‹ Description physique de la République ArgentineChapitre 36 sur 267 · LES OS FOSSILES DE L'HOMME · texte numérisé non relu

LES OS FOSSILES DE L'HOMME

conquérant a détruit an grand nombre de ces reliques d'une ancienne civilisation, et môme aujourd'hui il n'existe pas un grand intérêt pour la couservatiou des antiquités indigènes, chez la population ordinaire de la campagne, qui préfère en général détruire Us antiquités, qu'elle considère comme inutiles et d'un aspect désagréable.

Il faut dire enfin quelques mots des débris fossiles hu* mains, dont parlent quelques auteurs modernes, à tort à mon avis. J'ai déjà émis l'opinion dans le tome II, page 216, que les 08 humains trouvés çàet-là mélangés à des ossements fossiles, sont d'une antiquité douteuse, et que je ne vois aucun argument probant, pour les admettre comme contemporains de ces ossements fossiles. Les ossements fossiles décrits par GxRTAis (Journ. de Zoologie, II, 232), ont été trouvés dans an dépôt de gravier sur les bords du Rio Carcaralial, an nord de Rosaire, dans un endroit où l'on avait fait des excavations pour la construction d'un pont pour le chemin de fer central. J'ai reçu de la même localité, par la complaisance de l'ingénieur chargé de la construction de ce pont, une collection très-nombreuse d'ossements trouvés dans le même gravier, sans aucun débris humain. On y trouve en grande quantité des os de cerfs, tous d'un aspect très-frais et bien conservés ; et comme ces animaux appartiennent au niveau supérieur de la formation diluvienne, comme j'ai dit, tome II, à la même page, je ne peux pas donner aux os humains trouvés dans la même couche un âge plus reculé. Il est vrai, qu'on trouve aussi des os d'espèces plus anciennes, mais ils sont rares en comparaison des débris nombreux des espèces plus modernes, et leur origine est problématique. J'ai reçu, des fouilles pratiquées dans la même couche, un morceau d'un erftne de Ti/potherium^ d'un individu très-jeune, et comme cette espèce est évidemment du dépôt diluvien et assez rare dans ce gravier, je suis disposé à croire qu'il a été transporté d'une couche plus ancienne par l'eau courante qui a déposé toute la couche de gravier. La même remarque peut s'appliquer au sujet des os de VUrsus bonaêrensis^ que M. Sbguik, celui qui a fait- l'heureuse découverte des os humains, a trouvés mélangés ensemble ; mais comme on a trouvé très-peu de débris d*08 d'Ursus, je préfère croire qu'ils ne sont pas dans leur position primitive, mais qu'ils ont été détachés d'une autre couche plus ancienne. Les os des animaux qui habitaient le

4f CES OS SONT DOUTEUX

terrain à l'époque de la formation da dépôt du gravier, mm! nombreox et pronvent, par lear grand nombre, la contemporanéité, mais ceox de Thomme, de Tours et du Typaiherium ao&t trop rarea, pour faire croire que l'homme et les deux animaux ont vécn en même temps que les cerfs ; je préfère croire que ces os viennent d'un autre dépôt et ont été transportés par le courant qui a formé le gravier, et a mêlé les os d*animauz d'un dépôt plus ancien à ceux de l'homme qui appartiennent à us plus récent, lion opinion prend plus de consistance par la pré- •ence d'objets travaillés par la main de Thomme et trouvés par SiGDiM dans le même gravier. Ces objets sont complètement semblables aux objets analogues travaillés par les indiens existant avant la conquête. Les os et les débris d'objets d'ancienne fabrication indienne ont été probablement entraînés d*nn ancien tombeau indien, par des courants modernes d'eau douce, et je ne vois aucune raison de leur donner une ancienneté plus reçu* lée, après avoir comparé leur ressemblance complète avec des semblables trouvés dans les cimetières et les tombeaux de la période historique avant la conquête.

Après que les découvertes de Snoniv ont été connues dans notre République, plusieurs personnes voulurent chercher des os humains, dans le but de les vendre aussi avantageusement que lui aux collectionneurs ou aux musées européens. J'ai vu moi-même des dents humaines, dites fossiles, qu'il m'était impossible de distinguer par aucun caractère des dents d'anciens crânes indiens. Oo m'a montré aussi une pointe de flèche magnifiquemeot travaillée, dans une calcédoine blanche et en* tièrement différente de dessin des mêmes objets du temps des indiens libres. Le propriétaire, homme industrieux et habitué à la recherche d'ossements fossiles du pays, prétendait avoir trouvé la flèche flcbée dans le crâne d'un Machaerodus^ mus comme il ne pouvait pas montrer le susdit crâne, dont tout le monde lui demandait l'exhibition, il changea sa relation et prétendit que la pointe de flèche n'était pas fixée dans le crâne même, mais entre les vertèbres du cou. Naturellement il perdait à ce change; toutefois sa narration justifie mon opinion primitive, que sa découverte n'était qu'une fiction inventée pour faire sensation. Déjà la forme de la pointe de flèche et la matière dont elle était travaillée étaient pour lui un argnment défaTorable, car nous ne connaissons pas de pierre semblable dans tout le pays et il n'y a aucune probabilité qu'une seule

flèche de eette espèce ait pa avoir tué un animal aussi fort et aussi féroce que le Machaerodus. Enfin, une seule pointe de flèche et une seule mâchoire d'un crâne humain, ne suffisent pas à prouver aux yeux de la science l'existence du genre humain ; l'homme ne pouvait pas être si rare, s'il existait au temps d'animaux si grands et si nombreux comme étaient ceux des races éteintes de notre pays. Il serait très-extraordinaire de n'avoir pas trouvé plus de restes humains, qufimd nous trouvons les restes des animaux en si grande quantité. A mon point de vue, je ne puis dire qu'une chose, c'est qu'il n'est pas prouvé jusqu'à présent que l'homme ait existé en même temps que les grand animaux disparus, tels que le Machaerodus^ Urms^ le MBgaikeriwn^ le Glyptodon et le Mastodon^ et si l'on veut admettre son existence avant la période d'alluvion, on ne peut pas avancer une autre supposition, que de croire qu'il a vécu peut-être pendant la seconde moitié de l'époque quaternaire, après la disparition des grands animaux fossiles ; c'est-à-dire, pour le comparer avec des époques analogues européennes, pendant le temps postglaciaire de notre globe.

1 [32] La description la plas détaillée des nations indiennes qaî halileit la République Argentine et le Paragaay, se troave dans le Voyage de Fiux ÂzaEA (Paris, 1809, in-8*, tome lY) et sartoat dans son HisUma del htrofay (Madrid, 1827, in-8*, % tomes). J. R. Rengger a donné ane description très-détaillée des deax nations Guaranis et Payagnas de Paraguay dans ta NatmrgeKh, d.Sàugeth. v. Paraguay (Basel, 1830. in-8*]. Parmi les tateurs modernes, les oavrages de Mansilla et de Musters, déjà cités dans le tome 1, pages 387 et 377, donnent des nolions très-exactes sar la vie des allions aelaelles du sud de notre Répabliqae.

S (33) Mes propres recherches m'ont prouvé que les nations indiennes ont en général les jambes moins musculeuses que les bras, et quoique le tieateiiant MusiEas n'admette pas le môme fait, reconnu chez les Téhuelches par CiimiiiGHAii, je me vois obligé de soutenir, qu'en règle générale Tobseruiion dudit aatear est vraie, et que Musters n'a pas vu assez d'individus des diflérentea nations pour contredire. Je déclare partager l'opinion de ConrnicHAii.

3 (35) Dana notre Musée anthropologique et archéologique, fondé par

NOfCS

M ftjnwim SoMM, f aï ra «ae petite pîaee Mt-bin Ult, MArveM r^'îf a trouvée lô-fiiAne dans «a tombem des Cakbaqns, dai I» ffV9,tk^A Affi Catanurea. D'après Romib. les Giaraiiû sa aamaat dTne «i«yto^ Jwralf «, probablement da geare Tato, poar amdier lea paib da

la MTfc^.

4 ^/ Ta ^amen pratiqoé par le célèbre anthropoloiiste, cité daas le tMie, «ar ifaHifiiee crAnet enrojés par moi à Berlin et donnés à la Sodélé aalhrviFp'flogir|ae par M. Fa. Mobcho, a proavé que les Tehaelciies de b cAla ori^fiule de la Falagonie sont assex dolicbocépbales, et qoa las Aitacsnos de l'autre tbMk, au pied des Cordillères, sont bracbycéphalea. ¥0101 sa relation dans les Compt. rend, à la Soc. anthrop. (Si%z%mqikmiàM da 14 mars lff74 (page 26), et plus tard dans son résumé sur lea peaplei américains, présenté à la Société en présence de T Empereur da Bréiâl fSiisungibêr. etc., du 14 avril 1877, pages 7 et 9). J'ai donné mot-même dans les compte*rendus du Congrès anthropologique, à Bruxellea, 1876, ln*8*, page 346), ainsi que M. F. Moreno, dans la Revue anthropologiqus de P. Rroca, quelques mesures de crânes d'anciens Indiens, trouvés daîu des tombeaux prèi du El Carmen, sur le Rio Negro, en Patagoaia. Hab comme le tableau que j'ai publié a été reproduit avec beaucoup d'erreaii typographiques, je le donne ici de nouveau avec les rectifications Décèssaires.

Hauteur du crAne avec les

condylfs

Dianii^tro transversal

Diamètre longitudinal... • Diamètre tranivortal entre

les arcs i>gomatique8..

Diamètre transversal du

fmnt

Longueur du palais avec

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