‹ Description physique des Îles Canaries, suivie d'une indication des principaux volcans du globeChapitre 25 sur 90 · er (Mn · texte numérisé non relu

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” DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 181

Corrizal. Ce-baranco est creusé dans l'immense cap de

Teno , qui forme la pointe nord- ouest de Ténériffe, et qui est de beaucoup le pris élevé de tous ceux qui entourent cette île. .

La grande et large vallée de séparation de S. PE tombe dans une autre vallée aussi fort Jarge et dont la direction est la même : celle-ci a reçu le nom de «7 Palmar , à cause des palmiers qui apparaissent pour la première fois dans cette partie de l'ile.

Au milieu. de cette vallée s'élèvent deux cônes voi: caniques très remarquables qui en occupent toute la largeur. Ïl en est sorti une coulée de lave qui s’avance

vers Buenavistà, et qui est composée de masses ayant

la forme de grosses écailles et laissant entre elles de nombreuses cavités: Probablement cettecoulée parvient jus qu’à la mer. Il est à remarquer que cette lave ne contient point de feldspath , mais paraît formée de basalte grenu. Le voisinage. des-rochers basaltiques. de Maca

semble donc n’avoir pas été sans Ge Hire influence sûr

Ja composition de cetté coulée.

La pointe de Buenavista, vers laque! le.se dirige la vallée, offre une surface toto à-fait plane et sans rochers : on y voit seulement un cône volcanique? au Pied duquel se trouve probablement une coulée de lave.

La plage sur la côte est üne des plus étendues de toute l'ile : elle est complètement recouvertetde {uf blane, et la mer ne se trouve dans cette partie limitée

sur une grande étendue par aucune falaise.

Auprès dé Garachico, il est facile de- rotthetétit e que, sur le côté nord de l'île, le pied du Pic est formé de roches de la mêrhe nature que celles qu'on: observe | Sur Ja montagne de Tigayga, entre Realeio et Icoz. :

Un peu avant d'arriver à Icod los Vinos, le chemin | qui se trouve à lPouest est dominé par une muraille®

de rochers analogue à.celle de Tigayga. On y remarque

aussi dés couches basaltiques qui alternent avec des conglomérats et des tufs d'une couleur brune. Ces couches s’abaissent doucement vers la mer, en suivant la pente de la surface extérieure de la contrée. Entre deux montagnes tout-à-fait semblables se trouve resserré le courant de lave qui, en 1706, a détruit la ville de Garachico , et qui a comblé le meilleur, ou plutôt le seul port de l’ile de Ténériffe. La lave sortit de plusieurs cônes volcaniques élevés à plus de 1,000 pieds au-dessus de la-mer et se. répandit, lorsqu'elle eût traversé les passages étroits que laissaient les | couches basaltiques, en cinq coulées différentes qui se dirigèrent vers la mer. De gros blocs stériles , entassés les uns sur les autres sur la pente de la montagne, et disposés comme la moraine d'un glacier, recouvrent la surface decette lave.

La coulée la plus considérable, et qui était aussi celle qui se trouvait le plus au sud-ouest, s'avance considérablement dans la mer ; c’est cette coulée qui a divisé en deux parties le port déjà fort restreint de Garachico. La partie la plus orientale du courant ne s'est pas étendue jusqu’à la mer, et s’est arrêtée près des maisons les plus élevées de Garachico. La lave qui forme ces coulées est très noire, à grains fins : on y reconnait très facilement la hornblende et le feldspath en longs cristaux, comme dans les laves du Pic; pourtant ces cristaux sont rares. et dispersés. Peut-être sont-ils plus fréquents dans l'intérieur, de la masse. "NS LUS ES

Quand on considèré d’un point élevé la surface qui est comprise sur une étendue de deux lieues, entre Icod:los Vinos et Fuente de los Gouanches, on reconnaît au premier coup d'œil que tout cet espace n’esl qu'unvasie champ de lave. Les nombreuses matières scoriacées qui, sous formes de vagues, descendentles

DESCRIPTION PocNosrIQUE. … Mit ‘185 unes sur les autres dans toutes les directions, indiquent. aussi qu’un grand nombre de coulées se sont superposées les unes. sur les autres. Onserait, d'après cela, très porté à croire que le volcan qui a vomi toutes ces matières n’est pas très éloigné, mais on le chercherait

vainement dans le voisinage. Cependant, tout près de là, s'élève leflanc abrupte et inaccessible du Pie, prin-

cipalement vers la partie orientale-de la masse de lave

entre Fuente de los Gouanches et Pino Santo; et, à peu de distance, on observe aussi la base escarpée de la montagne.de Chahorra. Cette dernière montagne se réunit au Pic par sa base, et né s’en sépare qué dans les parties élevées. Or, lorsqu'on étudie le pied de ces Montagnes, où reconnäit bientôt, non sans Surprisé , que tous les courants de lavé sortent immédiatement des Parties et de la: base communes aux deux monlagnes ; et parmi toutes les coulées qui-s’étendent jusqu’à Icod, il y en a à peine une seule qui ait pour origine une bouche volcanique située au-dessous de la base du Pic. Ces coulées de lave sont donc en grande partie descendues d’une hauteur de plus de 9,000 pieds, et se sont répandues sur un espace qui est souvent de Près de deux lieues. SR BL be

La matière qui compose ces coulées est bien caraclérisée et fort différente de celle qui constitue les autres

laves sorties des bouches'volcaniques ouvertes au pied

du Pic. Les laves que nous considérons sont de vérilables verres ; les parties de lave qui se trouvent près de Pino Santo offrent, quand on'les brise, la Cassure brillante et lergement conchoïde du verre: Ja masse lenferme des pores et des soufflures dirigés dans le sens du Courant, et Ja surface est recouvérte d'écailles étrices d'une manière confuse. À une certaine profondeur dans la coulée l6s soufflures disparaissent, la’ cassure es

Moins brillante, Ja! couleur est le brun noirâtré où le

S NES. 7 on | pu

184 DEsCRIPTION ÉBS ILES GANARIES.

noir : a roche ressemble au pechstein , et dans quel-

ques parties, on peut.en effet la confondre avec lui, On y remarque du feldspath vitreux, et se laissant cliver en long; on n'y voit point de hornblende, Plus pro-

fondément encore la roche-est brune, fissile, à peine éclatante dans sa cassure qui est seulement un peu brillante : elle ressemble alors au hornstein.YLe feldspath s’y trouve toujours en même quantité. Ces coulées . \ sont évidemment formées d’obsidienne aussi bien caractérisée que celle qui entoure le sommet du Pic. Probablement, à cette grande distance de la source qui a rejeté ces matières ,:la nature vitreuse de l’obsidienne aura été altérée dans les parties situées à. une certaine profondeur, soit par un refroidissement plus lent, soit même par la pression que ces parties avaient à supporter. Alors la matière aura perdu son éclat,

sera devénue. plus compacte, et aura formé enfin une nouvelle roche.

D'après les remarques de M. Escolar, toutes ces laves -répaudent, quand leur cassure est fraîche , une forte odeur. de bitume, qui se manifeste aussi quand on les humecte. M. Knox ( Phil, trans. , 1825 ) a en-effet extrait ce bitume de l’obsidienne pechstein: et les recherches de M. de-Humboldt ( Rel. r, 163), dans lesquelles il avait constaté le boursoufflement qu'éprouve l’obsidienne du Pic, lorsqu'on la soumet à l’action de la chaleur, et la perte de poids qui en résulte, lui avaientaussi fait soupçonner l'existence d’une substance de cette nature. De là vient la cassure vitreuse de à masse, et aussi la transformation de cette: roche en matières ponceuses,

Le. courant qui atteint Icod los Vinos contient ane 5 incroyable quantité de. cristaux de feldspath en lame très minces, que ces cristaux paraissent dans les blocs comme des ‘fils blancs disposés les -uns derrière Je5

DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. à 185

autres : ils Suivent en grande partie tous la même direction. Souvent aussi ils sont groupés autour d’un noyau ou masse solide allongée, qui se sera opposé comme un obstacle à leur mouvement et qui aura diminué leur vitesse. |

Ces laves à surface raboteuse et inégale s'étendent jusqu’à la mer : on n’y voit que quelques buissons d’'Euphorbia; il n’y croît point d'arbres, à peine peut-on y cultiver la vigne.

L'apparition de ces immenses coulées de laves a-dû nécessairement précéder toute tradition ; car il est peu croyable que, pendant la catastrophe qui à produit ces Mässes assez considérables pour couvrir une étendue de plus d’un mille carré, l’île puisse avoir été un lieu habitable.

La surface occupée par ce champ d’obsidienne s'étend Sur la plus grande partie du district d’Icod , Sur la totalité de ceux de Buen Paso, de Guancha et S. Catalina j

et sur une partie considérable de celui de S. Juan de Rambla.

La montagne de Tigayga , qui limite le champ d’ob- : Sidienne d’Icod du côté d’Orotava se termine auprès de

=S. Juan de Rambla, par de hautes falaises escarpées

qui bordent le rivage de la mer. Ces escarpements sont remarquables ; et du chemin qui suit le bord de la mer, on peut y observer de magnifiques colonnades basaltiques : ces colonnes sont généralement des prismes à cinq pans très réguliers, et le plus souventinclinés Vers l'extérieur. La basalte est grenwr, à grains fins, el con tient un peu de feldspath, D’autres colonnes s'élèvent du sol en divergeant, et relèvent les couches de con- Slomérats qu'elles supportent en une sorte de voûte. À

une certaine distance des colonnes balsatiques, ces cou- ches reprennent leur première direction. Les colonnes ne $ étendent jamais beaucoup plus'en largeur : ce ba-

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