TROISIEME TRIBU
CHIROPTÈRES. GHIROPTERA
Les mammifères de ce groupe sont bien reconnaissables par la membrane qui réunit leurs membres antérieurs et postérieurs, et qui forme une sorte d'aile, principalement quand lei doigts des membres antérieurs sont assez allongés» comme chez les vraies chauve-souris, pour leur permettre de voler. II n'en existe pas de nombreuses espèces dans notre République* Quoiqu'ils volent chaque soir, dans l'été, jusque dans les rues de la capitale, je n'ai pu trouver qu'une seule espèce, le Dysopes Aiuo, dans notre ville, et quelques autres à ParanÂ, Palermo, Tucuman et Mendoza ; la plupart des espèces sont très-peu répandues et n'existent que dans les provinces du Nord, où le nombre des espèces de chauves-souris est un peu plus grand, quoiqu'il ne dépasse pas une douzaine On sait bien que ces petits animaux se cachent pendant la journée dans les endroits obscurs, comme les tours des églises, sous les toîts des maisons, dans le creux des vieux arbres, ce qui en rend la chasse très-ardue. Il faut donc une bonne fortune pour les attraper et, malgré le soin du collectionneur, il est assez difficile d'en connaître exactement les espèces dans un pays aussi grand que la République Argentine. Pendant l'hiver, depuis mai jusqu'à octobre, elles tombent en léthargie et dorment dans leurs retraites, suspendues, sans prendre de nourriture. Cette léthargie dure de trais
i dnq mois dans notre République, suivant que rhiver est plus lu moins rigoureux. A Tucuman, j'ai vu les premières chauvesiouris au commencement de septembre; à Buenos- Ayres jamais ftrant octobre. J'ai déjà présenté quelques observations à ce sujet, tome II, page 7. Je n'ai reconnu dans leur organisation aucun fait particulier à notre faune. Le corps assez petit, est couvert de poils fins plus ou moins noirâtres, très- touffus, sauf sur la membrane des ailes, les oreilles, le nez, les pattes et quelques ^pendices membraneux qui existent chez plusieurs au-dessus du nez et du menton, ces parties restent nues et sont couvertes d'une peau fine et sensible. Les oreilles sont grandes et quelquefois d'une taille surprenante, qui atteint presque la moitié du tronc ; elles ont toujours un opercule ou oreillette allongée, avant l'orifice auditif, proportionné à la dimension de la conque et qui se nomme tragus. L'œil est petit, de couleur noire; le nez est large, avec des orifices assez distants ; la lèvre supérieure pourvue de fortes soies, le menton est large et arrondi. Le caractère le plus saillant consiste dans les ailes allongées triangulaires, soutenues principalement par les os des membres aiktërieurs, dont le haut du bras (humérus) est assez court, l'a- . Tant-bras (radius et cubitus) est beaucoup plus long et presque réduit à un seul os, car le cubitus est toujours très-rudimentaire. Le nombre de doigts est de cinq, dont le premier, le pouce, bi-articulé et court, est muni d'un ongle et dépasse la membrane de l'aile; les quatre suivants sont fort allongés et servent à étendre la moitié terminale de l'aile triangulaire. Dans ces quatre doigts, l'index est généralement formé d'un seul os, les trois suivants, de deux à trois successivement plus petits et ter- Binés, au lieu de l'ongle, par un cartilage pointu aciculaire. La Bembrane placée sur ces doigts passe par la cuisse, qui est courte, à la jambe un peu plus longue des membres postérieurs; elle laisse libre au dehors les cinq doigts du pied, et se continue an talon, muni d'un semblable éperon cartilagineux, jusqu'à la queue, qui est généralement assez longue et soutient la membrane anale rhomboïde. Dans quelques cas^ assez rares, cette membrane manque ainsi que la queue; dans d'autres cas, la pointe de la queue est très-longue et dépasse plus ou moins la membrane anale. Les cinq doigts des pieds postérieurs sont eourts et se terminent par des ongles forts, courbés et semblables à celui du pouce des pieds antérieurs. La membrane des iiles est très*fine, un peu transparente, nue sur presque toute aÉP. àM, — T. m. ^
m CHélROPTÊRES
la Bui'facâ et [!aemeiit pllssée, ce qui augmente beancoup son ëlMticité et la facilité à voler.
G^nëmlement, les chauves- souri s ont une denture assez Torte, qaoique les dents soient petites en proportioa de la taille àm tubercules de chacune. Le nombre des incisireB est rariaUe et souvent diffère dans les deux mâchoires; leur forme doi' telée les fait paraître plus petites. Les canines sont relativement grandes, faiblement recourbées et très-coniques; le sombre des molaires varie de trois & six et est souvent plui considérable dans la mâchoire inférieure que dana la snp^ rieure. Elles ressemblent à celles des animaux carnassiers, par leur forme et pur la présence de tubercules hauts, coniquea, fort aigus et coupanls ; les antérieures ou fausses molaires unt un ou deux tubercules, les vraies postérieures sont plus lar^ et ont trois ou quatre tubercules avec un nombre égal de racines.
Cette forte denture est le signe d'une alimentation animale, 'Composée généralement d'insectes, mais il y en a aussi un nombre considérable qui sucent le sang des mammifères et dea oiseaux dumesliques pendant la nuit, durant leur sommeil, choisissant les purtics tes plus accessibles du corps. Ces espècei Buoeuses sont toutes américaines, mais la plupart vivent (lani les régions tropicales ; on ne les rencontre dans notre République que vers la frontière du Nord.
On connaît il présent un grand nombre d'espèces de chauves- «ouris, répandues sur toute la surface du globe, sauf dans les
I ifégions les pins boréales. Dans l'Asie, il y a des espèces f^gi- Tores d'une taille assez grande, connues sous le nom de ronpires (Pttropui^; les espèces américaines sont insectivores oa •fluceuses, et plusieurs de celles-ci mangent aussi des fruits sn- ,crés, comme les bananes, les goyaves, les pommes de quelques Jlyrtacées.
' Je n'ai trouvé moi-même dans le territoire de la Répabliqne Argentine, que quatre espèces de chauves-souris, dont une ■eule est répandue partout; mais Akara et Rbxookh ont trouvé,
I tdauB le Paraguay, plusieurs autres espères, dont je donne ici 'tes caractères spécifiques, parce qu'il est trës-probnble qu'elle* doivent exister aussi dans les provinces du nord de notre R^pn-
I 'ïllique, vu la facilité qu'ont les cbauvea-sonris & s'éloigner d« leur lieu d'origine. On n'a pas trouvé de types fossiles Jnsqn'à présent dons notre territoire, ce qui semble indiqaer <im Im
PHTLLOSTOIIIDES «T
èhaiiTes-soaiiB étaient aussi rares à Tépoqae quaternaire et tertiaire, que de nos jours dans les répons les plus australes du eontinent Américain.
Obsbrtation. — La plupart des espèces décrites par Azâra et Renggsr sont très-diffîciles à reconnaître, parce que ces auteurs n'ont pas connu asses bien les vrais caractères spécifiques. Je donne alors ces espèces comme douteuses, sans répondre, dans tous les cas, de Texactitude de mon interprétation.
A* Le nez est armé d'un appendice allongé lancéolé ou ovalaire.