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Si à l'aide do ces résultats on formait une courbe «je température pour cette localité, il paraîtrait évident à tous les yeux que les températures des mois compris depuis le mois d'août jusqu'à la fin de novembre n'appartiennent pas à cette courbe, et dérivent d*\ine tout. * autre source de chaleur : toutefois les rapports des habitants s'accordent parfaitement avec les observations pour prouver que la température du milieu de l'été* ni peut nullement se comparer avec celle du milieu et de « la fin du mois d'octobre. Les productions naturelles viennent aussi confirmer ces phénomènes.
C'est avec raison que cette contrée lire son nom de celui des palmiers , car on y trouve dans la vallée une forêt entière de dattiers , lesquels portent des fruits ; il n'en est pas de même des palmiers isolés , qui croissent . aux environs de Santa-Cruz et d'Orotava, dans l'île de Ténériffe. VEuphorbia balsamifera qui exige une température élevée , et qui ne se trouve près d'Orotava et de Santa-Cruz que dans les bas-fonds, croît dans le voisinage de Las Palmas jusqu'à une hauteur de 800 pieds, et 1res souvent on en trouve des buissons de
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10 à 12 pieds de hauteur ; le Vlocama pendilla atleiut même très rarement celle hauteur 'aux environs de Sanla-Cruz. Les jardins de la grande Cauarie sont fréquemment ornés d'arbres provenant des Indes orientales et occidentales, qu'on ne voit jamais àTénériffe; ainsi on y trouve des Poinciana pidcherrima d'une beauté \ et dune grosseur extraordinaire, des Bixa oreilana et des tamarins aussi gros que nos tilleuls.
On Voit dans la cour intérieure de l'hôpital des lépreux de Saint-Lazare, une très belle allée formée de gros arbres de l'espèce des Carica papaye, qui y végètent avec plus de vigueur que ceux qui sont dispersés en petit nombre sur la cote nord de 1 * île de Téncriffe. *
Ces remarquables phénomènes de température sont du plus haut intérêt pour tous ceux qui étudient les lois suivant lesquelles les températures et les autres phénomènes météorologiques se trouvent répartis à la surface de la terre.
La courbe des températures pour Santa-Cruz ne présente pas de semblables irrégularités , et ne porte point les traces d'influences locales . Aussi je crois qu'elle peut très bien servir dans les recherches sur les chan-> gements de température suivant les diverses latitudes qui se trouvent dans une même zone météorologique* de longitude. J'ai rapproché les unes des autres plusieurs courbes de température qui paraissent avoir été déterminées d'une manière exacte, et ces courbes semblent se rattacher à la même loi , ou bien n'y apporter que de légères modiûcations. Les observations qui ont servi à les construire, et qui sont consignées dans une table qu'on trouvera un peu plus loin (page 80;, se rapportent aux températures de Cumana, de Sanla- Cruz , de Funchal , deKendal sur le côté nord-ouest de I Angleterre , de Sondmor, près de Drontheim , sur la côte de Norwège, et enfin aux températures de plu-
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sieurs mois de Tannée, des contrées situées sous te 78* d^gré de latitude. Ces detnières observations qnt été faites avec beaucoup de soin au Groenland, pendant douze années, par l'infatigable et célèbre voya*
' . geur William Scoresby, de Wbitby, dans le Yorkibirë. Les températures de la Havanne et du Caire, rapportées dans ces tables , donnent deux courbes correspondant à deux zones météorologiques de longitude 1 tout-à-fait différentes, qui sont toutesdeux parallèles à la zone de l'Atlantique, et qui appartiennent l'une à la zone du nord de l'Amérique, et l'autre à la zone de l'Europe occidentale. Dans ces deux localités l'influence des vents est très considérable : à la Havane , située même au-dessous du tropique , le thermomètre s'abaissè en hiver jusqu'au point de congéla-
* tion (Humboldt). Au contraire; les chaleurs de l'éty! 's'élèvent au Caire si fort au-dessus de celles que ressentent les îles Canaries, situées cependant plus au sud , que l'pn reconnaît de suite que ces température % ne peuvent dériver de la même loh
*Si l'on calcule les températures de la zone de l'Atlantique avec la formule connue de Mayer, d'après laquelle la température décroît comme le carré du sinuV. de la latitude multipliée par un coefficient arbitraire ) on reconnaît bientôt que ces températures ne s'accordent point exactement entre elles ; ce que Humboldl avait déjà fait remarquer dans son excellent Traité sur les lignes isothermes s un des principaux ouvrages qui aient été faits sur la météorologie de la surface du globe (Mém. d'Arcueil, ui, 481 ). Il résulte donc de ces sortes de calculs , qu'il y a des latitudes où la diminution de température s'effectue plus rapidement ou plus lentement que cela ne devrait avoir lieu d'après la loi générale des v ariations de température, id, par conséquent , il devient indispensable de rechercher et d'apprécier exactement le facteur qui
doit intervenir dans ^expression do celte loi , pour la modifier convenablement. i «
En combinant les observations faitesàSanta-Cruzetà Reudal, on trouverait que la température moyenne du pôle^t de — 4°,9 R., et celle de l'équateur de 28°,2 R. Le premier de ces nombres ne s'éloigne pas autant de la vérité que le second, car Scoresby a trouvéque la température moyenne dans les mers polaires était de plusieurs degrés au-défssous de zéro. 11 suppose même que la température moyenne du 87' degré de latitude est de — 6",7R. ; mais ce nombre est vraisemblablement exagéré, car il repose sur la supposition non admissible que la courbe des températures pour le pôle suit la même marche que celle de Stockholm , et cette localité est déjà trop éloignée de la mer. Celte courbe a plutôt de l'analogie avec celle des cotes de Norwège ; et si on effectue le calcul en se basant sur les observations faites h Sondmor par Strom, on trouve pour température moyenne — 5°,4R. , qui ne doit pas beaucoup s'éloigner de la véritable température du pôle.
Par la comparaison des températures de Kendal et de Sondmor on obtiendrait pour la température moyenne de l'équateur 47°,8 R., tt+ 0\5R. pour celle du pôle. Ces deux nombres sont certainement tous les deux fort éloignés de la vérité. 11 est donc probable que, dans la partie septentrionale de l'Océan atlantique, la diminution des températures s'effectue moins rapidement que ne l'indique la loi générale : il y règne par conséquent une nouvelle influence, qui tend à augmenter la température et qui modifie les résultats; celle cause perturbatrice est-elle autre chose que le courant équatoriaJ supérieur qui s'abaisse sur la mer, entre l'Europe et l'Amérique , et qui s'avance vers le pôle en lui apportant
une partie de la chaleur des contrées intertropicales?
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