‹ Description physique des Îles Canaries, suivie d'une indication des principaux volcans du globeChapitre 81 sur 90 · VOLCANS DU MEXIQUE (PI. XIM · texte numérisé non relu

VOLCANS DU MEXIQUE (PI. XIM

M. de Humboldt a remarqué que les volcans du Méxique sont {ous rangés Sur une même ligne, dirigée de l’est à l’ouest , qui coupe obliquement l’étroit conti-

PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES. #18 nent de l'Amérique ; or cette direction présente si peu de conformité avec toutes celles observées jusque là, lesquelles ne traversent jamais des chaînes de montagnes , qu'on est porté, malgré l'étendue de cette série volcanique, à ne la considérer que Comme une faille subordonnée, qui ne s'étend pas Sur les flancs des grandes failles générales , et qui ne se prolonge pas au-delà du continent restreint de Mexice. Ce serait alors une sorte de fracture oblique, analogue à celle des volcans de Java qui s'étend obliquement à travers l'île, mais qui ne se prolonge pas au-delà.

Les volcans du Mexique restent aussi constamment dans le domaine des roches basalliques. Depuis OaxaCa, où les montagnes les plus élevées sont formées de granite et de gneiss et point du tout de trachyte (Humboldt, Nouv, Esp., 8°, 111, 926) , ce granite parait être de plus en plus resserré vers la côte de la mer du sud, et peut-être même n’existe-t-il déjà plus sur la côte au-dessus de Colima, Les phénomènes volcaniques

se sont d’après cela étendus sur un espace considérable. Toutefois , ils sont, sur la grande chaîne trachytique, aussi rares vers le nord que dans la direction de Pest à l’ouest. Ce n’est certainement pas par hasard que s'est formé, au point de rencontre des deux chaînes, l'immense cratère de soulèvement, au milieu duquel se

trouve Mexico. ;

1° Volcan de Tuxtla, au sud-est de la Vera Cruz. La nature de cette montagne s’est principalement ma nifestée par une violente éruption qui a eu lieu le 2 mars 1795. Ce volcan se trouve un peu en dehors de la direction des autres volcans du Mexique (Humboldt, 11, 544),

2 Pic d'Orizaba; il s'élève à 46,302 pieds de hauteur. Cette montagne dont Humboldt a dessiné une.vue (4 c., tab. AT) se présente sous l'aspect Je plus majes-

516 PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES tueux. Des éruptions extrémement violentes eurent lieu par ce volcan de 1545 jusqu’en 1566 (Humboldt, 1,476). re

. Dans la même chaîne se trouve au nord, le Coffre de Perote de 12,554 pieds de hauteur. C’est une montagne trachytique, recouverte de tous côtés par d'immenses couches de pierres-ponces et par des coulées de lave. Si son sommet n’est pas terminé par un cratère , il faut alors que des éruptions considérables se soient fait jour par les flancs de la montagne.

3° Popocatepetl ou volcan de la Puebla ; il a 16,626 pieds de hauteur : c’est la montagne la plus élévée qu’on connaisse dans tout le Mexique. Il rejette souvent de la fumée, et son sommet est terminé par un cratère (Humboldt, Nouv. Espagne, 1, 171).

L'Iztaccihuatt qui appartient à la même chaine, est élevé de 14,750 pieds. Le cône de Toluca à 14,220 pieds (Humboldt, Vis. Barom, 48); cette montagne a été étudiée aussi par M. Burkart, qui y est monté le 42 mai 4826 (Arch. de Karst., xiv, 106). A la partie supérieure se trouve un cratère creusé dans le trachyte qui forme le sommet du volcan. Le fond du cratère est occupé par deux lacs ; il a un quart de lieue de diamètre et depuis le bord le plus élevé jusqu’à la surface des eaux, sa-profondeur est de 1,153 pieds de Paris : depuis le bord le plus surbaissé, situé du côté de l’est, cette pro- : fondeur est encore de 550 pieds. L'eau des lacs n'a aucun goût particulier, cependant elle dépose du soufre sur les bords.

Ces cinq montagnes forment une sorte de nœud volcanique , au milieu duquel s'enfonce la ville de Mexico.

4 Volcan de Jorullo. La situation de ce volcan, presque exactement entre celui de Colima et celui de la Puebla, ne peut laisser aucun doute sur l’existénce d’une faille intérieure, Il ne s'élève qu'à 5,705 pieds

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de hauteur. En un seul jour, le 9 septembre 1759, il s’est soulevé de 4,480 pieds au-dessus de la surface environnante (Humboldt, Mouv. Espagne, 11, 290):

50 Volcan de Colima. Cette montagne est la plus occidentale de cette chaîne volcanique ; elle rejette très souvent des cendres et de la fumée. Sa hauteur est de 8,619 pieds, d’après l’évaluation de Don Manuel Abad (Humboldt, Nouv. Espagne , 1, 509 ). :

Le capitaine Beechy (Foy. 11, 587), a mesuré la hauteur de cette montagne en se servant d’une base de quarante-kuit milles anglais prise sur la mer : il a trouvé cette hauteur de 11,266 pieds de Paris. La latitude de ce volcan est de 19° 25” 24" N, et sa longitude relativement à Saint-Blas de 4° 41° M"'E.

Humboldt paraît croire que la plus haute montagne de la Californie, Cerro de la Giganta , qui s'élève à 4,600 pieds de hauteur est un volcan ( Nouv. Espag., ir, 425); il place aussi sur ia grande carte du Mexique, sous le 28° degré de latitude , le volcan de las Virgenes, en faisant remarquer qu’on l’a vu dans l’année 1746.

Ces deux montagnes ne sont pas connues d’une manière plus précise. La Peyrouse avait observé sur le cap Mendocino, sous une latitude de 400 48’, une montagne qu'il avait prise pour un volcan brülant, et que comme telle il avait portée sur sa carte ; il fut reconnu plus tard qu’il avait été induit en erreur par une illusion et par l'incendie d’une forêt à laquelle les habitants avaient mis le feu (Roquefeuil, 7’oyage autour du monde, 11,298). On avait aussi signalé l'existence d’un sem blable volcan sur l’île de S. Francisco.

On n’a pas non plus retrouvé ceux qui avaient été aperçus par Maurelle dans le Port Bucarelly. La Pey . rouse paraît douter de leur existence, et Vancouver qui est resté plusieurs semaines très près de là, dans

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le Clarence Sound, n’a rien appris sur ces volcans que cependant Quadra dit avoir vus.

Volcan situé sur la côte nord-ouest de l'Amérique, près l'embouchure du Colombia (Silliman Journal, 14835). M. Gardner , résidant au fort Vancouver, Lat. 430 57” AG” N.; Long. 119 55’ 11” ouest de Paris, raconte (sans date) que la montagne de Saint-Helens, ordinairement couverte de neige, et appartenant à une chaine marine située à 40 milles au nord de Vancouver , avait fait récemment une éruption. Ce phénomène avait été précédé d’un tremblement de terre; un brouillard épais couvrit et cacha la eime de la montagne pendant deux ou trois jours; au bout de ce temps, on vit que le sommet de la montagne ne portait plus de neige, etqu’il était sillonné de diverses lignes qu’à l’aide de lunettes on reconnut pour des courants de lave.

Les Indiens affirment qu’une autre cime brûlante se trouve près de Mont Hood au sud de la montagne de Saint-Helens.

La limite des neiges perpétuelles est remarquable ment basse sur toute cette chaîne marine. A }’aide de mesures angulaires, prises avec un sextant de huit pouces et d’une base mesurée de 5,720 yards ( 3,400 mètres) de longueur, M. Gardner a trouvé que la hauteur du Mont Hood était de 7,454 pieds anglais (7,219 pieds de Paris) ; 600 à 809 pieds depuis la cime sont constamment couverts de neige, ce qui porterait la limite des neiges perpétuelles, sous 450 de latitude, et au bord de la mer, à 6,540 pieds de Paris.

On pourrait peut-être aussi suivre une chaîne volcanique analogue sur les côtes de l'Arabie. Le Gebbel Teir, sous le 150 38 de latitude, avant Loheia, est,

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