TEA
ressentait point de vénts ni sur la montagne ni dans le voisinage, et cependant la mer était tellement agitée, que les vagues renversèrent beaucoup de maisons sur le rivage. Le 11, on entendait parfaitement les explosions du vaisseau le Ternate , qui cependant était aussi éloigné de la montagne que Madrid l’est de Francfort; toutefois on ne vit de Ce navire ni cendres ni mème aucun nuage dans le ciel” :
42° ZLombock, sur laquelle s'élève un pie isolé, de 7,500 pieds de hauteur (Tuckey).
15°. Kara Asam, dans l’île de Bali; ce volcan s’est fait connaître par une éruption qui eut lieu en l année 1808 (Hoff. , 11, moe
L'ile de Java est fort remarquable et très intéressante à étudier. Les volcans sont accumulés en quantité incroyable dans cette île; maisils sont encore plus exactement tous dans la même direction que ceux qui se trouvent sur la crête extérieure des îles de la mer de Chine. Toutefois dans cette direction, qui est aussi selle de l'ile de Java, on reconnaît une faille isolée, un peu oblique, mais qui ne s'étend pas au-delà des limites de l'ile.
Nous devons principalement la connaissance de ces volcans aux travaux de l’ancien gouverneur Raffles , 4 l'excellente carte qu'il a dressé de ces contrées, et au* détails donnés par le docteur Horsfeld , et contend dans les petites cartes minéralogiques annexées à grande carte de Java. L'action volcanique parait ici s'exercer tellement près de la surface, que très souvent les matières ne suivent pas pour se répandre au dehors leur route habituelle, etse frayent un passage par de nouvelles montagnes. Il est par conséquent extrême” ment difficile, sans l'attention la'plus scrupuleuse ; de
PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES. MT reconnaître et de distinguer les simples orifices d’éruption, des-canaux permanents qui établissent la commu nication de l'intérieur avec l'atmosphère.
Les volcans se trouvent presque tous suivant l’axe allongé de l'ile, il y en a fort peu sur les côtes. D’après la carte de Horsfield ; les montagnes , aussi bien celles qui se présentent au nord que celles qui s'étendent au sud de l’île, sont toutes formées de rochers calcaires très escarpés : ce-calcaire a été très probablement traversé par les Yolcans qui auront déterminé son soulèvement, Une. série tout-à-fait semblable de: collines calcaires traverse Madurà près de la côte septentrionale et se prolonge dans l’île de Java, en conservant Ja même direction jusqu’auprès de Samarang. Cette chaîne calcaire est parfaitement analogue à celle qu'a décrite M.de Humboldt, et qui s'étend de Trinidad sur la côte nord du Golfo Triste, jusqu’au golfe de Cariapo auprès de Cumana. D'autres chaînes se font remarquer sur la côte méridionale de la province de Sukapura au sud de Batavias on en voit aussi une autre à peu de milles de Batavia même vis-à-vis les montagnes. Ce calcaire est très blanc, presque terreux dans sa cassure , et appartient probablement aux couches compactes de la formation jurassique.
.… L'intérieur de l’île, avänt qu’on n’atteigne même die volcans , paraît sur le côté du nord être entièrement basaltique. Le capitaine Basil. Hall (Msept. ) qui a étudié l’intérieur depuis Samarang , n’a rien vu que du basalte à grains fins comme celui de Staffa, et contenant de l’augite, mais point de péridot ; nulle part il n’a observé de roche qui contint du feldspath, Horsfield cite aussi les couches basaltiques qui forment les côtes, de Ja mer à l’est de Japara, à peu de distance de Samarang; vis-à-vis de Madura, sur la côte méridionale de l’île, se présente ensuite une chaîne
418 | | PTÉNONENES VOLGANTQUES.
“autdsenhé séparée de la Série des voléans par la grande vallée dé Kédiri, et dans laquelle les coûchés de basalte alternent avec dés couches calcaires. Au sud du Yolcan de Papandayang, setrouvent des masses auséi fort étendues de basalte , de conglomérat et d’'amygdaloïde ; on ÿ voit aussi de l’agathe et du quartz qui probäblement remplissent les nodules de cétte dernière roche. ‘Le trachyte serait par conséquent présque limité à seule ligne des volcans: il est aussi très sufprenant que dans es rébite" dés éruptions de ces volcans , ‘il ñe | soit fait aucune mention de pierres-ponees. -Horsfield na jämais non Hans No de ce mot dans ses descriptions. .
Les rochés primitives se Prése entén EReOPE moins dans l'ile de Java.
D'après les fééhefclics de M. ReinWärdts dé Ééyd, | qui a visité fa plüpart des volcans de Java, le trachyté est effectivement trés rare, mênrée dans l’intérieur de l’île, ét il n’y à que le volcan de Tilo qui en soit entièrement composé. Le trâchyte est un mélange de feldspath vitreux blanc ét de cristaux de hornbléndé noire: fa ‘pesanteur spécifique de la roche est de 2,474 (V. A. H. Van der Boon Méseh, de incendiis mortiun insulæ - Java, 1826, 99). | sA°tSS
"M. Reinwärdts a lai-même publié bekteÿtp de ses ôbservations sur ces volcans dans un mémoire inséré parmi ceux dé la société des Sciences de Batavia (7. rx, 1823). M. Boon Mesch n’a pas seulément donné des extraits de €e mémoire intéressant, maïs il à mentionfé ‘aussi beaucoup de remarques particulièrés que M. Reinwardts n'avait pas encore publiées et qu’il lui à commuüniquées. H résulte de ces observations que l’obsidienne, el pal Conséquent aussi les pierres- ponces, sont aussi rares à
Java que le trach yte lui-même. On ne trouve l obsidi jerne “qu'entre Lellés et Tjinkälinka, au nérd au File’, où elle
PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES. 49 forme un petit monlicule, Un autre fait, aussi curieux que singulier, c’est l'absence absolue de toute coulée de lave dans cette île volcanique. M. Réinwardts dit expressément qu'on n'à jamais eu d’exemplé que l'éruption la plus violente et Ja plus dévastatrice ait êté accompagnée de lavé : il âvait lui-même 6bsérvé un grand nombre de ces éruptions. On attribue l’absence des coulées dans les Andes à l’excessive élévation dé ces montagnes qui ne permet pas à la matière liquide des laves de s’extravaser par leur sommet; mais les Yolcans de Java ne s'élèvent jamais au-delà de 6,000 pieds : ils restent donc pour la hauteur bien au-dessous del’Etna.
1% Le volcan le plus oriental de l’île de Java, est le Taschem (d’après Raffles )3 cette montagne a été décrite par le célèbre naturaliste M. Leschenault qui accompagnait Baudin dans son voyage de découvertes (A4nnal. du Musée, vol. 18, p. 425). Ce volcan s'élève à une distante de 12 lieués äu' sud de Panärukan, dans la province de Banya-Vagni : il a environ 6,000 piéds de hauteur ; son cratère, dont les flancs sont en beaucoup de points presque verticaux, et dont Leschenault a dessiné üne vué , a 400 pieds de profondeur ; $on dia- iètre supérieur est de 3,000 pieds, son diamètre inférieur ; environ la moitié de ce nombre. Les rochers qui forment l’encéinte du cratère sont dentelés et très blañes : le fond du cratère est occupé par un lac d'acide sulfurique qui peut avoir encore 1,200 pieds de longueur. L'eau de ce lac s’écoule par le Songi Pahete (rivière acide ) jusqu’au Songi Poutiou { rivière blanche), et se réunit à cette dernière elle se jette dans la mer un peu vers le nord. Cet acide sulfurique s'Oppose au developpement de la vie animale partout où il passe, et ce n’est que fort au-dessous qu confluent de lvrivière acide, que lés poissons peuvent exister. Les- Chenault a observé une lave qui provenait de cé cratère,
et Horsfield rapporte que la dernière éruption de ce volcan eut lieu en 1796. Leschenault lui avait donné le nom de Mont Idienne , et Horsfeld , adoptant la même dénomination, l’avait désigné par celui de Idjengsche Gebergte ( Batar. Soc., 1814, vol. vu).
Quand M. Reinwardits visita en 1821 le volcan d’Idjen, il le trouva fort différent de celui que M. Leschenault avait décrit. Une éruption qui eut lieu en 14817 avait inondé d’eaux acidules toute la contrée environnante, et la végétation y avait été complétement détruite par l'effet corrodant et pernicieux de ces eaux. Le fond d’un immense cratère était occupé par des eaux dont la surface était, perpétuellement agitée par le dégagement de nombreuses fumarolles de soufre. Les crevasses des bords du cratère, laissaient apercevoir des flammes rougeâtres qui en sortaient en quelques endroits. Mais cet immense cratère n’était ni celui que M. Leschenault avait observé, ni celui d’où les eaux dévastatrices s'étaient répandues dans les environs : ce dernier était complétement à sec et presque comblé.
45 Ringgit sur le rivage septentrional. Valentyn et d'après lui d’autres naturalistes rapportent qu’en 1586 cette montagne -a été bouleversée par l’action volcanique, et Horsfield (Z. c.) dit que les traces de cet événement sont encore très apparentes.
16° Lamongan. En 1806 une éruption s’effectua sur le flane méridional de cette montagne. Du 17 au 13 avril, des masses de fumée et des flammes s'échappèrent de son sommet, tandis que la contrée environnante était agitée par de violentes secousses. Le-8 décembre 1808 , toute l’île fut ébranlée par un violent tremblement de terre, et peu après le Lamongan fit une
éruption terrible (Boon Mesch. ; p. 19).
17° Dasar. Ce volcan a été observé en 1806 par Horsfield.
Ces diverses montagnes sont décrites avec plus de détails dans un mémoire de Horsfield sur la Solo rivier (7rans. of the Batavian, Soc. Batavia, 1814, vu). Le Tingertsche Gebergte est situé à six Éeiés de Passoeroevang. :
Le cratère qui se trouve au milieu du HT de Dasar s'étend de l’est à l’ouest, et était principalement en éruption en septembre 1804. Des graines d’ Europe ont été plantées sur cette montagne qui est actuellement couverte de plantes herbacées de nos climats.
En juillet 1804, il s’est formé dans la contrée habitée de Dasar de la glace qui avait l’épaisseur d’un ducat.
18° Le Mont Smeero,que les Malais nomment Haha
meero (et auquel Raffles donne le nom de Sermiru), est:
peut-être la montagne la Plus élevée de toute l'ile de Java. D’après Raffles , elle est beaücoup plus haute que le Tegal. C’est aussi un volcan, ‘qui se trouve placé entre Madjang et Matarang, et qui est réuni vers le nord avec le Tingertsche Gebergte. Le sommet de ce volcan est entièrement pelé , et ne porte aucune trace de végétation ; cependant il n’est jamais plus recouvert de neige qu'aucune autre montagne de l’île de Java.
19° Arjuna. Raffles , d’après des mesures exactes, évalue sa hauteur au- Fa de la mer à 9,986 pieds de Paris (1, 11). Il se dégage continuellement de ce volcan une grande masse de fumée.
20. Ælut qui fit éruption en 1783. Il avait dü déjà s'effectuer par ce volcan une éruption en 4019 (Hoff, 11, 440). ,
910 Le volcan de Wilis n’a pas élé étudié.
290, Lawu ( Loewoe d’après Valentyn). Cette montagne est terminée par un cratère , d’où se dégagent des vapeurs sulfureuses très échauffées.
230 Merapi. Ce volcan fit éruption en 1701 et le 29 décembre 1822. La moitié de la hauteur de la mon-
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422 j; PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES.
{agne est environnée d’une coulée de lave ( Moja ou Buah) (Journ. de Phys., vol. 96, 80).
240 Merbabu. Un peu au nord du précédent.
250 Ungarang. Situé au sud de Samarang.
Entre l’'Ungarang et le Tegal près du mont Sindoro, se trouve un cratère, une solfatare éteinte , nommée Guevo Upas ou Vallée du poison. Elle est située à 3 milles de Batur sur la route de Djung , ‘et est un objet de crainte et de terreur pour les habitants de la contrée; tout, être vivant qui pénètre dans cette vallée, y est asphyxié et tombe, mort sur-le-champ. Le sol.est couvert de carcasses de tigres, dechevreuils, de cerfs, d'oiseaux , et même. d’ossements d'êtres humains, frappés de mort dans ce triste et terrible endroit. Ce développement si abondant de gaz acide carbonique est un des phénomènes les plus dignes d'attention.
M. Bischof croit avoir remarqué que dans les émanations gazeuses des volcans, il s'opère une sorte de séparation à mesure que l'intensité des forces volcaniques diminue ; que d’ abord , le chlore domine dans les produits gazeux; puis viennent les fumarolles sulfureuses, et enfin arrivent en dernier lieu les dégagements d'acide carbonique qui se continuent pendant des. siècles entiers.
On rapporte expressément que dans tous les enyirons de Guevo Upas, il n "y a pas la moindre odeur ou apparence de soufre ; 0» devrait donc. supposer que cétte vallée est à quelque distance des foyers volcaniques ‘actuels : cependant on observe auprès de Djung deux cratères qui fument constamment et qui rappellent tout-à-fait des montagnes volcaniques (A.Loudon, Journal de la Soc. géograph. de Londres, 1, GRR
260 Gede ou Tegal, après le Smeero , la plus haute montagne de l’île ; elles élève à beaucoup plus de 10,000 pieds : c'est un ‘des volcans les mieux connus.
27° Chermaiï auprès de Cheribon. Ce volcan était en éruption dans l’année 1805.
Le reste des volcans de l’île de Java se divise and lement d’une manière bièn évidente en deux chaînes parallèles ; la plus courte au nord de l’île, Ja plus longue dans la partie méridionale. Toute la vallée somprise par les deux chaînes ne paraît autre Chose qu’une immense crevasse, une sorte de voute au-dessous de laquelle l’action volcanique se développe avec . une grande activité dans un espace qui s'étend. sur une longueur de près de 40 lieues et sur 15 ou 16 lieuesen largeur. H n’y a dans toute cette surface aucune Mmon-
tagne, aucun point culminant qui puisse faire appré-
hender une éruption , malgré les hautes montagnes volcaniques qui l’environnent et d’où s ‘exhnieni incessamment des gaz et des vapeurs. .
A Ja première série des volcans appartiennent principalement : |
280 Talaga Dour: Sa beton: est de. 3, 4151 pieds de Paris. M. Reinwardts a donné une carte de ce volcanetune vue de son cratère (Boon Mesch. ; p. 50 ), dont le fond est occupé par un lac de 2,000 sd de diamètre. Des sources chaudes jaillissent de tous côtés et se combinant avec des fumarolles sulfureuses , dissolvent une partiede Ja roche basaltique des alentours, et la changent en une argile blanche très friable. Le soufre se dépose sur les pierres, ety forme en quelques points des couches assez épaisses et assez étendues. Vers le côté nord-ouest de la montagne se trouve une autre solfatare, en apparence de même nature, mais elle est entourée de cadavres de tigres, d'oiseaux et surtout d’une immense quantité d’ insectes tués Par les exhalaisons : les parties molles de ces: animaux , telles que les fibres, les muscles , les ‘ongles, les slt etla , Péau sont très bien conservées ; mais les os ont êté telle-
494 PHÈNOMÈNES VOLCANIQUES.
ment corrodés qu'on n’en trouve plus de vestiges : CES phénomènes ont été observés en 1818 par M. Reinwardts. Fe ' | | * 29° Tankuban-prahu dont le sommet est occupé par un cratère d’un mille anglais et demi de circonférence. 3° Galung-Gung un peu au sud de Talaga Bodas et au milieu de la vallée entre les deux chaînes de volcans. L'éruption de ce volcan en 1822 , est fort intéressante, tant pour la connaissance des phénomènes volcaniques tels qu’ils s’exercent sur l'île , que pour la théoriedes volcans en général, et mérite par conséquent une attention particulière. Déjà pendant le courant du mois de juin 1822, les eaux de la rivière Chikunir, qui descend de la montagne alors très cultivée et peuplée, s'étaient troublées ; elles déposaient une poudre blanche, exhalaient une odeur sulfureuse, devenaient acides etcommencaient à s’échauffer considérablement, trahissant ainsi le grand mouvement de dissolution qui se dévéloppait dans l’intérieur. Le 8 d'octobre, à une heure après-midi, des mugissements horribles se firent entendre ; la montagne se couvrit immédiatement d'une fumée épaisse , et des eaux chaudes, sulfureuses et limoneuses se précipitèrent de tous côtés sur ses flancs, en dévastant et emportant tous ce qu’elles rencontraient sur leur passage. On vit avec étonnement , à Badang,
la rivière de Chiwulan charrier ver#la mer un .
nombre immense de cadavres d'hommes, de bestiaux, de rhinocéros, dé tigres , de cerfs, et même jusqu’à des maisons entières. Cette éruption d’eau chaude limoneuse, continua pendant deux heures, qui suffirent pour
consommer la ruine et la dévastation de toute une pro-
Yince, À trois heures elle avait cessé , mais il tomba alors
une pluie épaisse de cendres et de rapilles qui acbe-
vèrent de brûler les arbres et les champs épargne jusqu'alors. A cinq heures , la tranquillité était parfai-
tement rétablie , et la montagne se découvrit. Mais ce peu de temps avait Suffi pour couvrir de limon tous les villages , toutes les habitations jusqu’à plusieurs lieues de distance. Le 12 d'octobre , à Sept heures du soir, ces horribles phénomènes se renouvelèrent, Un trem- » blement de terre général fut suivi par une éruption, dont on entendit le bruit pendant toute la nuit. De nouveaux torrents d’une eau boueuse et chargée de limon, se précipitant vers la vallée, entraînèrent avec eux des rochers et des forêts entières, de manière que des collines furent élevées dans les parties où peu de moments auparavant il n’y avait qu’une plaine. Il fut bientôt impossible de reconnaître cette vallée auparavant si fertile et si peuplée. Tous les habitants, sans pouvoir seulement songer à la fuite, furent enterrés sous ces limons, et l’on pense que pendant cette nuit plus de deux Mille personnes ont perdu la vie dans le seul district de Singaparnaaunord decette terriblemontagne. Le volcan avait considérablement changé de forme pendant ce laps de temps; il avait diminué de hauteur et était tronqué ; depuis cette éruption, il resta en mouvement’; il fumait encore le 12 novembre et lançait en l’air des huées de vapeurs. M. Payen, naturaliste et peintre, qui S'approcha de la montagne peu de jours après l’éruplion, et qui l’a décrite dans une lettre à M. Reinwardts, ne put avancer vers le volcan. Le limon et des crevasses nombreuses l’en empêchèrent, et les mêmes difficultés se réprésentèrent pendant tout le mois de novembre (Boon Mesch, p.47). M. Blume , botaniste, a examiné Sur les lieux , ce limon dévastateur. Il était d’une cou- ‘leur brune jaunâtré , terreux, friable , exhalait une odeur sulfureuse et brûlait sans difficulté. H n’y à point de doute qu’il ne fût en grande partie composé de Soufre. Les Malais nomment ce limon Buah, c'est-àdire pâte , et il'est évident que cette matière est ana-
logue à la Moja de Quito, qui, en 1798, couvrit la malheureuse ville de Riobamba. -
I semble donc que l’effet de l'action volcanique dan l'ile de Java, serait de développer en même temps une immense quantité de Vapeurs sulfureuses et aqueuse, quis’emparant de la roche dont l’intérieur de la mon tagne est composée, la décomposent; jusqu’à en faire une pâle, un Buah,etenfn, quand la masse solide est détruite de manière à ne pouvoir plus opposer assez de résis lance, les vapeurs se font jour au-dehors, et la matière laide. s’échappe par les-erevasses, non comme un cou: rant de lave visqueuse, mais comme des torrents d’eau qui jaillissent par chaque petite ouverture -qu’elles peuvent atteindre.
On ne peut donc regarder toutes ces eaux que comme des eaux distillées , et il faut eroire. qu'ilenest de même de celles de ces deux rivières qui sortent du cratère du volcan d’Idjen ; car ce craière se trouve presque à la cime d’une monfagne isolée, qui n’est dominée par aucune autre montagne avoisinante,
5lo Gunung Guntur, un des volcans les plus actifs de l'île. 11 est situé au milieu de la grande vallée qui forme le foyer principal des volcans , sur une série de mon{agnes qui établit une communication entre les deux chaînes. H se trouve au nord du volcan de Tilo composé detrachyte, et peu éloigné de la colline d’obsidienne de Lelles: D'après cette situation, on doit s'attendre à Je voir agir sur des trachytes, et alors il s’en suivrait que les volcans auraient réussi à percer dans cette partie les
basaltes sur une assez grande étendue pour faire arriver à la surface le trachyte, caché sous le reste des volcans de Java. Le Gunung Guntur est élevé de 5,740 pieds de Paris, selon M. Reinwardts qui l’a visité pen dant une éruption , le 21 octobre 4818, C'est le Seul volcan: selon lui , auquel on serait tenté d'attribuer
des courants de lave ; il croit en avoir vu cinq diffé- ‘Tents, dont le dernier est supposé être sorti en 1800. Toute la montagne paraît d’une formation assez récente. Depuis 1800 jusqu’en 1807, elle n’a pas discontinué de mugir, d’où-lui est venu $on nom, Montagne du Tonnerre, et de jeter des pierres et des cendres. À peu de distance de ce volcan se trouve la solfatare nommée Mont Kiamis, lieu horrible, où une quantité fe petits monticules , rejettent sans cesse un limon bouillant avec une force et une violence étonnante. Tout le fond ést couvert d’une couche sulfureuse et Saline. Les eaux presque bouillantes se réunissent en Sortant du cratère, pour former deux rivières qui se jettent dans celle de Chikaro. Un plan de ce lieu remarquable à été publié par M. Reinwardts (Boon Mesch, p. 27 , 57, 41 ).
32° Parmi les nnbaeus cônes qui composent la chaîne du sud, celui de Papandayang mérite d’être mentionné. Une éruption qui eut lieu par cette montagne le 12 août 1772, boulevérsa une partie.de la contrée sur une étendue de trois milles allemands en longueur et un mille un quart en largeur. Quarante Villages furent détruitspar cette éruption. On connait dans cette série de volcans , quelques autres cônes qui Paraissent cependant n’être que dés cônes avr 3 te sont principalement :
55° Chikura , le plus méridional de tous , élevé dé 3,768 pieds de Paris, d’après M. Reinvvardis.
549 Wyahan.
350 Malawar, qui s'élève à 6, 211 pieds de Paris.
360 Sumbung de 5,241 pieds de Paris de hauteur, il est situé plus au nord que ne penni la carte de | M. Raffles. ; |
87° Zilo, élevé de5, 691 Éiois.
38° Buoe ou Patacka, selon M. Reinwardts ; ce Volcan de.6,950 pieds de hauteur, est situé au couchant
du Tilo, mais beaucoup plus au sud qu'il n'y est placé dans Ja carte de Rafflés. Le Baduwa de Raffles se nomme Tombach Rujong. Le cratère qui s'ouvre à la cime du Patacka est couvert de plantes et de verdure, mais à 600 pieds plus bas, on trouve un autre cratère dont le fond est rempli d’une eau extrèmement acide. Le soufre en tapisse les parois et se dépose encore actuellement paf l'effet des fumarolles qui sortent du côté de l ouest. Ces émanations sulfureuses paraissent donner aux volcans de Java un caractère tout particulier qui n’ap- | partient certainement pas avec le même degré d’inten-
||. sité et de fréquence à la plupart des autres volcans de
la surface du globe.
390 Gedé, élevé de 8,514 pieds , d’ après M. Reinwardis.
40° Salak , haut de 6, 729 pieds: Ce.volcan est je plus rapproché de Batavia vers le sud; sa dernios éruption eut lieu en 1764. | s-
41° Gagak, dont le cratère montre quelquefois des indices d’éruption. k
Après un certain intervalle pis considérable que ceux qui ordinairement séparent les divers volcans sur cette île, on trouve toujours dans la même direc* tion, Jes volcans suivants : |
.42 Le Gunung Keram dans le Bantam, élevé de 4,940 pieds (Raffles). Ce volcan a été étudié et décrit e® 1816, par le docteur Abel { J ourney to China, p. 28). Le cratère qui se trouve à son sommet à environ 300 pieds de profondeur, et on ne peut pas y parvenir san$ échelles. Les bords supérieurs sont couverts de buissons épais ; le fond, au contraire, est pelé et couvert
de soufre, et des vapeurs s ‘échappent de tous les côtés F
par de nombreuses fissures. |
En quittant l’île de Java, on observe les voleans suivants :
45 Cracatoa dans le détroit de Ja Sonde.
. Vogel raconte (Ostindische Reisebesch ‘eibung, Altenb., 1704) qu'ayant autrefois visité cette île, qui lui avait paru couverte d'arbres et de verdure, il fut fort étonné de ne plus retrouver, le 4° février 1681 j qu’ un sol Calciné et dévasté, en quelques points duquel s’élevaient même de grandes masses de flammes. Le capitaine de son havire lui apprit alors qu’en mai 1680, l’île s'était entr” ou- Yerte avec un bruit semblable à celui du tonnerre, peu après un tremblement de terre qui s'était fait ressentir jusquesur les vaisseaux en pleine mer. On fut en même temps suffoqué par une forte odeur de soufre , et les Matelots retiraient avec des sceaux les pierres-ponces qui couyraient la surface de la mer, et dont quelques- Unes avaient la grosseur du poing. Ce récit est du plus haut intérêt, car il semble d’abord résulter de cette des- Cription que le volcan de Cracatoa est comme une sorte d’anneau qui réunit les volcans de Java avec ceux de Su- | matra. Il est en outre fort remarquable de trouver dans les produits de ce volcan des pierres-ponces qui parais- Sent être si rares dans l’île de Java , et dont la présence doit faire supposer l'existence du trachyte dans l'intétieur du volcan. Des sources chaudes jaillissent de toutes Parts sur le côté occidental de l’île, et souvent on en lire parti (Æing in Cooks dritter Reise, 11, 5923).
À mesure que la chaîne des volcans s’approche du Continent de l'Asie, on commence à apercevoir de plus en plus les roches qui sont tout-à-fait cachées audessous de la surface de la mer à Java. Les parties 0ccidentales des îles sont encore formées par des cou- Ches de basalte , d’amygdaloïde et de conglomérat basaltique qui s'étendent en chaînes de montagnes très ällongées, mais dans l’intérieur on voit paraître le Sranite, et: les volcans ne semblent plus reposer sur une chaîne. basaltique. Cette disposition des roches a été décrite dans un mémoire du docteur Jack sur Ja
DR
géologie de Sumatra (Geolog. Trans. Sec. ser. 1, 597).
A4 Guñong-D'empo, Situé âu nord-est de Bencoolen, à soixante milles anglais dé distance et prune latitude de 5° 492$. Cétte montagne isurpasse de beäucoup én hautéur toutes celles de cetté partie dé l'ile. On l’apercoit du rivage ; il s’en dégage présque constamment dé H fumée et souvent des massés de matières gazeuses enflammées ( Heyne, Zracts on India ; p. 597. Charles Miller, Phios, Trans. , 1xv , 165 ). té docteur Jack. évalue lahauteur dé cette tnéitägie: à 11,260 pieds dé
Paris. De toutes parts, au pied de la montagne, se présentent des sources chaudes et d’autres phénomènes volcaniques. Toute là chaîne qui sépare le voléan dû rivage, et qui s'élève à près de 4,000 pieds, est formée, de Béhcoolen jusqu'é à Cawoot, de roches basaltiques; il en est de même du remarquable pain de sucre le Gunong Bungko qui s'élève auprès de Bencoolen.
450 Gurong Apt de Penkalan Jambi. Marsden 18 cite pas ce voléan. Il est Situé à soixante milles anglais au nord-est de là pointe d'Indrapore, à l’origine d'uÿ torrent Qui $e,décharge dans un grand lac. Larit. LS
50" 8. (Jack, p. 401). . | | 460 Bérapt. Ce volcan est situé. presque de | sous la Ligne, dans la vallée dé Tigablas, à l’origine du
grand lac Sophia. Ce volcan fume constamment, À | d’après des mesures angulaires faites en mér, sa Hat tèur est d'environ 12,200 pieds dé Paris, Des $otrées ‘chaudes jäillissént en grand nombre dans là vallée au iilieu de laquelle if se trouve.
Les deux rives du lac sont composées de roches dé grahite, quelquefois de micachiste avec des cou” ches calcaires. Par-dessus se trouvent des couches de Päsalte qui sé prolongent sur une grande étendue dans ‘4 la vallée de Tigablas. On observe assez fréqueniment des coulées de läve, de l'obsidienne et des pierres-poncés.
PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES. 451 Au nord et à l’est, le Berapi est réuni au Gunung Kasumbra, montagne immense que Sir Stamford Raffles a le premier découverte dans son voyage de 1818. Sa hauteur est de 14,080 pieds et par conséquent e’est la nfontagne la plus élévée de: l'ile de Sumatra. Plus près de la côle vers l’ouest, s'élève le Gunong- Pasaman connu dans lés cartes marines sous le nom de Mount Ophir: sa hauteur est de 12,950 pieds de Paris, et sa latitude 0°6 N. Auprès de Ayer Bangy, tout Près du rivage paraissent pour la première fois les rethes de granite. L'intérieur de l'ile est composé de Montagnes basaltiques et les rochers de Padang sontencore même formés d’une roche amygdaloïde dont les Rodules contiennent de la caälcédoïne et des cristaux de quartz. ce see 47°. Gunong Allas, à Vouest de Deli dans l'intériéur des terres. Zat: 3050'-N. Marsden j'a indiqué sur sa arte, Mais ne l'a pas autrement décrit: LOT E bee 48° Barrén Island. C’est le dernier voléan connu de cette chaîne volcanique : il est sitüé. dans Le golfe du Bengale à quinze milles marins à l'est de la grande île Andaman. Lar. 4% 15! N. Le volcan s'élève au milieu d'ün cirque dont les bords sont au même niveau que Son sommet ( PI. VE, 5). Uné ouverture analogue à celle de tous les cratères dé soulèvement conduit dans l'intérieur du cratère. La mer pénètre par cette crevasse jusque dans le cirque du volcan. La hauteur du-côneest de 1,690 pieds de Paris, sa pente est de 32°. 47". Lors- Qu'on en fit la découverte em 1792 ; on le trouva eh Pleine éruption ; il rejétait alors d’imménses nuägés de fumée et des pierres incandescentes (Æsiat. Rescarches, à..6.2 RE de + |
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