‹ Description physique des Îles Canaries, suivie d'une indication des principaux volcans du globeChapitre 52 sur 90 · ILES SANDWICH · texte numérisé non relu

ILES SANDWICH

Les nombreux Voyages faits aux îles Sandwich par d’habiles naturalistes n’ont pas beaucoup avancé nos Connaissances sur la nature physique de ces îles remarquables. L'une d’elles, Owaihi est la plus considérable et la plus élevée de toutes les'‘iles de la mer du Sud; d’après Gauss(Zimmèrman, Australien, 1,437), son étendue est de 216 1/10 milles géographiques car. et par conséquent elle est presque cinq fois aussi grande que Vilé de Ténériffe. Nous ne pouvons dire si la montagne élevée, Mowna Roa, qui s'étend sur une partie considé- Table de l'île estun dôme trachytique, semblable à celui du Chimboraco , cependant cela est très vraisemblable.

en S: È , PILENOMENES VOLCANIQUES.

Nous ne savons pas non plus si dans les roches qui composent cette île le feldspath prédomine sur l’augite; cependant , il est évident que l’île d'Owaihi est la principale du groupe entier , et probablement Je Mowna Wororay qui s'élève sur cetteîle en est le volean central. À partir de ce point les autres îles s'étendent dans la direction ordinaire du nord-ouest, et cette disposition est tellement régulière qu’il est: impossible de ne pas reconnaîlre que ces îles sont autant de {races d’un immense filon analogue aux filons basaltiques qui se prolongent si-souvent sur une étendue de plusieurs milles ; plus. les îles s ’éloignent du point de départ, et moins la hauteur de leurs montagnes est considérable, et cette manière d’être vient encore fortifier l’opinion qui fait régarder Owaihi comme le centre principal de l’action volcaniquê, comme la principale communication de l’intérieur du volean ‘avec l'atmosphère. Les montagnes quis’élèvent sur cette île sont au reste de beaucoup les plus hautes parmi toutes celles qu’on ob-@ servesur les îles situées entre l'Asie et l’ Amérique. Cook etKing , frappés d’étonnement par l’aspect imposant et gigantesque du mont Mowna Roa, pensaient qu’il ne devait pas s'élever à moinsde 17, 270 pieds de Paris (Third # voy. 111, 104); mais Fleurieü a calculé » d’après les, données de Marchand , et en prenant pour base la distance à laquelle ceite montagne cesse d’être visible, que Sa hauteur était de 15,588 pieds de. Paris (foyage de Mari chand, 1,428). La moyenne des mesures faites par le g&pitaine Kotzebue , à l’aide des hauteurs angulaires de Ia montagne et des distances correspondantes , prises sur la belle carte dressée par Vancouver, a donné pour la hauteur seulement 14,894 (Enideckungsreise , 1, 2 ); ‘enfin par un. moyen analogu® M. Horner a obtenu un nombre encore moins considérable (Arusensterns, Reise, x, 215), et il trouve que

ns

celte hauteur n'est qué de 15,924. M. Horner à eu la

complaisance de me communiquer le tableau suivant

de quelques observations plus exactes encore, Les

hauteurs angulaires ont été prises en nier à l’aide du

sextant ; les distances ont été relevées sur une esquisse

\opagraphique des diverses positions du vaisseau aux époques des différentes observations,

: | TR 3 DISTANCES S NUMEROS k ATES: HAUTEURS de! œ c LE el en milles , . es 4 PR PR. RE à : de :

obsérvations. ARR angulaire:

; °à , Re 60 au degré.

en toises.|en pieds.

Sp PA 2504,2 | 15565 4,003 # 2606,6 | 15639 2,30,3 |- A4 4 2068786 12307 2,46,3 h : 2201,4 f:r3208 m4 lo |a148,4 | 12890 2,49,3 À 4: - 2290,3 | 13329 2,50,3 2r41,0 | 12846 3,00,3 | v4 2184,0 | 13104 3,03,3 ü 2169,0 | 13674 2,548 | .l : 2140,0 | 12840 . «| 2,57,3 | 4, 2197,4 | 12544 reel 23005074 2133,5 | -r2801

— Ld Moyenne générale, , ‘2251, | 13510

. D bite a Moyenne des neuf dernières observations, 2165,5 | 12693

Les quatre premières observations sont défectüenses , parce que la détermination des distances n’a pas “été faite très exactement ;-il en résulte donc que 12,695 Pieds de Paris, est probablementla véritable hauteur. La

montagne est terminée par un plateau horizontal qui, d’après un dessin à peu près exact, a en largeur, environ les 7/8° de la hauteur de la montagne, c’est-àdire à peu près 4,900 toises. Il ne serait pas impossible ue ce plateau recelât un immense cratère d’où sorti-

PRÉNOMÈNES VOLCANIQUES.

raient des coulées de laves : ces matières proviendraient alors de hauteurs bien plus considérables que celles qui paraisse nt appartenir au grand cratère de Kiraueah, observé et décrit par le missionnaire Ellis et par lord Byron ( Poggendorf Annal., IX, 145).

De tout ce qui précède, il résulte que le Mowna Roa s'élève à une hauteur beaucoup plus considérable que Je Pic de Ténériffe , et qu'on aurait peine à (rouver sur toute la surface du globe une île dont les montagnes seraient plus élevéés. és + 4

D’après Kotzebue , la hauteur de Mowna Koah est de 15,800 pieds de Paris et celle du volcan central Wororay, de 10,122 pieds de Paris. és

Il est parfaitement démontré que-cette dernière mon- tagne est un volcan depuis le voyage de Turnbull,

qui, en 1801, a été lui-même témoin d'une éruption dans laquelle une coulée sortie des flancs dela montagne, . s’est précipitée sür une largeur considérable sur Ja pente du volcan jusqu’au rivage de la mer.. M. de Chamisso a aussi vu et décritcette éruption (Kotzcbue’s Reïse, rt, 142). C’ést au célèbre botaniste Archibald Menzies qu'on. doit la découverte du beau’et grand cratère qui -se trouve au sommet du volcan. Malheureusement il ne l'a point décrit ( Vancouver, Voy., nr ; 14). |

D’après Fleurieu, qui a effectué ses caleuls:sur. des bases Llirées des observations de Marchend , la hauteur de l'île Mowee, Voisine de la précédente, est de 8,076 pieds de Paris : mais les mesures de Kotzebue portent celte hauteur à 10,114 pieds de Paris. La hauteur de l'ile d’Alooi, une des dernières du groupe, est, d’après Fleurieu, de 7,296 pieds de Paris. | ans

D’après les descriptions de La Peyrouse ef les vues dessinées par Vancouver , il est extrêmement probable que les petites îles sont basaltiques ; Chamisso cite positivement une roche amygdaloïde comme faisant partie

; Mowna.

PHÉNONÈNES VOLCANIQUES. ESS des ‘roches qui composent ces mémoires de Chamisso: nous chacune des îles de ce groupe, d’éruptions et d'immenses co qui sont parfaitement ve publiées par Vancouver, -

Depuis la publication du voyage de M. Ellis (Boston, 1825, et extrait dansle PAi/. Masas., t, Lxvur, p. 487 et 252) ; le grand cratère de Kiraueah, à la base du : Moyna Roë, est devenu célèbre, et le but principal des courses d'un grand nombre de navigateurs. C’est une Solfatare immense de 15 316 milles anglais de pourtour. On distingue dans ce cratère plusieurs étages, dont les plus inférieurs sont dans un état surprenant d'activité, -0n.y. voit une grande quantité de petits cènes rejeter : des vapeurs aqueuses ef sulfureuses et souvent les flancs du cratère s’entr’ouvent, et donnent passage à des coulées de lave qui s’en échäppent-et coulent vers l'intérieur. C’est ainsi que M. David Douglas, trouva qu'au mois de juin 1832, une éruption s'était faite au même

. endroit où, en juin 1825, lord Byron, avait dressé ses tentes. La lave s'était écoulée pendant trois. jours de suite de l’orifice qu’elle s'était ouvert, et avait comblé en partieles cratères inférièurs (Journal of the Greograp. Society, 1854, 1v. p. 555), M. Douglas vit dansle fond , une lave en ébullition ettellement en mouvement Vers -lesud , que sa vitesse. étai( de trois milles et un quärtpar heure, quoiqu'il fut tout-à-fait impossible de reconnaître par oùcette lave pouvait $’écouler avec tant d’impétuosité. Cet endroit remarquable est élevé de 5,634 pieds de Paris, au-dessus de la mer, la profondeur du cratère est de 1,010 pieds, mais le lac de lave en ébullition était encore à quarante pieds plus bas, M. Douglas a pris la latitude de ce point ; elle est de 190 23: 42", Il raconte qu'une éruption violente de cendres et de va-

îles. Les intéressants prouvent aussi que dans il se trouve des cratères.

ulées de lave, assertions rifiées par les/ vues de ces îles

382 PHENOMEÈNES VOLCANIQUES:

peurs qui-eut lieu par ce cratère en 1787 , avail fait : périr 5,405 personnes qui $’étaient obstinées à {raver” ser la contrée. du côté où les vents alisés devaient nécessairement emporter ces matières.

Le 29 janvier 1854, M: Douglas s est élevésur la cime du Mowna Roa; c’est le premier‘observaleur qui ail réussi dans. cette entreprise. Il était muni de bons inStruments à l'aide desquels il à pu déterminer la latitude de cette sommité remarquable, qu’il a trouvée de{9o, 27’, 4". Sahauteur, mesurée à laide du baromètre, s’est trouvée de 12,513-pieds de Paris : ce nombre diffère de 280 pieds de la moyenne des mesures faites en mer, par M. Horner; de 2,481 pieds de celles de M. Kotzebue; de 5,175 pialé de l'évaluation de M. Fleurieu,et de 4,857 pieds de la — estimée par les capitaines Cook et King.

La cime de la montagne est formée par un dôme tellemeñt étendu, que du milieu on ne voit point d'autre “horizon que celui qui est formé par les ‘bords de ce dôme. Malgré cette confi iguration, on observe du

côté de l’est unc cratère-considérable, situé un peu,

au - dessous du point culminant. Trois ou quatre pieds- de neige recouvraient ous la cime de la montagne.

Mowua Koah , donf la latitude est de 190 50’ nord s'élève à 12,805 pieds de hauteur ; c’est par conséquent la plus haute montagne de toute l'ile. mais elle n’a pas une forme aussi régulière que le cône principal. A 41,946 pieds de hauteur, on trouve un vaste platedu, sur Jequel s’élevent onze petits pics de quelques centaines de pieds de hauteur. On n’y a point observé de grand era” tère. M. Douglas s'éleva sur has: montagne Je F2 RE vier 4834. DRE

Il“est fort remarquable que dans les récits’ de cès äscensions, ônn’ait jamais fait mention de pierres-ponces;

BHÉNOMÈNES VOLGANIQUES. 585 qu'on n'indique pas nôn plus parmi les productions vol- Caniques de celte île. Les montagnes ne seraient-elles Pas formées de trachyte? 7

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