Lucia
. 260 DESCRIPTION DES fLUS CANARIESd'Artenara, situé sur les parties élevées du flanc de la .montagne, et pour ainsi dire caché dans son intérieur. En effet, les maisons ne sont autre chose que dés grottes qu’on ne distingue que par de petites ouverture pratiquées dans les rochers. Ces habitations souterraines sont creusées dans un tuf qui ne ressemble nuilement au tuf trachytique ordinaire ; il nest pas comm lui blanc, friable, et formé de pierres-ponces : il 5€ compose entièrement de petits fragments scoriform£$ bruns, entrèmélés les uns avec les autres, Plus bas, sf la pente de la montagne, on observe uä rocher élevé formé de scories rouges, sur lequel s’élend le tuf qui le recouvre comme un dôme. D Au point le plus élevé, où se termine la pente de là vallée, le trachyte descend de la Cumbre, entoure Ce* masses de scories, et se termine du côté de l'est. On doit supposer que dans le fond de la vallée sè trouve une coulée basaltique en connexité avec €€$ matières scoriformes. à ‘Artenara est à 3,694 pieds au-dessus dé la mer: € village est par conséquent süspendu à plus de 1,500 jeds au-dessus du précipice par lequel se termine là vallée. Le {uf scoriforme qu’on voit en.cette localité 5 continue fort loin; car jusqu'auprès d’Agaete, situé dans les parties inférieures du point où la vallée com
mence à s'élargir, on ne voit rien autre chose, ji Dé la
s'étend pas plus bas = les hauteurs qui dominent Jaine d’Aldea, tout près de la mer, et qui n'atteignen! pas même 100 pieds d’élévation , sont entièrement for” mées de trachyte qui se rattache à celui de la Cumbre Cependant il est tout-à-fait blanc , et présente fort P° de cohésion : On y voit aussi Çà et là, én petites table hexagonales, du mica brun et noir, qui se présente * rarement dans cette île. H est très possible que j'actioP qui a rejeté les masses de scories d'Arienara; et-qui
dû s'exercer à traVers les couches de trachyte, ait produit l’altération qu'on observe dans cette roche, et dé- {ruit sa cohésion.
… La vallée unie ‘qui s'étend d’Aldea vers Mogan, présente d'abord un tuf contenant des blocs trachytiques ; bien{ôt on arrive à une couche formée par une roche Amygdaloïde : cette roche constitue à peu près toute Gelte partie occidentale Ge l'ile, où l'on u'observe rien autre chose. Les nodules de l'amygdaloïde sont arrOndis; la masse principale .de la roche contient beaucoup de grands cristaux de feldspath et de hornblende ; sa couleur est le brün foncé. La montagne est découpée .par un grand nombre de vallées qui descendent jusqu'au rivage ae la mer à l’ouest ; ces valces s'étendent sur le flanc de la chaîne qui s'élève à près de 4,000 pieds de hauteur. Jusque dans les parties les plus élevées, ces vallées paraissent toujours creusées dans les mêmes roches: c’est ce qu'on reconnaît au Moins à la couleur noire et à l'aspect des rôchers. Les couches supérieures sont entièrement basalliques, formées d’une masse noire, compacte et pesanie, côntenant du péridot et de la hornblence en abondance. Sur une pelite crête unie qui sépare les vallées de Tatarle ‘et de Beneguera, à 2,001 pieds de hauteur, on létrouve Ja roche amygdaloïde qui y forme de belles Ci grändes masses. Les noduies y sont alloñgés, fort Considérables , anguleux, et entièrement recouverts de iagnifiques druses d’apalcime : cette matière est e; cris{aux brillants , en partie {ranslucides , et présentant lout-à-fait les formes de la leucite. Au-dessus de ces “histaux, se trouvent des concrétions et des rognons
de mésotype radiée, à la surface desquels paraissent ordinairement les têtes des cristaux : entre les fibres de la mésotype, sont (rès souvent implantés de petits cristaux gris noirâtres, ayant l'éclat métallique, peu de . durelé; ces cristaux , qui n’ont jamais qu'un volume à peu considérable, sont formés de fer ohgiste.
La pâte de la roche se rapproche beaucoup de la nature du basalte: on y voit de grands cristaux vert foncé d’augite, mais point de hornblende ni de feldspath. "Les allées de Tazarte, de Beneguera et de Mogan; dont toutes les parties sont formées par cette roche amygdaloïde, sont limitées dans leurs parties suyérieures par la Cumbre, qui s'étend des hauteurs de Texeda jusqu'à la mer, au*delà de Mogan; la craîne de montagnes est encore ici fort élevée, et s’abaisse brusquement, même à l’origine des vallées. Dans les parties supérieures, ellé est formée par du trachyte qu'on reconnaît parfaitement à sa couleur, et au-dessous duquel se trouve une couche fort étendue de tuf ponéeux. Comme la roche amygdaloïde s'étend jusqu’au pied de ces montagnes, il serait possible qu'elle s'enfonçit au-dessôus ; mais on n’observe rien qui justifie cette supposition. er ;
Au sud de Mogan , dans Îles parties où la chaine forme immédiatément la pente des vallées, la roche amygda- ‘Joïde ne paraît pas dans les parties inférieures ; à à “vérité, près de la mer, les couches supérieures 's’abais” sent vers le rivage, et les couches inférieures sont de cette manière tout-à-fait cachées au-dessous du,sol. *. Quoi qu'il en soit," la roche amygdaloïde forme une masse considérable, qui s'étend sur plus d’un mille €? longueur et en largeur, et qui à une épaisseur “de quelques mille pieds. Parioul où se trouve cetle robe » on observe ni scories, ni rapilles, ni masses P07 reusés , pas même decouches de (uf : cette masse form®
DESCRETION GÉOGKOSTIQUE. 265
donc une sorte de nouvelle île tout- sis fait di fférente de la précédente,
La. crête de la Cumbre sabaisse d'une manière si rapide dans la . auprès de Mogan, que c’est à peine Siona PU praliquer dans les rochers ua simple sentier qu'on ae peut mème parcourir sans danger. La roche qui. COMPOse ces cscarpements paraît être un tuf, tant elle’ est blanche et friabié; mais un eXamen re approfondi fait bientôt: reconnaitre que Cest un irachy{e alléré ; on y dstingue en effet des cristaux bien. délerminés de feldspath vitreux cat de bormblende. Très Souvent celte roche devient séhisteuse, et on y voit. de longues soufflures délices, parallèles aux feuillets de la roche. Ç Plus loin, les escarpements sont moins élevés et la pente de ja RE A plus unie; la pâte de la roche Prend la texture grenue d’une Dobe arégatéce, el l’on. y. Voit de grands cristaux Yitreux de feldspaih, tout-à-fait sémblables à ceux qui.se trouvent dans le trachyte: du Drachenfels. Cette mème roche > d'après les observations de Don Francisco Escolar , se présente aussi en belles masses considérables dans le baranco de Galiega, %u-dessous de Tiraxana. En effet, ce baranco.est fort vea éloigné du premier gisement ; ar le trachyte feld- Spathique se trouve, principalement entre Faürilo et borto Rico c'est-à-dire déjà dans la partie sud de lile. Immé édiatement : au-dessus repose une pelite couche de rack y te gris foncé , contenant du feldspath vitreux n petits cristaux ; et suin le trachyte, qui ordinairet Se trouve danse 8 parties élevées de ia montagne. À partir de ED rto Rico, les montagnes s ’éloignent de plus en plus de la côte : la pente de ces FPATENG es devient trüs douce, presque imperceptible , et ce f'ec: qu’à la distance de plus d'un Br dans l'intérieur de lie, qu'elles commencent à former des éMinenees const
litau iQ
dérables."Souvent sur cette surface on voit paraître Îles feuillets de la roche schisteuse dont lesol est for mé cette rôthe est analogue à un sthiste porphyrique ; mais, le plus souvent, elle est composée d’une, masse feldspathique peu brillante et esquilleuse, qui empâte des cristaux bruns de feldspath, comme au bord de la mer aup'ès de Xinamar et de Telde.
Cette côte méridionale de l'ile ne présente plus rien de basaltique ; on n'y observe ni lave, ni scories, ni rayilles ; on n'y renconire pas non pos de tuf. La. plus fatigante uniformité règne sur fouté la surface qui s’élend depuis Porto Rico jusqu’à Huan Grande, Mas Palomas , et même jusqu’à Corrizal qui déjà se trouve dans la partie est de lle. Entre Huan Grande ef Corrizal, toute x surface est recouverte de blocs qui APÈTÉ devoir provenir d'un éboulement ; n mais Ces deux pointssont éloignés l’un de l'aufre de deux lieues, et on ne voit dans le voisinage aucune éminence qui ait pu donner naissance à ces blocs de trachyte.
* Au-delà de-Corrizal, on voit reparaître le tuf blanc, qui se continüe dans les parties basses de la contrée et sur-ke rivage de la mer jusqu'à Telde.
“Il est-très remarquable que les bords de la Caldera étant formés de roches basaltiques au-dessus de Santa Lucia, du côté sud du cratère, cette même roche ne se retrouve cependânt pas plus bas, et qu'au contraire le pied des montagnes soit sur la partie sud, cominñe vers le nord, entièrement formé ‘de masses. trachy” tiques. \
TEROR ET MO A.
Entre las Palmas-et la: grande valiée de Texeda’ Je
fianc de la montagne est encore découpé par plusieurs autres Vallées qui descendent vers les côtes du nord de
DESÜRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 265 de l’île : parmi «es dernières , les plus remarquables Sont les vallées de Teror et de Moja.
À partir de la ville de Jas Paimas, le chemin suit
d’abord jusqu’à Tomarazeyte un tuf dans lequel se
trouvent des Îrazyments de trachyte, Vers Feror, on
. (trouve une Masse extrêmement considérable de basalte,
iws 4 « e s a!
EIVISCE en grandes colonnes Prismatiques. Ce basalte est gris, et renferme une grande quantité de petits Cristaux de péridôt et d’augite. Il est recouvert par une
Couche épaisse de conglomérat. Plus loin, 6n observe
” Un luf brun à grains fins, analogue à un grès; et au
delà de la chapelle-de San José de las Larmas, se pré-
$ente une masse de trachyte qui s'enfonce très pro-
fondément dans la vallée de Feror, laquelle commence en cet endroit. Au-dessous où retrouve le tuf, dans le- Quel on a creusé un grand nombre d'habitations. Le trachyte est gris de cendre foncé, fissile en grosses. esquilles ; ii renferme assez souvent de la hornblende: eristallisée tn longues Jâmelles ; et quelques cristaux peu nombreux de feldspath : mais il contient princi- Palement de l’augite d’un verinoirätre, à cassure conchoïde. Cette composition est fort remarcuable, et Montre combien ce trachyte se rapproche du basalte : °n voit, en outre, dans la roche une grande quantité de grains bien caractérisés de fer oxydulé magnétique. Ce {rachyte se distingue déjà par une couleur gris bleuâire qui lui est peu ordinaire. Par ça décomposi- Bon , Ja roche produit une argile bleue et grasse, em- Ployée comme terretgrässe. SEE Se Teror, auprès de l’église de 1x Madone miraculeuse est à 1,681 pieds de hauteur au-dessus de la mer. Cet endroit est célèbre par üne source d’eau acidule d’autant plus remarquable , qu’elle est presque la seule des
*OUrCeS Minérales connues sur toute la surface de l'ile.
ral à £ PSE $ ° » , ñ à . r * “ele pénurie 4 ceux minérales peut être atfribuce en
partie-au peu d'abondance des pluies qui tombent sur l’île. La quantité d'acide carbonique contenue dans celte eau est très faibie, et il n'en pourrait pas être autrement d’après la température élevée de la souree qui, au 42 jüillet, était de 170 R. , température sujette ,-à cause de l'abondance des eaux, à fort peu de variations Toutefois, cette température n’a rien d'ex-
traordinaire, cest communément celle de toutes les sources situées à cetie hauteur.
À l’ouest €e Teror, s'élève une montagne qui sépare celle vallée de celie du baranco Secco : cette montagne nommée le Z’ico dela Virgara, se distingue de toutes
eclles qui l'entourent, par gs élévation considérable au-dessus de la mer. Elle a 2,756 pieds de hauteur , et se compose seulement, au moins dans les parties supéricures qui ont une épaissèur considérable, de rapiiles rouges, agglomérés entre-eux, tout-à fait semblables à ceux qui constituent Îles points culminants de l'ile de Madère, et alternant comme eux avec des cou:hes basaltiques. Ces roches'ne se continuent pas sur .une grande étendue ; elles disparaissent bientôt. pour faire place à du trachyte qui se troûve déjà en place dans le baranco Secco, et.qui s'étend sur la chaîne de Montana de Doramas, vers Moja. |
Dans ie fond du baramco, auprès de Moja, ce tra+ chyte paraît tout-à- fait blanc el décomposé, ensuite vient du frachyte bieu, et enfin, dans les parties les plus basses, on Voit une masse de basaite prismatique alternant avec es ss hes de congiomérat, On n’observe cependant pas € lairement.dans quel rapport de gisement ou de CR il est placé avec le trachyte- Lé basalte est gris-noir, compact, il contient du pé” ridot el de l'augite en petits cristaux.
Âu milieu d’un bois formé d'Érica, on trouve defoT* briles sources qui jaillissent du sol entre les racines def
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 267
arbres, et forment des ruisseaux assez considérables. En cet endroit, lé basalte paraît. plus sec au toucher que cela n’alicù Généralement. On y observe des fragments noirs poreux , el le péridpt y paraît fracturé et et brisé Comme dans une lave. Cette disposition ne se fait pourtant remarquer que dans les parties infériéures de da rnasse, dans laquelle il est impossible de re- COnhaîlre les caractères d'une matière primitivement fluide. up; HA LPC Eh Plus haut, les roches sont tout-à-fait semblables à du basalte solide et, comme à l'ordinaire, elles sont FeCouverles par des. couches épaisses de conglomérat basallique. à > |
Les sources de foja sont à 4,587 pieds de hauteur au-dessus de la surface de la mer. My.0e9
À l'issue de.cetle vallée, les rivagés de la mer ne Soùt plus bordts par une ceinture de rochers basaltiques, mais par un (uf basaltique blanc, et même par des masses fort élevées de trachyte." Ces’ couches de tuf s'élèvent à plusieurs centaines: de pieds de bauteur au-dessus de l’attérage ordinaire de la Sardiria, situé au bas de-Galdar.-Le tuf est traversé par des fi: lons de basalte trachylique : la couleur foncée: de la Masse qui les cempose appañtient au basalte, (andisque , les petits cristaux de hornblende qui y sont contenus se rapportent au rachyfe. Au point où se termine la valite de Moja, ès rochers s’élèvent.à la häuteur-de 80 pieds, et-forment une sorte de chaîne qui sg'avance COnsidérablement dans la mer. 1
Plus à l’est, du côlé de-las Palmas, on recofnaî les Traces de quelqueséruptions volcaniques; mais, Ouelles “Ont très anciennes, ou au moins les coulées de lave Sont tout-à.fait masquées. Au nord du chemin de F irgas à Ar UCas, se trouve un cône élevé formé de couches de rapikes incohérents , AU Sominel duquél st ur ere
tère bien déterminé : les couches de rapilles s’abaissent,
à partir de ce cratère, de tous côtés sur les flancs du cène, comme à Vandama. Auprès d'Arucks, et même au-delà, se {rouve üng sorte de conglomérat formé de Tragments, trachyliques, qui pourrait facilement être regardé. comme une coulée; les fragments ne sont en effet jamais terminés par des angles saillants, et J’o8 voit dans cette roche des masses noirés et poreuses, comme des veines horizontales, qui lui donnent toutà-fait P aspect du Piperno des environs de Naples. Cette roche contient du fetdspath vitreux, de longs cristaux de hornblende, et assez souvent aussi du mica en lables hexagonales.
Entre Arucas et las Palmas, one voit rien autre chose que le conglomérat trachytique ; cette roche qui recouvre toutes les péntes des montagnes, y empêche le développement de toute végétation. Dans le fond des barancos seulement, se montre le Rois etaudessous le trachyte en on :
M. Escolar a trouvé dans les couches. de conglomérat de los Ardenes , auprès d’Agaete, certains mor- ceaux.de roche qui ont une composition extrèmement remarquable ; la surface extérieure est formée de cal- cédoine, et la partie centrale occupée par du spath calcaire en cristaux métastatiques , el par-dessus ces cristaux , Se {rouve deJa barÿte sulfatée’ ‘en tables qui sont groupées.en petiles druses.’ Très probablément cest jusqu'ici la seule loca ilité où l'on ait encore vu de de Ja baryte suliatée dans ces îles volcaniques.
Aù hâvre de las Nieves, qui appartient aussi à Agaele, se-troûvent des morceaux avalogues , dans lesquels 08 Voit de belles druses formées par un grande quantité de gros cristaux de chabasite.
Il est, au reste, extrêmement remarquable que ‘ Je spath calcaire se trouve si-rarement dans les amy”
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daloïdes de ces îles; quand il se présente dans ces roches, c’esl toujours dans le voisinage de la mer, et jamais dans les parties élevées. Près de la Sardina , les parois intérieures dés nodules sont aussi lapissées de petits rogñons de carbonate de chaux ; dans les nodules de l'amygdaloïde de Degolada de Tazarte auprès de Mogan, on n'en trouve pas une (race. | Æ:
Les fragments de roche, appartenant aux parties voi- Sines de la mer, font aussi effervescence avec les acides, de-Sorie qu’on pourrait souvent supposer que les druses: des zéolithes reposent sur une pélite couche de carbonale de chaux ; mais cette matière ne se trouve que dans des petites fissures qui pénètrént jusqu'aux cris taux de zéolithe; et cette dernière substance est toujours la seule qui se soit déposée dans les nodules, soit au commencement, soit à la fin du remplissage de ces cayités. il RE +
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a À DESCRIPTION DES ILES CANARIES.