PIC
Le Pic est une montagne qui s'élève sur une autre montagne. Lorsqu'on entre dans le cirque par le défilé de Portillo, on est seulement parvenu au pied de cette nouvelle montagne, c'est-à-dire, dans les parties qui lui sont tout-à-fait propres et qui la distinguent des protubérances qui la précèdent. Toutes celles-ci, si hautes qu’elles soient , ne doivent être considérées que comme une enveloppe extérieure qui n'appartient pas essentiellement au Pic.
Depuis Portillo, les flancs du cône présentent une si grande quantité de pierres-ponces , que toute la montagne paraît de loin être complétement recouverte de neige (PI. VI.) Des coulées d’obsidienne se détachent sur ces ponces, comme de larges rubans noirs qui descendent du sommet quelques-unes s'étendent jusqu'au fond du cirque, d’autres s'arrêtent à moitié de ia hauteur et restent suspendues sur le flanc du cône ; d’autres enfin s'étendent si peu, qu'on ne les distingue sur le sommet du Pic que par leur couleur noire qui contraste d’une manière si tranchée avec la blancheur de la surface Sur laquelle elles reposent. Cette surface poreuse ne peut recevoir ni arbres ni gazons ; les seuls
ES
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 187
buissons qui-puissent encore végéter sur ce sol aride et -desséché sont ceux du Spareiac nubigenum , du Retama blanca, dont les racines s'étendent au loin à travers les pores de la surfacé, |
Les pierres-ponces ont comblé toutés les fentes et toutes. les crevasses; aussi sur les flancs du cône on ne voit point de baranco$, point de rochers saillants, point de formes brusques et aiguës : ce n’est que vers le pied du cône principal qu'on peut observer de petits Cônes d’éruption ayant un.cratère à leur sommet, et qui Sont.entièrement formés de rapilles noirs. Les pierres ponces, les rapilles et l’obsidienne sont les seules malières qui, sur le Pic » frappent la vue de l'observateur.
On ne Yoit point da pierres-ponces incohérentés à la surface du sol aux environs d’Orotava, non plus que sur. le chemin qui mène au Pic. C’est seulement uand on arrive dans le voisinage du défilé de Poräillo, peut-être une demi-lieue, avant de parvenir à ce point, qu'on commence à remarquer sur le sol des fragments très petits de ces ponces. Insensiblement elles deviennent plus fréquentes, et, dans le défilé de Portillo, elles forment déjà une eouche assez considérable : les fragments deviennent aussi plus gros. Sur la plaine des Spartium,Llano de las Retamas, qui s élève par une Pente douce, il y en a déjà une telle quantité, qu'il est impossible d en apprécier l'épaisseur ; ‘les pierres- Ponces ont pour Ja plupart, dans cette partie -de la montagne, la grosseur du poing.
En s'éleyant à plusieurs centaines de pieds. sur la base du Pic, on arrive au Monte de Trigo ou Montagne de Blé ainsinommé parce que les morceaux de pierres Ponces, roulent les uns sur les autres, le long de*la pente dela montagne, comme d'immenses grains de blé, et que cette partie du. cône volcanique paraît comme
si elle était tont-à-fait recouverte de blé.
Au-dessus de celte montagne se trouve une petite plaine, l’Estancia abaxo , où les voyageurs qui montent au Pic, passent ordinairement la nuit. Cette plaine se trouve à 8,040 pieds au- dessus du niveau de la mer, et déjà à plus de 2,000 pieds au-dessus de Portillo; cette hauteur dépasse de beaucoup les bords les plus élevés du cratère de soulèvement , et au premier abord, ce résultat a lieu de surprendre, parce que jusque-là on s'élève sur une pente douce et unie ; formée par les pierres-ponces qui recouvrent les flancs du: Pic. Mais à partir de là le flanc de la montagne s'élève plus rapidement le long d’un courant d’obsidienne : le chemin monte alors en serpentant ; et les pierres-ponces deviennent plus considérables : enfin, vers l’Estancia ariba, à uné hauteur de 8,957 pieds, elles sont grosses comme Ja tête et rarement plus petites ; dans leur cassure , elles présentent des fibres fines et irrégulières, et sont presque toujours très blanches. On y voit rarement du feldspath.. Le chemin suit pendant une demi-heure Ja coulée d’obsidienne jusqu’à Altavista, où.on.est forcé de quitter les ponces pour continuer à monter sur l’obsidienne-elle-même ; c’est alors avec la plus grande peine et les plus grandes difficultés qu’on peut se guider à travers les blocs aigus , que leur nature vitreuse et le tranchant de Jeurs angles rendent aussi dangereux que des lames de couteaux. On emploie. plus d'une demi-heure à traverserice champ de verre, et ce n’est pas certainement sans raison que cette partie de chemin a reçu le nom de el Malpays. Au milieu de ce champ d’obsidienne les blocs ont formé en S'entassant les uns sur les autres, une grotte profonde, dont le sol est constamment couvert de glace. Cette grotte, nommée Cueva del Hielo, estextrèmement précieuse, en raison de la glace dont elle approvisionne conslammentles localités situées au pied de lamontagne-
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 189
Au-delà du Malpays s'élève alors le dernier cône, le Piton, qui est singulièrement abrupte, et partout recouvert de pierres- ponces blanches. Il est fort remarquabie que dans cette partie les fragments de pierres-ponces sont beaucoup plus petits que ceux qui se trouvent auprès de l’Estancia ariba, et on peut à peine {(rouver un morceau qui dans la cassure ne paraisse tout rempli de cristaux de feldspath. Évidemment, ces ponces sont tout-à-fait différentes de celles qu'on observe plus bas, et si la grosseur des morceaux est, ainsi qu’on doit le Supposer, en rapport avec leur proximité de la source qui les a rejetés, la bouche d’éruption qui a projeté les Ponces qu'on observe depuis Portillo jusque dans les parties ‘élevées sur le flanc de la montagne, ne doit
pas être cherchée dans le grand cratère sur lé sommet
du Pic, et doit, au contraire, se trouver près d’Estancia.
Le Malpays s’élève-d’une manière si brusque et si rapide, qu’on peut très bien considérer comme une plaine le petit espace qui sépare ceite partie de la
montagne du dernier cône du volcan nommé Priton
ou Pain de sucre. Dès qu’on s’est un peu élevé sur le flanc-de ce cône, on voit très bien l’origine de ce vaste champ ‘de lave que F on côtoie depuis l'Estancia inférieur. La lave commence au pied du Piton lui-même,
el aucune partie de cette matière ne provient du point culminant ou du grand cratère. On n’observe non plus aucune trace du cratère d’éruption qui correspond ordinairement à chaque coulée de lave sortie du volcan.
Mais à l’ origine du courant , on voit dans la surface de la montagne, fort pewinelinée en éet endroit, de grandes crevasses entre les blocs. Ces fissures concourent toutes en un point central qui offre une cavité beaucoup plus profonde que les extrémités des crevasses. C’est de ce point qu'est sortie Ja prodigieuse masse de matières qui. s’est répandue au loin à l’est et an sud-est , et
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qui en se précipitant sur Ja pénte rapide du cône s’est divisée en plusieurs branches, dont les principales pourtant D ‘atteignent point encore le pied de la montagne, pas même celle qui a accumulé des blocs si considérables pour former la Cueva del Hielo. Cependant la partie de ce courant qui passe devant lEstancia, descend jusqu’au bas du cône ; cette immense coulée s'étend même encore plus loin , et de plusieurs côtés dans l’Atrio du cratère vers le pied des rochers qui entourent le Cirque. Tous ces faits peuvent très bien s’observer du bor d du grand cratère au sommet du Pic. ; | Ces diverses coulées sont toutes composées d’obsidienne. A la surface où le courant se précipitait d’une manière plus rapide, la matière vitreuse a la forme de filaments déliés et tressés les uns avec les autres; et sur les côtés sont suspendues de grosses larmes de verre. De là etdes bloes qui se trouvent au pied du Piton, on peut facilement détacher et recueillir de gros fragments gris noirâtres, transparents, brillants, conchoïdes, très faciles à casser, et que l’on pourrait aisément prendre pour du verre à bouteilles, sans les cristaux blancs de feldspath quise distinguent très bien dansla masse avec laquelle ils sont presque tout-à-fait liés. À une certaine profondeur dans le courant, la matière est moins bril- Jante, d’un brun-noir, finementconchoïde, mais toujours très cassante. Elle ressemble à du pechstein très noir, et en morceaux isolés, on le prendrait certainement pour cette roche. Les cristaux de feldspath s’y trouvent en telle quantité qu’on a souvent de là peine à distinguer la matière qui empâte ces cristaux" ce feldspath paraît augmenter dans la lave, à mesure qu ’on Considère des parties plus profondes dans le courant, et il y devient tellement abondant que cette lave ressemble souvent
xune roche primitive. Dans beaucoup de: points, parti- É,
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 191 tulièrement à la Cueva del Hielo, on voit très distinctement comment les cristaux de feldspath , par suite du mouvement inégal de la masse, suivant son plus ou moins d'extension en largeur , se sont divisés en
lamellés minces, parallèles, qui se sont placées les unes derrière les autres. Souvent les portions des cristaux ainsi divisés sont encore tellement rapprochées, qu'on peut facilement par la pensée les rattacher les unes aux
autres dans leurs positions primitives; les autres forment des espèces de lames minces parallèles , dont les faces les plus larges sont parallèles à la direction de la coulée, et qui, vues en coupe, ressemblent à dés aiguilles blanches, Les expériences de M. de ‘Drée, dans lesquelles il a fait fondre diverses laves dans un creuset, ont prouvé que dans une telle masse fluide, les cris-
Taux de feldspath devaient tendre à se précipiter au fond. &.* HRTDISE A Souvént dans les courants il se trouve de petites cou-
ches dans lesquelles la masse principale est plus ou moins brillante ; on voit fréquemment de ces couches de deux ou cinq pieds d'épaisseur ; formées d’une matière matte et presque pulvérulente, et qui empâtent une grande quantité de fragments de pechstein noir. Ce phénomène
Peut s’observer-très distinctement à la Cueva del Hielo.
L’attention la plus minutieuse ne peut rien faire décou-
Vrir autre chose que du feldspath dans ces blocs d’obsidienne ; il n’y a aucune trace ni d’augite ni de péridot.
A la surface de la coulée sont suspendus un grand nombre de blocs solidement unis avec la masse, mais qui sont filamenteux , poreux et boursoufflés comme des pierres-ponces ; On ne pouvait même Îles en distinguer sans leur couleur. On observe souvent des blocs semblables , dispersés et isolés. Il est évident que cette espèce de ponce provient du boursoufflement de l’obsidienne , et peut-être ces blocs doivent-ils leur téx-
ture au dégagement du bitume qui colore l’obsidienne. Il est extrêmement remarquable que sur le Malpays et sur toute la coulée d’obsidienne, on ne voie aucune trace de pierres-ponces ; si elles existaient, elles se distingueraient par leur couleur blanche qui trancherait d’une manière évidente sur le fond noir dè la lave. Toutes les coulées qui recouvrent le flanc du cône sont donc sorties de la montagne postérieurement aux éruptions quiont rejeté les ponces ; cependant les deux matières pourraient.encore provenir de la même éruption. On peut en effet supposer, et cette hypothèse est même très vraisemblable, que la transformation de l’obsidienne en pierre-ponce s’est effectuée dans l’intérieur du volcan et avant l’éruption, soit par l’action des vapeurs sur la roche , soit par celle de la chaleur. La sortie des ponces aurait ainsi précédé léruption de l’obsidienne. Il existe pourtant des coulées de la même nature qui paraissent se trouver au-dessous des pierres-ponces. Dans un escarpement qui se trouve à peu de distance au-dessous-de l'Estancia inférieur, om voit ainsi un courant d’obsidienne qui se trouve à une grande profondeur au-dessous de la surface.
Lorsqu'on monte vers Estancia, sur le Monte de Trigo, ce n’est pas sans surprise qu’on voit au-dessus des pierres-ponces, de gros. blocs d’une couleur noire, formant de véritables petits rochers, et qui sont toutà-fait étrangers au sol sur lequel ils reposent: On pourrait croire qu’ils sont sortis du grand cratère du Pic, et qu'ils ont été jetés dans cette position par une éruption; mais un cratère pourrait difficilement projeter de telles masses , et on n’a jamais vu les éruptions du Pic produire un tel résultat, qui, d'ailleurs, auraït quelque chose de très invraisemblable, D'ailleurs ; à une petite distance du cône volcanique, dans une partie où sa pente peut très bien être étudiée, 08
LE DESGRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 183 Téconnait bientôt que des masses. nôires tout-à-fait
semblables :cOrespondent toujours vers le pied, de Ja
montagne àla limite d'un-courant d’obsidienne qui s'est arrêté sur des flancs : ces masses ne sont doné autre chose que de grosses larmes de verre qui-se sont détachées de la coulée et ont roulé sur: la pente jusqu’au
piéd de la montagne. 3. | $ = sas ” "A ge. : Tous ces phénomènes sont évidemment de nature à exciter au plus-haut degré l'intérêt, en-ratenant sans cesse: nos. idées vers les. grands mouvements: qui se Sônt effectués dans ces points dela surfacé du'globe,
et qui les ont recouverts de! nouveaux produits. : -Le Piton; dont-la hauteur ne surpasse pas 800 pieds ; s'élève d’une manière très rapide, 'et lés-petits morceaux de pierres-ponces qui recouvrent sa surface ont si peu ‘de consistance, qu'on aurait la plus grande peine à gravir cette pente sans une-arête solide: de rochfts qui paraît. hors dé la surface ; et sur-laquelie on peuts’appuÿer pour monter. Ce n’est plis de l’obsidienne , mais une masse grise contenant du féldspath ; et qui n’a nullement l'apparence d’une coulée. On peut observer des rochers tout-à-fait semblables en arrivant au bord du cratère , et par conséquent au sommet le plus élevé delamontagne. Ce trachyte, si bien caractérisé, paraît être "dela même nature que les blocs gi sont tonibés de:-la partie »occidentale de. la crétéldu Pie et: qui ‘Ont couvert l'extérieur du cratère ë il est, formé d’une Masse-principale feuilletée, grise, avec beaucoup de | cavités ; les cristaux. de: feldspath qu’on y observe ne. Sont. pas. disposés ‘ parallélement- lés uns aux autres : Comme dans les laves ; ils se croisent au contraire dans lousles sens , ét dans la cassure des fragments on voit ces cristaux présenter indi stinctement leurs faces larges ou leursfaces-étroites. : — : - | PRE 7 Ces bloës ne forment pas des masses isolées : les roches
qui composent LE ‘enveloppe intérieure du cratère sont de la même nature, comMe on peut le voifffar les rochers qui s'élèvent à 50 ou 40 pieds de hauteur vers GhahorTa. Les couches que cette roche paraît former plongent du nord-es$ au sud-ouest ; c’est aussi la pente générale de’ tout dé cratère, Le bord le plus élévé de.ce cratère ést donc au nord-est, et, au contraire, lepoint de la plus grande dépression est au sud-ouest, du côté de Chasna: Depuis ce point le cratère ne s "abaisse presque pas jusqu'à son centre.. Lä différence de niveau de ces deux points-est en effet tout au plus de 20 pieds. De tous les côtés, excepté seulement de quelques points de la partie occidentale ‘qui . présentent des rochers abruptes , on peut descendre, facilément dans l'intérieur du cratère, sur dés blocs ou masses de rochers formés de trachyte altéré ‘et décomposé par les vapeurs sulfuriques .qui se dégagent du volcan. | |
-Nulle part on ne Voit.rien qui puisse ressembler à une coulée de lave ou à de l’obsidienne , et: le quantité de tuf ponceux qu'on peut y. observer est si faible en proportion de la masse énorme-de cette roche qui se trouve sur le flanc de la montagne , que l’on doit évidemment renoncer tout-à-fait à J' idée ces tufs ont été rejetés par ce cratère. :
Le cratère mest rien-autre chose qu’une sfitires 6 des vapeurs sulfureuses se dégagent de l'intérieur dans presque toutes lès pañîties et.même jusque sur la crête de la ceinture extérieure du cratère. Ces: vapeurs transforment les roches en‘une argile blanche, probäblément aussi en terre alunifère, et le soufre se dé-
pose dans l’intérieur-des écailles qui se .dètachent de Ja masse, en fort beaux cristaux groûpés en druses. En beaueoup de points le sol est tellement amolli-par ces actions. chimiques, qu'il faut apporter beaucoup de ciréonspection pour ne point enfoncer dans des masses
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. , 195 de matières très échauffées, où l’on sérait dangereusement brûlé. | riun at ere La. circoñférence entière du cratère est au plus d’une demi-lieue, pas au-delà, mais elle n’est aussi guère
- moins. de celte étendue. Sa profondeur depuis le point “le:plus élevé est de 160 pieds ; mais au-dessous de Ja plus’ grande partie des bords du cratère, elle n’est:pas. même de 100 pieds. L'intérieur nœ présente . Aucune trace d’autres petits cratères de fentes ou de crevasses ; on n’y observe-pas nonplus de scories. Le cratère patait, depuis des siècles, n'être rien. autre qu’une. sola ner Gomme le bord occidental du cralère est un peu plus élevé que le bord oriêntal., il en-résulte que la vue se trouve limitée à l’ouest lorsqu'on arrive au cratère en Partant de l’Estancia , et. par conséquent là nature du Îlänc de lamontagne ne peut s’observer que lorsqu’onest parvenu aux rochers qui forment le bord: du. cratère du-côté de l’ouest. Alors on Voit sous ses pieds s'ouvrir
un nouveau cratère plus considérable que. celui qui forme lé, sommet du Pic : ce-cratère appartient-à la montagne de Chahorra. Le flanc du Pic est. aussi extrêmement rapide de ce côté, mais seulèment sur ! ‘We-hauteur de 2,000. pieds : au pied de cette. pente .
se-trouve une plaine recouverte : de, pierres ponces
blanches. qui s'étend-à l’ouest en se termin
| ant brus-
quement à l’immense cratère de Chahorra. : ass à Du sommet duPie on ne distingue pointde montagne, Tandis que vu d’en-bas Je mont Chahorra pourrait, Sans le voisinage du Pic, être comparé aux volcans les Plus élevés (pl. VIT). Chahorra est resté long-temps Inconnu aux naturalistes > Parce qu'envisitant la mon. -* tagne, à partir de Orotava, on ne. peut le distinguer du Pic qui le couvre en grande partie. M. Cordier.est 4 le premier qui j'ait découvert en 1803 , et qui l'aitfait
= re re 2 Le
connaître : il avait gravi la montagne en partant de Icod , et, dès qu'en partant de ce point on à dépassé les premières élévations, on aperçoit cetté prodigieuse moftagne , qu’il est alors impossible de confondre avec le Pic. En effet, sans la petite plaine qui les réunit tous les deux ,: et qui n'occupe guère que la huitième * partie du contour de la montagne, Chähorra serait un cône Volcanique complètement isolé, aussi rapide et aussi régulier que lé Pic lui-même; maïs son cratère et les. coulées de lave. qui en proviennent surpassent tellement ceux du Pic, que M. Cordier est porté à croire que,ce n’est point le cratère du Pic, mais celui de Chahorra qu'on. doit considérer comme la bouche principale du volcan. |
“I est fort difficile de descendre du Pic: sur la montagne de Chahorra; car. où rencontfe bientôt, ‘à une hauteur plus considérable que sur le flanc du cône qui se trouve du côté des, Estancia, une coulée considérable d’obsidienne qui couvre de blocs immenses toute Ja pente ‘jusqu'au pied du cône. Au-dessous, et entre les deux cratères, on Voit aussi une autre coulée d’obsidienne sortir de montagne, tout près dela pente septentrionale. Le vaste gouffre d’où cette masse de
matières vitreuses s’est répandue dans toutes les directions ,sfait connaître le. point où l’éruption s’est effec- | tuée. Les diverses branchés du courant se précipitent bientôt dans les parties inférieures, se mêlent à d’autres coulées qui sont descendues des flancs du Pic, ‘ét's'étendent sur la surface inférieure du. penchant de la ‘montagne , au-dessus de Icod, jusqu’à la mer:D’autres coulées , peut-être plus considérables . encore, couvrent la pente septentrionale du cône de Chahorra; ce sont les mèmes coulées qui traversent, Icod lui-même. 0% peut les suiyre parfaitement dans tout leur cours» en lés observant d’un point élevé : ces courants” s'at-
* DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 197
Têtent dans les-forêts de pins , nommées Pinar, où la pente commence à devenir moins rapide, et elles y forment quelques collines d’un aspect bizarre, qu’on ne peut Mieux comparer qu'à ces immenses amas de laitiers qu'on accumule auprès des hauts fourneaux ou dans les fonderies. Chacun des fragments de ces grändes masses est un verre dont les arêtes sont aigues
2 fort tranchantes. : me:
# Il est à rémarquer que les coulées-d’obsidienne qui caractérisent d’une-manière si spéciale le Pic de Teyde, Proviennent seulefänt des.parties élevées de la mon- Tagne :. toutes es Coutées des parties inférieures n’ont Aucune analogie-ni de naturè ni d'aspect avec les masses vitreuses ‘qui constituent les courants d’obsidienne.* La coulée qu’on observe sur la petite surface plane qui réunit le Pic et la,montagne de Chahorra est pro-
Pablement le courant d'obsidienne qui est sorti le plus bas des flanes du volcan ; il se trouve à une très pétite profondeur.au-dessous du sommet de Chahorra, peut-être n'est-il pas même au-dessous de ce niveau, et par conséquent sa hauteur au-dessus du. niveau de la mer est de 9,200 pieds. On peut très bien supposer ue la pression que les matières supportent dans les. Parties situées à une certaine profondeur, empêche ‘es Matières de preñdre la texture d'une masse Yi. ireuse, es V6
La hauteur du Pic, d'après Borda, est de 11,424
Pieds ; il en résulte donc que la hauteur du cône audessus de la surface des pierres-ponces de Chahorra est de 2,200 pieds. Les morceaux de pierres-ponces qui reouvrent cette sorte de plaine sont singulièrement gros, ét leur diamètre est souvent tel, qu'on pourraif croire qu'ils appartiennent au sol." C’est évidemment dans l'étendue de celte surface qu’il faut rechércher les bou-- £hes Volcaniques d’où. ces ponces Ont pu provenir, Les
morceaux de ponces forment une sorte desurface plane qui s'élève jusqu’à la hauteur de Chahorra et, en suivant cétte surface, on se trouve sur le bord d’un immense cratère, sans lavoir en aucune façon soupconné. Ge cratère n’a pas une grande profondeur, elle’ne surpasse peut-être pas 140 pieds ; mais il faut employer plus: d’une heure pour en faire complétement le tour: À l'extrémité du cratère, vers l’ouest, il se trouve, réuni à un autré petit cratère dont la profondeur est. de près de 300 pieds, et qui présente sur sa pente ex” térieure des escarpements de FOR abruptes et presque verticaux. L'intérieur de ce cratère est formé d'un conglomérat de matières scoriacéés entrelacées les unes avec les autres, et dans la partie supérieure d'obsidienne. Vers le-sud, les rochers se composent d’un trachyte brun qui à quelque analogie avec celui qu'on observe dans le cratère du Pic. Tout l'intérieur du’cra- | tère est recouvert de pierres -ponces, qui n'ont pu . provenir que des flancs du Pic. Or, puisque les ponces me recouvrent pas les coulées d’obsidienne sur le Pie, il faut bien que les ponces sorties de Chahorra soient - plus anciennes que ce qui a descendu sur les flancs du * Pic. La partie la plus élevée de Chahorra, le bord méridionsi du cratère, qui se trouve à 9,276 pieds au dessus de la°mer, est aussi recouverte de ponces. Les flancs de la montagne s’abaïissent rapidement de tous les côtés éloignés du Pic; et ce qu'il y a de surprenant’ c'est que les pierres-ponces disparaissent lorsqu’o2 tourne sur la penté de la montagne en descendant du : cratère, et que, dès qu’on perd le Pic de vue, on ne? trouve plus aucunes traces. Lorsqu'on à tourné le cône de Chahoïra de manière à voir reparäître le Pie sur Je côté septentrional, on retrouve aussi les pierres-poñéé | qui recouvrent le flanc de la montagne jusqu’à l'en7” groit où commencent les pins; c'est-à-dire jusqu’à kB
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 199 forêt de Pinar. Il est donc évident que la montagne . de Chahorra, en faisant Voffice d’une sorte d'écran , a empêché les ponces de se répandre également destous côtés ;*tandis que dans les parties où Chahorra ne formait pas de protubérance, il n’y pas non plus eu de digue opposée à la masse des ponces qui sé sont répandues sur le sol. Es F2 AU pied de la montagne de Chahorra, du côté de l’ouest, présque à l'extrémité de la ceinture de rochers ‘ui environnent le cirque, s'élèvent quatre Cônes volca= | “Miques, qui, le 47 juin-1798, rappelèrent aux hâbitants de Ténériffe qu'ils étaient au pied d’un-Volcan, Les Cônes sont tous disposés sur uñe ligne dirigée de la base de Chahorra vers les rochers du cirque. Célte dispo- Sition indique par conséquent la direction de* la ligne de fracture. Les bouches inférieures sont beaucoup audessous (peut-être. plüsieurs. centaines de pieds) des.
boüches les plus élévées. -Céllés-ci rejetèrent fort peu de lave ; mais de Ja troisième sortit an courant rapide
et qui S'étendit au, loin. Il atteignit les rochers du cirque, -et s’étendit dans la pärtie de ce cirque nommée Cazada : Ja, muraille formée par les ro- Chers l'empêcha de ‘descendre plus avant sur là mon lagne el d'arriver: jusqu'aux points habités. Les traintes des habitants de Guia, de. Chio “et d’X- SUaio ;surle flanc occidental de l'ile, de voir cette Tave :Mieindre et détruire leurs plantations, n'étaient done uüllement fondées: Les laves Sur lesquellès ces villages SOnt bâtis ne sont pas sorties de points aussi élevés ; et les cônes volcaniques > dont l’action d’ailléursse di- * Tige versie sud, en sont beautoüp trop éloignés. : 24 constitue cette fave est peu différente de celle qui forme Jes couches auprès d'Orotaya, et Celles qu’on remarque à Porlillo. Cette läve ne res- Semble nullement à de l’obsidienne ; elle cst compacte
sans éclat, et contient uné grande quantité de sers ge as de feldspath.
La plus élevée de ces Se. volcaniques se trouve
à peine à 7,000 pieds au-dessus de la mer.
. Si du sommet du Pic, où mieux-encore des bords du cratère de Chahorra on jette les yeux du côté nord
ouest de la montagne, on-voit avec étonnement que
toute cette partie du fiane du volcan est couverte d’une infinité de cônes d'éruptions qui s ’élèvent les uns derrière les autres sur toute la surface. Sur aucun point l'action volcanique n’a été plus intense que dans cette | L pére ét à l'aspect de cette contrée, on reconnail -bientôt pourquoi Îles bords du cratère de soulèvement
sont brisés du côté de } fotests et n'existent pas du tout vers le nord. … à
: Tout près dun jied du- cône de Chahorra, on ut ‘compter facilement vers le nord-ouest onze grands cônes de rapilles; qui probablement ont donné lieu à äutant de coulées de laves. D’autres .cônes, / qui se trouvent dans la direction de S. Yago,: se recouv renttellement l’un dertière l’autre sur Le penchant {rès rapide de la ontagne , qu’on ne peüt plus saisir leur nombre. Plusieurs autres encore, vers Garàchico , ont répandu avec leurs laves, la dévastation sur presque toute la base ou au moins Sur toute Ja région moyenne de la montagne, et sur une si grande étendue, que M. Cordier: en montant qu Pic depuis. Icod, croyait que le nombre . de tous ces cônes volcaniques , très fappr ochés et éle* vés de.2 à 300 pieds mélait: au de quatre-vingts È (Journal de P} iysique ; À. Ya, p. 57). Parmi tous ces volcans, on reconnait celui d’où 'est sortie la coulée qui a détruit Garachico: L'un des cônes se distingue aussi des autrés par sa couleur rouge dé feu, prov® nant de scories rouges qui en sont sorties , el ee sont répandugs sur Je flanc de ce cône. :
: DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 201
: Cette grande quantité d’orifices-d’éruptions est hors de toute proportion avec lelpetit nombre de ceux qu'on») observe de l’autre, côté du volcan ; il est par conséquents évident que dans cette partie les matières vol-. caniques ont trouvé moins de. résistance : on conçoit facilement”, d'après la constitution dé la montagne, qu ‘il a dû en être ainsi. En effet, au sud se trouve la masse de roches qui’ forment x cratère de soulèvement; vers le nord de l'ile on ‘observe sur une longueur considérable des Maseds basalliques : auprès d'Orotava, les flancs des barancos montrent que Ja surface est aussi recouverte de couches de basalte. Au cohtraire , entre Chahorra.et la vallée de S. Yago, ces roches basaltiques ne se font remarquer nulle part. Il . Semble donc que dans cette partie elles ont été entrainées à , une époque fort reculée, et qu ainsi elles ont livré un passage plus facile à Loutés les matières qui,
dans l’intérieur ; exercent un certain effort pOur se , faire jour au-dehors, Hu e. M :
* ILen est de même au Vésave où presque toutes les t laves se trouvent du côté de la mer, tandis qu'il yen a fort peu dans. FAE0, qui sépare -le Vésuve de la Somma.
Le Pic et la moniais de Chahorra, doixent être | considérés comme néMibrmant qu’un seul volcan avec deux sommets : la distinction entre les deux cônes ne
devient évidente que parce que le Pics élève à une hauteur plus considérable: Dans le milieu de leur pente les deux montagnes sont tout-à-fait réunies-et ne pré- Sentent aucune disconfinuité. La masse des deux cônes S’élève.avec une pente uniforme et également rapide au-dessus des protubérances avoisinantes, et elle ne forme qu’ un tout unique environné par la ceinture de rochers qui. forment le cratère de soulèvement. La composition. et les produits des deux montagnes sontab-
solument identiques; tout ce qui appartient à ces montagnes est formé de trachyte, ou de rochers qui dérivent immédiatement du. trachyte. IF est done évident "que les deux volcans ne sont rien autre chose qu’un immense dôme de trachyte enveloppé seulement, presque de tous les côtés, comme par un manteau de | - couches basaltiques. La forme de ces cônes et leur si- * tuation peuvent faire supposer , et cette hypothèse est presque une certitude , qu’ils ont été produits par le soulèvement d’une masse sollicitée par des forces intérieures qui tendaient à se faire jour, et qui, en se frayant un passage au milieu du eratère de soulèvement, Ont fait prendre à à la masse ce ee AS la forme d une voûte. E
C’est alors par cette cheminée:, qui établit une com munication plus facile avec la sutfacé extérieure’, ques’exercent toutes 16s forces qui agissent dans 1 Mtétienr du volcan; et lorsque l'éboulement des parties supérieures et surtout lorsque les masses de lave qui se sont “accumulées vers le sommet, ont fini par intercepter Je passage. et ont rendu la résistance en ce point plus considérable que celle ‘des flancs du cône, alors les vapeurs , les rapilles, les laves se font jour par les points du pourtour de la montagne qui opposent moins d'obstacles à leur. éruption,
Ces éruptions ne doivent jamais être considérées comme produites par de nouveaux volcans ; car elles out toujours lieu autour du cône-principal, et ellesnese font jamais en des points fort éloignés du grand cratère central. De toutes les éruptions volcaniques du Pic, la plus éloignée du centre est celle de Guimar, cependant en ligne droite elle en est distante à peine d’une lieue.
Lasplupart. des cônès d’ éruption qui s'élèvent entre Chahorra et S. Yago , et tous ceux qu’on observe audessus de Guüia et de Adexe né sont pas aussi éloignés
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 203
du centre principal du volcan $ que Monterosso pe l’est du sommet de l’Etna.
# k ; ——È—— COULÉE DE GUIMAR.
Guimar situé dans la partie sud-est de l’île de T'énériffe , se trouve séparé d’Orotava par la Cumbre. Le Chemin-qui y conduit s’élève immédiatement sur la Montagne, à partir de Villa Orotava; et träverse d’abord les coulées anciennes de la Villa, Bientôt après, à l'entrée d’une forêt de lauriers, il se trouve sur des couches de rapilles scoriformes qui alternent. irréguliérementavec du basalte solide. À la hauteur de 3,800 pieds ; on observe des masses considérables et élevées, formées par un mélange de fragments grossiers ‘de feldspath, de hornblende et d’augite, qu’on voit aussi dans Ja vallée de VAqua Manza , et au-dessous de S. Ursula. Le feldspath y est eh grande quantité, ét la roche est , ‘au-reste, très poreuse -et remplie dé soufflures. Plus haut, vers le sommet de la Cumbye, le feldspath devient plus rare: les cristaux se séparent aussi facilement de cette roche, et comme ils tombent dans les parties inférieures , on peut les recueillir en Srande quantité sur le flanc de la montagne; il est très facile de se procurer des fragments parfaitement crislallisés. Assez souvent, païmi ces cristaux ,-on en re- Marque quelques-uns de péridot jaune de vin, transparents, enflobés en partie dans la masse solide, ct en partie. par dés éristaux de hornblende. Les formes des cristaux, soit de hornblende , soit d’augite, varient trèspeu : ce sont presque constamment les formes les plus :Simples sous Jesquélles se présentent ces Minéraux, La : hornblende est presque toujours en dodécaèdre (Xaur, 74) avec une hémitropie; l'’augite est en prismes à &
pans (Æauy , f. 95) qui rarement présentent la tr oncature du biseau ( Æauy, f. 105 ). |
Cette roche est, recouverte par des rapilles scoriformes rouges, au-dessus désquels se trouve uné couche de même ture. mais dont la couleur est jaune:, ces deux, couches sont horizontales et se distinguent même depuis Puerto Orotava, parce qu ’elles reposent sur Une masse basaltique très escarpée et divisée em belles colonnes prismatiques. Cette masse s'étend. au, loin sur le haut de la montagne, et est connue sous le nom de los Organos. Enfin, tout près du sommet de la Cumbre , on observe dm les couches un grand nombre de filons qui s'étendent comme des murailles Sur le flanc de la montagne. Ces filons présentent te fait remarquable que beaucoup d’entre eux paraissent être de la nature du trachyte : en effet, sur la surface gris de cendre des morceaux , on voit se détacher des. longs et déliés cristaux de hornblénde répandus dans la masse comme dans lé trachyte. Intérieurement-la masse est gris foncé , ‘et on n’y-remarque ge peu de. « os TE ee : 1
bserve une autre muraille änalogue très élevée. et de étendue, qui est eomposée d’un mélange de cristaux -de hornblende et d’ augite; on suit ce. filon. bien caractérisé jusqu’aû point le plus En 2 de la. Cumbre. .
Cette partie de la trête de la montagne + la conti-. nuation du Perexil, et elle se trouve, auprès de la croix qui marqué le point culminamt du passage, à. 5,974 pieds au-dessus du niveau de la mer. Tout le so] environnant est recouvert de scories brunes , sans aucune cohérence entre elles; il ne:se trouve pourtant là aucun cône d’éruption. Ces scories appartiennent à la partie supérieure des couches de: conglomérais. Bientôtsur la crête Feparat le mélange grossier des éris-
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE: : 205 taux de hornblendeet d’angite. Les premiers, quoique de la même grosseur que les autres (se font cependant plus particulièrement remarquer par leur grande quantité, l'éclat dé leur cassure et.pär l'angle aigu que forment
les clivages. Plus loin, la roêhe devient caverneuse, et. On Y Voit paraitre du feldspath en longues aiguilles déliéés. Cette roche fort singulière est en même temps Caractéristique pourcette portion de lle de Ténériffe. Déjà du. sommet de Ja-Cumbre on apércçoit dans le … bas le volcan deGuimar -€’est un grand cône d'éruption d’où sort une coulée de lave. Ce Yolcan's’ouvre au fond
d’un canal étroit, où il est entouré derchaque côté par
des murs presque verticaux. Lechemin qui mène au fond de cette crevasse, traverse des couches de‘rapilles ! IF et de scories, dont les fragments recouvrent toute la ? + | pente. Ces couches soût traverséespar un grand nombre | desfilons qui s’entrecroisent dans tousles sens,comme !
"à la Somma. Ces filons sont disposés de manière àcrelier # entre elles les parties très facilement désagrégeables des Couches de conglomérats: ils sont évidemment beaucoup Plus nombreux sur la hauteur, au milieu de la crête, que Vers le pied de la montagne. Les filons paraissent aussi Se retrouver constamment dans. toutes les crevasses