FAMILLE FOUISSEURS
Obseryationb. — 1. J'ai déjà parlé auparavant (page 325) da genre Coelodon, fondé par le Dr. Lund sar une espèce fossile da Brésil et décrit dernièrement plus en détail par M. Reinhardt (Mémoire d. l'Âcad. Roy. de Copenhague, V sér. clas. phys. tome XII, n* % 1878). Ce genre se distingue des quatre précédents par le nombre des molaires, qui est de quatre en haut et de trois en bas ; mais il se rapproche davantage au genre Megalonyx par la présence de cinq doigts à chaque pied. Jusqu'à présent, tacaa os de ce genre n'a été, que je sache, trouvé dans notre territoire, et je ne m'occuperai pas de son organisation, puisqu'il n'appartient pas à notre faune.
2. Il me semble aussi que le genre Valgipes de Gertais [Journ. de Zool. tome III, 161, pi. Y, et tome VI, 204. pi. IV) est assez voisin du genre Coelodon par la conformation des pieds antérieurs et du calcanéum des postérieurs; les seules parties du squelette jusqu'à présent bien connues. Les quatre métacarpes se rapprochent plus au type do ceux du Scelidotherium, quoique l'union des deux premières phalanges des doigts internes dans an seul os constitue un caractère très-singulier et opposé au type du genre susnommé.
3. Pour compléter mes communications sur les Gravigrades. j'avise aa leetear, que M. P. Gervais a fait dessiner des moules des cerveaux des genres Megatheriwn, Scelidotherium et Mylodon, qui ont une grande res- •emblance aux cerveaux plus petits des Tardigrades actuels, dessinés sur Il même planche. On les trouve avec la description dans les : Nouv. ArchiTea du Maséam, tome V. pi. 4 et 5.
SECONDE FAMILLE Fouisseurs. Effodlentia.
Ce sont des Edentés à museau fort, tantôt gros, tantôt pointOy avec des dents toutes d'égale conformation, dont le nombre n'est pas inférieur à huit dans chaque mâchoire de chaque côté, et atteint quelquefois 22 ou même 24. Leur nourriture est ordinairement animale ; ils mangent surtout des insectes et des vers, mais aussi de la viande pourrie et presque tous les autres aliments des animaux omnivores. Il ont les dtngts de devant pourvus d'ongles forts pour creuser la terre, car la plupart des petites espèces vivent dans des caves souterndnes. Le nombre des doigts antérieurs et de leurs grands ongles est variable. Les pieds postérieurs ont presque toujours cinq doigts avec des ongles courts, souvent assez larges et d'une forme imitant plus ou moins ceux de petits sabots. La famille se divise naturellement en deux sous-familles,
suivant la présence ou Tabsence de cuirasse. Les espèces cuirassées forment la première sous-famille des Loricata^ elles sont toutes américaines ; un seul genre africain sans cuirasse forme la seconde sous-famille des Orycteropidae,
Sous-Famille.
Cuirassés. lâmrkmmim.
La cuirasse qui couvre la tête, le tronc et la queue de ces animaux est composée d'une grande quantité de plaques oc* seuses, souvent hexagonales, implantées dans la peau et couvertes à la surface externe d'autres plaques de corne, qui ont tantôt la même forme des plaques osseuses, tantôt sont différentes et généralement plus petites que les plaques osseuses e& d'essous. De semblables plaques se trouvent aussi sur les joues, les jambes et les doigts ; elles sont accompagnées de fortes soies qui sont placées avant ou même dans les plaques osseuses, msis forment très-rarement une fourrière épaisse, car les plaqtes cornées sont généralement libres entre les soies rigides, qvi sont implantées entre elles. Plusieurs parties de la gorge, de 1» poitrine, du ventre et de la surface interne des membres restent plus ou moins nues.
Ces animaux ont très-généralement les oreilles en forme de grandes conques, les yeux assez petits, la bouche pas trèsgrande, le tronc hémisphérique ou ovalaire, les membres courts et la queue assez longue, quelquefois même de la longueur dt corps; ils vivent exclusivement dans les régions tropicales et subtropicales de l'Amérique, et sont surtout répandus dans l'Amérique méridionale.
On a établi deux subdivisions d'après les modifications do type organique; ceux dont la race est éteinte: les Glytodontes, et ceux dont la race existe: les Dasypides. Les piemiers ont toujours huit dents, chacune composée de trois prismes rhomboïdes ; les seconds ont les dents plus petites et simplement cylindriques en différent nombre. Je donne au< uns le nom de Biloricata^ à cause d'une seconde cuirasse qu'il* ont sous le ventre, et aux autres celui de Loricata cingulata, en raison de la seule cuirasse qu'ils ont sur le dos, composée 9M milieu de bandes movibles ou ceintures.
GROUPE DES BICUIRASSÊS 389