et la postérieure des vertèbres sacrées. D'après cette distinction, on peut donc diviser le tayau en deux portions, dont l'antérieure prend le nom de tayau lombaire, et la postérieure de tuyau sacré.

Le tuyau lombaire {tubtis lumbalis) forme un cylindre assez fort qui, au commencement, a un bord un peu élargi surtout à la surface supérieure, oCi il est pourvu de deux petites crêtes, une de chaque côté ; ce sont les continuations des crêtes latérales du tuyau dorsal. A la base de ces crêtes se trouve une

facette articulaire concaye, qui s*unit avec une correspondante convexe, placée à Textrémité des crêtes du même tuyau dorsal. Le bord inférieur du tuyau lombaire n'a pas de facettes articulaires et sa conformation prouve qu'il a été uni avec, le bord opposé du tuyau dorsal par un cartillage intermédiaire. Les deux petites crêtes plus basses au commencement du tayan lombaire suivent la ligne moyenne du tuyau et en cet endroit s'attachent à une troisième crête moyenne du tuyau lombaire, qui sort entre les deux crêtes latérales du bord antérieur et se relève ensuite beaucoup plus, formant ainsi une paroi osseuse, assez forte, au milieu du dos dudit tuyau. Cette paroi représente les apophyses épineuses des vertèbres lombaires. Le nombre des vertèbres unies dans ce tuyau se reconnaît bien par la série de trous ovales assez grands, qui perforent le tuyau de chaque côté tout près du bord inférieur. Il y a généralement sept trous de chaque côté, représentant le même nombre de vertèbres lombaires unies. Le dernier trou est situé entre la dernière vertèbre lombaire et la première sacrée ; il indique bien la frontière des deux portions principales da tuy^u entier uni avec le bassin. Généralement, au-dessus de chaque trou, on voit une petite crête horizontale, qui dépasse un peu le bord antérieur du trou et semble indiquer l'apophyse transversale rudimen taire.

J'étudierai plus tard le tuyau sacré et en même temps qnele bassin, et j'ajouterai ici quelques mots à propos des vertèbres de la queue. Celles-ci sont bien séparées l'une de l'autre et leur structure est assez forte. Chacune a un corps massif, ^^^ arcade au-dessus du corps et d'assez grandes apophyses épineuses, obliques et transversales, dont chacune devient pliu basse et plus courte à mesure qu'elle s'éloigne de la base de 1a queue. Les premières apophyses transversales sont surtout très-fortes et très-longues; elles sont aussi longues que celles des dernières vertèbres sacrées. Ces vertèbres de la queue ont en dessous de fortes apophyses épineuses inférieures (btemapophyses) dont les antérieures ont généralement le double de longueur des supérieures, tandis que la dernière est un petit os, de la forme d'un V, à peine élevé au-dessous du niveau du bord de la vertèbre. On trouve 7 à 10 vertèbres isolées dans la queue des différentes espèces des Glyptodontes, et & la fin de la queue, tantôt une seule vertèbre conique, tantôt une série de vertèbres soudées, de plus en plus petites, qui vont quel-

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qaefoi 8 jusqu'à quatorze dans le tuyau de la carapace, chez le Panochthus Inberetdatus, et ne dépasse pas onze dans le même tuyau du Glyptodon clavipes. On voit donc que le nombre entier des vertèbres de la queue varie de 11 jusqu'à 21.

Les côtes qui sont attachées aux deux pièces de Tépine, à 1*08 post-cervical et au tuyau dorsal, sont au nombre de 12 à 13 paires ; elles ont la forme d'un arc, qui commencerait au renflement de la tête, avec laquelle les côtes entreraient dans les fentes et les excavations latérales des deux pièces susnommées de répine dorsale. La moitié supérieure de chaque côte, y compris la tête, est très-mince et presque plane; l'inférieure devient peu à peu plus forte et ronde et se termine par une autre facette elliptique servant à l'union avec les os sternocostaux. Ceux-ci sont assez forts et réunis entre eux par des facettes elliptiques allongées, placées sur les bords opposés. La première paire des côtes n*a pas d'os sternocostal ; elle s'attache directement au stemon. et, quoiqu'elle soit la plus courte, elle est la plus forte: elle s'étend vers le bas par un plan assez large, réunit au bord externe de la première pièce très-grande du stemon. Cette pièce, connue sous le nom de manubrium^ est une planche osseuse, quadrangulaire, de 6 à 7 pouces de largeur et de 5 à 6 de long, un peu plus étroite en avant et profondément creusée à cette partie, où elle termine par deux angles saillants arrondis, qui s'unissent probablement avec les clavicules des membres antérieurs. Le bord opposé postérieur du manubrium est le plus laige ; il forme un arc recourbé en arrière, un peu plus gros au milieu, avec trois facettes' elliptiques allongées, servant à l'union avec les pièces osseuses suivantes. Au deux facettes latérales s'attachent les os sternocostaux de la seconde paire de côtes, et à la troisième du milieu la seconde pièce du stemon. Cette pièce est composée d'un os très-petit, comme les sui- Tants, qui a environ un pouce de large et moins d'un pouce de long; de chaque côté il y a un creux dans l'union avec la pièce voisine, qui sert à recevoir la tête articulaire d'une paire des 08 sternocostaux. Nous ne connaissons pas exactement le nombres de ces petites pièces du stemon, mais d'après les os sternocostaux, complètement conservés du Glyptodon asper dans notre Musée, on peut supposer que tout le stemon a été formé de 6 ou 7 pièces isolées, y compris le manubrium et Vapophyse terminale appelée xiphoïde. Le nombre des os sternocostaux réunis au sternon est de six et celui des os libres

postérieurs réunis chacun au précédent est de quatre. Les deux dernières paires de côtes terminent libres et ne s'unissent pas aux précédentes. J'ai compté dans cette espèce du genre treize fentes et creux, pour la réception des têtes des côtes, sur les deux pièces de l'épine dorsale, l'os ^ost-cervical et le tuyaadorsal, ce qui prouve qu'il y aurait un nombre égal de paires de côtes, qui se distinguent d'après leurs extrémités, comme il suit :

La première s'attache directement au manubrium ;

La seconde et les suivantes jusqu'à la septième au stemon par les os sternocostaux ;

La huitième jusqu'à la onzième chacune à celle qui la précède;

Les douzième et treizième sont libres à leur extrémité.

La présence dans l'épine dorsale d'une pièce mobile de l'os post cervical et la grandeur de la première pièce du stemon, ainsi que la conformation solide de la première paire des côtes, indiquent une fonction particulière de cette portion do thoru, fonction qui s'explique bien par le mouvement de la tête de l'animal. Cette tête, grosse et carrée, est couverte au sommetpar une forte cuirasse, servant à fermer l'ouverture antérieure de la cuirasse du corps. L'animal la retirait entre les bords avancés de cette ouverture, présentait le dessus cuirassé en avant, et fermait ainsi, comme avec une sorte d'opercule, l'entrée antérieure ; nous rencontrons cette même habitude chez les Tâtons actuels. Pour opérer ce mouvement de la tête, il était nécessaire que l'animal eût une plus grande mobilité dans la portion antérieure de l'cpine dorsale; les vertèbres courtes du cou sentes n'étaient pas sufiisantes pour produire ce mouvement ; les premières vertèbres du dos devaient aider dans cette évolution, et l'os post-cervical dirige le mouvement. Sa position perpendiculaire, suspendu au commencement du tuyau dorsal presqne horizontal , lui permet de diriger son bord antérieur plus en avant et de se retirer plus en arrière, suivant la volonté de l'animal. Le cou, formé de trois pièces mobiles entre elles, peut supporter ce mouvement; l'animal les étend tantôt en ligne droite pour diriger la tête plus en dehors, tantôt leur donne une courbe pour la retirer en arrière. Le stemon doit aussi participer à ce mouvement, par la mobilité du manubrium contre les autres pièces suivantes, et c'est pour faciliter ce mouvement que la première paire des côtes est très-forte.

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.11881 qnand Tos post-cervical s'iaclinait en arrière, pour receoir la tête dans Touverture antérieure de la cuirasse^ le steron se recourbait à Tintérieur^ entre le manubrium et la poron suivante, et ce mouvement était obligé, vu son union avec )8 deux premières côtes, car de cette manière se formait, en vant de la poitrine de Tanimal, en dessous du cou, une cavité ans l'entrée de la cuirasse, pour y recevoir la plus grande ortion inférieure non cuirassée de la tête grosse. La tête s posait en avant de la poitrine, inclinée avec le museau en as et un peu en arrière, présentant en avant le sommet cui- 9U98é, et fermait de cette manière, comme c'est déjà dit, Touerture de la cuirasse du tronc.

Les 08 des membres antérieurs ne sont pas si forts que ceux es postérieurs et ne présentent pas des caractères très-partiallers. L'omoplate est plutôt circulaire qu'allongé et corespond à celui des Tatous par la forte évolution de l'acromion t par la prolongation de l'angle postérieur, qui forme un lobe riangulaire. Le bord supérieur est un arc convexe régulier ; antérieur est un peu sinueux et le postérieur forme un arc rès-concave. La cavité glénoïde n'est pas grande et l'apoliyse coracoïde placée en avant de celle-ci forme une crête etite. L'épine externe est d'abord très-basse en dessous du ^rd supérieur et court ; elle se relève peu à peu davantage, iiesque du milieu de la surface externe et se rapproche un peu )lu8 du bord antérieur. Elle n'est pas très-élevée et a son bord ibre on peu incliné en arrière. A l'extrémité inférieure, la lête de l'épine se dilate et forme d'un lobe large et uni, qui dé- MLsse librement l'épaule, mais sans toucher l'humérus, comme ^ez les Tatous ; sa pointe avance un peu en crochet et est nclinée.

Je ne suis pas sûr que les Glyptodontes aient eu de clavisale, car jusqu'à présent cet os n'est pas connu dans aucune espèce. L'analogie de ces animaux avec les Tatous fait sup- ^ser qu'ils en avaient une, et les deux coins avançants du auinubrium du sternon paraissent avoir servi à l'attache des davicules. La forme de l'acromion, son bord antérieur un peu plus fort que le postérieur et pourvu d'une facette légèrement circonscrite sur la surface extérieure, me paraissent indiquer que la clavicule a été attachée en cet endroit, mais je n'ai pas un 08 que je puisse donner avec certitude, comme en faisant partie, à l'exception de quelques débris d'un os fin cylindrique,

ftip. AK6. — T. m î6

qui m'ont paru faire partie d'une clavicule (Voyez Anàlet i. Mus, Pûbl, deB. A, tome II, page 73.).

J*ai à ma disposition et j'ai pu étudier arec soin l'humérns de sept espèces différentes. C'est un os de 1 à 1 1 pied de long, très-gros en haut, avec une forte tête, portant la facette articulaire circulaire, accompagnée de deux tubérosités, bien séparées par le sillon de la gouttière perpendiculaire, qui reçoit le tendon du muscle biceps. L*externe est beaucoup plus forte et dépassée par le crochet de l'acromion, qui descend en bas, en fo^ mant une crête triangulaire, et présente quelquefois une forte protubérance sur le côté externe de l'humérus, ayant le miliea de sa longueur. Cette protubérance deltoïde est assez mince en bas, mais elle s'étend de nouveau à l'extrémité inférieure des deux côtés, et forme en cet endroit l'épicondyle et l'épitrochiée qui sont assez fortes. Entre ces deux crêtes sont situés les condyles qui s'articulent avec l'avant-bras. Il y a, au-dessus des condyles, une forte cavité qui est toujours présente sar les deux côtes, en avant comme en arrière, pour la réception des bords élevés de la facette articulaire du cubitus. On trouve souvent aussi la perforation de l'épitrochiée pour le passage du nerf médian. Cette perforation existe dans les genres Panochthus^ DœdicuruSy et Hoplophorus, mais manque chez le Glyptodon.

Les deux os de l'avant-bras sont toujours plus courts qne l'humérus et leur longueur n'atteint pas un pied ; généralement ils ont de 9 à 11 pouces. Le cubitus de YHoplophoms est plus court ; ce genre est remarquable par la proportion pins petite de toutes ses dimensions ; son humérus est a 10 ponces Le cubitus et le radius ont été intimement unis par nne substance cartilagineuse intermédiaire sans avoir été véritablement soudés, mais ils n'avaient pas la faculté de se mouroir d'une manière indépendante l'un de l'autre. Le cubitus est remarquable par son olécranon extrêmement gros et long; le radius commence avec la facette articulaire transversale elliptique et le cubitus a une très-forte crête sur le bord postërienr de sa facette articulaire^ les deux forment l'articulation du coude. Les facettes articulaires terminales sont très* grandes et renferment les os de la première rangée du carpe de telle sorte, que la flexibilité du pied ne pouvait pas être très-grande. L« radius est toujours d'un tiers plus court que le cubitus ; la relation des deux os est généralement 5 à 8.

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Le pied antérieur est court et le doigt le plus long a presque la longueur du radius {Hoplophorus); tantôt un peu plus court {Glyptodon)^ tantôt un peu plus long {Panochihus). Les huit os du carpe sont parfaits, quoique les deux premiers de la seconde rangée, le trapèze et le trapézoïde, soient souvent soudés en un seul os. Le pisiforme se distingue par sa grandeur remarquable et par sa forme allongée et pointue, imitant la conque de Toreille allongée des animaux ruminants. Le pied antérieur n'a jamais plus de quatre doigts, mais il lui manque tantôt le pouce (Panochthus^ Hoplophorus), tantôt le plus petit doigt externe (Glyptodon); rarement les deux ensemble manquent (Doedicnrus), Les métacarpes sont toujours assez forts, mais les phalanges des doigts sont assez courtes et faibles^ sauf les onguifëres, qui se distinguent par une grandeur remarquable. Elles ont une forme conique, plus ou moins courbée, dilatée à la base par une bordure élevée qui s'étend principalement sur le côté inférieur de la phalange et forme en cet endroit un plan elliptique, perforé par deux grands trous pour les nerfs et les vaisseaux sanguifères, qui entrent dans l'intérieur de l'os. Ces plans ont supporté les plantules molles de l'animal pendant son existence. De grands os sésamoldes, placés en dessous des phalanges, avant les onguifëres, supportent le plan sur lequel s'attache laplantule molle. Enfin, il existe un grand os central au-dessous des carpes et des métacarpes , pour l'attache des tendons du muscle fléchisseur long des doigts.

Les membres postérieurs sont remarquables par leur conformation massive, le bassin surtout, dont la grandeur est excessive. Quoiqu'il soit composé des mêmes os que celui des autres Mammifères, il a une forme tout-à-fait singulière et se distingue aussi par l'union fixe des vertèbres sacrées avec les vertèbres lombaires, en un tuyau solide^ comme je l'ai déjà indiqué auparavant. Les caractères principaux propres au bassin des Glyptodontes sont les suivants :

Les ilions sont en position presque parfaitement perpendiculûreet directement opposés l'un à l'autre, en ligne transversale ; ils sont soudés au milieu par la haute crête des vertèbres sacrées à une forte croix, dont les branches latérales^ formées par les ilions, sont un peu courbées en avant et légèrement concaves sur toute leur surface antérieure. Leur bord supérieur, qui forme une courbe régulière , est dilaté en avant et

a surtout les coins externes très-élargis ; il est ponryu en dessus d'une quantité de grosses verrues, séparées par d'assesK grands intervalles, qui rejoignent les verrues correspondantefl de la surface interne de la cuirasse, au moyen d'une substance cartilagineuse élastique qui soutient cette cuirasse.

La haute crête des vertèbres lombaires et sacrées complète cet ensemble et forme la branche longitudinale de la croii; elle est pourvue à son bord libre d'un gonflement pareil et des mêmes verrues cartilagifëres, qui soutiennent la cuirasse dam une direction longitudinale opposée.

Une troisième p^tie de l'appareil qui supporte la cuirasse est formée par les ischions, qui se relèvent davantage en arrière et ont une large aile triangulaire ascendante, pourvue sur le bord libre supérieur d'une dilatation semblable qui est occupée par les mêmes verrues car tilagif ères, afin de soutenir la cuirasse des deux côtés, au-dessus du commencement de la queue.

Je donne au support central, formé par les vertèbres lombaires et sacrées réunies aux liions, le nom de croix sacrée, et aux deux supports latéraux postérieurs celui d'ailes ischiatiques. Toute la cuirasse est suspendue sur ces trois supports, et elle n'a aucune autre union directe avec les osda squelette.

L'ilion devient plus étroit par le bas, en dessous de son union avec les vertèbres sacrées, et présente à son extrémité la grande cavité cotyloïde, qui a la forme du rein, et dont le diamètre le plus long est dirigé d'avant en arrière ; on y voit une impression peu marquée d'un ligament rond sur le côté interne. Au-dessus de cette cavité, on regard à chaque coin de l'ilion une grosse protubérance dont l'extérieure est droite et dirigée en dehors, l'intérieure est courbée et a la pointe dirigée en avant. Du bas de cette même cavité sort, dirigé vers l'intérieur, l'os pubis, qui forme une sorte de prolongation cylindrique, quelquefois très-étroit, et en arrière du pubis sort le tronc de l'ischion qui, gros d'abord, se développe ensuite en un plan osseux perpendiculaire, dont la partie supérieure est diiîgée obliquement en dehors et supporte en cet endroit l'aile ischiatique, que nous avons décrite auparavant. Ce plan se prolonge en bas, en devenant peu à peu plus étroit, et forme avec le pubis, en s'unissant au dessous du tron obturateur, une lame dirigée obliquement, vers l'intérieur do bassin; il se termine généralement par un bord ou un coin

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libre, un peu plus gros. Ces bords correspondent à la symphyse des os pubis, qui n'est pas fermée, et laisse au milieu un vide qui a peut-être été fermé par un ligament, pendant la vie de l'animal. Le bassin du Glyptodon n'est jamais fermé par une substance osseuse {*).

En haut, vers le côté dorsal, le bassin est toujours très-fort et bien fermé par les vertèbres sacrées, qui sont intimement soudées entre elles et forment un tuyau solide, non interrompu, depuis l'articulation indiquée plus haut, entre le tuyau dorsal et le tuyau lombaire. La portion de ce tuyau qui appartient au bassin commence entre les liions par deux fortes vertèbres, séparées seulement des deux côtés par trois trous intervertébraux, dont le premier marque la limite entre le tuyau lombaire et le tuyau sacré. Ces deux vertèbres sont réunies avec les liions sans séparation visible et ferment complètement le bassin. En dessous de ces vertèbres et entre les deux liions 86 trouve un espace ouvert, qui descend jusqu'aux cavités cotyloldes, et forme la portion supérieure plus petite de l'entrée du bassin. Cette entrée a son diamètre le plus petit entre les deux cavités cotyleïdes ; celui-ci ne mesure pas généralement plus de 6 pouces, tandis que la portion inférieure plus grande de l'entrée du bassin a une largeur transversale de 12 à 16 pouces, et le diamètre longitudinal de l'entrée est de 20 à 26 pouces.

Les vertèbres qui suivent ces deux premières sacrées constituent un tuyau osseux libre et recourbé, qui forme une espèce d'arcade suspendue au-dessus de la cavité interne du bassin. Cette arcade a une haute crête supérieure, qui est comme la continuation de la crête sacrée, formée par les apophyses épineuses soudées des vertèbres, mais sans vestige des apophyses transversales, car les vertèbres sondées se distinguent seulement par les six trous ovales intervertébraux de chaque côté da tuyau, sauf les deux dernières vertèbres, qui ont seules de semblables apophyses ; celle de la dernière est complète, un os fort qui sort horizontalement du tuyau fort engrossie en corps vertébral, souvent plus séparé de l'autre portion du tuyau, et s'unit avec l'ischion opposé, au point où. l'aile ischiatique sort de Vos principal. La vertèbre pénultième a une apophyse trans-

(*) Lm Dasypides actuels ont ua os séparé et intercalé entre les bords de la >)ttpb|ie ; j'en ai déjà parié plus haut, page 369.

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versale beaucoup plus faible et plus courte, car elle n'atteint pas Tischion, mais qui s'unit au bord antérieur de rapophyse transversale de la vertèbre suivante, au milieu de son extension.

Le fémur est un os très- fort et reconnaissable par deux caractères : la grande évolution du trochanter supérieur externe, qui se relève quelquefois beaucoup au-dessus du condyle, et la dilatation également grande de la face externe inférieure, qui forme une grosse protubérance allongée, pourvue d'an angle aigu supérieur, qui correspond au troisième trochanter du fémur des Dasypides actuels. La facette articulaire hémisphérique de la tête porte l'impression du ligament rond sur le côté interne et les trois facettes articulaires inférieures soit séparées entre elles , quoique très- voisines , par une prolongation de chacun des deux condyles, qui se rapprochent betscoup des coins inférieurs de la rotule. La rotule est pourme d'un bord intérieur très-élevé; c'est un os assez fort, quaditngulaire, avec le bord supérieur très-gros et une facette artietlaire postérieure convexe le long du milieu. Les deux os de li jambe sont toujours soudés et forment un os fort, oblong, pe^ foré au milieu par une ouverture elliptique-allongée et garni i ses deux extrémités de grandes facettes articulaires concarea. La moitié interne de l'os commun, correspondant au tibia, eit plus grosse que l'externe correspondant au péroné; chacnne est comprimée au milieu et assez mince, mais élevée dans 1a direction d'avant en arrière. L os entier a la moitié de la longueur du fémur ou à peine un peu plus. Les facettes articnlaires pour les condyles inférieurs du fémur sont bien séparées par une face intermédiaire, dont les bords internes sont fort relevés, surtout celui de la facette du péroné ; la facette articulaire inférieure pour l'astragale est transversalement oblongue, avec les coins antérieurs arrondis et deux fortes faces concaTei longitudinales, dont l'externe est plus grande que l'interne; laquelle est formée par la grosse protubérance terminale da péroné.

Le pied postérieur est court mais large, au moins àsapor tion antérieure. Il se compose de sept os pour le tarse et a quatre ou cinq doigts. Parmi les os du tarse, le calcanéam se distingue par une grande prolongation en arrière qui indiqua une grande évolution du talon. Il 7 a en avant, sur sa porûon la plus grosse, trois facettes articulaires, deux supérieures pour

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Tanion avec Tastragale, et un pea plus bas une troisième pour Tanion avec le cuboïde. L'astragale est large, mais pas trèshaut ; il porte sur le dessus une grande facette articulaire en forme de demi-poulie^ qui s'articule avec la correspondante de la jambe et en bas une assez grande facette ovale, convexe, servant à l'union avec le scaphoïde et se prolongeant en avant par une petite protubérance en forme de mamelon. Les autres 08 du tarse sont très-courts et ressemblent plus à des plaques osseuses qu'à un os massif. Le cuboïde a trois facettes articulaires assez grandes pour l'union avec le calcanéum, l'astragale et le scaphoïde, et une quatrième très-petite qui l'unit au troisième cunéiforme. Le scaphoïde est un grand os plan, pourvu d'une prolongation postérieure singulière, en forme de lobe allongé et comprimé, qui est placée sur le côté interne du pied en dessous du calcanéum ; il a quatre facettes articulaires, une grande concave en dessus pour l'union avec l'astragale, et trois planes plus petites en dessous, pour l'union avec les trois snnéiformes. Ceux-ci sont des os petits, à surface unie de forme allongée ou triangulaire, qui deviennent successivement ^los grands du côté intérieur à l'extérieur, dans la proportion mivante : Le premier, le plus interne , à moitié de la grandeur la second intermédiaire et celui-ci est moitié aussi grand que l'externe, distinctement triangulaire; les deux autres sont lUongés. Chacun a deux facettes articulaires opposées. La ropérieure sert pour l'union avec le scaphoïde, l'inférieure pour l'attache des métatarses des doigts. Les os des doigts postérieurs sont courts, comme ceux des antérieurs, à l'exception des phalanges onguifères, qui se distinguent des antérieures par leur forme large transversale et ressemblant assez aux sabots ; celles des doigts interne et externe ont une forme triangulaire et sont plus petites. Les métatarses sont des 08 assez forts et gros, les trois internes s'articulent aux trois 08 cunéiformes et les deux externes au cuboïde et à un petit bord du troisième cunéiforme. Les deux premières phalanges sont raccourcies d'une manière extraordinaire; ces os ont deux surfaces planes en forme de disque et sont un peu plus minces an bord inférieur qu'au supérieur. En avant des grandes phalanges onguifères, de forme des sabots, se trouvent, en dessous de la seconde phalange, de forts os sésamoïdes transversaux, et au-dessous des métatarses il y a deux autres os élevés symétriques , avec un large sillon entre leurs bords divergeants

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inférieurs, servant an passage des tendons du long mnscle fléchisseur des doigts. Lorsqu'il manque un des cinq doigts dan les pieds postérieurs, c'est toujours Torteil; quelquefois le petit doigt, Texterne, est très-raccourci, du moins dans ses philanges, mais il ne manque jamais complètement.

Quoique nous ne connaissions de ces animaux gigantesques que le, squelette et les dents, on peut déduire de leur ressemblance générale avec les Dasypides actuels que leur manière de vivre a été jusqu*à un certain point semblable. Les Dasfpides, par exemple, creusent des trous souterrains pour se cacher. Je ne crois pas que les colossaux Glyptodontes aient en la même coutume, car il me semble impossible que des animaux d'une longueur de cinq mètres et même davantage et de presque deux mètres de hauteur, dimensions que les plus grandes espèces ont encore dépassées, aient pu creuser sous terre, avec leurs faibles ongles antérieurs, des trous proportionnel à leur taille. La conformation assez faible des os des membrei antérieurs, en comparaison avec ceux des Dasjpides , ne per met pas d'admettre cette supposition. Les Glyptodontes p'onfc pas été de véritables fouisseurs, mais pouvant seulement gratter la terre pour chercher leur nourriture, s'aidant de leur gros nez, à la manière des cochons, pour relever la terre et j chercher des vers et d'autres aliments. La conformatioD des dents me semble indiquer que leur principale nourriture se compose de vers et de substances molles animales ; ils mangeaient aussi les sauterelles, si on admet qu'elles ont été aossi nombreuses à la même époque qu'elles sont aujourd'hui dans les mêmes régions. Les Dasypides actuels ne dédaignent pas les substances .organiques déjà en état de décomposition, et il n'y a aucun doute que les Glyptodontes ont fait de même. De toute manière, leur nourriture a été mixte, mais de préférence animale, comme celle des Dasypides, et peut-être moins exclusivement composée d'insectes, parce que leur grande masse ne me paraît pas avoir pu se contenter avec une nourriture aussi peu satisfaisante.

Nous connaissons actuellement dans notre pays une douzaine et demie d'espèces assez différentes pour les distinguer en genres bien caractérisés. Je les ai toutes classées dans la table suivante :

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!• Qaatre doigte seulement aux pieds postérieurs. A* Qaatre doigts aux pieds antérieurs, le pouce manque. •• La cuirasse mince n'a pas de fentes mobiles au bord externe

antérieur. 1. Hoplopkorns*

II* La cuirasse plus forte a des fentes mobiles au bord externe antérieur. 2. Panoclitlias*

B« Pas plus de trois doigts parfaits aux pieds antérieurs, le pouce et le doigt externe manquent. 3. Doedlcarns*

II* Cinq doigts parfaits aux pieds postérieurs et quatre aux antérieurs, le petit doigt externe manque.

A* Queue allongée, avec les anneaux de la base d'une surface plane et la pointe cuirassée en forme de tube long.

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