‹ Description physique des Iles Canaries, suivie dʾune indication des principaux volcans du globeChapitre 42 sur 48 · CHAINE DES ILES MARIANES · texte numérisé non relu

CHAINE DES ILES MARIANES

Il est évid*nt d'après la situation de ces îles, qu'elles appartiennent, £ une même chaîne, et Chamisso dit expressément (p. 77) que cette chaîne est volcanique Toutefois les volcans qui la composent sont totalement inconnus. Dags l'île de Guaham , on ne voit guère» que des madrépores calcaires^ mais comme cette île egt fort élevée , il est probable qu'il y a dans l'intérieur d'autres roches*

On ne connaît comme volcan actif que l'île de l'Assomption ( J&o*. 19° 45' , long. Paris, 138» 24' 55" E.) D'après La Pey rouse , elle a 3 milles de circuit et iâOO pieds de hauteur. Aucune production volcanique fie présente un plus terrible aspect que cette île ; c'est ao cône parfait, qui jusqu'à 200 pieds au-dessus de la mer , paraît entièrement noir. L'odeur sulfureuse qui s'en exibale , et qui s'étend à un demi-mille au loin sur la mer , ne peut laisser aucun doute sur l'activité de ce volcan, et le courant de lave qu'on voit sur le milieu de la montagne parait avoir été rejeté depuis fort peu de temps. ; ,

Les volcans situés plus au nord sont si peu connus et lents positions sont si mal déterminées que ni Arrowsmith ni Krusenstern ne les ont indiqués sur leurs cartes. ( fïoy. Krusensterns Reise, i , 144). D'après une carie <t* Monterey que J*a Peyrousea /ait c onMtrtMlas

MtENOMENftS VOLCANIQUKS. 463

son voyage , ces volcans se trouvent au nombre de sept, dans un alignement qui n'est évidemment pas l'effet du hasard , et celte chaîne se prolonge jusqu'auprès des côtes du Japon. La seule ile bien dé* terminée est celle que le capitaine King a vue et décrite sous le nom de (le de souf re et qui dans les cartes espagnoles est nommée Folcanos. Lat. 24° 48* N. , long. Paris, 138° 52' 55" E. (Krusenstern, Hydrogr. p. 109), On y distingue un cratère bien caractérisé, et la mer dans le voisinage et jusqu'à une distance considérable, a été vue couverte de pierres-ponces. Vers le nord, l'île apparaît comme un pic fort élevé ( King, dans le troisième Voyage de Cook, u , 478). South Island, au sud de l'île du Soufre. {Lat. 42» 12'), est d'après les observations de M. Horner , élevée de 5,124 pieds de Paris.

Cette série volcanique est isolée et ne peut se rattacher à aucune côte du continent.

Quoique fréquemment interrompues et même sur des longueurs considérables , les séries des volcans dé l'Amérique peuvent cependant toujours se Rattacher aux chaînes de montagnes qui s'élèvent sur le continent. Elles ont même , sous quelques rapports, de grandes ressemblances âvec la série des volcans de l'Austrasie et des îles Molucques. En effet , celle chaîne se recourbe vers le nord-ouest , et se divise en deux autres chaînes qui entourent le golfe du Mexique, de la même manière que les volcans des Molucques dans la mer de Chine , et de même que ceux-ci finissent par se perdre dans les parties où le continent de l'Asie devient plus considérable et plus élcndu , de même les volcans de l'Amérique disparaissent dès que l'Amérique

464 ttréuroAtÈNEà volOaNioues*

septentrionale a pris une grande largeur et une grande extension.

Toutefois ces deux systèmes principaux de volcans à la surface de la terre, présentent une différence essentielle qui ne peut pas être passée sous silence ; c'est que la chaîne de l'Austrasie s'étend le long de la partie convexe du continent , tandis qu'au contraire la chaîne de l'Amérique est en connexité avec la partie concave de cette partie du globe.

TX.

CHAINE DU CHILÎ.

La plupart des volcans de la chaîne du Chili , quoique très élevés , et souvent dans une très grande activité , nous sont encore absolument inconnus. On les trouve nommés, sans description ,j dans la Historica Jtelazione del Regno di Cile di Alonso d'Ovaglia (JHoma, 1646 , page 16) , et la grande carte de la Cruz de OU medilla , répète ces mêmes noms. Il est à présumer que plusieurs de ces montagnes ne sont que des dômes ou des pics d'andésite , ou de trachyle , élevés • par des forces volcaniques qui pourtant n'ont pas eu assez d'intensité pour continuer à se manifester, soit par la cime , soit par le pied de ces sortes de volcans.

Il existe, au nord du cap Horn , lot. 55° 3' S. Long* 70o 50', O. de Paris, un volcan vu par le capitaine Ciemeuse, en 1712, et par le capitaine Basil Hall, en 1822. (Weddel, Voy. p. 188).

Les autres volcans du Chili, d'après la carte de la Cruz, copiée parBrué, sont disposés dans l'ordre suivant :

1 ° Volcan de S. Clémente, lat. 46° S. ; long. Paris, 74° 40' 9" 0. au sud des Iles de Chiloê.

2" Volcan Medielana, ou de Huayteca, lat. 44o2ff S.; long. 73° 30' 0. '

3° Minchimadava, lat. 42° 45' ; long. 73° 20' 27" 0% vis-à-vis des des de Chiloë.

4° Volcan de Quechucabi, lat. 44 ° 40" * long. 73° 5CT . 27" 0.

5° Volcan de Guanegue, lat. 40° 50' ; long. 74° 27", 0. Je Paris.

6° Volcan de O^orno, iae.40°35'; /o/i£. 74o 10' 27". 0. 7° Volcan de Manco9lat.ÀOo 15'$ long. 73° 46' 27" O. 8° Volcan de CAz^ia/, te. 39° 55'; long. 73o S»9 27".

9* Volcan de Fillarica, lat. 39o 30'$ long 78° 30' 27".

10° Volcan de Fotueo , te. 39* 20' ; long. 72° 35' 27" , en dehors de la chaîne principale , sur une branche des montagnes , vers Test. C'est un cône en forme de pain de sucre , qui rejette tant de cendres et de vapeurs, que don Diego Ordonner de Savallos, lib. n., ch. 48 de son Viaggio universel del mundo , raconte , d'après Molina (Desc. du Chili) que rien ne peut croître jusqu'à 4 ou 5 lieues de distance. . - c '

44° Volcan de Chinale, lat. 38° 40' ^long. 7& 50' 27".

12* Volcan de Callaqui, lat. 38^ ; long. 72o 254 27".

13° Volcan de Antoio ou Antuco , lat. 57° 40'* long. 72° 20' 37".

M. Edouard Poeppig, qui a séjourné près d'un an au pied de ce volcan , et qui s'est élevé jusqu'à sa cime, en a donné une excellente description [Voyage au Chili et au Pérou, Leipzig, 4855) accompagnée de vues non moins instructives que curieuses. Le port . le plus voisin, celui de Taicahuano, près de l'ancienne ville

4<M> WRNOMBNK8 VOLQlUUQt?!*.

de la Conception , oit entouré de couches de grès , qui renferment des couches de houille. M. Duperrey dit que deux rochers qui se montrent à fleur d'eau , à l'entrée du port, sont composés de granité. On n'a pas vu c* granité sur la côte. Les grès forment des collines assez élevées, et se continuent fort avattt dans les terres, jusqu'au pied de la chaîne des Cordillières. .

Après avoir monté considérablement , depuis le village d'Antuco, on m trouve entouré de montagnes et d'escarpements basaltiques ; le basalte en prismes superbes est traversé par le torrent Tvun Leuvu qui baigne le pied d'un fort du même nom. Ces basaltes sont composés d'une masse tout -à - fait compacte et dense, et ne contiennent point de feldspath. On les suit jusqu'à une immense hauteur et même jusque près de la haute montagne de la Silla Veluda ( volcan de Tucapel, d'Ovaglia et des Cartes). Mais cette montagne est placée sur la crête on sur la cambre de la chaîne, au nofd du volcan d'Antuco , et elle est entourée de neige et de glaces. Il paraît donc , dit M. Pœppig, que le volcan s'élève an milieu d'un cirque basaltique, ou d'un immense cratère de soulèvement; phénomène très eurieux, qui ne s'est point encore observé sur une aussi grande écheHe autour d'aucun autre volcan, mais qui certainement a de l'analogie avec ce qu'on observe en Islande, où la bande volcanique est bornée des deux côtés par des amygdaloïdes et des basaltes en prismes. Les effets de Faction volcanique se manifestent de suite , dès qu'on est entré dans ce cirque basaltique. D'immenses courants do lave se pré' cipitent des flancs escarpés; et séparés en différentes branches, ils se réunissent vers le o*ne du volcan. On les dirait composés de scories de hauts fourneaux , car il» n'ont point decohérence, et toute la masse semble brisée et séparée en morceaux aigus et raboteux. Arrivé au

haut de la vallée d'Anluco, dans laquelle coule la rivière de la Laxa, on se trouve environné de très grands rochersde cette lave. Elle n'est pas basaltique, mais elle contient en abondance des pyroxènes et des cristaux blancs rhomboïdaux de feldspath ou plus vraisemblablement d'albile. La lave serait donc formée ou d une dolérite ou d'une andésite. Toutes les branches réunies de ces courants paraissent être sorties non loin du plateau qu'on atteint au haut de la vallée. C'est là qu'on rencontre un grand lac de cinq à six lieues d'étendue, qui baigne le pied du cône du volcan même placé sur son bord méridional. Le cône, enfin, s'élance fort avant dans la région des neiges perpétuelles, et il est d'un accès très difficile. A la cime, on trouve un cratère de 750 pieds de l'est à l'ouest, de 550 pieds du nord au sud, et de 50 toises de profondeur. Plusieurs grandes ouvertures y dégagent des vapeurs acides et suffocantes , et du soufre se dépose sur leurs parois. D'autres crevasses vomissent des vapeurs noires et également suffocantes, puis, après quelques moments de repos, il s'en élance, avec un sifflement terrible , des vapeurs blanches qui rejettent fort loin , et à une très grande hauteur, du sable, des pierres et assez souvent même d'immenses blocs , arrachés de l'intérieur. Ces vapeurs blanches disparaissent bientôt, mais les noires s'élèvent jusqu'à une très grande hauteur, et couvrent souvent toute la cime même.

Jamais un courant de lave ne s'est écoulé de celte cime ; on les voit toujours sortir du pied du cône , et de là , se précipiter dans le fond des vallons. En 1828 , un très fort courant s'écoulait continuellement du côté du nord par de grandes ouvertures, et répandait la nuit une lueur qu'on pouvait apercevoir à 40 lieues de dislance. On ne rencontre ni verres volcaniques ni pierres - ponces autour de ce volcan , ce qui certaine-

ment est une preuve que le trachyte n eutre pas dans sa composition. Mais les courants de lave lui donnent un caractère remarquable , car il y a peu de volcans dans la chaîne des Andes qui en aient offert, et jamais on n'en a vu autour des volcaus de Quito.

Le volcan ùïAntuco doit atteindre une hauteur d'au moins 16,000 pieds.

14° Volcan de Chillan. fat. 36°5' S ; long. 710 40' 27" , ouest de Paris. La Cordillière, api es une dépression considérable, se relève pour former un plateau de 14,000 pieds d'élévation ( Pepppig), qui s'étend sur près de 16 lieues vers le nord. Le volcan de Chillan termine cette plaine.

15» Une autre chaîne paraît se détachera angle droit de la chaîne principale , au sud du Chillan , et elle s'avance considérablement vers Test. On est obligé de la traverser eu passant du volcan d'Anluco à Mendoza; cette roule a été suivie et décrite par le missionnaire allemand Havestadt, dans un ouvrage publié à Munster, en 1777 , sous le titre de Chilidugu (p. 955). Ce récit s'accorde parfaitement avec l'itinéraire du Père Gil, publié par M. Pœppig ( / 'oyage, i. , 454). Après avoir passé la grande rivière de Nudquen , que les cartes nomment Kio del Diamanto , à l'est de la grande chaîne, on commence à gravir la chaîne latérale, qui a ici une largeur de quatorze lieues. Le village de Pulunmallin se trouve sur sa hauteur. A deux lieues plus loin, on arrive à Tomen , village situé près d'un lac, et entre deux volcans remarquables , nommés Pomahvida, dont l'un est aussi actif que celui d'Antuco. La quantité de rapilles et de scories que ces volcans ont amoncelés autour de leur base, est si considérable, qu'on est ohligé d'employer toute une journée pour les traverser. Les bestiaux y enfoncent si profondément, qu'ils finissent par y perdre les ongles des pieds. Le sel que les eaux em-

portent des montagnes avoisfrianles , et qui cristallise dans la plaine , est exporté en grande abondance par les Indiens, à travers la chaîne, vers les côtes de la mer.

M. Pœppig dit (p. 429) qu'il a vu de la cime de l'Antuco un aulre volcan actif situé vers Test et dans l'intérieur des Andes inconnues de laPàtagonie, et avec lui une très grande quantité de dômes et de pics , en apparence de trachyte. Il paraîtrait, d'après cela, qu'il y aurait, en effet, deux chaînes de volcans assez éloignées l'une, de l'autre , et situées entre 55° et 38° S. de latitude.

Les volcans de Pomahvida se trouvent à peu près en lat. 35° 30' S. , et long. 70<> 25' , 0. de Paris.

Le Père Havestadt distingue , sur sa carte , le volcan de Longavi, et de celui de Chillan, et du volcan de Peteroa; c'est le Descabesado (Decapitato) de Molina, qui , d'après cet auteur, serait la montagne la plus élevée du Chili.

16° Volcan de Peteroa, ou volcan tiAzufrc. Lat. 55° 15'. Long. 71» 40' 27". Volcan très actif, et qui s'est principalement fait connaître par une grande éruption latérale, qui eut lieu le 3 décembre 1762 (Molina, seconde édition , p. 59). M. Gay l'a visité en 1851.

Les montagnes, au-dessus de S. Fernando, ont été étudiées par le docteur Meyen de Berlin. ( Voyage autour du monde , i, 313). Il a trouvé que la cime du mont Impossible , sur le faîte de la grande chaîne , était composée d'une andésite , de couleur très foncée , gris verdâtre, à cassure esquiileuse , contenant en grande quantité de longs cristaux d'amphibole, et des petits cristaux d'albite. La même roche forme la Sierra de Gualalta et les montagnes qui s'élèvent autour de S. Fernando. Elle se distingue de l'andésite des volcans par sa couleur foncée , et paraît se rapprocher par cette

prépondérance de l'amphibole de quelques diorites. En effet , elle renferme des couches d'amygdaloïdes , dont les nodules contiennent des cristaux de quartz et de stilbite.

I7*> Volcan de Rancagua. Lat. 34° 15' S. , au nord de San Fernando, mais au pied de la chaîne , à l'entrée des montagnes. M. Meyen a vu , chaque nuit, des jets de lumière s'élancer de son cratère $ ces éruptions se continuent presque périodiquement, comme celles de Stromboli. On a aussi observé des éruptions de cendres. C'est le volcan de Rapel de Molina et de Vidaure< u W

18o Volcan de Maypo. Lat. 33# 55' S. , Long. 72° 17' 27" O. de Paris. M. Meyen en a donné une description fort exacte, qui est extrêmement intéressante et curieuse ( Voyage autour du monde, 1 , 324 sq.). La base de la chaîne des Andes, ou les collines des côtes, aux environs de Valparaiso, sont formées d'une syénitè ou plutôt d'un granité blanc à petit grain , composé de feldspath blanc, d'amphibole, de mica et de peu de quartz. Cette roche est fréquemment traversée par des filons d'un autre granité à plus gros grains et à feldspath rouge. Une espèce de porphyre sans quartz lui succède^puison voit paraître des agglomérats de porphyres et de granité, qui bordent la plaine de S. Yago. Les syénites recommencent à l'entrée des montagnes, au dessous de Maypo. Mais, ce qui est très curieux, c'est que, près du village de ïollo, la route traverse une colline de 300 pieds de hauteur, entièrement composée de de pierres-ponces. Les morceaux roulent les uns sur les autres , et on y enfonce considérablement. Ces ponces contiennent du feldspath vitreux et des cristaux bruns de mica. On y trouve aussi assez souvent des petits mor^ ceaux d'obsidienne.

Le volcan est encore éloigné de deux journées de ce

point , et jamais il n'a rejeté de ponces. C'est donc une éruption trachytique isolée, tout au pied des Andes et près de la plaine. Plus avant , la nature des roches change et celles-ci prennent tout-à-fait les caractères de celles qur forment les environ s deS. Fernando eldu mont Impossible, c'est-à-dire d'une diorite composée de peu d'albite et de beaucoup d'amphibole Elle se distingue principalement de l'andésite, par sa couleur foncée * provenant de ce que la partie auiphiholique qui entre dans sa composition y est dominante. Après s'ôlre élevé fort haut vers le volcan et sur des penchants très escarpés, on rencontre tout-à-coup des couches immenses presque verticales de pierre calcaire, qui contiennent une quantité prodigieuse de pétrifications. On y est déjà parvenu à la hauteur de 9,000 pieds, mais ces couches calcaires se continuent encore beaucoup plus haut et s'élèvent considérablement dans la région des neiges perpétuelles. M. Meycft y a remarqué fréquemment des ammonites de plus de trois pieds de diamètre. D'autres pétrifications recueillies à ces hauteurs et déposées paf lui au cabinet royal de Berlin , peuvent presqu'avec certitude servir à déterminer à quelles formations* ces couches remarquables doivent être rapportées. Ccsfossilles caractéristiques sont principalement YExogyra Coulant, Lam. , absolument semblable à celle du Jura et du ]\!idi de la France, figurée par Goldfus, t. 87 , f. 3 } la Trigonia costata, le Pecten st>'iatitsy Sow., t. 591, toutà-fait semblables à ceux qui se trouvent dans les couches supérieures du Jura, près de Hildeshcim en Allemagne; une Cucullée correspondante pour la forme à la Cucullea longirostris si fréquente dans les couches jurassiques supérieures de la Westphalie; des ammonites de la section des planulites, Ammonites fripier. II paraît, d'après rela, que ces couches forment le passage du ealcaire du Jura à la craie, et sont analogues aux der-

mères couches jurassiques qui forment les plaines de la Suisse * et c'est la première fois qu'une identité semblable a été établie entre les productions organiques des Andes et celles de l'Europe.

La même analogie se déduit des pétrifications que M. Pentland a rapportés du Pont de l'i/ica, au pied du passage de Mendoza. On y reconnaît un grand nombre de moules de trigonies , qui pour la forme ressemblent assez à la 7h costata. On y voit une Pholadomye allongée à côtes fines et nombreuses, semblable à celle que M. Dufrcsnoy a trouvée près d'Alençon; enfin, Y Isocardia excentrica (Voltz), identique avec celle du Jura. Ce n'est pas seulement autour et au pied du cône qu'on remarque ces calcaires , mais encore sur le flanc même de ce cône, où ils sont recouverts d'une couche de glace et de cendres rejetées. Il est donc clair que le volcan, en s'oie vaut, n'a pas simplement rejeté de côté les couches supérieures , mais qu'il les a élevées avec la masse même qui le compose/ Avant d'atteindre ce cône, on traverse une vallée étroite, coupée à pic, et qui est entièrement creusée dans des bancs énormes de gypse de 700 à 800 pieds de hauteur. Des dolomies s'y trouvent encaissées du côté du nord-ouest sous la couverture générale de neige, et une source salée s'en écoule vers les vallées inférieures. On est assez préparé par les phénomènes géologiques de la Sicile à voir les gypses , les dolomies et le sel gemme en relation avec les volcans, mais on n'aurait certainement pas dû s'attendre à voir ces roches entourer en si grande masse le dernier cône, c'est-à-dire presque la cime même du volcan. Les glaces du cône sont interrompues par un grand mur formé de prismes très réguliers, de 200 à 500 pieds de long, de 50 à 60 pieds de largeur, et de 45 à 20 pieds de hauteur. C'est un trachyte formé d'un mélange de feldspath à très petits grains, et de cristaux brun* de

mica; c'est donc là, à ce qu'il parait, la masse constituante du volcan ; en effet les blocs rejetés et dispersés en grand nombre sur ses flancs, ne font apercevoir que des tracbytes composés de feldspath vitreux, mêlé quelquefois d'amphibole en petits cristaux. Une masse immense de glaces , qui s'étend autour de la cime , empêche d'atteindre le bord du cratère. Il doit avoir une grande circonférence et être dans une grande activité , car on ne cesse d'y apercevoir pendant la nuit une vive lumière et une fumée épaisse et quelquefois même des flammes s'en échappent pendant le jour. Aucun courant de lave ne se fait remarquer, ni sur le flanc du cône, ni dans l'intérieur des vallons.

M. Meyen a donné une vue du dernier cône de ce volcan , qui rappelle la forme du cône de l'Etna , et qui fait bien ressortir les murs de prismes trachy tiques de ses flancs. J#

19° Volcan de S. Yago, sur la Cordillière, précisément à Test de la Capitale. Volcan très peu connu. M. Miers ; le nomme Pic de Tupungato; sa hauteur, au-dessus de la mer, doit atteindre près de 15,000 pieds. On y rencontre encore les gypses à une hauteur étonnante, et même jusqu'au pic d'Acongada (Miers, i, 315, 354). Peut-être est-ce lui qui a rejeté les cendres par lesquelles ledocteur Gillies s'est trouvé enveloppé, lorsqu'il passait la Cordillière le 1er mars 1824. Il raconte que ce volcan n'a cessé d'être en activité depuis le grand tremblement de terre de 1822(Brewster, Edinb.Journ.,

MM. Baux etEspinoza ont déterminé, en 1784» à l'aide d'observations barométriques, la hauteur du passage situé entre Mendoza et S. Yago; elle serait selon eux de 1 1,924 pieds de Paris à la Casa de laCumbre , hauteur qui surpasse celle du pic de Ténçriffe. Mais Us trouvent pour la ville de S. Yago une hauteur de 2,458

474 PHENOMENES VOLCANlQUIiê.

pieds de Paris au-dessus de la mer : c'est évidemment beaucoup trop. Les mesures immédiates ont donné à M. Pentland une hauteur de 557 mètres ou de 1 ,653 pieds de Paris ; la hauteur moyenne du baromètre à S. Yago donnerait 1 ,592 pieds. Lamesure immédiate paraissant mériter plusde confiance, en raison de la nature des instruments employés, il faudrait donc déduire 805 pieds des hauteurs de MM. Baux et Espinoza , ce qui réduirait la hauteur de la Cumbre a 44,449 pieds. Mendoza, au pied oriental de la chaîne, serait élevé de 3,595 pieds de Paris , au-dessus du niveau de la mer.

20° Volcan à'Aconcagua , au nord , et peu éloigné du passage de la Cumbre. M. Miers ( Voyage au Chili, i , 283 ) prétend que ce n'est que sa forme et son élévation qui lui ont valu la dénomination de volcan, mais que ni aucune éruption connue , ni les productions qui l'entourent ne viennent confirmer cette opinion. De Valparaiso il se présente avec beaucoup de majesté sur le haut de la Cordillière.

2i«> Volcan de Ligua. Lat. 32<> 42' S. Il pourrait bien être le même que celui d'Aconcagua.

22° Volcan de Choapa. Lat. 34*50' S.

23° Volcan de Limari. /^ai. 54° S.

24° Volcan de Coquimbo. Lat. 30° 3'. Très petit volcan, quoique situé sur la crête delà chaîne ( Meyen, Voyage, i, 585).

M. Meyen assure qu'il n'existe point de volcan de Copiapo» quoique depuis Ovaglia on Tait constamment indiqué sur les cartes et dans les catalogues de volcans. Il présume même que c'est précisément l'absence de volcans dans cette partie de la chaîne qui fait naître les tremblements de terre , dont le pays est tourmenté d'une manière si constante et si terrible. En effet , il y a peu de contrée sur la surface do globe qui soient agitées avec plusde violence et de con-

PHÉNOMENUft VOLCANIQUES* . 475

tinuité que les provinces du Chili, et ce qui est remarquable , ces mouvements se font sentir principalement du côté occidental de la chaîne, et peu ou peut-être même pas du tout , vers l'intérieur ou sur le penchant oriental des montagnes. Aussi craint-on beaucoup plus sur les côtes , à ce que dit M. Poeppig ( Voyage, i , 164), les tremblements qui arrivent du côté de la mer que ceux qui suivent une direction différente. Le même phénomène s'observe à Lima, près de Guayaquil et jusqu'aux côtes du Mexique. Le capitaine Basil Hall a été témoin des dévastations du tremblement qui a détruit la ville de Copiapo , le 4 avril 1819 («/ournal written on the coast of Chili , u , 25). Les murs et les tours n'avaient pas été jetés à bas , mais toutes leurs parties étaient disjointes , et placées dans la plus grande confusion possible. Les secousses qui les avaient ainsi disloqués ne provenaient pas d'un mouvement ondulatoire ou d'un soulèvement subit , car la terre avait continué pendaut un quart d'heure de faire avec grande vitesse des vibrations en tous sens. Néanmoins, la partie de la ville nommée Chimùa, n'avait rien souffert 5 fait très remarquable, qui prouve que ce phénomène ne s'exerçait que sur peu de largeur, et vraisemblablement, comme le remarque judicieusement M. Hall, cette action ne s'était fait sentir que le long d'une immense crevasse. La ville de Copiapo a été dévastée régulièrement par ce terrible fléau tous les vingt-trois ans, et les tremblements de ierre des années 1773, 1796 et 1819 sont profondément gravés dans le souvenir des habitants.

Ce que Madame Graham raconte du tremblement de terre, qui, au mois de novembre 1822, détruisit presqu'entièrement les villes de Valparaiso , Mellipilla, (Juillota et CasaBlanca, mérite encore plus d'attention ( Géolog. Soc. Transe» Sec. S. , i, 431 ) : le 22 no-

vembre, on entendit de fortes explosions , et chacune d'elle était suivie par une secousse violente. La terre en était tellement fendillée dans toutes les directions, que les bords du lac de Quintero paraissaient être formés d'une éponge. Le cap de Quintero, formé de granité, laissait apercevoir de larges crevasses qu'on pouvait suivre jusqu'à un mille anglais et demi de distance. Bientôt on s'aperçut avec une grande surprise que tonte la côte sur quarante lieues de distance avait été élevée, de 3 pieds à Valparaiso, de 4 pieds à Quintero; des rochers , auparavant couverts par les eaux de la mer, avaient paru au-dessus de la surface , et les huîtres et d'autres coquilles , attachées à ces rochers couvraient en abondance un sol qui ne pouvait plus être atteint par leur élément naturel. Ce fait si remarquable et si instructif a été révoqué en doute ; mais il a été pleinement confirmé par les observations et par les recherches de M. Moyen, qui a porté dans cette étude une attention particulière {Voy., i, 213 et 221). Les rochers si tués au nord de Valparaiso, fort avant dans la mer, étaient encore tapissés de toutes parts par ces nombreuses productions marines qui s'étendent sur tous les fonds recouverts par les eaux. Mais cette immense quantité de corps organisés n'était plus en vie ; car depuis le tremblement et le soulèvement qui en avait été la suite, ces créatures se trouvaient au-dessus des eaux dans an milieu où il leur était impossible d'exister. Partout sur la côte , les marques de cet abaissement étaient également visibles. M. Meyen a répété encore ses importantes observations dans les ports de Coquimbo et de Copiapo , et il a acquis la certitude que ce phénomène était général pour toute cette étendue de la côte. Mais si la côte s'est élevée, tout le pays, les montagnes même doivent avoir suivi ce mouvement. t ta* 4 ?

Il est du plus haut intérêt de voir confirmer dreette

manière , par une observation immédiate , l'élévation périodique des îles el des continents , prouvée déjà ou au moins rendue vraisemblable par tant de faits remarquables. ijL

VOLCANS DE BOLIVIA ET DU HAUT-PÉROU. (Pl. X, 3. ).

La série des volcans, si continue depuis la pointe méridionale de l'Amérique se termine tout-à-coup avec le volcan du Coquimbo , et il reste un espace de plus de 160 lieues marines, ou de plus de 8 degrés de latitude, sans aucune trace d'actions volcaniques. Il est vrai que c'est en même temps la partie la moins connue de la Péninsule.

1° Volcan d'Alacama. Lat. 21 <> 36'. C'est le premier volcan de la chaîne de Bolivia , mais sa position est bien peu connue. Il doit se trouver au nord de S. Francisco de Alacama , par conséquent au nord de la route qui du port du Gobija mène à Potosi ; mais cette route est tracée sur les cartes d'une manière tellement inexacte , que même les plus récentes placent Galama, où passe la route au pied des Andes, à près de vingt lieues au sudest de Cobija, quoiqu'il paraisse que cet endroit doive effectivement se trouver à 15 ou 16 lieues au nord-est de cette ville, comme les anciennes cartes et celles de Brué l'avaient indiqué.

Les Andes forment dans ces latitudes un immense plateau , dont le célèbre lac de Titicaca et la vallée du Desaguadero occupent une partie. Ce plateau est bordé par deux chaînes également élevées, dont l'une occidentale présente une série non interrompue de volcans ou de

478 PHENOMENES VOtGAlUÇtJBt.

pics élancés formé» de irach y te; l'autre, au contraire, orientale ou intérieure n'est formée que de roches de natureftehisteuseouarénacée, de schistes à Productus, et

de grauwacke. Cette configuration paraît se poursuivre avec une constance admirable le long d'une grandepartie de l'Amérique méridionale, car M. Miers a décrit une chaîne de montagnes, nommée par lui ParamiUo de Uspallata, qui est composée principalement de schiste argileux et de schiste talqueux , et qui s'étend entre la plaipedes Pampas , ou entre Mendoza et la chaîne centrale des Andes, dont elle est séparée par une large vallée, Or, cette plaine entre les deux chaînes a été suivie sur une étendue de 300 lieues. Les Incas y avaient tracé une route , dont ils se servaient pour descendre du Haut-Pérou vers la province d'Aconcagua du Chili. ( Miers, i v 279). Les montagnes des Andes entre Mendoza et la mer ne sont composées que de trachyte ou d'andésite et de roches syénitiques vers l'issue occidentale des vallées , mais lés schistes et les serpentines ne s'y trouvent phi g. C'est donc constamment presque la même composition intérieure que celles des contrées où se trouvent le lac et la vallée de Titicaca , et qui nous est devenue si familière par les belles recherches de M. Pentland. Mais cette composition ne se bénie pas à ces montagnes , on peut l'observer encore bien plus loin , et bien au-delà de Turco. Ne serait-ce pas le bord de l'immense fente sur laquelle se sont élevés cette étonnante quantité de volcans ou de pfcs ? et ne ne doit-on pas voir dans ces schistes de transition et ces grauwakes la roche originaire , qui a été rompue et rejetée de côté par la chaîne centrale des Andes ?

2U Yolcan de Gualatieri ou de Sehama. Lat. 18° 30' S. M s'élève au-dessus d'un plateau composé d'un grès qui contient du minerai de cuivre. C'est une pyramide extrêmement imposante , qui s'élève beaucoup

PUE NOM ERES VMCAKlQfctS. 479

au -dessus de la région des neiges perpétuelles. Sa cime tronquée doit y faire supposer l'existence d'un grand cratère ; il s'en élève constamment beaucoup de fumée et de vapeurs, et les Indiens prétendent même en avoir vu sortir des flammes. M. Levassent le nomme Smca* ma, et dit qu'il est encore visible à Apdaraarca , à 46 lieues de distance ( Bulletin de la Société géographiq. de France , 18$8 , février, 84.).

5° Volcan de Chungara, bat. 18° 40'. Ce volcan est fbnpé de deux pics , qui s'élèvent sur la crête de la Cordillière jusqu'à la région des neiges perpétuelles. Le Ch un gara est un cône tronqué avec un cratère, le Parinacota ressemble) plus à un dôme sans cratère. Us sont composés de trachyte ou d'andésite et de masses d'ag-r glomérats de ces roches ( Pentland , sur les volcans de Bolivia , publié par M. Humboldt dans le journal Hertha, 1829, xui, et surtout Pentland, Lomdon geographical journal , 1835, v).

4° Volcan de Chipieana, de 17,731 pieds de hauteur (PenJJâpd). Un cratères'ouvre du côté de l'est, et à peu de distance se trouve une solfatare , d'où s'écoule un ruisseau d'eau acide*

La chaîne des volcans n'a p*s détruit ou repoussé toutes les roches qui s'opposaient à leur soulèvement. Le plateau e?t forn*é de roches très différentes de celles qui composent les pics des volcans même, ou des Nevados , cimes élancées dans la région des neiges , et qui s'élèvent en grand nombre sur la crête de la Cordillière. M. Meyen a vu des couches calcaires en montant de Tacua vers Tacora , et sur le haut du plateau il a observé un porphyre , qui évidemment répond au porphyre rouge quartzifère , mais qui , sur ces hauteurs , est tellement altéré et blanchi, qu'on le prendrait pour un trachyte : les volcans n'en sont pas composés. La masse est blanche, mais elle contient beaucoup

de cristaux de feldspath, peu de mica , et partout des dodécaèdres transparents de quartz. Ce n'est pas une modification de roche accidentelle ; elle paraît , au contraire; former une grande partie de la couche extérieure éè la chaîne occidentale des Andes dans ces latitudes. On la retrouve partout sur les altos de Toledo, entre Puno ou entre le lac de Titicaca et Ârequipa, et dans le voisinage de cette dernière ville même. Le grès rouge , si souvent associé à ces porphyres, s'observe de suite dès qu'on descend de la plaine vers le lac et près de Pisacoma ; il en forme les bords , en rochers singuliers et bizarres, qui ressemblent à des tours ou à des bastions de châteaux gothiques. Un grand mur de dolomie dirigé du sud -ouest au nord -est, s'élève audessus , près de S. Francisco. Le calcaire serait donc vraisemblablement d'une formation plus ancienne que celle qui se montre autour du volcan de Maypo.

5° Volcan Viejo. Lat. 16° S5' , entre Tacora et Pisacoma. Cône qui s'élève de 3 à 4,000 pieds au-dessus du plateau , et qui s'élève au-dessus de la région des neiges perpétuelles. Il renferme , à sa cime , une immense cratère , et des laves avec des ponces ont coulé vers sa base. Elles sont composées d'andésite , c'està-dire d'un mélange de cristaux blancs d'albite et de cristaux bien prononcés et luisants d'amphibole et de mica. Il n'y a donc point de feldspath , comme dans les porphyres quartzifères.

6° Volcan d'Omato. Lat. 16° 50'. Non loin du versant tourné vers la mer ( carte de M. Meyen). Il est à 40 lieues de celui d' Arequipa , et eit 1667 , il fit une violente éruption ( Gurzon, Ann. des Voyages, 18H 24, 189).

7* Volcan A9 Urinas, ou Urillas, au sud d'Apo ; à son sommet s'ouvre un grand cratère du côté de l'est. Les montagnes qui entourent son pied sont encore formées

de porphyre quartzifère , et le plateau même est couvert de couches de grès rouge (Meyen, Voyage n , 15).

8° Volcan de Fichu- Pichu. Un peu au sud de celui d'Arequipa ; élevé au-dessus de la mer, selon M. Pentland , de 1 7,353 pieds de Paris.

9° Volcan d'Arequipa. Étonnante masse qui domine la ville d'Arequipa. Cette ville est élevée de 7,256 pieds de Paris au-dessus de la mer, d'après les observations de MM. Pentland et Rivero (Meyen, n,5 ). M. Alphonse de Moges , capitaine de vaisseau , rapporte ( Mnscpt.) qu'un officier français fort instruit, M. Dolley,* à mesuré une base sur les murs delà ville , et qu'ayant pris les angles d'élévation du volcan aux extrémités de cette base, il en a déduit sa hauteur , qu'il a trouvée de -10, 348 pieds de Paris, au-dessus de la ville, ce qui ferait 17,804 pieds de Paris ( 29,673 toises ) au-dessus de la mer.

Le porphyre quartzifère forme encore la base de cette montagne , et le grès rouge lui succède. Mais au haut du plateau, à l'alto de los Suesos élevé à 12,497 pieds de hauteur , on ne voit que des blocs provenant du volcan et composés ou d'andésite avec amphibole, ou d'obsidienne qui contient également une grande quantité de cristaux d'albite et d'amphibole. M. Meyen s étant élevé fort haut vers la cime du cône extrêmement escarpé etcouvert de glaces, en a rapporté comme formant ses flancs, une andésite d'un brun rougeâtre , dont les cristaux d'albite sont très petits , mais très décidés; des cristaux d'amphibole d'un brun noirâtre s'y trouvent avec leur forme parfaitement conservée. M. Samuel Curzon, Américain, a réussi à atteindre la cime même le 51 octobre 1811 , et a pu y observer le cratère (Boston Journal qfphilosop., hov. 1823 , et Malte-Brun, Nouv. Annales des Foy. , xiV 289). T)es rochers h pic dé 500 h 450 pieds de hauteur

le bordeçj du côté de l'ouest , mais ils s'abaissât considérablement vers le sud. L'étendue de cette ouverture paraissait être de 1,800 pieds du sud-est au nord-ouest, ét de 800 pieds du sud-ouest au nord-est. Le penchant d!u cône est couvert de pierres-popces et de morceaux d'obsidienne pro venant des éruptions du cratère. Il paraît donc que l'andésite peut aussi bien que le tracnyte être tran formée en ces deux substances. ^0|, Le botaniste Hancke était déjà monté à cette cime en 1796 et y avait trouvé une croix, éfeyée en 1784. D'après Curzoïi, il aurait soigneusement mesuré la hauteur de la montagne par des observations angutaires faites près de la ville, et il avait trouvé ainsi la hauteur de la crele où est plantée la croix , de 5,J80 toises ffu de 19,080 pieds de f>aris, au-dessus de la mer$ hauteur trop forte , a ce qu'il paraît , car M. Pentland est * que le volcan n'atteint que 5,é00 mètres ou pieds de hauteur. -^tefiMT i& Volcan de Cachent ou Charcani. Il s'élève visà-Vis du volcan d'Arequipa, à quelques lieues vers le nord -ouest, et est séparé de lui par lat profonde vallée où est située la ville. M. Curzon croit y avoir remarqué tin grand cratère , s'ouvrant vers le sud-est. La montàgné , très visible de la ville, a aussi été mesurée >àr Sf. Dolley ; elle serait, selon lui, élevée de 11,126 >ieds au-dessus d'Arequipa, ou de 18,582 au-dessus de là mer. M. Curzon, effectivement, en la considérant de la cime du volcan d'Arequipa ou duMisti, comme il le nomme , a reconnu que cette montagne était encore plus élevée. -,,

La série de ces volcans se termine avec l'imposant Nevado de Chuquibamba , latitude 15°^4#f aufluel M. Pentland assigne une hauteur qui surpasse 20,000 pieds au-dessus de la mer.

M. Pentland assure n'avoir vu dans aucune partie de

PIlfiU^KEÇ VOLCANIQUES. 485

cette chaîne ni basaltes ni laves py roxéniques, remarque fort importante ; aussi , dit-il , que les obsidiennes et les pechsteins trachytiques ne se trouvent que rarement parmi les autres productions et tes roches de ces montagnes.

La Gordillière formée par ces volcans est séparée de la mer par deux ou tfois petites chaînes <Je montagnes de près de 5,000 pieds de hauteur. La première, et non loin d'Arequipa, est composée d'une diorite , formée d'un mélange à grain moyen d'amphibole vert noirâtre et d'albite d'un blanc grisâtre. C'est la composition de l'andésite des volcans, quoique la roche soit d'une nature entièrement différente. L'amphibole est prépondérante et colore la masse entière , et lui donne une ténacité fort éloignée de l'état presque friable de l'andésite. Dans celle-ci tout est blanc et les cristaux noirs , très prononcés , ne paraissent que disséminés sur le fond blanc, grenu età très petit grain de l'andésite. La pesanteur spécifique de ces deux roches, si semblables par leur composition, est donc assez différente et leur donne un caractère tranché , même dans les descriptions. La dernière chaîne de collines, celle qui est baignée par les eaux de la mer, est composée d'un granité à gros grains , formé de feldspath rouge, de quartz blanc de lait , à cassure conchoïde , et de peu de mica. Le granité forme presque partout le pied des Andes , mais en vain le, chercherait-on depuis la mer du Sud jusqu'au pied oriental de cette chaîne immense, à Salta ou à Tucuman. Dans aucun endroit, sur aucun passage, le granité n'a été vu s'élever jusqu'à une hauteur un peu considérable : il s'en faut donc de beaucoup qu'il puisse former les cimes mêmes des montagnes des Andes.

484 VRÉNOMèNES VOtCAMQOT.S

VOLCANS DE QUITO. (Pl. XIII, 5, ).

II est très probable , dit M. de Humboldt, que la plus grande partie de la haute contrée de Quito , ainsi que les montagnes avoisinantes , sont formées par un immense dôme volcanique , qui s'étend du nord au sud , H embrasse un espace de plus de 600 milles carrés. Le Cotopaxi, le Tunguragua , l'Antisana, le Pichincha , s'élèvent au-dessus de cette même voûte, comme les diverses sommités d'une même montagne. Des masses de matières enflammées s'échappent tantôt par l'un, tantôt par l'autre de ces volcans; et lorsque l'obstruction d'un de ces cratères pourrait nous faire penser que le volcan est éteint , il arrive souvent que l'action volcanique s'exerce avec non moins d'intensité dans l'intérieur et dans son voisinage; au-dessous de Quito aussi bien qu'au dessous des volcans de Imbaburu ou du Pichincha. (Mêlât, hist. , u , 15.)

Cette voûte volcanique à laquelle commence une nouvelle série de volcans , est séparée de ceux du Pérou par un espace de quatorze degrés de latitude. Cet espace est occupé parla chaîne des Andes qui appartiennent aux montagnes les plus élevées de la surface du globe , bien qu'il y ait un grand nombre de montagnes , même dans les Alpes , qui atteignent la même hauteur. Nous ne connaissons la nature et la composition de cette chaîne dans la partie septentrionale, que par les recherches faites par M. Humboldt , et par celles faites en quelques points de la portion sud , dans les Voyages de M. Helm. Toutefois le peu de connaissances que nous en avons , est suffisant pour monlrer combien le caractère de la

PHÉM>MEP(£S volcaniques. 485

chaîne est différent dans cet espace absolument libre de l'action volcanique.

Bien que les roches de la nature du trachyte ne manquent pas d'une manière absolue dans ces montagnes (;sur le flanc occidental de la chaîne, au bas de Caxamarca , lat. 7« 3' S. , Humboldt , Nw. barom. , p. 3fr, auprès de Jangas et Lunaguana , entre Guancavelica et Caneta, vers la mer du Sud, lat, 13<» 1/2 S., Helm.), ceendant elles ne se prolongent jamais sur une très grande étendue , tandis que les roches des terrains secondaires, le calcaire compact contenant des ammonites et d'autres coquilles, et les grès , s'élèvent jusqu'aux sommités de ces montagnes.

Le premier calcaire apparaît sur le penchant méridional de la voûte volcanique de Quito , formée d'une roche analogue à du trachyte , mais dans laquelle le feldspath est remplacé par de l'albile.

M. de Humboldt a observé le calcaire à Paramo de Yamoca, dans la provinces. Jaen, lat.S° 1/2 S.^au-delâ, ces roches ne paraissent plus que dans les parties supérieures de Popayan, dans la vallée du fleuve Madeleine, et seulement alors dans le 5° degré de latitude vers le nord.

D'après les recherches soignées de M. G. Rose , sur les échantillons delà collection des Andes rapportés par M. de Humboldt , on ne trouve presque nulle part du feldspath dans les roches qui composent les volcans : c'est toujours de l'ai bi te en cristaux mesurables et eû grains fins qui forme la masse. Les cristaux de hornblende, également mesurables, achèvent de prouver que cette partie des Andes est composée d'andésite , comme les volcans du Pérou et du Chili , et non de trachyte.

1° Sangay. 4« 45' S. Il est situé hors de la chaîne orientale, au pied du penchant est des montagnes ( Humb. , Relat. hist. , h , 454 ). Il s'élève néanmoins

48b PHENOMENES VOLCANIQUES.

à 16,680 pieds de hauteur ( Condamine , Mes. des trois #/Y ///. ,Irg. , p. 56 ) , et par conséquent il doit être plus remarquable que les volcans de la vallée de Quito , qui s'élèvent déjà sur une base très haute. Personne n'a encore étudié ce volcan. Il dégage sans cesse des vapeurs, et en 1742, son cratère se faisait distinguer au-dessus de la chaîne par l'éclat des gerbes de flamme qu'il rejetait.

2«> Tunguragua. Lat. 1°41'S. Il s'élève à 15,471 pieds de Paris ( Humboldt ). Avant de parvenir à la roche d'andésite dont il se compose, on trouve d'abord du micaschiste , et un peu plus bas, à 7,200 pieds, de la syénite. Ces roches sont peut-être d'énormes fragments d'une enveloppe que les deux chaînes d'andésite ont bouleversée et brisée dans leur soulèvement.

3 " Car^uairazo. Volcan situé non loin du Chimhoraco, et qui s'élève à 14,70é pieds de hauteur ( Condamine ). L'affaissement du sommet de la montagne , qui s'est écroulé dans l'intérieur, le 19 juillet 1698, peut difficilement être attribué à la seule action des secousses d'un tremblement de terre ( Humboldt , Atlas pittor. , p. 241 ).

La roche du Chimboraço est une andésite à fond gris et très dense. On distingue parfaitement dans les cristaux blancs d'albile qui y sont englobés , les angles rentrants et saillants de leur surface. Les cristaux d'amphibole sont ordinairement d'un vert foncé, et présentent une cassure lamelleuse évidente ( G. Rose ). M. Boussingault s'est élevé sur le riaiic de celte montagne jusqu'à la hauteur de 18,481 pieds ( 6,004 mètres ). C'est la plus grande hauteur à laquelle les hommes soient parvenus dans le Nouveau-Monde.

L'aspect des blocs immenses d'andésite entassés les uns sur les autres qui composent ce dôme immense, a suggéré à 1U. Roussingault, sur leur mode de formation, une idée qui , énoncée par un naturaliste aussi distin-

♦ < f. . • r j i /"ttr

gué, mérite d'être étudiée avec la plus grande attention. Il pense que les masses, les énormes débris dont tes volcans se Composent , sont le résultat du fendillement et des fractures opérés par l'action qui a brisé çt so^T levé une partie de la masse andésitique des Cordillièrfs. 11 serait arrivé pour ces débris ce qui aurait lieu si oijif voulait combler de nouveap un puits profond creusé dans le roc solide àvec les blyes 'qVo^j en a «^tr^s^ il est évident qu'il resterait sur ce puits un cône d auT tant plus élevé que le puits aurait été plus profond (Journ9 de Pogg. , 18&>, 216^.'' ' . v

M. Boussingault a^metdoUjÇ le soulèvement de ces, montagnes. Leur forme en dôme si régulier pourrait néanmoins faire supposer un souTcyçmçnt plus résulter que celui qui résulterait de l'entassement de (ïébris.et de blocs. M. Boussingault ajoute qu'il n'y a certaine, ment pas dans les cônes volcaniques de l çquatepr , jçpfl plus que dans ceux dij reste du glpbç , ûn sçul cratère formé parle débordement çl'unejave Hquid,e,i(j

volcanique intérieure. Depuis 1742 !, }il est presquç ^ constamment çn mouvement (HoffVt, p. ,49^)., <*e * Humboldt a donné une vue de ce volcan ( Atlas putor.,

p. 44 , tab. 10). ,, v„ ,., ,v\i ;»«.<• M i

La roche qui forme la cime du Cotopaxi ressemble a unpechst'ein d'un vert grisâtre,, et. çontieo^eaucoup, de cristaux d'albite inesur.abjes. On, y qbserye au^. des obsidiennes et des pierres-ponces , avec cristaux d'albite et d'amphibole. „ ^ itu.,a m ,v . ; > r *

L'andésite se retrouve également dans la plaine. Iles* évident, d'après les échantillons de la collection dcs M. de liumboldt, qpc c'est celte roche qui forme Jps prétendus porphyres de Penipé au pied du Tunguragua,

488 niÉlSOMElNES VOLCANIQUES.

dans les environs de Rio Bamba el autour de la ville de Quito.

5° Sinchulagu , à quelques nulles au nord de Cotopaxi. L'éruption qui eut lieu, en 1660, par cette montagne , suffit pour la faire classer au nombre des canaux volcaniques. Sa hauteur est de 15,420 pieds ( Condamine, Mes. , p. 56. Cf. , avec la carte , Voy. ).

6° Guachamayo , au pied oriental de la chaîne des montagnes, non loin de la source du Rio Napo (Humb., Rcl. bist. ii, 452).

7<> Antisana, aussi sur la chaîne orientale , élevé de 17,956 pieds ( Huniboldt ). C est le seul des volcans de Quito sur lequel M. de Huniboldt ait vu près du sommet quelque chose d'analogue à un courant de lave : cette coulée était tout-à fait semblable à de l'obsidienne. Sur le penchant de la montagne on observe aussi des pierres - ponces et des scories ayant l'apparence du pechstein (Niv. barom. , p. 29. ).

8° Pichincha, qui s'élève à 17,644 pieds de hauteur (Humboldt). La roche qui compose les flancs du cratère n'est ni trachytique ni basaltique $ la masse principale est très noire et renferme des cristaux d'albite bien reconnaissables (Humboldt, Allas pilt. , tab. 61). Le Pichincha était en pleine activité en 1851.

9° Volcan de Imbaburu. Lat. 0° 20' N. sur le flanc occidental de la vallée, à peu de distance de la ville d'lbarra(Humb., Niv. barom., p. 27 ).

10° Volcan de Chiles. Lat. 0° 56' N. Ce volcan est situé à l'oufet de Tulcan et appartient à une chaîne con stamment recouverte de neige ( Humb. , iV*V. barom. t p. 26).

Ho Cumbal, au nord du précédent avec lequel il est réuni; il s'élève à 14,717 pieds (4,761 mèt.) d'après M. Boussingault. Il a plusieurs ouvertures en forme de cratères un peu au-dessous de son sommet et par ces ori*

fices se dégage coDstammentune grande masse de vapeur et de fumée. Depuis qu'on connaît ce volcan on n'a jamais observé d'éruption un peu considérable (Humboldt).

1 2° Azufral. Ce volcan ests itué dans la même chaîne, mais encore plus loin vers le nord. C'est une crête de montagne déchiquetée et dentelée qui s'abaisse par une pente douce vers le sud et se perd dans la plaine : le sommet est rarement couvert de neige : il renferme plusieurs cratères d'où se dégagent des vapeurs, mais les fumées qui s'en échappent ne sont pas aussi visibles des parties inférieures que celles du volcan de Cumbal. Un de ces cratères est un marais de soufre en ébullition. L'andésite qui forme cette montagne est traversée dans toutes les directions par des masses considérables de soufre en blocs et en filons (Humboldt).

13° Volcan de Tuqueres ou de Pasto. Lat. 1° 13' N. Sa Jiauteur , d'après M. Boussingault, est de 12,621 pieds (4,100 mèt.). Il est situé à l'ouest de la ville , et tout-à^ fai t séparé des Cordillières. Le sommet de cette montagne est quelquefois couvert de neige ; l'ouverture de son. cratère est tournée du côté opposé à Pasto, de sorte qu'on ne le voit pas de la vallée. Dans ce cratère se trouvent deux orifices ouverts à la pointe d'une colline et par lesquels s'échappent non seulement des vapeurs , mais aussi des gerbes enflammées. En novembre et en décembre 1796, il en sortit une colonne de fumée tellement considérable qu'on la vit même de Pasto où Ton n'est pas accoutumé à de pareils spectacles. Lorsqu'on février 1797 commencèrent les secousses qui détruisirent la vallée de Quito, la colonne de fumée disparut tout-à-coup (Humboldt).

M. Boussingault a trouvé dans le fond du cratère, à 12,507 pieds, un lac formé d'une eau verte; il était entouréde mursescarpésd'andésiteetsursonbord oriental

s'élevait un dôme entièrement composé de soufre : les fumaroles dégageaient du gaz acide carbonique tout pur.

14" Sotara , au sud-est de Popayan , 2° 26* N. C'est un cône tronqué à son sommet, et qui , à cause de sa forme et de sa couleur noire , est d'un aspect effrayant. Son sommet a changé de forme depuis 50 ou 60 années; il était autrefois pointu et est actuellement fort large, et dans la neige qui le recouvre on remarque une sorte d'enfoncement (Humboldt).

15 » Puracc , à l est de Popayan. Il est situé par une Loti de2Q 20' N., selon M. Coldas. Le volcan de Sotara se Irouverait donc, d'après cela, non sous 2° 28, mais sous 2° 13' 45" N. Le Puracc élevé de 15,985 p.( 5,184 mèt.) (Boussingault), est une pyramide à quatre pans, tronquée et composée dans les partiessupérieures, de masses d'obsidienne(Humb., iViV. 6rtrora, p. 24). La vallée, jusqu'à une hauteur de 8,000 pieds , est formée de granité.

La situation des deux volcans est bien déterminée d'après l'excellente carte du cours du fleuve Madeleine dressée par Humboldt. Ils ne s'élèvent point sur la crête delachaîne des montagnes, mais bien sur leur penchant occidental.

La chaîne intermédiaire des Andes située entre les deux grands fleuves Madeleine et Cauca , à laquelle ces deux volcans appartiennent , ne contient plus aucun aulre volcan; toutes les pointes neigeuses semblables à des tours , qui s'élèvent sur les montagnes , bien audessous de Cartago, sont constamment composées d'andésite que les torrents transportent depuis les parties supérieures sur le penchant des montagnes. Cette roche est en grande partie tout-à-fait analogue au Drachenfels du Siebengebirge : c'est comme un immense filon d'andésite qui, à travers le granité , formerait le penchant des montagnes (Humboldt).

16<> Volcan de Tolima. tatk. 4° 35' N., à trois

lieues au nord d'Ybagua et au nord du passage de Quindiu. Son .sommet , couvert de neige , s'élève à 16,926 pieds ( 3,500 mètres ). Sa base est formée de couches de schiste micacé très fortement inclinées. Elles deviennent tout-à-fait verticales dans les points où elles sont en contact avec l'andésite qui forme le noyau du volcan. Les vapeurs qui s'élèvent de l'intérieur du cratère ne contiennent que 0,14 de gaz acide carbonique , le reste en gaz hydrogène sulfuré et en vapeur d'eau. D'après M. Roulin , ce volcan aurait cféjà fait éruption le 12 mars 1595 (Annales de Physique, décembre, 1829, 515 ; fiumboldt , Fragments Asiate i, 152). Il a recommencé à fumer depuis 1796. . t.

L'intensité de l'action volcanique dans la partie de^ la chaîne des Andes qui sépare les vallées du Cauca et de la Madeleine s'est manifestée d'une manière évidente par une circonstance terrible , rapportée par M. Boussingault. Le 16 novembre 1827, à six heures du soir , toute la Nouvel le -Grenade , sur une étendue de plus de 50,000 lieues carrées , fut fortement agitée et la terre trembla pendant cinq minutes. Lorsque les secousses eurent cessé , on entendit dans la vallée du Cauca de violentes détonations qui §e succédaient de trente en trente secondes , avec une régularité remarquable. On apprit que dans plusieurs endroits le sol s'était crevassé, et que par les fissures était sojrtie avec bruissement une matière gazeuse. Les grands fleuves de la Madeleine et du Cauca charrièrent pendant plusieurs heures une matière boueuse, qui répandait partout sur son passage une odeur insupportable d'hydrogène sulfuré.

17°. Volcan de Rio Fragua, 2<> 10' N., à l'est deç sources du fleuve de la Madeleine , au nord-ouesj, de la Mission de Santa Rosa et à l'ouest de Puerto del Pes-

cado. Cède montagne rejette constamment des vapeurs (Humboldt, Rel.hùt., n , 452.)

Ce sont là les seuls volcans que Ton connaisse sur la 1 chaîne orientale qui se sépare de la chaîne principale auprès de Popayan , et qui longe le côté oriental du grand fleuve de la Madeleine. Cette chaîne mériterait d'être plus étudiée , car il serait très possible qu'elle établit une liaison entra la chaîne volcanique des Andes et la série des volcans des Antilles. Cette relation paraît même évidente et nécessaire quand on jette les yeux sur la belle carte de la Colombie , dressée par Brué (1823) sous la direction de M. Humboldt , et dans laquelle le cours des montagnes est tracé avec plus d'exactitude que dans aucune autre carte. La carte de l'Amérique du Sud qui accompagne la troisième partie des voyages de M. Humboldt, montre le cours de ces montagnes avec moins de détails , mais dans leur ensemble général. if. ^tti»

VOLCANS DES ANTILLES. ( Pl. XIII , 6. ).

Cette série volcanique se présente avec des caractères particuliers qui méritent une attention spéciale. Il est presque évident qu'elle est en relation immédiate avec les montagnes primitives de Caraccas : au moins les tremblements de terre qui se faisaient sentir dans cette contrée ont tout-à-fait cessé depuis que le volcan de Saint- Vincent a fait éruption , et on observe généralement le même fait dans les contrées qui avoisinent un Volcan isolé. S'il en est ainsi , cette relation doit

s'établir par les îles de Tortuga et de Margarita. Cette chaîne est recourbée ; les îles volcaniques qui ont un cratère, sont disposées sur tiftarë^t se terminent à une nouvelle chaîne primitive dans les points otf Cêt arc a reprto la direction de la chaîne de Silla de Garaccas. Les montagnes bleues de la Jamaïque , les protubérances granitiques de la partie sud de Saint-Domingue, de Portorico , s'étendent parallèlement à la chaîne de Silla , et cependant elles forment, comme on le reconnaît en jetant un coup d'œil sur la carte ^ la continuation de la série volcanique des petites Antilles, de même que celle-ci n'est que la prolongation de la chaîne de la Silla de Garaccas.

Les volcans qui composent cette série volcanique ne sont pas fort élevés : à peine s'il y en a parmi eux un qui atteigne la hauteur de 6,000 pieds. Cependant ce sont de véritables volcans actifs, et non pas comme on a coutume de les désigner, de simples solfatares. L'expérience a montré que l'action volcanique se manifeste indifféremment par les volcans de la Guadeloupe, de St.-Christophe, de la Martinique ou de St.-Vincent. Ce sont donc pour quelque temps seulement des cheminées obstruées, qui s'ouvrent de nouveau lorsque la force élastique qui s'exerce à l'intérieur devient assez puissante , et les faibles commotions qui accompagnent ces éruptions montrent que l'action volcanique a peu d'efforts à faire pour rompre l'obstacle qui lui est opposé. :

Les îles volcaniques sont disposées à la suite les unes des autres , sans être aucunement séparées par des îles non volcaniques. Au contraire , à l'est de ces mêmes îles vers le grand Océan , se présente une autre série , quoique moins bien caractérisée, d'îles sur lesquelles il n'y a presqu'aucune trace de phénomènes volcaniques, et sur lesquelles il n'y a aucun véritable volcan :

ce tjte disposition est certainement extrêmement remarquable.

La Grenade , St.-Vincent , §aipte-L}ieie, la Martinique, la Dominique, la Guadeloupe, Monserrat , Nieves, S t. -Christophe, St.-Eustache, sont des îles volcaniques. A la chaîne calcaire appartiennent les îles moins élevées de Tabaço, de la Barbade, Marie-Galan}e, Grande-Terre, la Désirade , Antigua , Barbuda , St.-Bartholomeo et St. -Martin. Toutes ces îles sont à l'est des précédentes, et aucune d'elles ne se trouve à l'ouest de la chaîne volcanique. L'excellente description de Ja carte de l'île d'Antigua faite par le docteur Nugent ( Geolog. Trans., vi , 459 sq. ) montre comment s'effectue le passage des roches qui composent les montagnes calcaires aux roches qui forment les volcans.

Toute la partie nord-est de celte île est formée d on calcaire blanc jaunâtre, à cassure terreuse et presque friable ; les couches supérieures de ce calcaire contiennent des Hélices et des Bulimes; les couches inférieures renferment une grande quantité de coquilles du genre des Cérithes, disposées en grande partie dans une couche subordonnée ét de couleur foncée de calcaire siliceux. Ce calcaire qui forme des collines de o à 400 pieds de haut, appartient donc à une formation très récente, correspondant au calcaire tertiaire des [environs de Paris. On trouve ensuite dans une direction qui s'étend, du nonj-ouest au sud-est , obliquement à travers l'île, un conglomérat formé d'une pâte argileuse dans laquelle sont englobés un grand nombre de petits cristaux de feldspath , et qui contient beaucoup d'une terre verte , provenant probablement de l'altération d'un trachyte. On y observe aussi de petits fragments de basalte , de dolérite amygdaloïde , de lave , de hornstein avec des impressions de coraux , et une grande quantité de fragments de bois pétrifié de toutes

p&enpmÈnes volcaniques. 49S

grandeurs ej 4e toutes formes , et qui en grande partie appartiennent à des palmiers ou d'autres espèces d'arbres des Tropiques. On trouve aussi des fragments de ces bois dans Ja couche de calcaire siliceux. Les rochers que forme ce conglomérat sont généralement très abruptes vers le sud-ouest, tandis qu'ils s'abaissent en pentes douces vers le nord-est. Le calcàire repose évidemment sur le conglomérat. Dans la partie sud-ouest de l'île , on trouve un basalte analogue à une dolérile, qui forme Jes points les plus élevés de l'île. La séparation des rocbes est exactement dans la direction de la chaîne volcanique du nord-ouest au sud-est. L'île de Barbuda la plus éloignée de ciette chaîne, est entièrement formée de roches calcaires. Les coquilles qu'on trouve dans ce calcaire , paraissent différer fort peu dé celles qui existent encore dans la mer ; mais le calcaire s'étend sur toute l'île qui, dans les parties les plus élevées , n'a pas plus de 110 pieds de hauteur, quoiqu'elle ait 4 milles géographiques de longueur et 5 de largeur. Un recouvrement basaltique sépare donc ce calcaire des roches volcaniques, et probablement cellesci dans leur soulèvement ont été forcées de percer d'abord cette couche basaltique.

On retrouve ce basalte sur l'île de Tabago. M. Buckland d'Oxford possède des fragments de dotérite de cette localité qui renferment des débris de Cérithes, ce qui prouve bien évidemment qu'elle est aussi recouverte par une formation calcaire analogue.

Quant à sa composition , la Barbabè est tout-à-fait semblable à l'île d Antigua (Nugent). Il en est de même de £t.-Bartholomeo et de St. -Martin (Gortès, Jourri. de Physiq., tome 70 , p. 150). Sur la Dèsirade, Marié-Galante, la Grande-Terre, îles qui sont très peu élevées, on ne voit que le calcaire. Ce même calcaire s'étend sur la Martinique au nord et sur le côté est (Dupuget, Journ.

des Mines), vi , 46) , mais seulement à une petite hau-

Granada. Elle se compose de deux montagnes terminées en pics qui bientôt se réunissent. Vers le sudouest cette île est très escarpée et entourée de falaises verticales ; mais au nord-est elle s'abaisse par une pente douce. Des rocbers de corail entourent la côte du sudouest au nord-est, mais point à l'ouest ; du basalte en colonnes prismatiques auxquelles on a donné le nom d'Organs , s'élève en deux points de la côte. Le Moroe Rouge , formé de trois collines coniques de 5 à 600 pieds de hauteur , est entièrement composé de scories et de matières vitrifiées ; cette montagne est par conséquent un cône d'éruption (Dr. Chïsho\my on the Malignanl fever oftlw Wesulndies, 1812, i, 222).

2° Saint-Vincent. Le Morne Garou , le volcan et la plus hautemontagne de l'île, est, d'après le Dr. Chisholm, élevé de 4,740 pieds de Paris au-dessus de la mer. Le 26 avril 1812, peu de jours avant l'éruption qui l'a fait principalement connaître, il s'élevait encore. Le cratère avait un demi-mille anglais de diamètre et 4 ou 500 pieds de profondeur. Au milieu s'élevait une colline conique de 260 à 500 pieds de hauteur , couverte à sa base de buissons épais, mais présentant à son sommet des masses de soufre. Des vapeurs sulfureuses se dégageaient aussi d'un grand nombre de fissures. Anderson a décrit le même cratère en 1785, mais beaucoup plus longue* ment et d'une manière moins claire (Philos. Transact., vol. 75 , p. 16, avec un mauvais dessin). Pourtant, il fait celte remarque importante , parce qu'elle vient d'un témoin oculaire, que St.- Vincent, la soufrière de Sainte-Lucie , la montagne Pelée de la Martinique et la Dominique se trouvent disposées sur une même ligue.

Le ^fcvril 1812, le cratère rejeta des cendres , et pendant la nuit des flammes s'élancèrent du volcan ; le

PHENOMENES YOLCAMQUËS. 4Ô7

29, lapyramide de flamme qui en sortait, s'éleva Vûie hauteur considérable : le 50, à sept heures du. a^ttin, un courant de lave se fit jour par le flanc nord de la montagne , et se précipita avec une telle vitesse sur soi penchant qu'il atteignit en moins de quatre heures te rivage de la mer. A trois heures, le grand cratpre rejetta une masse considérable de pierres et de cendres qui ruinèrent toutes les plantations de l'île ( Trans. oj New YorkPhil. Soc, 1815, i, 518). j( . ^ ^ 5° Sainte-Lucie. Le cratère s'ouvre sur une chaîne aiguë et escarpée, qui traverse l'île de [nord-ouest au sud-ouest, mais qui ne s'élève pas au-dessus de 12 à 1,800 pieds de hauteur (Humboldt, Relat. hist., n,22). Les murailles qui entourent le cratère sont extrêmement élevées et rapides , principalement vers le sud-est. toutes parts se dégagent des masses de vapeurs qui se répandent dans tout le cratère ; le fond est occupé par vingt-deux petits lacs , dont l'eau paraît être continuellement en forte ébullition , à tel point que dans quelques places on voit des bulles de vapeurs de 4 à 5 pieds de hauteur venir crever à la surface. Le sol est en beaucoupMe points recouvert de soufre , et les ruisseaux qui coulent sur les flancs de la montagne , contiennent une assez grande quantité d'acide carbonique. On assure qu'en 1766 une petite éruption de pierres et de cendres a eu lieu par ce cratère (Cassan, Stockh. Velensk. Acad. nya Handl. , xi , p. loô). ^

4° Martinique. La Montagne Pelée , dans la partie nord de l'île , renferme un cratère considérable ou soufrière. Ce volcan est élevé de 4,416 pieds de hauteur ' (Dupuget, Journ. des Mines , vi, 56). Des éruptions de pierres eurent lieu anciennement par un grand nombre de petits cratères , qu'on voit à 5,000 pieds sur la montagne. Une petite éruption, précédée par un violent tremblement de terre, eut lieu le 22 janvier

4782. Des vapeurs de soufre et des masses d'eaux chaudes furetil rejelées du sein de la terre. Le docteur Chisholm rapporte que la montagne est entourée de pierres-ponces, et que la masse intérieure est formée de granité (tràehyte). Dupuget parle aussi d'une masse de pierres-ponces de 30 pieds de hauteur, qui se trouve sur le côté ouest de la montagne (Le. f 89), ce qui doit nécessairement faire supposer l'existence du tràehyte dans l'intérieur. Au milieu de l'île s'élève le Piton du Carbet , la plus haute sommité peut-être de toutes les Antilles. Des coulées délaves très feldspathiques se trouvent sur le penchant, et entre cette montagne et le 5e pic de l'île , le pic deVauclinqui s'élève au sud , on observe danô les parties basses du basalte en colonnes prismatiques ( Moreau de Jonnès, ITumb. , Il état, histor. , 11 , 22).

50 La Dominique. Cette île est composée d'une masse de montagnes peu distinctes, dont les plus hautes s'élèvent, d'après le docteur Chisholm,à 5,700 pieds.tl y a au milieu de ces montagnes beaucoup de solfatares qui ne sont pas en combustion (Tuckey, Marit. Gcogr., iv, 272) , mais par lesquelles s'effecluenUfréquemment de petites éruptions de soufre. Le granité (tracliyte) compose le pied des montagnes.

* 6 > La Guadeloupe. Celte île est réunie à la Dominique par des îles formées de basalte colonnaire, qu'on nomme les Saintes (Dupuget, l.c , p. 48 ). La plus haute montagne sur ce$ îles, s'élève, d'après Gautier [Carte des Saintes, 1818) à9GG pieds. Très probablement ces roches basaltiques forment de chaque côté les flancs, peut-être même une ceinture autour de la montagne trachylique. D'après Le Boucher, la Soufrière de la Guadeloupe s'élève à 4,794 pieds ; mais Amie ( fluniboldt, /. c. ) porte cette hauteur à 5,100 pieds. Elle est située au milieu de l'île. Le 27 septembre 1797, à

PHENOMENES VOU A^ÇUES. 499

la suite d'un tremblement de terre , qui pendant huit mois entiers s'était fait sentir sur toutes les Antilles, ce cratère rejeta une grande quantité de pierres*ponces , de cendres et de vapeurs sulfureuses très épaisses $ eu même temps on entendit un violent bruit Souterrain ( liumboldt , Relat. lUstor. , i , 546).

7° Montserrat. Presque toute l'île est composée d'un trachy te , contenant de beaux cristaux de feldspath et de hornblende en cristaux noirs. Sur la cime de Gaileway se trouve la soufrière, quia 5 à 400 yards de long et moitié de large* Entre les fragments désunis qui forment le sol , s'élèvent des vapeurs sulfureuses épaisses qui échauffent tellement le terrain que l'eau qu'on apporte auprès de ces crevasses, entre bientôt enébullition $ à une certaine distance, elle reste froide. Mais le soufre ne se dégage pas constamment par ces fissures ; de nouvelles crevasses se forment chaque jour, tandis que les anciennes se bouchent et s'obstruent. Il résulte delà que tous les nochers dans le voisinage sont remplis de soufre. Une autre soufrière semblable se trouve à ta distance d'un raille anglais de la première ( Nugent, Gfiolog. Trans. f i , 185)* bti

8° Nerfs possède un cratère remarquable où se condensent des vapeurs sulfureuses. Un grand nombre de sources chaudes jaillissent en diverses parties de l'île (Docteur Chisholm ).

9° St.- Christophe ou St.-Kitts. Les montagnes de celte île sont raboteuses, +àf des et escarpées; la plus élevée de toutes , le Mount Misery atteint la hauteur de 3,485 pieds de Paris au-dessus de la mer. Elle est entièrement composée de trachy te et à son sommet se trouve fin cratère parfaitement bien déterminé ( Dr. Chisholm ). L'île était autrefois fortement ébranlée par les tremblements de terre; mais les secousses ont toutà-fait cessé depuis la grande éruption qui eut lieu en

500 M&mnitEtfta volcaniques.

juin 1692, et qui dura plusieurs semaines ( Philos. Trans. xvui , 99). * V-*x > «frit» «i*4ii j

10° St.-Eustache. Celle île est une montagne conique, ronde , de dix milles de circonférence , aumilieu de laquelle se trouve un cratère qui se distingue de tous ceux des Antilles par sa grandeur, son étendue et sa régularité. Les Anglais lui ont, à cause de cela, donné le nom de Punchbowl (Dupuget , p. 45).

La langue granitique longue et étroite , qui dans l'île de Saint-Domingue , s'étend depuis Port-au-Prince jusqu'au cap Tiburon à l'ouest , fut entièrement dévastée en 1770 par un tremblement de terre. Toutes les montagnes furent bouleversées ; mais le reste de File n'eût pas à souffrir de ces violentes secousses ( Dupuget, p. 49 sq. ). Cette circonstance doit donc faire soupçonner que cette chaîne primitive s'élève sur une faille de l'intérieur. Ce qui vient appuyer cette supposition, c'est que les phénomènes volcaniques, alors même qu'ils se manifestent le plus loin de leurs centres d'action , ne se présentent jamais dans le milieu du bassin , mais se concentrent toujours sur les bords, dans les chaînes de montagnes ou dans les îles qui composent la série volcanique.

VOLCANS DE GUATIMALA. (Pl. X, a.).

Il n'y a pas un seul des nombreux volcans de Guatimala , qui ait été examiné de près; leurs éruptions sont même assez imparfaitement connues ; mais leur position le long de la côte a constamment excité l'attention des

navigateurs , parce que ces montagnes gigantesques s'élancent comme du fond de la mer même, pour s'élever jusqu'au delà des régions des nuages , et désignent ainsi jusqu'à une très grande distance, les parages dans lesquels on se trouve. I

La grande Gordillière des Andes s'est abaissée jusqu'à un tel point, vers l'isthme qui joint lesdeux grandes parties de l'Amérique, qu'à peine y reconnaît» on encore une chaîne de montagnes. Le partage des eaux entre Panama et le golfe du Mexique ne s'élève , selon M. Lloyd, que de 594 pieds de Paris, et les montagnes des environs ne surpassent pas 4,000 pieds de hauteur. Les volcans qui jusque là étaient placés sur le faite de la chaîne, descendent depuis. la province de ï'eragua, et Suivent le pied de celte chaîne. En effet , ce qu'on peut encore appeler chaîne des Andes , dans l'Amérique centrale , s'étend beaucoup à l'est de la chaîne des volcans, et ceux-ci ne s'éloignent presque point des côtes de la mer. Les navigateurs les ont donc connus de , tous temps , et déjà William Funnel, le pilote de Dampier , en avait donné une liste si exacte , qu'elle prouve suffisamment qu'il avait sous les yeux les notes de l'incomparable Dampier. (Toyages de Dampier, iv, 59.). Les mêmes volcans sont presque tous indiqués sur la Carte de la cote du Mexique de la mer du Sud, du dépôt de la marine de Paris ( 1823 ) , construite d'après les cartes espagnoles et les observations de l'expédition de Malaspina. En combinant ces documents avec le petit nombre des autres matériaux réunis jusqu'ici , il semble qu'on pourrait citer avec quelque degré d'exactitude les volcans suivants ; ils s'étendent dans la direction du sud-est au nord- ouest, qui est aussi la direction générale, de la côte, avec une si grande régularité et une si grande constance , qu'on doit toujours se défier des volcans qu'on place dans des points qui sortent sea-

siblement de cette ligne,probablement produite par une

immense crevasse souterraine, par laquelle les forces intérieures se font jour, au moyen de ces cheminées gigantesques qu elles ont élevées au-dessus de cette crevasse.

1° Volcan de Bàrua , au fond du Golfo Dulce , sur une chaîne de montagnes dans l'intérieur. MM. Humboldlet Arago (Annuaire du Bur. des Long. 1824) Tout cité et Bvué l'a marqué sur sa carte de l'Amérique centrale 1852. lat. 89 46' iV; long. , O. de Paris , 85° 40*

«• Volcan de Cartago , làt. i& 5' $ long. 85* 45* O. de Paris, indiqué par MM. Rouhault et Dumartray (Carte des Etats de Nicaragua et de Costa-Ricca , levée en 4 828 et 18-29 par MM. R. et D. à Paris 4832, earte, qui, sans nommer les éléments sur lesquels elle est basée , présente des détails qui manquent aux cartes même les plus récentes). Ils donnent un profil, d'après lequel le volcan s'élèverait de 5,500 mètres ou de 40,774 pieds de Paris. La ville de Cartago serait élevée de 4 ,800 mètre** (4,647 pieds) ; la ville de Saint-José de 2,400 mètre* 4,540pieds); celle de Villa Vieja de 4,300 mètres (4,002 pieds), et celle d'Alajuela de 4, 400 mètres (5,586 pieds.)

5* Voloan de Villa Vieja , au nord de la ville dù môme nom. Le Rio Sarapique prend naissance sur son flanc septentrional et se jette dans le Rio S. Juan, non loin de son embouchure dans le golfe du Mexique. Laùt. 48* 48' ; long. O. de Paris 85' 45' (Rouhault et Dumartray).

4° Volcan de Foios,k l'est du précédent* au-dessus de la ville d'Aîajuéla; élevé de 5,000 mètres (9,235 pieés), d'après MM. Rouhault et Dumartray.

5° Volcan de Zapanzas , à 0 lieues marines du port de Vêlas dans l'intérieur, d'après les relations de Funnel ; it ne peut donc pas se trouver à la place que lui donne Brué sur sa earte, c"est-à-dire seulement a trois lieues terrestres. Il est par conséquent très probable ,

qu'il faut îe chercher parmi ceux qu'on place ordipaiment trop près du lac de Nicaragua ; peut - être seraitce le Rincon de la Vieja.

Il existe, dans la collection de M. Humboldt, line carte manuscrite , construite par les Ingénieurs don Joacquim Ysasi et don Jo§e Alesandro,par ordre du commandant d'Omoa, Bon Ygnacio Maestre : cette carte a été tracée dans le but de faire ressortir les possibilités de faire communiquer le lac de Nicaragua avec la mer du sud. Elle parait avoir été faite de mémoire; mais comme les ingénieurs avaient été sur les lieux , elle prouve cependant que la rivière de Tampisque ou d'Àlvarado coule du volcan d'Orosi et se jette dans la Caldera ou le golfe de Nicoya. Brué lui donne une direction contraire. Tous les volcans se trouvent au nord de cette rivière , et il n'y en a pas entre elle et la mer. Mais comme la carte nomme plusieurs petites rivières qui, prenant leur source près des volcans, vpîit se jeter dans le lac de Nicaragua, il est clair que ces volcans doivent être placés à quelque distance du lac, et ne peuvent pas former immédiatement ses bords , comme l'indiquent les cartes. Effectivement , MM. Rouhault et Dumartray éloignent les montagnes de ce lac, et les Rapprochent beaucoup 'plus du golfe de Nicoya. Le Rio- Sapadero ne trouverait point de place, si véritablement un volcan s'approchait si près de la sortie de la rivièfe de S. Juan , et la ligne régulière de ces volcans serait singulièrement brisée. Les ingénieurs espagnols énumèrent ces volcans (ou montagnes supposées volcaniques) , en recommençant au sud-est , de la ma^pre suivante.

6° Volcan de Seropelcs , à 20 lieues marines au nordouest du volcan de Votos; peut-être lat. 10° 52'; long, de Paris 85o45\ O.

7° Volcan de Tcnorio.

8° Volcan de Mirabales , à Test du Rincon de la Viejaf ou du Volcan de Zapanzas.

9° Volcan de Papagayo. Funnel dit qu'il est situé sur la pointe de Sainte-Catherine , et qu'il s'élève à une très grande hauteur. Aucune carte n'indique une si grande montagne sur cette pointe ; pas même celle des ingénieurs espagnols , qui ont traversé cette partie de la côte. Cette dernière fait au contraire bien ressortir le volcan d'Orosi, au-delà de la rivière d'Alvarado, vers le lac de Nicaragua, et à neuf lieues de la mer. MM. llou- Jbault et Dumartray donnent sur leur carte, un profil qui \ s'étend depuis la mer du sud j usqu'à la cime de ce volcan, jélevé selon eux de 5,000 mètres ou de 9,255 pieds. Il doit donc être très visible en mer. Aussi le placent-ils où on aurait mis le volcan de Papagayo selon Funnel, et où en effet l'a indiqué la carte de Brué. Ces deux volcans de Papagayo et d'Orosi sont donc vraisemblablement le même.

On est bien peu d'accord sur la forme du lac de Nicaragua. Les cartes faites sur les lieux mêmes , c'est-àdire la carte manuscrite des ingénieurs espagnols , celle de l'Alcade de Granada et celle de MM. Rouhault et Dumartray placent la sortie de la rivière de Saint- Jean au sud-est de la ville de Nicaragua, au lieu que la carte de Brué lui donne la même latitude que cette ville et la carte du dépôt de la marine augmente encore cette latitude de ving-cinq minutes ; si on admet , comme la plus vraisemblable, l'opinion des cartes manuscrites, les volcans se rangeront d'eux-mêmes dans un même alignement a^^les volcans de la Costa-Riçca, et ils détermineront partage des eaux entre le lac et la mer.

10° Volcan à'Ornetep ou de Sapaloca (Don Domingo 3x\HTTOS,compc7idio délia histovia Ciudadde Gualimala

. 4809, vol. \,p. 51). Juarrosdit que l'île d'Ometep dansle

lac de Nicaragua est la seule qui soit peuplée, et qu'elle contient une montagne conique, un volcan dont la cime rejette beaucoup de feu. La carte des ingénieurs espagnols fait bien ressortir cette montagne , mais aucune autre carte ne l'indique. L'Alcade de Granada au contraire donne beaucoup trop peu d'étendue à l'île d'Ometep, mais place une autre île plus près de la terre et de la ville de Granada , et la nomme volcan de Sapaloca. Brué a combiné ces deux volcans dans celui d'Ometep ou de Sapaloca, et nomme l'Ile de l'Alcade , île de Sapatera. On retrouve ce nom sur la carte de M. Thompson {officiai visit to Guatemala 1829), copiée sur celle de l'Alcade. L'opinion de Brué paraît être la plus vraisemblable.

11° Volcan de Bombacho ou de Granada. Montagne très élevée , en forme de ruche d'abeille , au sud - est de la ville de Granada , et sur un promontoire entre cette ville et le lac. On la voit fort loin en mer. Il s'élève de sa cime une grande masse de fumée.

12° Volcan de Masaya a sept lieues marines au nord-ouest de Granada, et à l'extrémité sud-ouest du lac de Masaya, d'après les cartes de l'Alcade, des ingénieurs et de MM. Rouhault etDumartray.Brué et lacarte du dépôt de la marine , le placent à moitié chemin entre les villes de Granada et de Léon , c'est-à-dire à quatorze lieues de Granada. Il paraît que c'est à lui , que Funnel donne le nom de Bombacho, et qu'il lui attribue une cime formée de trois pics séparés. C'était , sans contredit , selon Juarros ( i. 52 ) , le plus fameux de tous les volcans du temps de la Conquista. On voyait constamment dans son cratère une matière liquide comme du métal fondu. Des flammes la perçaient avec beaucoup de force et de bruit, et répandaient une telle clarté,

qu'on pouvait lire la nuit à une lieue de distance , et qu'on voyait ces flammes jusqu'à vingt-cinq lieues de

distance en mer. Mais actuellement, dit Juarros (ep 1809) , ce volcan terrible s'est entièrement apaisé.

Le volcan de Granada des cartes t qu'elles placent au nord de cette ville, et qu'elles distinguent du Bam~ bacho et du Masaya, est inconnu à l'Alcade. Il place même tant de petites villes entre la mer et Granada , villes qui sont nommées sur la carte de MM. Rouhault et Dumarlray, qu'on se trouve embarrassé pour placer ce volcan. Juarros n'en fait non plus aucune mention. Il parait donc que ce volcan n'est autre que celui de de Masaya, et qu'au lieu de ce seul volcaq, qu'on aura d'abord placé trop loin de Granada, on aura cru qu'il y en avait deux.

A peu de distance , vers l'est , près du village de Nindiri, la terre s'ouvrit en 1775, et il fen sortit un torrent de feu d'une grande largeur qui échauffa tellement tout le terrain des alentours, que tout le gibier y périt. Le torrent se jeta dans le petit lac de Masaya , et y fit mourir tous les poissons. Il est rare de voir mentionner des éruptions de laves, dans les relations qui traitent des volcans d'Amérique.

Le volcan de Léon des cartes marines, placé entre celui de Masaya et la ville de Léon , n'existe pas. Ni les cartes manuscrites, niFunnel, ni Juarros ne parlent de ce volcan.

13° Volcan de Léon Mamotombo , montagne immense et fort haute , entre la nouvelle ville de Léon et le lac de Managua, qui est la partie supérieure du grand lac de Nicaragua. Funnel dit qu'il ne fume que très peu.

D'après le nivellement fait par ordre du capitainegénéral du royaume de Guatimala , Don Mathias de Galyer, par l'Ingénieur Galisteo, en 1781, et publié par M. Thompson [officiai visit to Guatemala, 512), le lac de Nicaragua est à 1 16,8 pieds de Paris , au-dessus de l'océan. Le point de partage, entre le lac et la mer du sud,

n'est élevé que de 16 pieds au-dessus du lac ou de 155 pieds au-dessus de la mer. D'après la direction du nivellement , le lac , près de la ville de Nicaragua , serait éloigné de la mer de 52,687 varas { de 5 pieds )|, ou de 12,554 toises de France. (Humboldt , Relation historique , ni , 320 ).

14. Volcan de Telica , auprès d'une petite ville située à son pied. Cône très escarpé, à six lieues du Mamotombo , et à dix lieues du volcan de Viejo, Il surpasse de beaucoup en hauteur les montagnes environnantes. Du tems de Funnel, il fumait continuellement , et rejettait sans cesse des pierres.

15° Volcan JelFiejo, lat. 12» 38'; long. 89* 11* , ouest de Paris. Quoiqu'à peu près de six lieues dans l'intérieur des terres , il semble s'élever immédiatement de la mer ; la terre est en effet très basse , et le cône du volcan s'élance d'un jet depuis sa base jusqu'à la cime. H doit avoir près de 0,000 pieds de hauteur, et ftirae continuellement. La carie du Dépôt de la marine donne une vue de ce cône remarquable. * ^

16° Volcan de Gilotepe ou de Coslguina ( Cocivina) , sur la côte sud du golfe de Fonseca.

Le Journal américain Silliman Journal a publié en juillet 1855, la relation officielle du colonel Juan Galindo sur l'éruption du volcan deCosiguina en janvier 1833. On voit par cette relation que tout ce qu'on a rapporté sur des éruptions du volcan de Saint- Vincent de Guatimala , ou d'un volcan situé près de Truxillo , de Belize , d'Omoa, ne se fonde que sur des bruits conftis et mal caractérisés.

Le 20 janvier au matin, on vit à la ville de PUnion, port de mer situé sur le golfe d'Amapalla ou de Fonseca et résidence du colonel , une épaisse fumée s'élever toutà-coup; à midi elle avait déjà envahi toute l'atmosphère,

de sorte qu'on ne pouvait plus reconnaître les objets les plus rapprochés. A 4 heures , on ressentit un violent tremblement de terre, et les ténèbres étaient constamment sillonnées par de nombreux éclairs. Ces phénomènes effrayants durèrent 45 heures. Le 25 janvier de fortes détonnations se succédèrent sans interruption; le 25 et le 26 les tremblements de terre se firent sentir de nouveau. Dans l'iledu Tigre, on vit le 21 tomber non pas des cendres , mais des pierres-ponces de la grosseur d'un pois , parmi lesquelles un grand nombre avaient même les dimensions d'un œuf de poule. L'explosion se fit entendre dans toute cette partie de l'Amérique , de telle sorte que chacun crut que l'éruption avait lieu dans son voisinage; c'est ainsi que de San - Salvador, le bruit se répandit que le volcan de Saint-Vincent était de nouveau en éruption. Des personnes qui se trouvaient dans le voisinage de Quesaltenango, s'imaginèrent que c'était ce volcan qui brûlait , et en effet , le bruit de l'éruption se fit entendre de cette direction , jusqu'à la province d'Oaxaca. Quelques cendres tombèrent à Truxillo sur la côte du golfe du Mexique; mais ce qui est plus remarquable encore, c'est que le même jour, de très fortes détonnations se firent entendre à Kingston dans la Jamaïque , au point que l'on crut que c'était les signaux de détresse de vaisseaux en danger ; on fut bientôt détrompé , le 25 janvier, par la chute des cendres qui annoncèrent que le bruit était le résultat de quelque phénomène volcanique. Les cendres avaient donc ici été transportées comme à la Barbade , contre lèvent régulier de l'est, par le contre -courant supérieur ; Kingston est éloigné de Gosiguina de 11 \ degrés d'un grand cercle, par conséquent de 250 lieues marines , et c'est cette distance immense que le contre courant a dû faire franchir aux cendres du volcan. Les dé-

tonnations 8e firent aussi entendre à Carthagène et jusques à Santa-Fé de Bogota , ainsi les phénomènes volcaniques se sont manifestés dans l'espace de 26 degrés d'un grand cercle , ou de 520 lieues marines.

17© Volcan de Guanacaure, dans le fond du golfe de Fonseca ou d'Amapalla , à plusieurs lieues dans Tintérieur des terres.

Ces deux volcans sont marqués sur les cartes marines espagnoles , par conséquent aussi sur celles du Dépôt et de Brué, mais les relations ne parlent pas du dernier.

L'alignement de ces volcans , depuis celui de Barua jusqu'au golfe d'Amapalla , est assez exactement du sud-est au nord-ouest ; c'est-à-dire N. 60° ouest. Mais depuis ce golfe , cette ligne change un peu de direction, comme le remarque avec beaucoup de justesse M. de Humboldt , et elle suit entre les golfes d'Amapalla et de Tchuantepec , un cours qui s'approche plus de l'ouest, et elle se dirige sur N. 65° 0.

1 8° Volcan de S. Miguel Bosotlan, Làt. 1 5° 35' \ long. 90<>24\ O. de Paris. Très grand volcan fort actif, à quelques lieues de la mer, et près de la ville du même nom.

19<> Volcan de S. Vincente ou de Sacatecolttca (Sacatelepe de Funnel). Il est situé entre les deux villes dont il porte les noms , et est entouré de beaucoup d'autres montagnes , qu'il surpasse toutes en hauteur. Du côté du nord , vers Saint - Vincent , on trouve à sa basé une grotte d'où s'écoulent des eaux extrêmement chaudes , et qui répandent une très mauvaise odeur. Dans l'intérieur de cette grotte, on entend continuellement un bruit , comme celui d'une grande masse d'eau bouillante. En 1645, il fit une éruption considérable, qui couvrit tous les alentours de cendres et de soufre. Juarros dit qu'il a deux lieues de hauteur ( obliquement ) depuis Saint-Vincent. Une éruption qui eut lieu le 25 janvier 1835 a détruit un grand nombre de villes et

510 PHENOMENES VOf.CtKI QtTKS.

villages. Les délonnattons fie sont fait entendre jusqu'à la ville de Guatimala.

20* Volcan de 5. Salvador. La vallée dans laquelle la ville de San - Salvador est placée , est fermée par Ce volcan très connu et très actif. Mais les époques de ses éruptions n'ont pas été notées* Fuanel dit que ce volcan est réuni avec celui de Sonsonate par les montagnes de Moreois , dont plusieurs cimes dégagent de grandes masses de fumées *

21 ° Volcan d'Isaico ou de Sonsonate ou de Trirtidad , à trois ) ieues de la ville de Sousonate. Ce volcan moinsélevé que les montagnes dont il fait partie, est extrêmement actif; l'éruption du mois d'avril 1798, fut une des plus considérables et dura plusieurs jours. D'autres éruptions ont eu lieu de 1805 jusqu'en 4807. Thompson raconte , qu'une éruption en 1825 détourna le cours de la rivière de Téquisquillo et la força de se jetter en mer à deux milles de Sonsonate. D'après Thompson, ce volcan est très dangereux quand il ne tante pas * à cause des tremblements de terre qu'il excite aters dans les contrées a voisinantes ; et bien que les flammes qu'on voit sortir de sa cime, soient d'un effrayant aspect» elles sont cependant en même temps un gage de sécurité. La montagne d'Apaneca , à dix lieues de Sonsonate est très visible en mer, mais ni Funnel ni Juarros, ni même Thompson ne la nomment parmi les volcans comme l'indiquent les cartes.

W° Vokan de Pacaya, à trois lieues à Test du village d'AmaUtlan et à sept lieues au sud de la nouvelle Guatemala* grand voieaa , qui n'a jamais cessé d'inquiéter les pays environnants. Il s'étend en forme d'une crête sur laquelle s élèvent trois cimes. Ses éruptions les plus remarquables selon la chronique de Fuentes , ont été les suivantes : En 1565, eut lieu une éruption accompagnée d'un tremblement de terre très violent , qui se

fit vivement sentir à l'ancienne Guatimala; le 12 février 1651 la montagne fat entièrement enveloppée d'une masse de famée noire et dense , qui sortait de sa cime. En 1664, les flammes s'élevèrent à une telle hauteur, qu'à Guatimala, éloignée cependant de sept lieues, la nuit fut aussi claire que le jour. Le même phénomène se répéta en 1668, en août 1671, en juillet 1677. On manque de notions sur les éruptions subséquentes. Juarros dit qu'il a vu lui-même celle de juillet 1775. Les colonnes de fumée paraissaient s'élever ver6 le sud-est , sur une petite chaîne de montagnes, qui cache le volcan pour la nouvelle Guatimala. Mais à Ste.-Marià-de- Jesus, on vit que la montagne s'était ouverte vers sa base ; on doit donc présumer , qu'un courant de lave s'en échappa. Les pierres et les cendres furent lancées en si grande abondance vers l'ancienne Guatimala, que le jour en fut totalement obscurci. v «r; ; 4

23<> Volcans de Guatimala. L'ancienne ville de Guatimala , est entourée de trois montagnes extrêmement élevées , auxquelles on a de tous temps donné le nom de volcans. Mais celle qui occupe toute la partie méridionale de la vallée, le volcan d'Agua n'a jamais eu d'éruptions, carie torrent d'eau qui détruisit en 1541 entièrement la première ville de Guatimala, située sur le penchant vers la mer , au sud-ouest de celle qui se nomme actuellement Y Aniigua-Giuitimala, n'était pas le résultat d'un phénomène volcanique. Joarros assure de plus , qu'on ne trouve point de pierres calcinées sur son penchant. Il dit que la circonférence d« cette montagne est de dix-huit lieues, et qu'on trouve à sa cime une plaine , concave comme une chaudière, fougue de 1 40 varas du nord au sud et de 120 varas de l'est à l'ouest; cependant cette description n'e9t pas assez explicite pour qu'on soit autorisé à nommer cet enfoncement un cratère, La montagne parait avoir beaucoup plus de rapport avec pn dôme tracbytique non ouvert,

comme le Chimboraçoou le Pu y-de-D5nie. Elle fournit de la neige à la ville de Guatimala pendant une grande partie de l'année.

Le volcan de Fuego, à l'ouest de la ville est beaucoup plus terrible. Les tremblements de terre affreux qu'il occasionne ont déterminé un changement de place de la ville , qui a été rebâtie à sept lieues plus à Test dans une plaine. C'est celle qu'on nomme San-Yago, ou la nouvelle Guatimala. Le volcan paraît avoir été beaucoup plus agité dans les siècles passés , qu'à présent. Ses éruptions les plus mémorables ont eu lieu en 1581, 1586, 1623, 1705, 1710, 1717, 1732, 1737, 1799.

Une troisième montagne d'égale hauteur, s'élève tout près de ce volcan vers le nord-ouest. On la voit en mer, et elle est représentée en effet dans la vue des volcans de Guatimala que donne la carte du dépôt de la marine.

Ces montagnes ont été mesurées par le capitaine Basil-Hall. Quoique de telles mesures, prises en mer, ne puissent pas être d'une très grande exactitude , néanmoins elles donnent certaines limites, toujours précieuses , quand on ignore absolument la hauteur dont il s'agit. M. Hall trouve pour le volcan de Fuego, 13,760 pieds de Paris, pour le volcan d'Agua 13,983 pieds; mais ses données comportent différents résultats suivant la manière de les envisager. M. Poggendorf, qui les a soumises à un nouveau calcul , trouve pour la hauteur du pic de l'ouest 12,348 pieds de Paris , et pour le pic de l'est 12,246 pieds.Ces résultats s'accordent mieux avec la remarque de M. de Humboldt, que ces montagnes ne peuvent pas dépasser la hauteur de 14,400 pieds, j^rce qu'elles seraient dans ce cas des « Névados » où des montagnes continuellement couvertes de neige , et qu'elles doivent être plus élevées que 10,500 pieds, pour pouvoir retenir la neige sur leurs cimes pendant quelque temps. M. Thompson, remarque avec justesse, qu'on peut citer ces montagnes parmi les plus hautes du monde,

PHÉNOMÈNES VOLCANIQUKS. $15

en ne considérant que leur hauteur relative au-dessus de leur base , car l'antigua Guatimala n'est élevée que de 1,662 pieds au-dessus de la mer. Les montagnes s'élancent donc d'un seul coup, à une hauteur de 10,700 pieds. C'est aussi à peu près la hauteur du Chimboraço , des montagnes du Mexique , du pic de Ténériffe et de l'Etna sur leurs bases , qui pour les deux derniers volcaus est la mer elle même.

mÊBÊ*îr une

La position de ces volcans se voit très bien sui carte gravée à Guatimala en 1800, sous le titre : Bosquejo del espacio, que média entre los estremos de la prosnncia de Suchitepeques y la capital de Guatemala ; por Don José Rossi v Rubi, Alcade mayor de la provincia, 1800. On y trouve deux volcans de Fuego, l'un à côté de l'autre $ vus de l'ancienne Guatimala ils se recouvrent l'un l'autre. Effectivement la vue donnée sur la carie du dépôt de la marine fait voir deux pics du côté de l'ouest et le volcan d'Agua reste tout-à-fait isolé. On prétend, que ce volcan est plus actif dans la saison des pluies, depuis la fin d'avril jusqu'au commencement d'octobre , que dans le reste de l'année.

Les volcans d'Acatenango et de Toliman , marqués sur la carte de Don José Rossi , ne sont pas connus par leurs éruptions. Peut-être ne sont-ce que des pics de

trachyte. - %Éjlt"^r ^'^T^fc

24<> Volcan d'Atitlan. Très haute montagne au sud du

grand lac du même nom et à huit lieues au nord-ouest

du volcan de Guatimala. Ce volcan très connu , fume

continuellement.

25° Volcan de Tajamulco ou de Quesahenango. On

e trouve sur la carte de Don José Rossi entre les villes

de Quesaltenango au nord, etde Sainte-Marie de Texulla

au sud-est. Tajamulco est un hameau , dépendant de

Texutla; Juarrosadonné au volcan le nom de ce hameau.

FHENOMENta \ OI.C \n I Ql i S .

! ! est cerlain que c'est le même que Fuunel nomme volcan de Sacalepeques, à six lieues au nord-ouest du volcan d'Àtillan; c'est sclou lui , une très grande montagne, qui lance une grande quantité de Il animes et de fumce. Il est vraisemblable qu'il tigure sur la carte de Brué, sous les trois noms différents de Sunis, tiré de St.-Catalina Sunis au pied du v olcan ; de Suchitepeques , nom de la province qu'on ajoute ordinairement au nom du saint, patron de l'endroit, pour désiguer celui-ci* enfin de Quejamulco (Tajamulco) placé dans l'intérieur vers Olintepeques. ¥ \ /.

26° Volcan de Sapotitlan à six lieues du précédent, au rapport de Funnel. Il brûlait avant l'arrivée desEs-

27o Volcans des Amilpas à sept lieues de distance. Ce sont deux pics remarquables, qui ne fument que rarement, et ne sont pas connus par leurs éruptions.

28» Volcan de Soconusco, éloigné de douze lieues du précédent , ce qui est le plus grand espace sans volcans, depuis la Costa-Ricca , c'osUà-dire sur 203 lieues dïteudue. C'est aussi le dernier volcan connu ver# le Mexique -, il s'élève en pic très pointu de la forme d'un pain de sucre, bien au-dessus des montagnes qui l'entourent, quoique celles-ci soient déjà elles-mêmes assez élevées. Il n'est éloigué de la côte que de deux à trois lieues. .

VOLCANS DU MEXIQUE ( Pl. XTH. 7 ).

M. de Humboldt a remarqué que les volcans du Mexique sont tous rangés sur une même ligne, dirigée de l'est à l'ouest , qui coupe obliquement l'étroit conti-

nent de l'Amérique -7 or celle direction présente si peu de conformité avec toutes celles observées jusque là, lesquelles ne traversent jamais des chaînes de montagnes , qu'on est porlé , malgré l'étendue de celte série volcanique, à ne la considérer que comme une faille subordonnée, qui ne s'étend pas sur les lianes des grandes failles générales , et qui oe se prolonge pas au-delà du continent restreint de Mexico. Ce serait alors une sorte de fracture oblique , analogue à celle des volcans de Java qui s'étend obliquement à travers l'ile, mais qui ne se prolonge pas au-delà.

Les volcans du Mexique restent aussi constamment dans le domaine des roches basaltiques. Depuis Oaxaca, où les montagnes les plus élevées sont formées de granité et de gneiss et point du tout de trachyte (fllumboldt, Nouv. Esp., 8°, m, 526) , ce granité parait être de plus en plus resserré vers la côte de la mer du sud, et peut-être même u' existe -t-il déjà plus sur Ja côte au-dessus de Golima. Les phénomènes volcaniques se sont d'après cela étendus sur un espace considérable. Toutefois, ils sont, sur la grande chaîne trachylique, aussi rares vers le nord que dans la direction de l'est à l'ouest. Ce n'est certainement pas par hasard que s'est formé , au point de rencontre des deux chaînes , l'immense cratère de soulèvement, au milieu duquel se trouve Mexico. |

1° Volcan de Tuxtla , au sud-est de la Vera Cruz. La nature de celle monlagne s'est principalement manifestée par une violente éruption qui a eu lieu le 2 mars 1795. Ce volcan se trouve un peu en dehors de la direction des autres volcans du Mexique (Humboldt,

2° Pied'O//^^; il s'élève à 1G,302 pieds de hauteur. Cette mouiague dont Humboldt a dessiné uue vue

tueux. Des éruptions extrêmement violentes eurent lieu par ce volcan de 1545 jusqu'en 1566 ( Humboldt, i , 1 76),

Dans la même chaîne se trouve au nord, le Coffre de Perotede 12,534 pieds de hauteur. C'est une montagne trachytique , recouverte de tous côtés par d'immenses couches de pierres-ponces et par des coulées de lave. Si son sommet n'est pas terminé par un cratère , il faut alors que des éruptions considérables se soient fait jour par les lianes de la montagne. *

3° Popocatepeil ou volcan de la Puebla ^ il a 16,626 pieds de hauteur : c'est la montagne la plus élevée qu'on connaisse dans tout le Mexique. Il rejette souvent de la fumée, et son sommet est terminé par un cratère (Humboldt, Noiw. Espagne , î, 171).

L'Iztaccihuatl qui appartient à la même chaine, est élevé de 14,730 pieds. Le cône de Toluca a 14,220 pieds (Humboldt, Nw. Barom , 48) ; cette montagne a été étudiée aussi par M. Burkart , qui y est monté le 42 mai 1826 (Arck. deKarst. , xiv, 106). A la partie supérieure se trouve un cratère creusé dans le trachy te qui forme le sommet du volcan. Le fond du cratère est occupé par deux lacs ; il a un quart de lieue de diamètre et depuis le bord le plus élevé jusqu'à la surface des eaux, sa profondeur est de 1,153 pieds de Paris : depuis le bord le plus surbaissé, situé du côté de l'est , cette profondeur est encore de 550 pieds. L'eau des lacs n'a aucun goût particulier , cependant elle dépose du soufre sur les bords. • - 1 ? >

Ces cinq montagnes forment une sorte de noeud volcanique , au milieu duquel s'enfonce la ville de Mexico.

4° Volcan de Jorulîo. La situation de ce volcan , presque exactement entre celui de Colima et celui de la Puebla, ne peut laisser aucun doute sur l'existence d'une faille intérieure. Il net s'élève qu'à 3,703 pieds

PHCVOMJL^ES VOLCAJXIQUËS. o!7

de hauteur. Eu un seul jour, le * U septembre 1759, il s'est soulevé de 1,480 pieds au-dessus de la surface environnante (Huraboldt, Nouv. Espagne, u , 290)-

5° Volcan de Colima. Cette montagne est la plus occidentale de cette chaîne volcanique ; elle rejette très souvent des cendres et de la fumée. Sa hauteur est de 8,619 pieds, d'après l'évaluation de Don Manuel Abad (Humboldt , Nouv. Espagne , n , 509 ).

Le capitaine Beechy (Poy. n, 587), a mesuré la hauteur de cette montagne en se servant d'une base de quarante-huit milles anglais prise sur la mer : il a trouvé cette hauteur de 11,266 pieds de Paris. La latitude de ce volcan est de 19° 25' 24" N. et sa longitude relativement à Saint-Blas de 1° 41' 41" E. -

Humboldt paraît croire que la plus haute montagne de la Californie , Cerro de la Giganta , qui s'élève à 4,600 pieds de hauteur est un volcan ( Nouv. Espag., n , 425) $ il place aussi sur la grande carte du Mexique, sous le 28e degré de latitude , le volcan de las Yirgeues, en faisant remarquer qu'on l'a vu dans l'année 1746.

Ces deux montagnes ne sont pas connues d'une manière plus précise. La Peyrouse avait observé sur le cap Mendocino, sous une latitude de 40° 48', une montagne qu'il avait prise pour un volcan brûlant, et que comme telle il avait portée sur sa carte ; il fut reconnu plus tard qu'il avait été induit en erreur par une illusion et par l'incendie d'une forêt à laquelle les habitants avaient mis lefeu(Roquefeuil, Voyage autour du monde, ii , 258). On avait aussi signalé l'existence d'un sem blable volcan sur l'île de S. Francisco.

On n'a pas non plus retrouvé ceux qui avaient été aperçus par Maurelle dans le Port Bucarelly. LaPey rouse paraît douter de leur existence , et Vancouver qui est resté plusieurs semaines très près de là , dans

le Clarence Sound, n'a rien appris sur ces volcans que cependant Quadra dit avoir vus.

Volcan situé sur la cote nord-ouest de l'Amérique, près r embouchure du Colombia (Silliman Journal, IS9S ). M. Gardner , résidant au fort Vancouver , Lau 43" 57' 40" N. ; Long. 119° 55* 11" ouest de Paris, raconte ( sans date ) que la montagne de Saint-Helens, ordinairement couverte de neige, et appartenant à une chaîne marine située à 40 milles au nord de Vancouver , avait fait récemment une éruption. Ce phé* nomène avait été précédé d'un tremblement de terre; un brouillard épais couvrit et cacha la cime de la montagne pendant deux ou trois jours; au bout de ce temps, on vil que le sommet de la montagne ne portait plus dé neigé, et qu'il était sillonné de diverses lignes (qu'à l'aide de lunettes on reconnut pour des courants de lave.

Les Indiens affirment qu'une autre cime brûlante se trouve près de Mont Hood au sud de la montagne dé Saint-Helens.

La limite des neiges perpétuelles est remarquablement basse sur toute cette chaîne marine. À l'aide de mesures angulaires, prises avec un sextant de huit pouces et d'une base mesurée de 3,720 yards (3,400 mètres) de longueur, M. Gardner a trouvé que Ift hauteur du Mont Hood était de 7,4ô4 pieds ànglàii (7,219 pieds de Paris) ; 600 à 800 pieds depuis la cimi sont constamment couverts de neige, ce qui porterait la limite des neiges perpétuelles, sous 45° de latitude, et au bord de la mer, à 6,540 pieds de Paris.

On pourrait peut-être aussi suivre une chaîne volcanique analogue sur les côtes de l'Arabie. Le Gebbel l'cir, sous le 45° 38' de latitude , avant Loheia, eit>

PHENOMENES VOLCANIQUES. ' 5i9

au rapport de Bruce (Abyssinia, i , 459) une montagne pyramidale qui s'élève au milieu d'une île allongée du nord au sud et de 4 milles anglais dfe longueur. Au sommet se trouvent quatre ouvertures , par lesquelles s'échappent constamment de la fum£e , et quelquefois même, à ce que l'on rapporte, des matières enflammégs. L'île est tout-à-fait déserte, car elle «si entièrement couverte de soi^fre et de pierres-ponces. >

Enfin , il se pourrait que les volcans découverts par le capitaine Billingshausen pendant son voyage autour du monde, sur les îles du Marquis ge Traverse et sur le Sunders - Gap de la terre de Sandwich , appartinssent aussi à une chaîne volcanique. Ils sont situés Lat. 56# S. , Long. Paris, 30" 10' 25 O. , entre la Nouvelle Géorgie et la terre de Sandwich ( Simonoff in Zach's Corresp. astron. v , 57). f

nu.

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