‹ Description physique de la République ArgentineChapitre 35 sur 267 · ARMES ET INSTRUMENTS DES INDIENS ABORIGÈNES · texte numérisé non relu

ARMES ET INSTRUMENTS DES INDIENS ABORIGÈNES

de se retirer plus vers le Sud. Les Quérandis, descendant de la Cordillère dans la plaide patagonienne, se répandirent enfin jusqu'à rembouchure du Rio de la Plata. Les Indiens, vivant plus au nord de cette embouchure, appartenaient à la grande famille guaranienne qui était célèbre au temps de la conquête, par leur naturel plus doux et bien différent des Quërandis; ils connaissaient ragriculture, quand ceux-ci ne cultivaient rien sur les bords du Rio de la Plata, vivant seulement de la chasse et de la pêche.

n est à propos de donner ici quelques détails sur les armes et les instruments en usage chez les Indiens, au temps de la conquête par les Espagnols. Nous savons, par la relation trèsexacte de Ullrioh Schmidt (voyez tome I, page 122), auteur allemand^ que les auteurs espagnols et modernes indigènes ont appelé ScHMiDBL par erreur, que la nation des Quérandis (Cérandis) habitaient sur les bords du Rio de la Plata, à Tendroit même de la première fondation espagnole, là où plus tard s'éleva Buénos-Ayres. Ils étaient armés d'arcs, de flèches, de lances et de frondes, que les Espagnols ont appelées bolas^ à cause des boules de pierre attachées à des lanières faites en peau d'animaux sauvages, dont la chair servait de nourriture à ces Indiens. Les flèches et les lances étaient garnies de pointes de pierre bien travaillée, qui se retrouvent encore aujourd'hui en grande quantité, non seulement dans la province de Buénos- Ayres, mais aussi dans celles d'Entre-Rios, de Santa Fé, de San Luis, de San Juan, de Mendoza, et même dans la Patagonie jusqu'au Rio Negro, où Idl anciens cimetières des temps avant la conquête sont riches en pierres travaillées. Ces pierres sont des silex, calcédoines, jaspes et pierre, de la corne, toutes apportées par les grands fleuves qui descendent de la Cordilâe; la plaine de la pampa ne renferme aucune pierre, et ce n'est qu'auprès des montagnes qu'existent les dépôts silicieux, propres à fournir des armes. On trouve aussi chez eux de grands mortiers pour broyer les aliments, faits en pierres graûtiques ou anciennes méteonorphiques ; mais on ne doit pas croire que ces nations ont cultivé des végétaux pour servir à leur nourriture. Schmidt dit positivement qu'on ne trouvait d'autres aliments dans leurs cabanes que des poissons écrasés (Fwhmebl)y de l'huile de ces mêmes animaux (Fischschmalz) et de la viande de cerf (Cervus campestris) qu'ils chassaient avec Ifiorg frondes, comme font actuellement les Patagoniens pour

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ràtficr les gwuiaeos et les aatraches. Tous ces objets étaient Ms^a abondants dans les endroits où campaient les Indiens /jpfr#tffr<irfy, et auprès desquels se trouvent encore les cimetières qai contiennent les corps des premiers habitants du pays. Us manî^eaient anssi les racines d'une plante sauvage de la fomille des 3Ialracées {Sphaerakea $pee.) que les Indiens allaient ehe^ cher dans les vastes plaines qui leur servaient de demeure. Il est très-probable que les mortiers leur servaient à broyer ces racines ainsi que la viande dure des poissons, séchée à l'air, que les Espa^^nols nommaient farine, à cause de son aspect; mais il ne faut pas croire pour cela que les Indiens Quérandis ont cultivé des plantes céréales, comme Tout cru quelques auteurs indigènes argentins. C'est une véritable erreur, qui prouve qu'ils n'ont pas bien compris la relation d'un auteur aussi sincère que SciixiDT. Il raconte aussi que les Espagnols ont troufé le premier usage des végétaux, beaucoup plus au Nord, ches les habitants des bords du Rio Paraguay, et que la nation des Carios (Guaranis) entre ce fleuve et le Rio Paran& supérieur, fàt la seule de toutes celles que visitèrent alors les Espagnols, qui se livrftt à la culture des plantes et à l'élevage d'cmimanx domestiques, dont les noms, cités par lui, sont encore employés aujourd'hui par ces indigènes.

Les Guaranis savaient aussi fabriquer des poteries et l'on en trouve beaucoup de débris dans les terrains des environs de Buenos- Ayres et plus avant dans l'intérieur. Leurs vases sont de forme et de grandeur variées et leur servaient à cuire, conserver et manger leurs aliments. lies grandes urnes, qui se trouvent dans les îles de l'embouchure du Rio Paran& et plus au Nord, dans tout l'intérieur de la République, avsdent une autre destination, elles servaient à contenir les morts et étaient entt^rrées. Cette coutume prouve une sorte de civilisation asseï avancée et semble fitre originaire des Guaranis et des différentes tribus voisines du Nord, car les corps des Quérandis sont entern^s nus, dans la position repliée d'une personne assise, ooninio on le trouve dans les momies péruviennes, couverts d'une peau d'animal qui recouvrait bien le corps. Les ustensiloM des morts tMiiiiMit aussi enterrés avec le cadavre et les cimetli'^n's sont les priiuMpanx endmits où Ton puisse les retrouver au- Jounrhui. Notre oolloction an^héologique est riche des restes do dlfft^rentos nations, qui ont vécu aui>aravant sur le territoire de la République ^. Malheureusement le fanatisme religieux des

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