‹ Description physique des Îles Canaries, suivie d'une indication des principaux volcans du globeChapitre 21 sur 90 · DESCRIPTION DE L'ILE DE TÉNÉRIFFE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE L'ILE DE TÉNÉRIFFE

VALLÉE DE TAORO (*..

Villa Orotava.

La route qui, dans la partie nord de l’île & Ténériffe, mène de Santa-Cruz à là ville de Puerto- Oratava, s'étend auprès de cette dernière ville , un peu au-delà de Santa-Ursula, au pied d'immenses rochers, dont Ja pente est extrêmement rapide ; ils forment une sorte de muraille qui , de la Cumbre, l’arête la plus élevée de l'ile, descend jusqu’à la mer. En face, en avant de la base du Pic et à un peu plus d'un mille de distance , s'élève la grande montagne de Tigayga dont les flancs abruptes et presque verticaux , semblables à une autre muraille , s'étendent des points les plus élevés jusqu'au rivage de la mer. Les escarpements de ces deux montagnes sont tournés l’un vers l” autre, Mais entre les deux le sol s abaisse d'une manière moins rapide et moins brusque. Villa Orotava, Puerto, Realejo ariba, Realejo abaxo, d’innôémbrables Mai- Sons de canipagnes , des Vignobles , des plantations et des forêts, couvrent toute la fie que faissent entre elles les deux montagnes. C’est 1à la belle vallée de Taoro d'où l’on tire principalement les vins., et tout ce, Que cette île fertile peut fournir de plus délicat et de plus agréable. À

() Foix la carte de Ténériffe.

. Des ruisseaux nombreux coulent à travers des forêts de lauriers , et divisés en Une infinité degcanaux, ils portent la fraîcheur et la vie jusque Fi À points les plus reculés. La stérilité de l'Afrique est inconnue dans cette vallée, qui paraît être à l'abri des dévastations dont les parties qui avoisinent le Pic sontsi souventlethéâtre. Lorsque d’un point élevé on jette les yeux sur ce vallon resserré comme entre deux murailles , On est involontairement porté à croire qu'il est le résultat de l'éboulement d’une partie de l’île, par suite duquel les deux montagnes formant les flancs de la portion entraînée, auraient été mises à découvert. Le Voisinage d’un volcan aussi actif et aussi violent que celui.de Té-

nériffe | n'est pas de nature à rendre cette SEReoSirian invraisemblable.

En quitfant]a moñtagne de S. Ursula,on Te aussi la partie complétement balsatique de l’île, et on entre dans une contrée qui par la nature de ses produits rappelle le voisinage du volcan. Dans les rochers, le feläspath se trouve souvent entremêlé avec l augite et le péridot.

La présence du feldspath avec d’autant plus d’ abondance qu'on approche plus du cratère volcanique, a été signalée par M. Humboldt ( Rel. ï. » .106 ). Il pourrait bien se faire que dans certaines couches il y eut dans la profondeur une sorte de : passage au trachyte qui , à ce qu’il paraît, forme le noyau du volcan.

En général, les roches se composent{de couches alternatives de. conglomérat balsatique, formé de fragments bruns, scoriformes , et peu ag gglomérés, et de basalte solide; ces couches ‘kont l'inclinaison suit à peu près celle de la surface extérieure, ne présentent point lès Caractères d’une matière qui aurait coulé à Pétat fluide. Il ne Serait pas possible de compter les. innombrables

couches quise succèdent , ni d’en suivre uneen parti-

| culier , 0bservable en un point, jusqu'à üne distance un

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peu considérable; elles forment des masses volcaniques, reposant les unes sur les autres, et qui ne conservent presque jamais leur régularité sur une grande longueur.

Dans le baranco où se trouve S, Ursula, on voit le basalte mêlé de péridot, reposer en couche de près de 20 pieds sur une masse de conglomérat én suivant la pente de la montagne. Mais si on s'élève sur lä pente de la montagne vers la Cumbre, les’ conglomérats acquièrent une grande puissance. Ils reposent irrégulièrement les uns sur les autres , et'se composent de fragments considérables qui sont juxta-posés, et qui m'ont entre eux aucune cohésion. Souvent ces fragments sont de véritables blocs de basaltes ; au-dessus se trouvent des masses basaltiques très épaisses. Plus hâut, mais seulement lorsqu'on est parvenu à .un peu plus de 4,000 pieds, on trouve un mélange peu cohérent de fragments grossiers de feldspath, d’augite et de hornblende. Les cristaux d’augite et de hornblende tombent facilement dans les: parties inférieures et se

rassemblent sur la pente de la montagne; on les reconnaît facilement dans le mélange par rpénenrqu de leurs clivages.

On :observe aussi fréquemment entre les cristaux Noirs d’augite et de hornblende des grains considérables de péridot verdâtre. Ceux-ci sont’ formés def cristaux dônt les faces latérales sont brillantes , 6t Qui sont très faciles à distinguer , lorsqu'un cristal‘ dé} Péridot est enveloppé par un cristal d’augite ( F'auy À Tab. 70, fig 154). Les couches inférieures sont rebliées en forme de dômes sur les blocs ; les couches Supérieures sont planes. - 50

Au-dessus et jusques à la Cumbre qui s'élève à 6,000 PIEds , se trouvent des scories dispersées qui forment - une couché supérieure , un conglomératf, dont les fragments ont entre eux fort peu de cohérence.

Telle est la structure intérieure de Ja montagne , ainsi qu'on peut l’observer dans le profond-baranco de l'Aqua manza au-dessüs:de Villa Orotava, et mème

. dans la partie supérieure du petit baranco de S. Ursula. Les couches’balsatiques dont l'épaisseur est de 5 à 10 pieds ; et qui sont recourbées en forme de grosses écailles , se retrouvent cinq à six fois entre les couches de conglomérat. Les couches inférieures seulement sont très compactes , celles qui sont près de la surface ou qui ne sont pas recouvertes , -sont remplies de cavités verticales, de sortes de petites cheminées ,-et à une certaine profondeur elles sont encore très poreuses.

ILest remarquable que tandis que la roche grenue de feldspath, d’augite et, de hornblende se trouve seulementdans les parties les plusélevées, ces couches basaltiques contenant des soufflures se présentent d’abord dans les parties les plusbasses de la montagne.

Dans la masse à peu près uniforme de la montagne de Tigayga, on observé à la partie inférieure en partant de Realejo abaxo, une couche puissante de conglomérat , en grande partie formée: de blocs d’une médiocre grosseur ; toute la roche est balsatique. Plus haut, les blocs deviennent plus petits et la roche se change en un tuf basaltiqüe. Au Milieu de la hauteur,

g5° trouve une couche puissante de basalte très comipact : on peut déjà, avant d'arriver à ce point, observer

uelques autres petites couches de cette nature. Aulessus de cette masse repose une couche de tuf qui ne

Yressemble nullement au tuf inférieur ; on y observé, en effet, beaucoup de petites pierres-ponces. On retrouve bientôt de nouvelles couches formées de fragments noirs et irréguliers, dout le diamètre devient de plusen plus considérable jusqu'à ce’qu'on arrive à une nouvelle couche solide de-basalte, De nouveau” on voit reparaître les couches. de ponce, :de blocs

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noirs, et enfin la couche supérieure solide, contenant les soufflures et cavités: À une demi- boué sur le sommet.de la montagne, le chemin de cod passe devant une fort belle source et auprès de la chapelle de Nuestra Senora del Buen Viage ; en: ce lieu on peut remarquer au-dessous des couches basaltiques d’autres couches formées de rapilles bruns. Ordinairement les eaux sourdent des points où les couches de basalte et les masses de rapilles et de conglomérats se trouvent en contact. Le basalte est compact comme en Allemagne, il contient du feldspath en pelits cristaux, Quelques aiguilles de hornblende, et beaucoup de-grains brillants, noirs, à eassuré-conchoïde , de fer titané. La. couche qui se trouve auprès de la chapelle et dans la partie supérieure dy baranco Hondo de Rambla renferme des grains peu . considérables de péridot, mais elle contient à peine encore du feldspath. Cette. couche est la plus-élevée de toutes. mais c’estaussi celle qui offre le mieux tous les caractères du basalte. Plus

‘haut, sur le sommet de la montagne ; de nouvelles couches de rapilles forment à la’ surface un sol rouge et gras, qui lorsqu'il est humide, devient très glissant ; ces caractères sont distinctifs pour cette série de cou- Ches, etmême pour ces îles basaltiques , car ils se retrouvent partout où les roches ‘affrent une ses 25% Sition semblable. | Un grand nombre de Drances entament le sol de la vallée de Taoro , et laissent voir l'intérieur des: roches qui forment cette vallée : en général , leurs Caractères sont analogues à ceux des roches qu’on Peut:observer sur les grands escarpements. ‘On y trouve toujours des couches de basalte avec de l’augite et du Péridot, contenant rarement un peu de feldspath: ces Couches alternent avec d’autres couches dé conglomérat ‘ou: formées de rapilles bruns, scoriformes,

assez tenus ef sans cohésion. Les barancos contiennent rarement de l’eau ; ce sont plutôt des espèces den sillons creusés dans le flanc de Ja montagne que de véritables vallées. Les.deux côtés de ces sillons sont le plus souvent des escarpements presque verticaux à peu de distance l’un de l’autre , etles roches.se correspondent parfaitement de chaque côté de ces ravins. . Les falaises que l’on observe au bôrd de la mer, montrent peut-être encore mieux la natüre intérieure des roches qui se trouvent au-dessèus de la surface. Au bord de la mer, les escarpements ont une grande hauteur, eton peut les suivré sur une longueur considéräble : ; il est impossible alors de se tromper sur la nature des couches, et on reconnaît facilement que tout en paraissant avoir une certain® régularité, elles disparaissent cependant trés souvent à une petite distance. Au nord de Pile, à peu de distance de Puerto Orotva , le terrain s avance dans la mer et forme un Cap très escarpé, nommé le Cap Martianez. On y observe, en prb les todehes de bas en haut as Rs masse

de tonglomérat sur laquelle repose une -eouche de basalte solide e. Cette roche est à graïns fins, elle contient des soufflures, mais très petites -et point de cavités. On. y: voit distiictement des petits grains de péridot, et aussi des-cristaux d’augite, Au-dessus se.trouve une couche fd, formée de petits fragments scoriformes ;

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telle couche se divise en plusieurs autres petites coù- Ches. Celle-ci est recouverte par une autre ce, formée de gros fragments en partie noirs, et ayant entre eux peu de cohérence. Toutes ces coelfes forment une-épaisseur de soixante pieds. On trouve ensuite une faible couche de trois pieds d'épaisseur ;. d’uné argile rouge de brique, renfermant. qüelques fragments Scoriformes , puis une couche: de gros fragments, et enfin par-dessus une gnassé puissante de basalte 2, qui forme des escarpements verticaux ; cé basalte contient beaucoup de soufflures longitudinales ; et ses couches Sont repliées en forme d’écailles. À a partie supérieure, ce basälle est , Comme cela arrive le plus ordinäirement. dans cet{p contrée ; extrèmement inégal, Templi de cavités ou cheminées verticales, et les grosses écailles dont il se compose sont enfremêlées les unes aVec les autres dans toutes sortes de directions.\ On voit Souvent dané la masse dés petits cristaux de feldspath; ordinairement ils sè troüvent dans 4 direction des soüfflures. 3

Toute cette masse est recouverte par une masse à de tuf formé de ponce blanche: ce tuf s’étend au loin Sur {oute la surface. En ñe Considérant que les caractères de fluidité: qui Sont encore imprimés dans Ia

MäS$e, on pourrait avec raison donner à ces roches basaltiques-te nom de coulée delaves. Maïsla largeur AWaurait euéé courant doit faire rejeter cette idées iL est donc Probable que la production de ces’ roches FSÉ Je ‘résultat d’une action différente de celles qui PTojètent hors dés cratères les courants de Jave qui se TéPahdent ensuite à là surface. ©" +, __

… Les grandes falaises‘ qui bordént 1a rêr au-dessous * de Realéjo. près le moutn de Gordaxüelo , offrent auggs d'immenses escarpements, où il'est facile d’étüdier 1a Nature de ces diverses rôches. En ce point, les couches

Le

de basalte solide alternent trois fois avec descouches formées de fragments noirs , scoriformes et sans eohérence entre eux. Ces escarpements presque verticaux resserrent entre eux une Vallée étroite qui arrive bientôt a la mer, et dans laquelle, entre les ‘couches de basalte et les rapilles, jaillissent une multitude desources dont la plupart tombent sous forme de grandes et belles cascades. 74 | Le basalte immédiatement au-dessus est divisé .en prismes verticaux à cinq pars , aussi réguliers que | ceux qu’on peut voir en Irlande. Cette roche a une couleur gris-noirâtre ; On y voit des cristaux gris, très déliés et à peu près parallèles , de feldspath ; assez souvent il s'y trouve aussi des grains vert-olive de péridot et des petits cristaux d’augite. La masse présente fréquemment des soufflures, mais elles ne sont pas très considérables. Plus haut, le basalte devientcaverneux, etenfin tout près de la surface, il se présente en écailles contournées, irrégulières, qui reposent les unes sur les autres , et qui sont disposées à peu près comme les tuiles d’untoît. Les cavités qui se. forment dans cette roche sont tellement considérables qu’elles. peuvent abriter des troupeaux entiers, et en effet on les utilise pour cet objet. Les écailles sont brisées et contournées de toutes manières, et il est clair que cet effet a été produit par le dégagement de quelque matière venue des parties inférieures. Les couches inférieures :

sont toujours les plus solides , ét elles sont alors divisées en prismes. Lorsque les matières volatiles retenues par la pression des couches supérieures se son enfin dégagées à travers ces couches ; la. masse inférieure a dû se contracter ; et c'est peut-être à cette

contraction qu'on doit attribuer les dispositions d&* basalte en colonnes primastiques: - 2 Par-dessus ces diverses masses se ({rouve un tuf

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blanc, presque pulvérulent, qui , dans la contrée, est. connu sous le nom de Toséa. Cette roche qui paraît en grande partie formée de pierre-ponice, n’alterne plus avec des couches basaltiques: Elle se présente tout-à-fait à la partie supérieure, recouvrant toute la surface comme un’toît ; elle ‘est seulement interrompue dans les parties où sont creusés les baracos. Elle forme le sol fertile de la contrée; et on y cultive du blé. Les Gouanches y creusaient aussi les Soulerrains qui leur”servaient de greniers. Dans cette Couche facile à entamer le long des escarpements des barancos, on pratique aussi des vastes souterrains qui sont habités par beaucoup de familles.

Ce tuf se retrouye aussi au Cap Martianez, et dans celte localité il est DER évident qu’iln’appartient pas à la

série des couches basaltiques, car il ne présente aucune trace de fissures , de soufflures et de cavernosités, qui sont cependant si fréquentes. et si remarquables dans les couches les plus voisines. Ce tuf est une roche composée de fragments, dans laquelle dominent des parties

terreuses, d’un jaune-isabelle faible, et qui-sont probablement le résultat de la décomposition des fragments de pierres-ponces. On y observe aussi de petits fragments noirs, appartenant à des roches feldspathiques grenues ou à des pechsteins , semblables à Ceux qu’on voit à Icod ; ét à travers la masse sont ré-

- Pandus des cristaux noirs très déliés de hornblende ou

de fer oxydulé ; et parfois de feldspath. La pesanteur Spécifique de cette roche est très peu supérieure à celle de l’eau : à Ja vérité, toute la masse est remplie de petites cavités irrégulières qui ne doivent pas peu contribuer à en diminuer la densité. Ba roche fait une vive effervescence avec les acides, surtout quand elle est réduite en poudre fine ; toutefois ce caractère se présente Iinégalement dans les diverses parties de la | 11

162 | DESGRIBTION DES ILES CINARIES,

rocheset on neld'obserye pas du lout sur.les morceaux les-plus solides. Toutes ces cireonstances tendent à apoil Ja supposition que la Tosca a séjourné primitiement sous la mer. Dans son ensemble, on peut considéiee la Tosca comme analogue au-tuf de Pausilippe; car sa cohésion est dans quelques endroits assez considérable pour.qu'on puisse tailler celte roche en "plaie destinées à des-constructions légères.

-Le-tuf se troûve répandu sur toute l'île ;-et-dans des situations très remarquables®Dn ne le rencontre que jusqu'à un piveau déterminé sur le flanc des montagnes ; maisce niveau est variable ÿ “il se trouve d’autant plus bas que.la partie-quel’on considère est plus” éloignée du Pic; aû contraire, .ilest d'autant plus élevé qu'en.se rapproche plus du volcan "Auprè ès de Orotava, us Fosea ne s'élève pas à plus de 400 pieds au- dessus e la mer ; d'a de Realejo, éile se trouve à 600 pieds, 4 au village de Fuente. de les Gouanches, tout. près ré base. du Pic, elle est. à 800 pieds de hauteur. rs de Orotaya,. ÿ & dde: Fr (uf unégrande quantité de-bloés -basaltiques ‘trés considérables, où l’on voit rarement du feldspath: Aux environs de Fuexie de los. Gouanches., les blocs sont plus considérables, mais ils né sont pas basaltiques ; leur couleur est le gris, et ils renferment -une multitude de longs et beaux cristaux de-hornblende et une grânde, quantité de feldspath qui paraît très distinctement à la surface : ces. blocs sont de véritables {rachytes. Auprès de Santa-Cruz, la Tosca ne-s’élève pas à plus de 100 pieds , et dans cette localité-.ce tuf ne-renferme pas de blocs. . : L'existence de cette singulière roche estun aciars . cêrtain et extrêmement précieux qui: sert à distinguer les courants de lave du Pic.des matières qui ont aussi l'aspect de courants, mais qui n’appartiennent pas à ce volcan. Car. les laves et toutes les matières rejetée

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| par le cratère, les rapilles et les fonces ne sont jamais recouvertes par la Tosca, sur laquelle on les voit toujours reposer ; loutes les autres roches en couches » OÙ sous formes de courants volcaniques, sont au contraire

masquées et recouvertes par la Tosca Ainsi, il arrive souvent qu'on observe des masses de matières que l’on pourrait prendre pour des couran{s qui auraient coulé de haut en: bas, et qu’on pourrait facilement attribuer à uneéruption du Pic; mais elles sont recouvertes par la Tosca, et par conséquent ‘es courants sont le résultat d'actions tout-à-fait différentes de celles qui produisent les éruptions isolées du Pie et probablement plus intenses : généralement on 2e peut rattacher ces sortes de laves à aucun cône

d’éruption. . ie Ne Près le baranco de las Arenas, à peu de distance àu nord-ouest de Puerto Orotaya, on voit un pareil cou- Tant de lave descendre dela Villa ; il atteint le rivage de la mer, un peu à l’ouest de la maison de campagne de Ya Paz. On voit cette lave se précipiter en forme de Srosses écailles. courbes sur les couches de tuf et de basalte, et elle recouvre entièrement la tête de ces Couches, Il y a des cavités considérables où le tuf et le Courant sont {out-à-fait-en contact. Le courant ne peut Par conséquent appartenir à là série des couches basaltiques , et il doit être venu se superposer postétieurement. À la partie supérieure, la surface présente SOuvent des espèces dé vagues de matières scoriformes, tomme il doit s’en produire dans le mouvement d’une Masse visqueuse : ce carac{ère distingue aussi très

biénile courant de lave, des couches basaltiques. La matière qui compose ce courant est. basaltique ; elle renferme de très beau péridot, mais point de

felds path. | G Un peu au-dessus de Villa Orotava, à l'endroit où.les ; Th

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eaux de tavallée de l'Âgua Manza sont prises pour être amenées dans la ville , on peut observer un courant de jave tout-à-fait semblable et très facile à étudier, parce que la'Tosca, qui ordinairement recouvre ces sortes de courants, ne s'élève point aussi haut dans cette contrée. La roche dont ilse compose n’est pas boursoufflée où spongieuse comme le sont les laves ; elle est au contraire tout-à-faitcomme une masse tressée el entortillée, semblable à célle que forment les courants d’obsidienne du Pic. La masse renferme beaucoup de cristaux brillants , translucides, de péridot, et de gros cristaux noirs d'augite. Ces courants descendent du haut de la Cumbre et ‘s’étenderit ordinairement à des distances fort considérables. J |

Au milieu de la surface que laissent entre elles les

escarpements de Tigayga et de S. Ursula, s'élèvent encore trois cônes volcaniques, mais isolés, que l'on aperçoit de fort loin. Ces volcans rompent l’uniformité de cette vallée, et ont donné lieu à de pétits courants de Jave qui s'étendent jusqu’à la mer. Fous les trois sont de véritables bouches volcaniques , sortes de eanaux éloignés qui donnent issue aux mätières qui sont en fermentation dans le Pic. | “0

Immédiatement au-dessus de Puerto Orotava s'élève l'une de ces montagnes, le Pico de las Arenas; et Je courant qui en sort s’avance jusque dans la ville même; une partie de la ville est bâtie sur ce courant, et le pétit hâvre, qui au bord de li mer peut être considéré comme un port, est formé par des blocs de lave qui en proviennent. Les caractères de cette matière ef son aspect extérieur-la rendent complétement diffé rente des autres roches. Aucune tradition n’a transmis de Souvenirs ‘sur l’époque de Ja’ sortie de ce courant dont la trace est indiquée par la plus désolante stécilité; ce sol ne reçoit aucune espèce de culture , et

en effet il ne serait pas possible d’y faire rien végéter, car on n’y trouve pas la Tosca, ce tuf précieux dans lequel. les racines peuvent se développer. La lave, étendue comme un large ruban noir, oppose un rem- . part infranchissable au développement de la belle végétation qui l'entoure , et les quelques plantes de l'Afrique qui y croissent contrastent d'une manière encore plus frappante avec la fertilité du sol environnant.

Le Pico- de las Arenas, d’où sort le courant: de lave de Orotava, se trouve à une dem:-lièue au-dessus de la ville, à moitié chemin entre Puerto et Villa Orolava. Il s'élève à 400 pieds au-dessus du sol, et son: sommet est à 700 pieds au-dessus dela mer, Toute cette montagne ne se compose que de rapilles caverneux , noirs et roulés comme des charbons. Au milieu se trouve un cratère dont la cavité n’est pas {rès considérable, mais qui est fortement échancré el-ou-

vert du côté de la ville, de telle sorte que, vue d’enbas, cette montagne présente l’aspect d'une fourche. Ce cratère est le point de départ du courant de lave. qui descend le long de la vallée jusqu’à la mer, sans presque s’écarter de la ligne la plus directe. À la partie Supérieure on y {rouve des blocs scoriformes , mais qui ne se présentent plus dans les parties inférieures. L’intérieur de. la masse est gris, à grains fins : on y ob- Serve quelques débris de hornblende et de feldspath, Maïs pas de traces de péridot. Cette roche n’a rien de basaltique; elle rappelle au contraire les trachytes du Pic et les autres produits qui en dérivent. La‘grande différence que cette lave présente avec les couches de là vallée peut surtout s’observer dans le baranco le Plus rapproché de la ville, le baranco del Puerto. La lave forme a surface supérieure: puis ensuite vient la Tosca qui forme les flancs du baranco, et audessous les masses-noires el caverneuses qui corsti-

tuent les couches basaltiques supérieures. Lorsque l'on observe les morceaux de ce basalte que l’on emploie souvent. pour enceindre les vignobles, on peut très facilement, même dans le. ‘Voisinage de la lave, les confondre avec des fragments de cette lave; toutefois on peut y reconnaitre une grande quantité de petits grains de péridai el quelques. cristaux d’ augite , et, au contraire, on n’ y voit ni feldspath, ni hornblende. En outre, au point où le baranco del Puerto se sépare er deux autres barancos, cette couche inférieure qui renferme le péridot, se divise: en grandes colonnes à cinq faces très régulières, caractère qui ne se présente jamais dans les courants de lave. Au-dessous du courant de lave se trouve upe couche irrégulière formée de blocs anguleux de la même nature : cette circonstance se présente généralement dans. toutes les coulées de lave. | Le Pico de los Frayles, le second cône d’éruption de la vallée, se trouve plus haut sur le penchant de la surface : il est. aussi plus élevé que le précédent, et situé tout-à-fait au milieu et à peu près à égale distance de Puerto Orotava, de Villa et de Realejo : ce cône volcanique a 600 pieds de hauteur : le courant de lave s'étend depuis le pied du volcan jusqu’ au rivage de la mer. Dans l’intérieur, Ja lave est tout.à-fait semblable à la lave d’Orotava. On n’y trouve point non plus de péridot ni d’augite, mais il y a du feldspath et quelquefois des cristaux de hosmblende. Plus haut encore, et tout près de Realejo ariba, s'élève le troisième cône volcanique : celui-ci est très petit et sa circonférence peu considérable. La coulée de lave qui en sort ne parvient pas jusqu’à la mer, et n’atteint même pas la route qui mène de Orotava à Realejo abaxo. On la reconnaîtrait même-très difficilement, Si l'attention n’était attirée sur ce point par

DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 167 l'élévation du cône volcanique: Cette lave contient aussi beaucoup de feldspath. |

Ce sont là les seuls indices de Paction volcanique du Pic, qu’on puisse observer-dans la vallée’ de Taoro: On chercherait vainement à reconnaître sur cette sur. face d’autres traces aussi évidentes d'éruptions ; de cônes volcaniques ou de matières ponceuses. :

Sans l'examen de ces circonstances, on aurait pr croire au premier abord que l’action volcanique &e-

Vait se limiter, dans. les environs du Pic, à la mon-

lagne de Tigayga. Les coulées d’ Orotava sont«d” autant plus. remarqüables que’, bien qu'à une distance con- Sidérable du Pic, élles ont cependant là plus grande analogie dans iéur structure intérieure avec les Ses qui proviennent directement du volcan: principal,

n’en ont ‘au contraire aucune avec lés roches qu 1 entourent.

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