‹ Description physique de la République ArgentineChapitre 28 sur 267 · PREMIER ORDRE · texte numérisé non relu

PREMIER ORDRE

ONGUICULÉS. U1VGITICIJI.ATA

Les Mammifères du premier ordre se distinguent de ceux de l'ordre suivant par la conlbrmatLou des or<^ancs du mouvement et princix^alemcnt par le nombre, la forme et l'usage des doigts, dont ils ont généralement quatre ou cinq. La forme de la dernière phalange et de l'ongle, est la plus remarquable. Cette phalange est en général assez petite et terminée de deux manières: elle est tantôt aiguë et alors plus ou moins comprimée et recourbée ; tantôt aplatie et en ce cas légèrement dilatée à Textrémité en forme d'arc ; aussi la base articulaire est souvent accompagnée d'une gaîne distante de l'axe central. Cette gaîne est d'autant plus développée que l'ongle corné du même doigt est plus grand ; les deux sont en relation réciproque, car la tiase de l'ongle s'appuie sur cette gaîne et entre les deux est déposée la matière organique qui forme et renouvelle l'ongle. Celui-ci a la forme particulière de la phalange, tantôt plate, tantôt recourbée ; dans le premier cas, il est déprimé, légèrement convexe au milieu, comme celui de l'homme; il est alors seulement posé sur la surface supérieure de la phalange, dont l'inférieure est garnie de la petite plante calleuse, qui accompagne toujours l'ongle à la pointe du doigt. Lorsque l'ongle est recourbé, il est pointu, plus ou moins comprimé des deux côtés et sa pointe est dirigée en bas ; il entoure la pointe de la phalam^e comme un étui et sa base repose sur la gaîne basilaire de la phalange. Cette dernière forme des ongles est la plus générale et se rencontre chez les Carnassiers, les Rongeurs et les Edentés, chez lesquels elle atteint la dimension la plus grande, d quelquefois, par exemple chez les Gravigi*ades, l'extension en est vraiment extraordinaire. Une plante calleuse accompagne toujours ces ongles, en dessous de la base de chacun d'eux, et cette plante est généralement d'autant plus gi*ande que l'ongle est plus petit. Un^. autre plante majeure se trouve dans les

aj, b. PREMIER ORDRE. ONGUICULÉS

deux cas, en dessous du carpe ou du tarse, et forme la base commuue des petites plantes ou<j^uéales des doigts. Cette conformation du pied fait que les doigts seuls touchent le sol pendant la marche, dans toute leur extension, chez les Digitigrades, ou unis avec la portion basilaire du carpe et du tarse chez les Plantigrades.

Cette particularité des doigts des Mammifères onguiculés les distingue bien des autres Mammifères, qui ont des sabots aux doigts, touchant seulement le sol pendant la marche; car leurs doigts ne leur servent pas uniquement à la marche, mais aussi à saisir, à grimper, à creuser, à nager et à toutes les autres fonctions spéciales. Les membres antérieurs des Onguiculés sont, par suite, plus développés que ceux des Ongulés et présentent des caractères qui manquent chez ces derniers. Le pied antérieur est plus mobile, il se ploie plus facilement de tous côtés ; il a même quelquefois une plus grande extension que le postérieur, chez les Chauve-Souris, par exemple, et chez quelques autres Mammifères semblables. Lorsque cette flexibilité est assez grande, les membres antérieurs sont toujours rattachés au tronc par des clavicules ; ces os n'existent jamais chez les Ongulés et manquent également chez les Onguiculés dont les membres antérieurs n*ont d'autre usage prononcé que la marche. On voit souvent aussi chez les Onguiculés une perforation particulière de Tépitrochlée de Thumérus, pour le passage du nerf médian et de l'artère du cubitus, qui n'existe jamais chez les Ongulés (*). Enfin, le pied, dans quelques groupes, constitue une main, dont le caractère existe dans ce que le pouce ou l'orteil est opposable aux autres doigts, or. ganisation qui ne se trouve jamais chez les Ongulés.

Tous ces caractères des membres prouvent que les Onguiculés occupent un degré supérieur dans l'évolution des Mammifères et qu'on peut les considérer avec raison comme les représentants les plus parfaits de leur type.

(*) Voyez sur celte conformation de rhumùru^ l'essai de Hcusrvger, d^ns Meckcl's Archiv, etc , IV, 544 (1818). et de v. Bacr, ibid. \\ 319 (1819).

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