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climat:
Température des sources et du soi.
Ce climat offrant beaucoup de sources dont on peut observer la température, j'ai cherché à la déterminer a?ec exactitude ; et quoique leur nombre ne soit pas assez considérable , et les circonstances dans lesquelles elles sont placées assez différentes pour qu'on puisse en tirer une loi générale , les résultats paraissent cependant présenter encore quelque intérêt.
M. Erman a eu la bonté de comparer le thermomètre dont je me suis principalement servi , avec celui qu'il avait employé pour ses observations , lequel se trouvait . d'accord avec le thermomètre dont M. Walhenberg avait fait usage pour la détermination des températures sous . le 71e degré de latitude , et pour celles de la source dite Louisenbrunnen, près de Berlin. D'après cette comparaison > mon thermomètre , fait à Londres par W. Jones , se trouvait de \ de degré Fah. plus haut que celui employé par Wahlenberg. J'ai donc corrigé toutes les observations que j'ai faites dans les îles Canaries , de ces \ de degré, et l'on peut actuellement les considérer comme tout-à-fait comparables à celles de Er/nan et de Wahlenberg.
Sources situées au bord de la mer ou à une faible
distance.
A Ténérif fe ( Voy. Carte de Ténériffe ) .
6 Mai 181 5. Source médiocrement abondante, située aa Cap Marlianez, au-dessous de la Paz, non loin de Puerto Orotava ; elle sort d'un courant de lave . • . ti0,* R. (Sa température est constante et n'éprouve .aucun changement appréciable).
S Mai. Source delRey^ entre Realaxa et Puerto. Celte source est amenée dans la ville ........ . 14
en cascades au-dessous du moulin de Gordaxuelo ,
i»rès de Rcalexo
6 Septembre. Mêmes sources . . w .
A Palma ( Voy. Carte de Palma ).
3£ Septembre. Eau d'une fontaine, à ao pieds au-dessous du rivage, près de la ville de SantaGruz, et k peu de distance d'un bouquet de très beaux cocotiers . . . 15,77
À Laucerote ( Foy. Carte de Lancerote).
18 Octobre. Au milieu de Ra pilles , dans une vallëe creusée * dans les débris volcaniques quj recouvrent la place où e e'tait autrefois le village de Tygaife, coule une eau qui sort d'une fontaine de 5 pieds de profondeur ; elle ne tarit jamais , et est employée en grande quantité par les habitants. Sa température est de ....... i4,iï
Les résultats précédents donnent, pour la température moyenne du sol, 14°,4R. D'après Don Francisco Escolar, la température moyenne de l'atmosphère est k Santa-Cruz de 17°, 5 R. : c'est-à-dire qu'elle surpasse de près de 5 degrés la température du sol.
La plupart de ces sources tombent sous forme de petites cascades , après avoir coulé au-dessous de pentes douces et bien cultivées, comme cela arrive pour la belle source de la Paz; on doit supposer, d'après cela, qu'elles indiquent la température des pentes au-dessous desquelles elles ont coulé.
M. de Humboldt est le premier qui ait observé ce fait singulier que dans les basses latitudes la température de l'atmosphère surpasse la température du sol ; et les premières remarques à ce sujet se trouvent consi- , gnées dans les Annales de Gilbert (t. xxiv, p. 46). J'ai observé , dit M. de Humboldt, que dans les montagnes de Caracas et de Cu Diana la température de beaucoup de sources est inférieure à celle qu'elles de-
CLIMA*. 8S
vraient posséder d'après leur élévation au-dessus de la mer ; ainsi, une source située à 800 toises (4,800 pieds) de hauteur ne marquait que 15°,2 R. Une autre , à 505 toises (5,050 pieds), était à 15°,5R. La température d'une troisième, élevée de 592 toises (2,352 pieds), était de 1 6°,8 R. Toutes ces températures étaient de 3 degrés au moins inférieures à ce qu'elles auraient dû être d'après les températures moyennes des contrées où se trouvent les sources.
Une source auprès deCumanacoa, située à 179 toises ( 1,074 pieds ), était à une température de 18° R. , tandis qu'elle aurait dû indiquer 20» R. pour que sa température fût d'accord avec celle de l'atmosphère.
Les expériences de John Hunter sur les sources de la Jamaïque conduisent au même résultat. (jPAi/. Trans. for 1788, p. 59 sqq.). La source dite Coîdsoring, qui se trouve à une hauteur de 3,892 pieds de Paris , n'a que 15<>,2 R., et devrait avoir 16" R. Dans l'intérieur du Congo, Smith a observé des faits entièrement analogues : car des sourëes abondantes, situées à une hauteur de 1,560 pieds de Paris, ne marquaient pas plus de 18",2R. , tandis que la température moyenne de l'atmosphère , dans la même localité , est de 20A,5 R. [Tuckey"s narrative, p. 514. )
Le même phénomène peut aussi être observé dans les parties méridionales de l'Europe; et Ton trouverait probablement en Portugal , en Espagne et en Italie beaucoup de sources dont la température présenterait avec celle de l'atmosphère de plus grandes différences encore que les sources des contrées des tropiques.
i'ai trouvé que la température des eaux d'une source très considérable auprès de S. Gcsareo , à peu de distance de Palestrina , était , le 29 août 1805, de 9° i R. , tandis qu'à la même époque la température de l'atmo-
sphère était de 22R.,et que Ja température moyenne de cette localité esl de 12°, 6 B.
Bien que ce phénomène puisse paraître surprenant , surtout quand on l'observe au milieu de Tété, cependant on reconnaît promptement que cette différence de température ne provient pas d'autres causes que de celles qui élèvent la température dusol dans le nord, c'est-à-dire des pluies dont les eaux forment ensuite les sources. Dans le sud de l'Europe, et jusqu'aux con* trées des tropiques , la saison des pluies est principalement comprise entre les mois de novembre et d'avril , et toutes les pluies cessent à partir du mois de mai. Or, la chaleur de Tété ne doit pas plus affecter la température des eaux qui se trouvent dans l'intérieur de la tetre que ne le fait le froid de l'hiver dans les contrées où la température s'abaisse considérablement. Les eaux des sources ne peuvent par conséquent avoir que la température qu'avaient les eaux pluviales lorsqu'elles ont tombé , et c'est avec cette température que les sources reparaissent à la surface. L'état d'un grand nombre de sources, à divers^ époques de l'année, montre avec évidence que les eaux emploient beaucoup de temps pour parvenir des points où elles«'inûltrent dans le sol jusqu'à ceux où elles en sortent sous forme de sources > et que, par conséquent, la température à l'époque de la chute des pluies doit se propager très loin et très . profondément dans l'intérieur de la terre.
La grande source de Fuente del Paso, près Agaete, dans la grande Canarie , commence à couler au mois de mai, et continue pendant tout l'été; elle diminue dans le mois d'août, et se tarit en octobre ; elle reste complètement à sec en hiver, pendant la saison des pluies. Les eaux emploient par conséquent deux et peut-être nîême trois mois à traverser les fissures des montagnes dans lesquelles elles s'infiltrent.
La température des sources, près d'Orotava, est aussi probablement la moyenne température des mois de février et de mars. Près de Santa-Cruz la température des eaux est un peu plus considérable : mais il ne se trouve dans celte contrée aucune source qui soit à une faible hauteur au-dessus de la mer, et sur laquelle on puisse faire des observations à ce sujet. L'eau que l'on trouve dans une fontaine à 20 pieds de profondeur, dans le Baranco de los Santos, à peu de distance de Santa-Cruz, marquait; le 24 juin, 16°,4 H. , tandis que la température de l'atmosphère était de 20" ,6 R. Cette eau est le reste de celle qui, en hiver, s'écoule vers la mer par cette vallée.
Sources qui se trouvent élevées au-dessus de la mer
jusqu'à 3,000 pieds.
A Ténériffe.
Juin,AoûU Fuente del Drago , au-dessous de Laguna, source très abondante , qui sort du milieu de couches basaltiques sous un buisson touffu , à aoo pieds au-dessus de la mer i^,îR.
i{ Juin. Fuente de los Negros , source peu considérable , située à L'ouest au-dessus de Laguna , et qui sort d'une fente balsatique , au pied d'un épais buisson de Buàus* . 1 4 ,3
La ville de Laguna est bâtie au milieu d'une plaine élevée de 1,620 pieds au-dessus du niveau de la mer. La Fuento del Drago se trouve immédiatement audessous , et les eaux sont employées par les habitants pour les usages domestiques. La température constante de cette source peut très bien être regardée comme étant la température intérieure du sol sur lequel repose la ville de Laguna ; il en résulte que la température extérieure reste la même depuis les bords de la mer jusqu'à la hauteur de cette plaine, et cependant la température moyenne de l'atmosphère y est de plus
de 2a R, inférieure à celle de l'atmosphère à Santa- Cruz.
Mais , à partir de cette hauteur, la température des sources s'abaisse très promptement et presque sans passer par les degrés intermédiaires ; il est même fort remarquable qu'elle est à peu près uniforme dans toute la circonférence de Tîle. Je vais rapporter les températures des sources qui se trouvent tout autour de l'île , depuis Laguna jusque vers Orotava, sur une ligne qui est en quelque sorte une ligne de nivellement,
21 Août. Agua de las mercedes a 2,200 pieds de hauteur. Cette source se trouve dans la forêt de l'Obispo , audessus de Laguna , sous un magnifique berceau de lauriers gigantesques et entre deux buissons de Mocanera et de Viburnwn • ,, « n°,a ll.
Septembre. Fgente de Vero et Fuente de los Villanos. Ces deux sources sortent immédiatement des rochers sous forme de ruisseaux, et coulent dans les montagnes entre Esperanza et le Baranco Hondo : toutes les deux sont à ■ 9,800 pieds de hauteur, et ont exactement la même tem. pératore * ... 10,6
19 Juin. Source située à peu de distance de l'Église des Hermites , auprès de l'Esperanza , sous des arbres de Ilex perado et de Laums fœtent, à 3,100 pieds de haut. . .13,2
Août. Fuente Guillen , source placée entre Esperanza et Ma-
tanza, à 3,565 pieds de hauteur 13,1
Mai. Dans un cirque formé par des rochers , au-dessus de Realexo Ariha , jaillit une source très abondante , qui , d'après les assertions des habitants , est chaude pendant les temps de pluies , et froide quand le ciel est pur ; circonstance qu'on doit considérer comme une preuve de la constance de sa température. Cette source , nom mée FucnU de la Madré Juanay se trouve à 2,600 pieds au-dessus de la mer, sa température est de . . . . 1 1 ,9
Mai , Juin. Source située sur la montagne de Tigayga, entre Realexo Ariba et Icod el Alto , k un peu moins de 3,000 pieds 1 1 ,9
Une autre source qui se trouve sur le flanc gauche du Baranco et qui est conduite vers Rambla : elle est située à la.méme hauteur que la précédente . . . . 11,7
Juin. Fuente (Ici Rey , source très belle et très abondance ,
au-dessus de Icod los Viaos , à i,3ga pieds de haut . . 1 1^,7 1\
Juin. Source située au milieu d'un bassin ouvert dans le Val
S. Iago , à a, 800 pieds de hauteur . ..*...» 9,6
Les différences que présentent ces résultais ne sont pas assez considérables pour qu'il ne soit pas permis de croire qu'ils seraient beaucoup plus concordants , si les observations de température eussent été répétées plusieurs fois , et faites à la même époque pour toutes les sources. Quoiqu'il en soit, il en résulte toujours que la température du sol de l'île de Ténériffe à 2,500 pieds au-dessus de la mer diffère peu de 11° R. La diminution de température, depuis la plaine où se trouve Laguna, c'est-à-dire pour une élévation de 860 est donc de 3°,2 Rè ; ce qui revient à une diminution de 1° R. , pour une élévation de 279 pieds (46 { toises). Or, cet abaissement de température est très considérable , car aux bords de la mer il n'est que de 1° R. pour une élévation de 735 pieds.
D'après les principes établis par M. de Humboldt, et basés sur un grand nombre d'observations , la température dç l'atmosphère dans les latitudes inférieures s'abaisse de 1° R. à mesure qu'on s'élève de 726 pieds. La température de l'air à 2,500 pieds au-dessus de la mer serait donc de 13«,9 R., c'est-à-dire presque aussi considérable que celle des eaux de sources aux bords de la mer , et de près de 3 degrés supérieure à la température Qbservée pour les sources à cette hauteur.
La grande source de Agua Manza, qui forme un ruisseau , et qu'on amène à la Villa Orotava, se trouve à 4,100 pieds au-dessus de la mer, et sa température au mois de septembre était de 10°, 78 R.
Ce résultat doit paraître présenter une singulière anomalie; cependant, je crois que jusqu'à une hauteur supérieure à 4,000 pieds la température des
sources ne peut pas changer. En effet, jusqu'à cette hauteur, les flancs des montagnes sont recouverts de forêts, et aussi de nuages qui, pendant tout l'été, y séjournent depuis neuf ou dix heures jusqu'à quatre ou cinq heures après midi. Ces brouillards s'attachent aux feuilles des arbres, par conséquent cette partie des montagnes reste constamment humide, et les sources qui sont alimentées de cette manière doivent très promptement propager dans les parties inférieures la température des lieux plus élevés.
Il serait beaucoup à désirer de savoir si au-dessus de la région des forêts la diminution de température se fait d'une manière plus rapide ; mais à ces hauteurs il n'y a plus de sources , ou bien elles sont si peu abondantes , que leur température doit changer avec celle de l'air qui les environne. La Fuente delà Montana Blanca , au-dessus de Villa Orotava , à 6,105 pieds au-dessus de la mer, marquait, au 24 août, 7%1 R.
Au mois de mai la température des eaux d'une petite source sortant des fentes des rochers d' Angostura , dans le cratère du Pic, près du chemin de Chasna, à 6,400 pieds au-dessus de la mer, était de 4°,9R., tandis que la température de l'atmosphère était 10,5 d. R. *
Ces températures paraissent par conséquent varier chaque mois , et leur détermination pourrait peut-être servir à faire apprécier la marche des températures à ces hauteurs.
Sources de la grande Canarie.
il Juillet. Aqua Madré de Moja , sources remarquables et abondantes , qui se trouvent au milieu d'un bois de Til, et qui jaillissent entre des coaches basaltiques à 1,387 pieds au-dessus du niveau de la mer ; elles forment , 1* Un ruisseau > •
a0 Une seconde source qui jaillit d'une grande profondeur entre le* rochers i3°,4R-
3° Une source qui jaillit du sol , près du Baranco . . i3,4
Source acide , située au-dessous de Moja et peu imporportante , soit par son contenu en acide carbonique , soit par la quantité d'eau qu'elle fournit 17,1
Source acide et abondante , qui jaillit entre des gros blocs de rochers , au fond du Baranco de la Yergine , au-dessous de Firgas , ta
Petite source qui domine les habitations de Rio- Secco « près du Baranco de la Vergine , à 1 ,4oo pieds de hauteur; la température de l'atmosphère est en ce point de 200 R i3,3
Source abondante, située sur le chemin qui mène, par la montagne , de Rio-Secco à Moja . . . . , . . 1 3,3
Source abondante, mais très faiblement acide, qui sort d'un canal formé par deux pierres dans le Baranco , audessous de Xerrpr, * i,45i pieds de hauteur , . . 17,6
H paraît résulter de ce qui précède, que l'on peut regarder 13°,5 R. comme l'expression de la température du sol, sur le flanc septentrional des montagnes de la grande Canarie, jusqu'à une hauteur de 2,000 pieds. La température de l'atmosphère est , dans la même situation, de 46° R.
Petite source située à a9?5o pieds de hauteur * elle sort d'une masse de conglomérat , et coule au - dessous de Tonte , dans la Caldera de Tiraxana. J'ai trouvé que le iS juillet sa température était ...... i5°,4R>
( Cet endroit est très abrité et fort chaud. ) , Source située au-dessous de l'Église de Texeda , dans une vallée étroite, à a, 600 pieds de hauteur. Cette source médiocrement abondante marquait . , . . . . ■ . i6,5
Sources de Vîle de Madère. '
Auprès de Brazenhead, à l'ouest de Funchal , on remarque une sourçe qui sort des fentes des rochers dans' une grotte : les eaux qui coulent au milieu de buissons à'Adianthm sont entourées de bananiers très
épais, et par conséquent ce* eaux ne peuvent être complètement à l'abri de l'influence de la température de l'air ambiant. Le 22 avril , le thermomètre marquait dans ces eaux 15° R, ; la température de Vair était de!6°,6R.
Bonne source située à 900 pieds de hauteur , sur le chemin de Camachio : la température de Talr était
a3 Avril. Belle source situe'e au-dessous de l'Église de Senhora de Monte, à 1,774 pieds de hauteur ; sa température ,
prise à des jours différents , était constamment . • . 1 1,2
Bowdich a pris la température de la même source en octobre et a trouvé 11°,55R. (Edinb. Pkil.Journ., xviii, 317.)
Source qui sort entre des blocs de rochers, à la partie supérieure du flanc de la montagne , sur le chemin qui mène à la pierre qu'on aperçoit très tien de Senhora : elle se trouve à 3,95o pieds de hauteur. La température de l'air est dans cette situation de 11,75. CeUe de la source est de 8%aRf
Près de la cime de Toringos, jusqu'à l'endroit où commence à s'élever la dernière crête de la montagne , se trouve une source entourée par une muraille , et qui sort en bouillonnant avec violence , et en formant nn . ruisseau : elle est située à 4*760 pieds de hauteur ; sa température est de »... 5,74
Il résulte de là que la température s.'abaisse de 1 degré, lorsque depuis
900pltdi jusqu'à 1,774' on s'élève de . . . 291p-
Il paraît par là évident que la température moyenne change peu dans toute la hauteur qu'occupe la région des forêts, tandis que celte température varia du si impie au. double eji-dessus et eu-dessous de cette partie des motftagues. La température du 60l diffère
aussi beaucoup moins de la température de l'atmosphère dans les régions couvertes de forêts , que dans les parties situées à une faible hauteur au-dessus du niveau de la mer, ou sur la cime des montagnes.
Le capitaine Sabine , en montant au Pic Ruivo , le 15 Janvier 1822, a observé sur le flanc du Corals, à 4,180 pieds de hauteur, une source abondante dont la température était de 6°, 7 R. : ce résultat s'accorde assez bien avec ceux qu'avaient présentés les sources situées sur le chemin de Toringos. Il serait pourtant à désirer que l'on pût observer la température de ces sources élevées pendant le cours de l'été, alors qu'elles ne sont pas influencées par la fusion des neiges et les pluies abondantes de l'hiver.
Il est à remarquer que la température des fontaines des environs de Funchal est très basse ; d'où peut provenir un pareil refroidissement ?
Bowdich rapporte qu'il a observé trois fontaines situées à plus de 20 pieds de profondeur, et dans des bassins complètement ouverts, dans les habitations de MM. Sundie, Young et Sortie; la température de leurs eaux était seulement de ll°,â&R., tandis que la température de l'atmosphère était de 16°,4 R.
D'après les observations faites pendant quatre années par Heberden , le thermomètre ne descend jamais dans celte contrée au-dessous de 12° R. : la plus basse température qu'on ait observée cette année (1815), était de 12o,5 R.
Dans les grottes, à 128 pieds de l'ouverture et à'peu près à 15 pieds au-dessous du niveau de cette ouverture, le thermomètre marquait le 4 novembre 15°,5R. , et le 4 janvier 14<> R. L'eau des fontaines doit donc provenir d'une hauteur considérable ; mais, quoi qu'il en §oit, la basse température des eaux de ces sources est un phénomène très remarquable.
02 DESCRIPTION DES ItES CANARIES.
On ne doit pas voir sans étonnèment combien il faut peu d'acide carbonique pour altérer la température des sources. Dans l'île de Canarie les eaux douces et acides sortent à peu de distance les unes des autres, et cependant on observe dans leurs températures une différence de près de 4° R. Dans la vallée étroite qui monte à la Caldera de Pal ma, au point où les rochers élevés finissent presque par se rejoindre, à 4,361 pieds au-dessus de la mer, on trouve une source acide, l'Agua agria, et à une très petite distance, presque dans le lit du ruisseau, une source d'eau douce, l'Aqua buena , sort en bouillonnant des conglomérats qui forment le sol. Le 26 septembre, la température de l'eau acide était de 19° R., tandis que l'eau douce ne marquait que 13° R. La source acide de Chasnaà Ténériffe , quoique située à 5,800 pieds de hautéur, avait cependant, le 28 mai, une température de 13,3° R.
Quelques remarquables que soient ces phénomènes, ils ne se bornent pas toutefois aux lies Canaries ; od les observe généralement dans toutes les contrées; je n'ai au moins remarqué aucune source acide doDt la température ne fût plus élevée que celle des eaux pures avoisinantes.
On comprend plus facilement qu'il doit en être ainsi , lorsqu'on cherche à se rendre compte de la manière dont ces eaux arrivent à la surface de la terre, et à apprécier leur véritable nature. En effet, elles ré* sultent toujours de l'action des eaux minérales chaudes et chargées de substances étrangères , qui sourdent des profondeurs de la terre, à travers les fissures de la croûte du globe, ou dans les vallées étroites. L'acide carbonique, dégagé par ces eaux chaudes, s'élève à travers les fissures des rochers , se coah bine avec les eaux froides qu'il rencontre sur son pa^T
>age et est amené au jour avec elles. Ces eaux , par conséquent , se trouvent échauffées par le gaz qu'elles absorbent, et leur température s'élève ainsi au-dessus de ce qu'elle aurait dû être. Entre toutes les sources remarquables de la Yétéravie et des montagnes situées entre la Lahn et le Mein, il n'y en a pas une dont la température ne soit supérieure de plusieurs degrés à celle des eaux ordinaires. Ainsi , les eaux de Selters , à 800 pieds au-dessus de la mer, marquent 11° R. Celles de Gross Karben, entre Friedberg et Francfort, qui sont les plus fortes, et par suite les plus recherchées des eaux acidulées , ont une température de 12° R. La température des eaux de la source de Schwalheim est de 10° R. , et cette température est la plus basse qu'on ait encore observé dans les sources de cette nature. Dans la vallée de la Lahn, on observe dans les parties les plus basses ies eaux chaudes de Ems; mais de l'autre côté de ces eaux acides, on voit sortir au pied des montagnes les abondantes sources chaudes de Wiesbaden. Aux sources chaudes de Carlsbad, correspondent dans les parties élevées des montagnes les sources acides et si nombreuses de Marienbaden et de ses environs. Aux sources chaudes d'Aix-la-Chapelle , sont aussi annexées les sources acides de Spa et de Malmedy, de Pouhon-des-Cuves, des Iles, de Guermont , de Hourt auprès de Yielsalm , de Challe auprès de Stavelot ; enfin, les sources acides et élevées de Riepoldsau, de Griesbach et d'Antogast sont tout- Wait en connexité avec les eaux chaudes de Baden et de Badenweiler , qui sortent dans les parties basses de la contrée : il en est de même des sources acides de Liebwerda et de Flinsberg, et des sources chaudes de Warmbrunn , dans le Riesengebirge.
Les îles Canaries présentent cependant ce fait particulier qu'on n'y observe presque point de sources
d'eaux chaudes , qui existent en beaucoup plus grande abondance dans les Açores. Toutefois ces eaux n'y manquent pas d'Une manière absolue, et leur présence sufût pour prouver leur connexité avec les eaux des sources acides. Au sud de Tazacorte , dans Tile.de Palma , 6e trouve une source dont les eaux sont extrêmement chaudes ; mais elle est presque constain ment couverte par les eaux de la mer, et ce n'est que dans les marées très basses qu'on peut l'observer. A la pointe de Fuencaliente, la plus méridionale de nie de Palma * se trouvait aussi une source dont les eaux chaudes étaient fort recherchées; mais elle fut recouverte par le courant de lave de 1678, et les eaux se sont frayé un passage jusqu'à la mer , sans toutefois reparaître à la surface. Il peut bien se faire qu'il y ait aussi à Ténériffe et dans l'île de la grande Canarie un grand nombre de sources chaudes, dont les eaux se mêlent à celles de la mer bien au-dessous de sa surface. La mer est autour de ces îles tellement profonde , qu'on ne trouve aucune espèce de poissons dans leur voisinage , parce que ces animaux ne pourraient trouver de place pour déposer leur frai; les sources chaudes peuvent, par conséquent, très bien s'écouler dans la mer à des profondeurs qui ne nous permettent pas de les observer.
Les causes qui amènent à la surface de la terre les eaux chaudes et les eaux acides, si importantes et si précieuses, ne sont probablement pas différentes de celles qui forment les éruptions volcaniques , et qui , brisant avec violence les obstacles qu'elles rencontrent, projettent une si grande quantité de matières et couvrent au loin de leurs débris la surface de la terre ; actions que l'on doit attribuer à l'incessante oxydation des matières métalliques recouvertes par le granité Les matières gazeuses que les sources chaudes amè-
neot par une action tranquille et continue à la surface de ïa terre, restent, quand elle ne peuvent s'écouler de cette manière , enfermées au-dessous de la croûte lerrefitre, jusqu'à ce que leur pression étant devenue assez considérable, elles se fassent jour avec violence, soit par les éruptions d'un volcan préexistant , soit en déterminant la formation de nouveaux cratères de soulèvement.