Genre. BT^cilIto Gboffrot
C'est aussi un genre très-particulier de chauve-souris américaine, également répandu dans toute la zone tropicale, et ne comprenant qu'une seule espèce très-yariable de couleurs.
La tête est forte, mieux séparée du tronc que celle de la plupart des chauves-souris et couverte de poils très-courts, qai laissent bien distinguer le cou. Le nez est un peu avancé, avee de grandes narines aux rebords calleux, séparées jusqu'au haut par une saillie et réunies à la lèvre supérieure profondé* ment fendue par la continuation de cette saillie; les deux lobes sont séparés entre eux par un mammelon conique de dimension moyenne, sortant de la base du nez. La lèvre supérieure élargie de chaque côté, lisse et pourvue de fortes soies rigides; l'inférieure a des papilles sur le bord interne et des dllonf obliques dans les coins. L'angle de sa bouche est saillant et se continue en haut de la lèvre supérieure. Le menton et la gorge ont des raies transversales. Les oreilles sont très-pointues, asses hautes, le rebord antérieur est élargi et se prolonge vers le bas, formant un lobe charnu; l'opercule est petit, aigu et crénelé sur le bord.
La denture se compose de quatre incisives en haut et deux en bas ; les premières sont aiguës inégales, celles du milieu beaucoup plus grandes ; les inférieures ont le bord bien crénelé ; en avançant en âge les incisives externes supérieures plus petites se perdent souvent. Les canines sont hautes et aigufis, mais ne sont pas élargies à la basb. Le nombre des molaires est de quatre en haut et de cinq en bas; la première du haut et les deux premières du bas sont de fausses molaires. La première de
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celles-ci est extrêmement petite et placée sur le côté interne de la canine. Des trois molaires tuberculeuses les deux premières sont assez grandes, et ont chacune cinq tubercules, la dernière plus petite a trois tubercules ; celles de la mâchoire inférieure sont un peu moins allongées que celles de la supérieure.
En arrière de l'angle de la bouche se trouve, au côté interne de la joue, une petite poche bien prononcée. La langue est couverte de papilles aiguës et dures, dont les plus grandes forment nn ovale en arrière du bord antérieur ; les papilles des côtés sont plus rondes, plus petites et de plus en plus longues en arrière. Au dessous de la langue se trouve une petite langue accessoire.
Le tronc est robuste et couvert de poils très-courts, assez fins, qui donnent au genre une apparence différente de toutes les aitres chauves-souris. Le mâle a une verge très-grande, dont le gland est perforé de telle manière, qu'il forme un petit operenle à Torifice. A la bfitse de la verge se trouvent deux petites poches glanduleuses avec un bord membraneux, crénelé sur le eôté externe. La vulve de la femelle est fermée par de hautes lèvres, dont l'angle supérieur forme dans sa prolongation un ooin, renfermant le clitoris.
Les ailes sont longues, mais pas très-larges. Le pouce est très-court et enveloppé à sa base par Ift membrane de l'aile. L'index est de la longueur du métacarpe du doigt du milieu ; celui-ci a plus du double de la longueur du précédent et se compose d'un métacarpe et deux phalanges, dont la seconde est extrêmement longue ; les deux autres doigts plus courts ont la même structure. De cette manière, l'aile fermée forme une seule articulation des doigts entre la première et seconde phalange ; l'articulation entre le métacarpe et la première phalange est immobile.
Les pattes sont longues, mais leurs doigts sont très-courts et munis chacun d'un grand ongle ; la membrane de l'aile termine au milieu de la jambe. La queue courte enveloppe une membrane interfémorale beaucoup plus large; sa pointe s'élève sar la surface supérieure au milieu de la membrane, qu'un long éperon placé au talon soutient sur les côtés.
La seule espèce connue varie autant de couleurs que le Dennodus mordax, et par cette raison on l'a séparée en plusieurs espèces, dont je prends toutes pour des variétés.
■tP. AMQ. — T. ui. ®
BTectllto leparlBiu Gkblik
LiNNi Syst. f^at. éd. XIII. I. page 32. — Cuv. règae
animal 1, 166.— Schrbb. Sati^elA. I. 162. tb. 60— Buai.
System, Ubers. I. 60. 1.
Yar : m. Entièrement ronge-brun^ plus clair en dessous. Noct. unkolor Dbsh. Mammal. 118. — Pr. Wibd. Beiir.
etc. II. 223. 2.— Le même Abbild. etc. fig. 14.— Wagïw,
ScHRBB, Suppl. I. 450. 1. y. 681. 1.
Noct. rufus^ Spix Yesp. Bras. 57. tb. 36. fig. 1. 5. Noct. rufipes, WOrbiqvYj Voy. Am. mérid. Zool. 1. 12, pi. 9. Noct. rubery Rbngqbr, Saugeth. v. Parag. 95. Yar: h. Brun-grisâtre plus foncé sur le dessus, avec une
ligne blanche le long du dos ; d'un jaune-rougeâtre en
dessous.
Noct. dorsatm, Pr. Wibd, 1.1. 218. 1. — Abbild. €to.
fig. 13. — Rbkggbr^ Sang. v. Parag. 93. Noct. mastivus Grat, Gossb Annal ofnat, hist. XX. 42i Noct. affinis D*Orbigny, 1.1. 12. pi. 10. — Tsohudi, Fau-
na peruana I. 77.
El roxizo^ AzARA, Apunt. II. 301. N» 75. Yar : c. D'une couleur canelle sur le dessus, avec une ligne
dorsale blanche ; au-dessous jaunâtre presque blanc. Noct. albiventer, Spix. Yesp. Bras. 58. pi. 35. fig. 2. 3. —
Waombr, Schrbb. Suppl. I. 452 et Y. 683.
Les poils courts et déprimés de cette chauve-souris la distinguent de toutes les autres ; ils rendent le cou plus yisible et la tête plus distante du corps, caractère particulier à ce groupe. La couleur dominante est canelle rouge-brun, plus foncée sur le dos, plus claire et presque jaunâtre en dessous. Dans la jeunesse la couleur rouge est moins prononcée ; elle est plutôt d'un gris-cendré, tirant plus ou moins sur le brun vers le dos ; le yentre est presque blanchâtre. Le dos est divisé par une ligne blanche plus ou moins claire. Plus tard, les nuances du corps deviennent rougeâtres, celle du dos ferrugineuse, celle du ventre fauve-clair, toujours plus foncée chez le mâle que chez la femelle ; celles-ci conservent une couleur plus gris-brunâtre, et rarement elles prennent la nuance ferrugineuse; le dos est toujours plus foncé que le ventre. Les parties nues du corps
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sont bmnes noirâtres, plus foncées aussi sur la surface externe ; [es membres ont une teinte de chair tirant sur le gris. Le lôié interne des oreilles est plus clair, saufTopercule qui reste aoir et se distingue par quatre petites dents sur le côté externe ît une sur Tinterne. La lèvre supérieure est brunâtre, le menton, la gorge et la région des organes génitaux conservent la cou* leur de chair.
Les dimensions du corps varient un peu ; généralement le corps a de 3 à 3| pouces de long ; les jeunes ont 2( à 2 1 pouces. Les ailes ouvertes des grands individus ont une largeur de 20 pouces, et de 12 pouces chez les petits. La queue a 9 à 12 lignes de long ; la membrane anale 2 à 2 1 pouces, au milieu; elle est soutenue de chaque côté par un éperon, 1-1 1 pouces de longueur.
L'espèce est répandue dans toute la zone tropicale de l'Amérique méridionale, âzara et Rekogbr Tout trouvée dans le Paraguay, où elle vit en société de 20 à 100 individus dans le voisinage des fleuves et des lagunes ; ils se cachent dans le ereux des troncs des vieux arbres. Xls viennent aussi dans les maisons des colons, qui sont bâties dans le même voisinage. L'espèce n'est pas rare. Je l'ai reçue du nord du Grand Chaco, delà province de Salta et des Missions de Corrientes.
Observation. — 1. Le grand nombre des différents noms spécifiques qu'on a donné à cette espèce, prouve sa variabilité, comme celle de la précédente. Les individus plus petits, des couleurs moins foncées tirant lor le cendré sont les jeunes ; les adultes sont plus grands, ils ont les eoaleurs vives, ferrugineuse chez les mâles, brunâtre chez les femelles.
2. Blairville a donné le dessin du squelette dans son Ostéographie, Chéiroptères pi. 4, 8, 9 et pi. 12. La colonne vertébrale est composée de 26 Tertèbres, dont 13 sont dorsales et 7 lombaires; celles du coccyx •oot soudées et forment une longue crête sacrale ; le bassin s'unit avec la fia de cette crête par les tubérosités ischiatiques ; il est aussi fermé en Sîtnt. La queue contient 8 vertèbres fines, allongées, sauf la dernière qui est très-courte. Le crâne (pi. 8) est remarquable par sa haute cavité encé- Inique et la partie faciale très- courte.
h, La queue longue dépasse la bordure de la membrane interfémorale avec une portion libre.