‹ Description physique des Îles Canaries, suivie d'une indication des principaux volcans du globeChapitre 56 sur 90 · ILE BOURBON · texte numérisé non relu

ILE BOURBON

Quoique cette île présente un volcan bien caractérisé, elle ne fait cependant partie d'aucun groupe; on a beau coup cherché, sans aucun fondement, à la rattacher suivant la loi commune, à diverses lignes arbitraires de volcans ou d’autres îles balsaltiques, mais sans y parvenir:

Le volcan se trouve dans la partie orientale de l'ile et occupe seulement une faible portion de son étendue; au plus même ldféinquième partie de sa surface : toutes les autres portions de l’île sont bien évidemment pasal-

PHENOMÈNES VOLCANIQUES. 387 liques et formées de couches alternatives de-{uf, d’a- Mygdaloïde et de basalte solide qui, très souvent, sont {traversées obliquement par des filons basaltiques prolongés sur de grandes étendues (Bory de Saint-Vincent ;

Voyage aux quatre iles d'Afrique, 180%, rrr, p. 119)

Le volcan est un des plus considérables de tous ceux qu'on observe à la surface du globe. M. Hubert rap- Porte ( Bory, 1, 520), que- depuis 1785, année où il à commencé à observer ses éruptions , jusqu’en 1801; il est sorti chaque année au moins deux Courants de lave des flanes de la montagne, et huit de ces coulées Se sont étendues jusqu’à la mer. Chaque éruption de lave dans les parties inférieures du volcan, est suivie d’une éruption qui s'effectue un peu plus tard par le Crafère silué au sommet de la montagne {Bory, p. 250). Les coulées sortent rarement de ce cratère supérieur, et même dans ce cas elles sont généralement d’une étendue peu considérable. Sans doutelalave ens’accumulant dans

les parties élevées du voican, agit par sa pression surles orifices ouverts à la base, par lesquels s’effectuent alors les éruptions. Les fragments de ces coulées qu’on a pu recueiliir jusqu'ici contiennent beaucoup de feldspath Vitreux en mélange » €t par conséquent les laves sont très probablement de nature trachytique ; le basaite

qui couvre la plus grande partie de l'ile ne renferme pas de feldspath, mais il contient assez fréquemment du Péridot. D’après les mesures barométriques de M. Berth (Bory, 11, 429), le volcan s'élève jusqu’au Pas de Bel- Combe , au pied du cône, à 7,546 pieds de Paris au-des- Sus de la mer; le sommet du cône se trouve à 7,507 Pieds de Paris. La bauteur de la montagne basaltique e Saint-Denis, située vis-à-vis du Cimandef, est, d'après Le Gentil, de 7,200 pieds (7: 0Yages dans Les “ers del'Inde, 1784 , 11). Tl paraît, d'après cela, que 26,

la hauteur de 10,000 pieds attribuée au Gros Morne ou à la montagne de Salazés a été exagérée.

ji semble que dans l’énumération des principaux volcans centraux, on doive comprendre aussi ceux qui se trouvent placés dans l'intérieur des continents, aloï$ même qu'ils ne donnent que des indices peu fréquents deleur activité. Tous ces volcans sont au reste très peu coanus ; ce sont principalement : :

4° Le Demavend, très probablement le point culminant de la chaîne de l’Elburs entre la mer Caspienne et la plaine de la Perse. Olivier rapporte ( Voyage en Perse, ui, 126) que le sommet de cette montagne s'élève considérablement au-dessus de la chaîne à laquelle il appartient et qu'il est constamment couvert de neige; quelquefois la montagne rejele par so sommet une très grande masse de fumées. De Teherañ jusqu’à celte montagne , Olivier a observé une grande quantité de fragments dispersés de laves. Au tiers de sa ‘hauteur, on observe un immense rocher basaltiques divisé en colonnes prismatiques à peu près régulières ; au-dessus on trouve des roches granitiques : Olivier n’est pas parvenu jusqu’au sommet. Morier a donné une très belle vue de cette singulière montagne (Sec. Journ to Persia , p. 555 ). |

® L'.Ararat. Bien qu’on ne connaisse aucun phén07 mène d’éruption sur ceite montagne, cependant sa for2® particulière, sa hauteur, son isolement, rendent tres vraisemblable la supposition qu’elle recèle dans 50? intérieur un des principaux canaux de communicatio® volcanique : cette hypothèse se trouve appuyée encore par les phénomènes qui se manifestent de {ous côtés à la base de la montagne et qui paraissent en relation

PHENOHÈNES VOLCANIQUES. 389 avec elle ; tels sont les tremblements de terre qu’on ressent en Géorgie, auprès dEriyan et de Tauris, et qui sont tout-à-fait analogues à ceux qui ne se manifestent dans le sud de l'Amérique que dans les contrées Volcaniques (Ker-Porter’s, Travels in Armenia, Persta, 1822, 11, 500, 624.). La vue qué Morier donne dé cette montagne (Sec. Journ , p. 558) est assez intcressante; on en trouve aussi une, moins Téarquable, dans le voyage en Perse de Moriz de Koizébue.

L'Ararat a été mesuré très exactement » à l’aide d'opérations trigonométriques , dans le courant du Mois de septembre 1829, par l'asironome Federou ; il a trouvé que la cime la plus élevée était à 15,551 pieds (2221,8 loises ) au-dessus de la plaine qui s’élend äu pied de la montagne , et comme celle-ci est déjà, d'après M. Parrot, à 2,758 pieds au-dessus de la ter, il ea résulte que la hauteur totale de cette imposante. mon tagne est 16,670 pieds au-dessus du niveau de la mer (Kréderic Parrot, Foyage à l’Ararar, Berlin, 4854, p.162). Quoique M. Parrot ait visité la cime de la Montagne, les notions sur la constitution géologique de la montagne sont encore extrêmement imparfaites. Tout Paraîl composé de trachyte à pelits grains, ei on trouve * la cime même de l’obsidienpe avec de nombreux crislaux de feldspaih, mais nous ne sommes nullement fixés sur la.question de savoir Si jamais ja montagne à pu être un volcan, si on doit la regarder comme un immense dôme de trachyle sans éruption, ou si elle forme les parois d’us cratère de soulèvement , CE GUüI he Paraît ps vraisemblable. On a fait entrevoir qu’ii y à eu des éruptions particulières du côté du sud, Mäis elles n'ont pas éte décrites. ; 84 |

5° Le Seiban-Dash à Vexirémilé nord du lac \

C'est une inontagne immense dont le Somuet est conslammest couvert de neige. Son pied est entouré de

590 PHÉNOMÈNES VOLOANIQUES. , coulées de lave sur une étendue considérable ( Jaubert, Foyage en Perse, 1821, p. 125). |

4° Les montagnes de la Tartarie, à l’ouest de la Chine, qui ont été décrites dans les relations sur la Chine d'Abel de Rémusat (477. dés Mines ,.v, 155) © par Klaproth (Hertha, r, 88,212). On peut avec autant de raison ranger aussi au nombre des volcans les mon” tagnes brûlantes qui dégagent du sel ammoniac dan ia Sibérie, à Chatanga dans la partie septentrionale du cours de Jenisey et à l’origme du fleuve Wilui , audessus de Jakutsk ( Strahlenberg, Nord-und ostliches Asien, 1730, p. 511, 524, 377). |

-M.-de Humboldt a fait connaître un autre volcan da n l'intérieur de l'Asie, c’est F A4ral Soubé, haute montagne conique qui s'élève au milieu du lac d’Alakoul (F r'agm. de Géologie asiatique, x, 20). Il est situé sur la route de Semipalatinsk au Thibet.

Le Pechan où Æchik-bach, volcan actif décrit par

| MM. Rémusat et Kiaproth- doit se trouver par 42° 25’ de latitude. | :

5° Il faut encore ranger au nombre des volcans ceB” traux les montagnes volcaniques de Kordofan dont à

parlé M. Ruppel dans ses relations sur Dongola.

Les phénomènes volcaniques qu’on à observés sui. les îles inhospitalières des Nouvelles Shelland au sud du cap Horn, appartiennent plutôt à des cratères de soulèvements qu'à des volcans. Decepption Island, lat: 65° S. long. 64 O. de Paris, connue par les observä” tions sur la longueur du pendule faites par le capitain® Forster (Kendall. Journ. de la Soc. géogr. de Londres): présente des eaux chaudes qui jaillissent sur les bords comparativement très étroits d’un grand cratère, et Bridgmans Island, latitude 62° S., longitude 59° 20° 0. de Paris, a été observée pendant qu'une fumée s'échaPppait par des crevasses Ouvertes entre les rots: Eñe

n'est pourtant pas {rès élevée et n’a pas les caractères d’un volcan (Weddel, Voyage tothe Soulrh Sea, p.153). Quand on €onsidère les différences d'état que présentent entre elles les îles de corail dans la mer du Sud , 6n doit s'arrêter très facilement à l’idée ‘qu’elles se forment encore continuellement, et que de nouvelles îles paraîtront sans cesse dans ce vaste océan. La forme circulaire de ces îles, avec une seule issue , comme cela a lieu dans presque lous les cratères de soulèvement , a fait présumer qu’elles ne sont autre chose que les bords de cratères de cette nature sur lesquels les coraux ontcommencé leur étonnant travail ;eties découvertesetles réflexions de MM. Quoy et Gaymard sur l’économie de la vie des coraux, ne laisse presque point de doute à cet égard. Le capitaine Beechy , en donnant les détails les plus exacts sur le groupe des îles Gafbier semble avoir voulu apporter des preuves complètes à l'appui de cette opinion , que lui-même déclare partager avec conviction ; car ce groupe est une enceinte d’iles de co’ail, à fleur d’eau, qui renferme dans Pintérieur des montagnes de quelques milliers de pieds de hauteur, tomposées de basalte et de roches particulières aux actions volcaniques. Mais il y 4, en outre, une obser- Vation peu connue encore , dans laquelle la nature semble, pour ainsi dire, avoir été prise sur le fait et qui mérite une attention particulière. Elle estconsignée dans l’intéressant Voyage de M. Pocppig au Chily (tome 1, p. 164). M. Poeppig rencontra en 1826, dans le port de Talcahuano , le capitaine américain Thayer, commandant du navire Farkée, Celui Jui permit de faire un extrait de ses journaux, après Jui avoir fait part de Sa découverte ; cette observation mérite donc Quelque Confiance. Le 6 septembre 1895, ce navire aperçut {out &-coup une île par une latitude de 36° 144$. longit, 180° 55 E. de Paris. Une fumée épaisse s'élevait du Sommef de celte île. Les barques envoyées pour prendre

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connaissance de ce phénomène, trouvèrent un roc noir, qui s'élevait à peine au-dessus de la surface dela mer. Il avait la forme d'un grand anneau, dans l’intérieur duquel se trouvait une lagune n’ayant qu’une seule issue vers la mer. Les matelots sautèrent dans l’eau, pour pousser les barques par-dessus ces bas-fonds; mais effrayés et brûlés par la chaleur de l’eau, ils cherehèrentau plus vite à regagner leurs embarcations. La fumée s'élevait par de nombreuses crevasses qui traversaient cet anr neau noir. Ën un seul point on put voir un peu de sable, tout le reste était un roc solide. Ce n’était donc pas une éruption, mais certainement un soulèvement. Le Craière avait un diamètre de 800 pas ; son penchant extérieur était si raide, qu’à la distance de 400 brasses, on ne pouvait plus trouver de fond. Malgré ce peu d’étendue,la mer était tellement échauffée, qu’à la distance de À miles on trouva encore sa température de 10°F.(5,5 cent.) supérieure à celle qu’on avait jusqu'alors observée dans les eaux de cette partie de la mer. C’est la première fois qu'on a Vu ces îles basses, qui con tiennent une lagune au milieu , dégager des fumées et des vapeurs. Ces phénomènes volcaniquesdoivent cesser au-bout de peu d'années, et il n’est pas étonnant que le hasard n’amène pas toujours quelque vaisseau dans ces parages. peudant cet intervalle. Il serait difficile de trouver un exemple plus clair et plus décidé , qui pui d'une manière plus évidente faire voir la différence qu! existe enre un cratère de soulévement, actif simplement . pendant la période de son apparition, et un volcan NéEi” table, qui reste en activité pendant des siècleS entiers

Tous les volcans centraux s'élèvent au milieu d'u2° enceinte basaltique , tandis que leurs cônes sont; 4 .

contraire, entièrement formés de masses de trachyte-

On ne trouve dans ces volcans aucune trace de roches

PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES. 595 äppartenant à d’autres formations , Surtout aucun indice de roches primitives ; c’est te qui a lieu dans les Îles de la mer du Sud, ou bien ces roches primitives Sont fort éloignées , et nullement en connexion immédiate avec les volcans. Les chaînes volcaniques , au Contraire, ou s'élèvent au milieu des montagnes primilives et sortent de leurs crêtes , ou bien le granite et les roches analogues se retrouvent à peu de distance, Ou: recouvrent même les flancs des montagnes volcaniques, lorsque la chaîne des volcans se présente au pied d’une chaîne primitive, ou à la base d’un conlinent. À |

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