CIRQUE DU PIC
Cratère de soulèvement.
D'un a grand nombre de points situés dans les parties inférieures on peut voir très distinctement que le: Pic est entouré d'une céiniture qui Jui donne tout-àfait l'as; pect d'une {our fortifiée, garnie,de remparts. et de fossés. D'Orotava (PI. VH) le Pic paraît s'éle: Ver. trèé peu au - dessus de a muraille des rochers qui. forme la montagne de Tigaygas éñ aucun point 0h me peut apercevoir le cône tout: entiér , cf par Conséquent les: parties: Où le pied du voltañ sé rac- Corde avec la ceinture de rochers qui l’énvironne: Mais on lé” voit très distinctement lorsqu'on s'élève jusqu'au Pied du Piton, par une série de passage étroit tommé ef Portillo, qui Se trouve entre Tigayga
et l'extrémité occidentale de la. ceinture du Pie. De là, les rochers paraissent former un demi-cercle qui
entoure avec une régularité fort remarquable le cône volcanique, depuis la partie sud jusqu’à l’est, en face de l'ile de Gomera. C’est là le cirque, qui n’est autre chose qu’une partie du cratère de soulèvement ou milieu duquel le Pie lui-même s’est probablement élevé. Les flancs de ce cratère auront été détruits vers le nord et l’ ouest parles éruptions du volcan et en effet, dans toute cette partie, le flanc de la- montagne est recouvert par un grand nombre de coulées ; la montagne-de Tigayga, quis "élève jusqu'à ce cirque, paraît même n'être rien autre chose que là continuation des flancs du cratère, et la composition de cette montagne doit faire supposer que: les couches basaltiques de Tigayga se continuént au-dessous des coulées d’obsidienne qu’on voit au nord, vers Icod, et se retrouveraient même à une DE profondeur audessous de ces coulées.
Sur le chemin ordinaire qui mène au Pic, et depuis des forêts qui-dominent Villa Orotava, jusqu’à el Portillo, on trouve un très grand nombre de barancos qui- descendent sur le penchant de la montagne. Ils ne portent point de noms particuliers , et ils sont même si peu remarquables-qu’ils ne forment pas d’interruptions sensibles dans le chemin. Les roches qui forment les flancs de ces sillons paraissent être tout-à-fait ana- | logues aux laves qui constituent les coulées les plus considérables qui descendent de la Cumbre ; peut-être même beaucoup d’entre elles appartiennent-elles aux coulées du Pic, car on ne voit pas de péridot dans la masse, tandis qu’au contraire on y observe un peu de hornblende et de feldspath. Sur le flanc de la montagne on a ‘aperçoit aucun cône d’éruption.
Auprès de Portillo seulement la fluidité primitive
DESCRIPTION GEOGNOSTIQUE:. 169 de ces matières devient évidente, et l'on observe en.ce point que la lave a la forme de grosses écailles qui se recouvrent les unes les autres comme les tuiles d'un toît; la surface est très raboteuse et inégale; les matières Scoriacées se présentent comme des vagues sur le fond des barancos; le courant s'étend sur üne faible largeur , et il est facile de reconnaître ses limites latérales ; enfin, dans les parties supérieures se trouve un cône d’éruption formé de rapilles. Ces phénomènes se font remarquer à une demi-lieue avant d’arriver à Portillo, et le cône volcanique qui correspond à cette coulée, est vraisemblablement le plus élevé de tous ceux qui.se trouvent sur le côté nord dela Cumbre ou dans le cirque du Pic. \
On voit une autre coulée dans le passage de Portillo même , dont la lave forme la paroi orientale. Le cône d’éruption qui a donné lieu à cette coulée est très peu considérable ; il s’élève tout près de la muraille verticale du. cirque, mais dans: l’intérieur du cratère. Entre Je pied de ce cône volcanique et les rochers qui forment le flanc du cratère, passe un chemin étroit qui mène dans la partie méridionale de l’île. Ce passage très resserré, et à cause de cela nommé l’ Angostura , se trouve déix élevé à 6,205 pieds au-dessus du niveau de la mer ; la lave. qui vient de la bouche volcanique de Angostura, forme une des masses les plus considérablés, où au moins des plus étendues de celles qui sont sorties du volcan. Déjà sur la surface même du cirque, au Llano-.de las Retamas, elle prend une, extension considérable ; puis ellé se resserre pour traverser le Portillo, et elle se précipite ensuite le long de la montagne de Tigaÿyga, peut-être même à une très STaude profondeur vers Realejo.
Les rochers qui composent le cirque sont verticaux else divisent en couches : les couches inférieures se
composent de conglomérals grossiers et de tufs : ER ( couches supérieures sont formées de trachytes. Mais à la partie la plus élevée, au-dessus d’Angostura, Oon voit des couches de basalte.'Lé trachyte est gris de fumée clair, à grains fins, il se fendille en grosses lames. Le feldspath qui se trouve engagé dans ce trachyte est très lamellaire ; ses cristaux ne $on{ point fracturés, mais présque {ous sont hémitropes et dre: 2 à ceux de Carlsbad.
Les fissures de cette roche sont assez souvent remplies avec de a chaux carbonatée perlée, en petites stalactites. On y voit peu de hornblende, mais beaucoup de grains brillants, noirs, de fer oxydulé magnétique. Dans d’autres masses de trachyte, d’une couleur plus foncée , on observe, à la surfacé des fragments , la hornblende en longs cristaux + le fer magnétique en octaèdres bien déterminés. À peu de distance d’Angostura, les couches sont traversées par un filon d’une grande-puissance , à' peu près dirigé de l’ouest à l'est, et formé de trachyte à grâins fins; on voit ce filon se dessinet sur les rochers comme un ruban; il forme aussi au pied de ces rothers une saïllie au- déssts de la surface. Il se divise en tables peu épaisses, et la masse de ce filon est composée de lamelles de feldspath tellémment minces, qu’on ne: peut presque point obsérver de cassure que dans la direction de ce clivage. Cette circonstance donne à toute la roche un aspect feuilleté, et l'éclat perlé du feidspath lui donne beaucoup d’analogie avec une roche de micaschiste blane. C’est ce qui fait que plusieurs fois cette roche a été considérée comme une roche micacée. On peut observér encore d’autres filons de cette nature qui sont analogues à ceux de la Somma , et qui ont peut-être aussi une origine tout-à-fait semblable. Beaucoup 2 dochers de lave, d'un aspect singulier ct bizarre , s'observent sur Ja
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surface au pied des escarpements du cratère, etparaissent être sortis isolément du sol. On y voit aussi des basaltes avec des grains d’augite et de péridot , mais qui ne paraissent pas être-en place.
À la distance d’un peu plus d’une lieue , le long des rochers du Cirque, le chemin s élève au sud vers le
Pas de Guaxara, lequel se trouve.à 7, 113 pieds au-
dessus de la mer: la partie la plus élevée wffre des couches, d’un tuf blanc, dont les fragments paraissent. n'être rien autre: chose que du trachyte aléré par les vapeurs dégagées du volcan. Au- delà du, passage,.et surle flanc sud de la montagne , le chemin tourne vers l "est et arrive, dans la région et à la hauteur où croissent les sapins des Canaries , à plus de 1,000 pieds déjà au-dessous du sommet du passage, à un espace stérile, couvert. -par des rapilles bruns, noirs, roulés, les uns sur les autres. Nul doute que ces fragments ne-pr oviennent d’un cône d’éruption très puissant. Il faut ensuite marcher plus d’une demi-lieue pour apércevoir ce cône au nord du chemin: il a plusieurs centaines de pieds de haut, et sa circonférence est fort considérable. Enfin , on observe dans la vallée auprès de Chasna, une coulée qui s'étend sur la surface du so}, dans toutes les directions: Elleest formée de grandes et belles colonnes basaltiques ; cependant la nafure des Matières qui la composent se rapproche plutôt encore de celle du trachyte, car.on'ne voit-souvent dans la masse que du feldspath : dans sélte partie dela monlagne on ne trouve au- -dessus des laves: aucun , TeCoUyrement basaltique. ES Fe
Au. dessus dela coulée de lave, jaillit une petite Source acide, la seule qui se trouve dans île ; elle est à 6,800, pieds au-déssus de la mer, Les rochers qui enVironnent cette source et qui font suite à ceux de Liro de los Gouançches, se continuent jusqu’à là par-
tie la plus élevée de ‘la contrée; ils sont formés d'un très beau trachyte qui rappelle les roches de Wolkenburg dans le Siebengebirge. Le feldspath apparait dans la masse en larges cristaux brillants : la hornblendeest en cristaux longs et déliés, mais dans aucune de ces matières les cristaux ne sont disposés parallèlement les uns aux autres. On observe aussi dans le trachyte une grande quantité de grains de fer oxydulé magnétique. La masse principale de la roche est gris de fumée, à cassure grenue et inégale. Les couches desquellés la source sort immédiatement sont d’un beau blanc de neige, et forment des rochers très poreux. Très probäblément cette roche est un trachyte altéré } par la vapeur d’eau : ces rochers sont aussi traversés par un filon de deux pieds de püissance et qui s'enfonce verticalement dans-la profondeur.
Chasna , où la coulée sé termine, est le village le plu élevé de toute l’île ; il se trouve à 4,018 pieds audessus du niveau de la mer.
Du sommet du cirque les montagnes se présentent sous un aspect extrèmement intéressant. De cette hauteur on peut alors juger de la prodigieuse élévation du Pic, car on l’aperçoit dans toutes ses parties , depuis sa cime la plus élevée jusque dans les moindres particularités que présentent lés pentes du cône. Des coulées d’obsidienne noire descendent sur les flancs de la montagne formés de ponce blanche, et les bouches volcaniques de JEstancia abaxo , Estancia ariba, Altavista, qui paraissent être les points d’où sont sortis autant de courants d’obsidienne , forment comme les degrés du cône, et en divisant sa hauteur , donnent une sorte de mesure pour apprécier l'immense éléva- tion de son sommet. A côté de cette hauteur disparait pr esque complétement la cavité qui forme le cirque , quoique les rochers qui l'environnent s'élèvent à plus
DESCRIPTION GEOGNOSTIQUE. 175 «le 1,000 pieds et aient souvent 4,800 pieds de hauteur. Déjà l'Estancia, inférieure se trouve presque au viveäu de la pointe de los Adulejos, le point le plus élevé du cirque , et eette montagne paraît à côté du | cône volcanique tout entier n’être qu’une petite colline.
Si on jette les yeux au sud. du côté de la mer, lé flanc de la montagne paraît descendre par une pente douce et uniforme. D'innombrables petits cônes volcaniques qui apparaissent en plus grande quantité au pied de la montagne que dans les parties supérieures, détruisent seuls cette uniformité : mais comme ‘aucun d'eux n’est fort élevé, c’est à peine s’ils changent la surface générale. Le plus remarquable est le Monte Xama, qui s'élève au milieu de l’espace compris entre Chasna et la mer: Cette bouche volcanique présente du côté de la montagne un flanc très abrupte, l autre versant s ‘allonge, au contraire, en s’abaissant du côté ‘de la mer. Quoique les courants d’ obsidienne ne se-soient pas répandus sur tout ce flanc de la montagne comme sur la partie septentrionale , il paraît cependant que les éruptions du Pic n’y exercent pas moins leurs actions ; seulement il n’y a aucune de ces éruptions dont on puisse assigner l'époque.
Long-temps avant d'arriver à Chinama, le tu blanc de la Tosca-se montre de nouveau; Chinama est situé à une hauteur de 1,812 pieds au-dessus de la mer , et par conséquent.cette roche, se présente à, une hauteur beaucoup plus considérable qu'au-dessus d'Orotava, et même qu'au dessus de Icod. Dans les barancos on peut observer des colonnes analogues aux prismes basaltiques, mais la masse contient toujours du feldspath. Nulle part on ne voit de coulée au-dessus de la Tosca. Pans un baranco profond ;, entre S. Miguel ei Chinama, se présente une masse basaltique , contenant beaucoup de péridot. et d’augite, au-dessus de laquelle reposent
immédiatement le tuf ponceux et la Tosca ; ensuite vient une masse poreuse, scoriforme, comme sur Îles autres coulées ; puis du basalte compact, gris-noir , à cassure grenue el inégale, mais pourtant toujours poreux et rempli de cavités. De grands crisfaux, un peu esquilleux , d’augite et du péridot jaune de miel, brillant et conchoïde, se trouvent dans la roche et s'y reconnaissent très distinctement. Beaucoup d’autres barancos découpent là pente de la montagne , mais lé basalte-ne se retrouve que dans quelques - uns. Un péu-avant Chinania s'élève un cône volcanique au pied duquel une masse colonnaire parait s’avancer dans la vallée du baraneo del Pino. Cette- masse repose sur une couche de tuf blanc et de-rapilles poreux. Cette dernière couthe n’est point formée de la même roche que le Tosca,- et c’est surtout dans son épaisseur que sont creusés toùs les-vieux tombeeux des Gouanches. La masse est compacte, contient seulement un peu de feldspäth , mais point d’augite ni de péridot. Le ‘tuf prend une grande épaisseur à l ouest vers Rio, et on ne remarque’ alors aucune autre roche. Enfin, à près de deux lieues à l'est, dans le ravin. profond et escarpé, nommé baranco de la Vega, avant Rio, au-dessous du tuf on retrouvé de nouveau le basalte gris-noir, à cassure grenue et inégale ; lequél renferme en grande quantité des cristaux brillants, noirs et conchoïdes d’augite et quelques grains de péridot , qui sont pourtant trés rares. Il n’en est pas dé même dans le baraneo de Rio, rayin qui n’est pas moins profond que celui de la Vega ; : car la masse solide A forme le. fond de ce ravin contient.-du feldspath. A peu près à une demilieue, en remontant le baranco, près d'une petite cascade , on voit 1 couche reposer sur d’autres-couches de conglomérats et de rapilles, qui: sont repliées en forme de dômes. On y obéerve aussi une masse éuméi-
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forme de pierres-ponces. Cette roche solide est aussi
Tecouverle par Une couche de conglomérat, au-dessus de laquelle se montre la Tosea en couches. fort peu épaisses.
Il n’ÿ à aucune remarque à faire s\ sur r hé docs qui se trouvent au-delà, entre Rio et Guimar; les roches trachytiques ou. les basaltes contenant du feldspath, 2e peuvent plus reparaître dans cette partie de l'île : depuis Rio ô6n se. trouve, en effet, hors des limites de la Ceinture du Pic,-et on ne peut plus retrouver , au moins dans les parties FHpÉTIeUres, les (races de rOCRES trach tiques.
-HLest évident, d’ après. Pr quil est, extrêmement difficile de construire une teprésentation graphique de la composition géologique de la-partie méridionale des flancs du cratère, Chaque baranco offre quelquechose de particulier , et il est indispensable de les suivre et les étudier tous j jusqu’à leur origine. Il faut absolument distinguer ce qui est couche, de ce quiappartient aux coulées, et cette appréciation es£ très difficile. Malgré les nombreux cônes de rapilles qui s'élèvent sur le versant de la montagne, on netrouve presque jamais des cou-
es aussi CS tes, aussi modernes, aussi bien caraclérisées par leur fluidité. que celles d’ Orotava, de Gara-
chico, de Guimar, de Chio:, de Guia et de S. Yago. Au
moins ces sortes-de lave sont {rop masquées pour qu’en Puisse les observer, De Grandilla à Nuestra Senora del Pino , à l’ouest de. Chinama ,.le chemin suit pendant un Guart-d’heure une montagne formée dematièrés scotiformes, {ressées comme des cordes : cette montagne doit iécessairement avoir quelque connéxité. avec une cou- 6e de lave moderne qui'aura suivi la vallée ou la pente dela: monfagne ; roeppnfané cette lave ne se fait: voir nulle Part.
nues la contrée unie qui. s ‘étend das: Ja partie imé-