‹ Description physique des Îles Canaries, suivie d'une indication des principaux volcans du globeChapitre 60 sur 90 · Gonung- Api (montagne brûlante), dans l’île de · texte numérisé non relu

Gonung- Api (montagne brûlante), dans l’île de

Banda. La vue que Valentyn a donnée (ur, 15) de cette

montagne et de l’île avoisinante de Neira , est extrêmement intéressante, et probablement beaucoup plus

exacte que le dessin que William Daniell, d’après les observalions du capitaine Cole, en a publié à Londres en

1811, en y joignant un plan de l'ile Neira. Le volcan est fort abrupte, mais ne s'élève qu'à 1828 pieds de Paris de hauteur (Tuckey, Marit. Geog., it, 464). Cependant, il paraît que cette montagne est un des principaux orifices de communication avec l’intérieur, car presque jamais on n’a vu le volcan en repos. On avait déjà ob- Servé des éruptions en 1586, puis en 1598 et 1609. : Dans l’année 1615, l’éruption fut si violente que les bâtiments de la flotte du gouverneur d’Amboina eurent

la plus grande peine à gagner Neira, à travers la pluie de Pierres-ponces qui fut lancée par le volcan. En 1629, l'éruption fut accompagnée d’un grand tremblement de terre : la montagne s’entr’ouvrit encore en 1652,

dise TES

Re Las RE MR ai u

Pt ha sé

ne ni.

We none A,

et il en sortit un courant de lave qui se répandit Sur ses flancs : un événement semblable eut lieu en 1685. Le 22 novembre 1694, une grande flamme s’élançca du sommet du volcan : elle était accompagnée d’un bruit épouvantable, semblable à celui d’un violent ouragan. Le fond de la mer fut soulevé presque jusqu’à la surface, et des flammes sortirent du milieu des eaux ; celles-ci furent même tellement échauffées, qu’il était impossible d'y naviguer. Dans le détroit de Neira, élait répandue de tous côtés une odeur sulfureuse insupportable, qui occasiona un grand nombre de maladies (Phil. Trans.

XIX, 49 sq. ). D’autres éruptions considérables eurent lieu dans les années 1765, 1775 et 1778 : cette dernière |

fut accompagnée d’une coulée de lave qui s’étendif

jusqu’à la mer. Le 41 juin 4820, s’effectua une nouvelle :

éruption; la montagne s’ouvrit sur le flanc nord-ouest, probablement pour donner passage à un courant delave; mais la plus grande partiede l’éruption eut lieu parle cratère supérieur (Baumhauer, -Ænn. de Phys., xv, 450). L'ile de Banda avait auparavant une grande baie suf la côte occidentale : en 1820, après que l’éruption se fut terminée , il se fit dans la mer un soulèvement , et une masse solide, composée de gros blocs semblables à du basalte, vint non seulement remplir et combler cette baie dont la profondenr était de 60 brasses, mais elle forma même , au dessus de la mer , des collines très élevées et fort étendues, qui entourent le pied du volca®? et s'appuient contre les flancs de cette montagne. Aucune des matières qui composent cette masse sou” levée, n’a été fondue ou coulante ; tous les blocs étaient crevassés, et dégageaient d’abondantes vapeurs, mais ce soulèvement n’a rejeté ni rapilles, ni cendres, #! pierres-ponces. Les habitans de Banda, dont les maisOn$ se trouvent sur le revers opposé, ne s’aperçurent de ce

PRÉNOMÈNES VOLCANIQUES, AA

phénomène remarquable, qu'après que la plus grande partie de ce soulèvement se fut effectué , et lorsqu'ils en eurent été avertis par les vapeurs et par l’échauffement des eaux de la mer. Lorsque M. Reinwardts visita et exa- Mina cette localité en 1821, des vapeurs d’eau etdesoufre se dégageaient encore entre cés blocs entassés. Le môle élevé au milieu de la baie, est formé de couches très épaisses , qui sont inclinées des deux côtés , et dont le Milieu ou la cime est recourbée en dôme. Les couches inférieures sont tout-à-fait compactes ; les couches su- Périeures, au contraire, sont poreuses { Boon-mesch. P. 88 ). Ilsemble que ce soit la répétition des effets du soulèvement du cône même d’un volcan ; et par cet événement on peut se faire une idée de la possibilité de Pélévation des grandes masses solides qui ont produit les Obélisques d'Auvergne, et les murs basaltiques saillants Qui terminent les filons de basalte.

3 Sorea. Lat. 60° 50°S. Long. Paris, 198 29 55” E. Les relations de Wittsen , bourguemestre d’Ams- | terdam, sur l’île d’Amboina, apprennent que le 4 juin 1695, le volcan de Sorea rejeta une grande quantité de Yapeurs enflammées , et qu’il en sortit un courant in- Candescent ; la montagne s’écroula en partie dans cette éruption , et il se forma un lac de matières incandescentes, quiaugmentant sans cesse, forcèrentles habitants d'Hislo à se réfugier sur la mer. Avant cette éruplion, l'ile était constamment ébranlée par des secousses violentes qui ne se renouvelèrent plus depuis. Cependant, Par l’éboulement continu de la montagne, le lac de feu S’'étendait de plus en plus du côté du village de Woroe, dont les habitants se virent bientôt contraints de Prendre la fuite. Ils abandonnèrent même l'ile, et Se retirèrent à Amboina, où ils arrivèrent le 48 juillet 1695 (Philos. Trans., xx, 49). Valentyn ne Parle pas de cet événement. Il donne à cette Île le nom de

M4 PRÉNOMÈNES VOLCANIQUES.

Cerœwa, ‘etil dit qu’elle est ronde et a environ quatre milles en longueur et en largeur. Mais après lerécit du de tremblement deterre de‘Banda en 1685, ilajoute qu'il s'était fait sentir jusqu’à Cerœæwa à quarante milles de Banda. On affirme quela moitié de l’île ayant été engloutie , les habitants ,ont été forcés de chercher un refuge à Banda (1x, 17). L'île Nila, voisine de la précédente, contient une solfatare, et par conséquent aussi un cratère ; elle fort élevée.

4o Damme. T° £ $., à l’ouest de Timorlant, Cette île renfermeun volcan considérable (Valentyn, mx, 245).

D Gonung-Api. Volean situé à 6° 56’ S. Dampier cite cette île comme fort élevée, mais petite ets ’élevant au-dessus de la mer par une pente douce. Le sommet se divise en deux pics, et par l'intervalle qu’ils laissent entre eux , se dégage une telle quantité de famées qu’on n’en à jamais vu des masses aussi con Sidérables sortir d'aucun autre volcan (xx ÿ 480) Valentyn donne à cette île un millé de circonférence:

G Pontare. Sur cette île s’élèvent trois pics considé: rables, dont l'un est un volcan actif. Tuckey, mx, 382):

7° Eombatta. Ce volcan est un pic très élevé et terminé en pointe , situé vers le détroit de Pontare. Dam: pier a vu des vapeurs se dégager de son sommet (1 525). Bligh a remarqué le même phénomène cent a plus tard (Foy., p. 255 ). Sur le bras oriental de Fils s'élève aussi un pic isolé et très haut.

8. Mangeray où Flores contient deux volcans élewés qui paraissent être entièrement semblables. Bligh cite celui situé à l’ouest, au tiers de la longueur de File, comme un véritable volcan (oy., 1792, p. 246). Maÿ Tuckey qui connaît particulièrement ces îles, donne! la montagne, située à l’est, le nom de Lobetobie dit que c’est aussi un role Maria Greog., 11,

9 D’après Tuckey, Sandelbos , à F extrémité ue À

PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES. A5 occidentale de l'ile doit renfermer un volcan qu’on Yoit à la distance de vingt milles en mer. 5

100 Gonung Api. Ce sont deux Pics aigus, éloignés au plus de Vingt milles de la pointe nord-est de Sumbaya (Tuekey) : Bligh les à aussi indiqués sur sa carte.

119 Zomboro dans l'ile de Sumbava. Ce volcan s’est Manifesté en 1815 par une violente éruption. D’après les observations du capitaine Eatwell, commandant du Benarès, lesommet duvolcan est,situé sous latit. 80 20,5. Longit. Paris, 1180 39 35” E, Sa circonférence est très Considérable , et sa hauteur comprise entre 5 et 7,000 pieds. La mer baigne le pied du Yolcan sur le quart de Son pourtour (G. A. Stewart, ên Bombay Lit. Soc: Transact, , 11, 104). Déjà, en 1814, la montagne avait donné des indices certâins de l’action volcanique. Du Vaisseau le Ternate, on avait vu en décembre, des masses de vapeurs et de fumées se dégager de son sommet. Au 5 avril 4815 , cette éruption durait encore; le 40 la fumée noire et les cendres rejetées étaient si épaisses que le ciel en était obscurci , et que jusqu’au 42, on fut

À une grande distance plongé dans une nuit profonde, Îl en fut de même à Surabaya dans l’île de Java et à

Samanap dans l'ile de Madura » Où les nuages de tendres furent poussés par le vent d'est, comme elles le furent aussi à Macassar par le vent du sud, La cendre fut-portée jusqu’à Batavia etMinto Island près de Banca, et même jusqu’à Bencoolen et Sumatra, qui cepeñdant

| Sont aussi éloignés de ce volcan que Hambourg l’est de

l'Etna. La mer Charria comme des îles de pierres-pontes jusqu’à Macassar. VE = Trois coulées de lave coulèrent sur les flancs de là Montagne; cette lave est entièrement formée d’obsi-

dienne, comme devait le faire supposer l'immense quanté de pierres-ponces rejetées par le volcan, Onne

Fa £ M M nd à ao oo CRE

Page 1