‹ Description physique de la République ArgentineChapitre 38 sur 267 · I. Wjmeiem CTaraj · texte numérisé non relu

I. Wjmeiem CTaraj

£1 Caraya. Azara, Apmt. para la hisl. nal. d. I. QtMirupedoB de!

Paraguay. Madrid, 1802, iu-8'', tome II, pagelG9, n^ 61. J. Rbngobr, Nalurg. d. Saugeth. r. Paraguay. Basbl. 1830, in-S*»

page 13.

A. Waosbr - ScHRBBER, Silugethiere. Suppl. V. p. 68, n* 3. Rkicubnbach, i4/f<fM ,etc., page 67, 6g. 163, 168.

MYCETES CARATA 47

MgeHei barbaiHê^ 8pix.

— niger, Pr. Wibd.

Le genre Myceies^ établi par Illigbr, se distingue des autres singes américains par sa stature plus robuste, et principalement par le fort développement de la m&choire inférieure qui sert à protéger l'appareil particulier de Tos hjoides, ayant la forme d'une bourse osseuse faisant saillie et produisant, arec les poches membraneuses du larynx, le hurlement puissant de ee genre (*). Il a les quatre dents incisives et les canines assez furtes, coniques, et six molaires de chaque côté des deux mftekoires, dont les trois premières sont plus petites et les trois Mitres plus grandes. Les bras et les jambes sont assez courts ; les ponces des membres supérieurs bien développés, mais peu opposés aux autres doigts ; les ongles assez longs, convexes, tîiblement courbés et aigus ; la queue forte, prenante, et pourvue d'une callosité allongée, sans poils, à la surface inférieure, «n peu avant la pointe. Les poils du corps sont longs, et ceux du menton, allongés en forme de barbe, couvrent le gosier audessus de l'organe du hurlement, avançant plus ou moins nu au milieu. *

L'espèce du genre qui se trouve dans le nord du Grand Chaco et dans quelques parties de la province de Corrientes, et principalement dans le Paraguay, a été décrite en premier lieu par AzARA, et depuis sa définition a éié acceptée par la plupart des zoologistes, qui lui ont conservé le nom donné par cet auteur. Elle est répandue aussi dans l'intérieur voisin du Brésil, Jusqu'à Bolivie, et se distingue des autres espèces du même genre par une couleur différente chez les deux sexes ; celle du mftle est noire et celle delà femelle jaune-grisâtre.

Le mâle est un animal assez vigoureux, de 3 1/2 pieds de long (1,09 m.), du nez jusqu'à l'extrémité de la queue. L'individu de notre collection a 12 centimètres de longueur de tête, 42 centimètres de tronc et 55 centimètres de queue ; sa hauteur dans la position horizontale, posé sur ses quatre pattes, est de 38 centimètres. Sa tête est très-grande, par suite du dévelop-

n Cet appareil, sor lequel nous ne nous étendrons plus ici, a été très-bien décrit PvCimER (Leçont d'anat. comp., tome IV, pi. 1, page 467); Meckel ( Vergl. Anat, ^« page 725), et plus en détail par Bràrbt {Obtervat, amstom. de iiutrum. todi, ^i^nmalmm. Borolini, 1826, in-4«, page U et saÎY.y.

tô SINGES

pement de la mâchoire inférieure, et à proportion plas grande qae celle d'aucun autre singe américain. La femelle est plus mince que le mâle, sa tête est plus petite; les dimensions du oorps sont de 2 1/2 & 3 pouces (6,6-7,5 c.) plus courtes, et les membres aussi un peu plus faibles.

La couleur dominante de la fourrure du mâle* adulte est noire, les poils sont assez luisants, doux et s^^ables aa famcher. Le contour des yeux et le nez sont nus ; les joaes eommencent à se garnir de poils courts et rares, qui conTrent ausâ les lèrres et le menton, entremêlés sur les lèrres de grands poils forts, droits, très-denses et ayant Tapparence d'une petite moustache. Des poils longs identiques sont placés au-dessus des yeux, sur les sourcils et au milieu des joues. La peau dé garnie du visage est noirâtre ; des poils épais couvrent le fîront, les joues postérieures, le contour des oreilles et le menton ; ceux du front sont dirigés en haut et forment avec ceux dn sommet de la tête, dirigés en avant, une sorte de crête transversale sur la hauteur du sinciput; tous les autres sont dirigés en bas; au milieu du menton descend, en avant du cou, une longue pointe de barbe qui recouvre la gorge nue et avançant. Le reste du coips est couvert des mêmes poils longs et épais, sauf la gorge, la poitrine supérieure, la surface intérieure de Taisselle, le basventre jusqu'au contour de l'anus, l'intérieur des mains et des pieds et la pointe inférieure de la queue, un tiers de sa longueur. Les oreilles sont aussi dégarnies sur le côté intérieur, mais couvertes de poils sur la bordure postérieure. Sur le dos et sur les membres les poils sont très-épais, assez rares sur le ventre et laissant voir la peau au travers. Le tronc tout entier et le bas du corps ont les poils dirigés en arrière ; les membres les ont dirigés en bas, sauf sur le côté interne de l'avant-bras, où ils sont aussi dirigés en arrière. Ils ont une longueur de 2 pouces environ et deviennent peu à peu plus courts sur la queue et les membres, où ils n'atteignent plus sur les doigts qu'une longueur d'un demi-pouce.

Les observations faites sur les poils du mâle sont les mêmes pour la femelle, sauf la couleur qui est jaune-grisâtre, et la taille qui est un peu plus courte. Le jaune du dos est très-mêlé de brun, ainsi que la partie supérieure de la queue ; sur les côtés du visage et dans la barbe, il prend une teinte plus foncée tirant sur le fauve ; sur les membres la couleur devient plus claire. Les petits des deux sexes ont la couleur jaune de la fe-

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melle, tirant un peu sur le bran, à la partie da dos ; la peau du ▼isage et des mains, noirâtre chez le père et la mère, est de couleur de chair. A la fin de la première année, les poils des petits mâles commencent à changer ; ils prennent une teinte brunâtre qui se change, à la fin de la seconde année, en brunrougeâtre et plus tard en noirâtre, sauf au ventre où la couleur claire tirant au jaune se conserve un peu plus longtemps. A cinq ans, tout le corps du mâle est noir, et chez quelques indiyidus d'un âge très-avancé, on trouve quelques poils blanchâtres mêlés aux noirs, surtout sur le dos des mains. La peau reste toujours d'une couleur brun-rougeâtre de chair. L'iris de Tœil est jaune-brun, le nez un peu avancé, les narines allongées ovalaires, dirigées obliquement de haut en bas, et distantes de 2-3 millimètres chez la femelle et un peu plus chez le mâle.

Le Carayà vit seulement dans les forêts et préfère les arbres les plus élevés, sur lesquels il dort pendant la nuit. On dirait qu'il ne marche jamais sur la terre; même il recherche, pour boire, à se percher sur les branches des arbres qui retombent dans l'eau des ruisseaux ou des fleuves voisins. Il se nourrit plutôt des boutons et des jeunes pousses des feuilles que des fruits eux-mêmes, et ne s'aventure jamais dans les champs ensemencés ou dans les jardins des colons, car il est très-craintif et se laisse difficilement voir dans la retraite qu'il a choisie, quoique son hurlement dénonce facilement sa présence. Il se tait quand il entend quelque brujit ou s'aperçoit de la venue d'un homme. Il vit de préférenœ dans la société de ses congénères, et presque jamais on ne le rencontre seul. Ils se tiennent généralement deux ou trois couples réunis avec leurs petits, un vieux mâle dirige la troupe ; souvent le nombre des femelles dépasse celui des mâles. Les femelles portent leur petit suspendu à leur cou ou sur le dos, si elles prennent la fuite; les petits ne quittent leur mère qu'au bout de cinq à six semaines. Lorsqu'ils reposent, ils se soutiennent par l'extrémité de la queue, enroulée autour d'une branche d'arbre sur laquelle repose le corps appuyé en long sur le ventre ou en travers, la tête penchée en avant ; les quatre membres retombent sur le outé de la branche. Ils s'amusent souvent à hurler de leur voix forte ; c'est pour cela qu'on les entend de très-loin ; ils se taisent pendant la nuit.

La femelle ne porte qu'un seul petit, qui voit ordinairement

iftP. ABG. — T. m. i

fiô SINGES

le jour an mois de juin on de juillet ; elle en prend beaucoup de soin et ne s'en sépare jamais volontairement avant que le jeune ne la quitte de lai-même. Les petits qu'on attrape ne suppo^ tent pas longtemps la captivité ; ils meurent presque toujours un mois ou deux après ; les vieux ne se domestiquent presque jamais, et il est rare de pouvoir habituer un singe de cette espèce à la privation de la liberté. Ils ont pour ennemis naturels différentes espèces de chats qui les chassent pendant la nuit sur les arbres où ils se réfugient.

Le squelette d'un mâle d'un âge très-avancé, que j'ai à ma disposition et qui a été envoyé du Griand Chaco, a l'ensemble de ses proportions plus fort que celui d'un Cebus^ mais il présente la même configuration générale. Mon sujet d'étude mesure 3 pieds 8 pouces de longueur ; le crâne, posé perpendiculairement sur la table, a 12 centimètres de hauteur, et la même mesure des incisives jusqu'aux condyles capitaux. Les sept vertèbres du cou ont ensemble 6 centimètres, les quatorse du thorax 16 centimètres, les six lombaires 12 centimètres, les cinq sacrales 6 centimètres, et les vingt-sept de la queue 00 centimètres ; de ces dernières, celles du milieu sont les plus longues de 3 centimètres; les premières et les dernières sont plus courtes.

L'humérus du bras a 16 centimètres de long, les deux os de l'avant-bras avec l'olécranon 17 centimètres, et la main, de l'extrémité du doigt le plus long, a 13 centimètres.

La longueur du bassin, d^uis la crête ilienne jusqu'à la tubérosité ischiatique, est aussi de 13 centimètres ; celle du fémur est de 16,2 centimètres, celle de la jambe de 14,8 centimètres, et celle du pied de 14 centimètres.

Des quatorze paires de côtes, sept s'attachent au stemon et sept antres sont unies entre elles par un cartilage à la dernière des antérieures. Le sternon se compose de cinq vertèbres, dont la première est la plus courte çt la plus large ; elle s'élargit de chaque côté en apophyse transversale de 1 centimètre de longueur, dont la partie inférieure se relève en crête sdgufi. Ces cinq vertèbres mesurent ensemble 6,5 centimètres. Je décrirai les particularités du crâne dans l'atlas où je donnerai le deaam des crânes des deux sexes, comparés à ceux du crâne du JMjp* aîêt fuscus Gnorr . (M. nrsinus Pr. Wibd) Cette espèce est la ptes voisine de celle que nous étudions ; on la trouve dans le Brésil, au nord des régions habitées par le UffceUi Carafe ; je possède

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aassi une ooUeetion istëresante de crânes des deux sexes de ce genre, recueillie dans la colonie allemande de San Leopoldo.

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