‹ Description physique des Iles Canaries, suivie dʾune indication des principaux volcans du globeChapitre 41 sur 48 · CHAINE DES ILES ALEUTIENNES. (11. XIII · texte numérisé non relu

CHAINE DES ILES ALEUTIENNES. (11. XIII

JvJ. de Hoff fait remarquer avec beaucoup de justesse que la série volcanique du Kamtschatka ne commence, pour s'étendre ensuite vers le sud, que dans les parties où cessent les ites Aleutiennes, ou plutôt les îles de Behring qui en soht la continuation (11 , 41 S). Cepen-

dut les volcans <fes lies Aleutiennes sont déjà depuis longtemps cachés au-dessous de la surface avant d'atteindre les côtes de l'Asie. 1

1<> Senti Soposclma. Latitude 52 > 40', long, de Paris. 176* 9' 33" E. C'est le premier volcan de cette chaîne qu'on connaisse à l'ouest. Les vues dessinées par Sauer ( p. 277 ) montrent que la montagne se termine en pointe , mais qu'elle est peu élevée ; elle est située dans la partie sud de l'Ile. D'autres parties brûlantes peuvent être considérées comme des cônes d'éruption,

2° Goreloi , à l'ouest de Tanaga ( qu'il ne 'faut pas confondre avec l'Ile de Goreloi, située à l'est ) : c'est un volcan très haut et très rapide, qui s'élève par une pente uniforme depuis la mer jusqu'à son sommet ( Sauer, p. 221).

3° Tanaga. Volcan situé dans la partie nord-ouest de l'île , c'est peut-être le plus grand et le plus beau volcan de la chaîne. Le pourtour de ce cône très abrupte, est de près de dix milles géographiques , c'est-à-dire presque aussi considérable que celui de l'Etna. Le sommet se divise en plusieurs pointes , dont la plus élevée fume constamment. Une neige perpétuelle séjourne sur cette sommité jusqu'au milieu de sa hauteur qui est souvent recouverte de cendres ( Sauer , p. 221 , avec un fort beau dessin représentant cette montagne ).

4° Kanaga. Ce volcan est entouré par une grande quantité de sources chaudes qui jaillissent près des bords de la mer. Autrefois les habitants de la contrée ! recueillaient dans le cratère de cet immense volcan une quantité assez considérable de soufre ( Lasarew, Relations de Schlozer sur les îles nouvellement découvertes \ entre C Asie et F Amérique. Hamb% 1776 , p. 65. Sauer, p. 226). % ,

5° Amuchta. ( Relat. de Schlozer, p. 167). '

6* Umnaçk. Les volcans de cette île sont dans un

état particulier d'activité ( Chamisso, p. 166). Elle a souvent été confondue avec Uniraak. La meilleure et la plus exacte description du soulèvement de l'île qui s'est formée dans son voisinage , est sans contredit la relation du capitaine Kotzebue {EntdeckungsReise , n, 106). Le 7 (18? ) mai 1796, M. Kriukoff, agent de la Compagnie Russo-Américaine , se trouvait sur la pointe septentrionale d'Umnack : un violent ouragan, venu du N. 0 , avait obscurci la surface de la mer. Le 8, le temps s'éclaircit , et à quelques milles de distance de la terre , il vit une colonne de fumée s'élever du sein de la mer; puis, vers le soir , parut quelque chose de noir, qui servant de base à la colonne de fumée , s'élevait un peu au-dessus de la surface des eaux. Pendant la nuit des gerbes de flammes s'élancèrent de ce point, quelquefois avec tant d'intensité, que Ton pouvait reconnaître les contrées avoisinantes de l'île jusqu'à dix milles de distance. L'île fut alors ébranlée par un violent tremblement de terre, et un bruit effrayant se fit entendre dans la montagne dans la direction du sud. L'île qui s'était soulevée lançait des pierres jusque sur l'île d'Umnack. Au lever du soleil , les secousses cessèrent, le feu diminua, et l'on vit cette île paraître sous la forme d'un bonnet noir pointu. Un mois plus lard , M. Kriukoff la trouva considérablement agrandie ; elle n'avait pas [cessé pendant tout cet intervalle de rejeter de la flamme. Mais dès qu'elle eût encore augmenté en hauteur et en étendue , les flammes cessèrent presque complètement, et on ne vit plus sorlir de ce volcan que des vapeurs et de la fumée. Quatre ans après , on ne voyait même plus de fumée ; et au bout de huit ans (en 1804 ) des chasseurs allèrent en explorer la surface. Ils trouvèrent l'eau encore fort échauffée , et le sol était encore si chaud , qu'en quelques endroits on ne pouvait pas y marcher.

458 rilÉKOMÈWfcS VOLCANIQUES.

Au bout d' uo certain laps de temps , l'Ile avait pris un nouvel accroissement en longueur et en hauteur. Uo Russe , dont les descriptions méritent toute confiance, évalue sa circonférence à deux milles et demi» et sa hauteur à 550 pieds. Jusqu'à une distance de trois milles, toute la surfacç de la mer était recouverte de pierres. Depuis le milieu jusqu'à la pointe, l'île était fort échauffée, et les vapeurs qui se dégagaient de son cratère, lui parurent odoriférantes , probablement à cause de l'odeur de l'huile de Naphte. À quelques centaines de brasses, au nord de cette île, se trouve une colonne de rochers d'une hauteur considérable , observée d'abord par Cook et ensuite par l'amiral Sarytschew.

La hauteur assignée pour ce volcan est probablement trop petite et son étendue pourrait fort bien faire supposer que sa hauteur est de quelques mille pieds, comme cela résulterait delà vue dessinée et publiée par Langsdorff , dans laquelle il indique qu'il a donné à la montagne une hauteur approchant de la moyenne. Lorsque le 18 août 1806, il se trouva en vue de ce volcan , on apercevait du côté du nord-ouest , quatre cônes qui s'élevaient en gradins jusqu'à la montagne centrale qui était la plus élevée , et qui de tous les autres côtés se présentait comme une sorte de colonne s'élevant presque verticalement (Langsdorff 9 Reisç^ ii, 209).

En avril 1806, l'île pouvait s'apercevoir de Unalaschka ; elle est située à la pointe septentrionale de Unalascbka , un peu à l'ouest et à là distance de 45 wersts. On emploie six heures de temps pour en faire le tour dans une barque , et il en faut un peu plus de cinq pour parvenir en ligne droite du rivage à sop sommet. Le côté du nord est encore en combustion , et une lave , une sorte de matière molle, s'étend depuis la crête jusqu'au rivage de

la mer. Du côté du sud , le sol est froid et assez uni. Sur les penchants de la montagne , on voit un grand nombre de cavités et de tissures par lesquelles se dégagent d'abondantes vapeurs, et où se dépose du soufre. A cette époque encore (1806) il était bien évident que l'île croissait en étendue et le pic en hauteur.

Il y a certainement peu de phénomènes géologiques aussi remarquables et d'une application aussi directe et aussi générale que celui que nous venons de décrire.

7° Pic Makuschkin , dan s la partie nord d'Unalaschka $ c'est la montagne la plus élevée de toute l'île ; elle n'a pas cependant beaucoup plus de 5,000 pieds de hauteur, car elle n'atteint pas la hauteur du pic de Unimak.

Celte montagne dégage constamment de la fumée et on va recueillir du soufre dans l'intérieur de son cratère. Elle est tout-à-fait différente des autres montagnes de l'île. Celles-ci se composent en grande partie de granité à grains fins , contenant du mica noir isolé; plus près du volcan , vers la côte, cette roche se change en un porphyre noir , très feldspathique , et enfin dans le voisinage des sources chaudes en un véritable trachy te avec des prismes de hornblende et du feldspath jaune. Tout près du pied du volcan des sources chaudes jaillissent d'un conglomérat porphyrique. On trouverait probablement des laves sur le volcan lui-même, mais il ne paraît pas qu'on ait nulle part observé de pierres-ponces ( Chamisso, in Kotzebue Entdeckungsr, m , 165. )

8° Aîiutan, entre Unalaschka et Unimak {Relat. de Schlozer,?. 167. Sauer, p. 163).

9° Agaiedan sur l'île d'Unimak : ce volcan est la partie moyenne de trois montagnes élevées qui s'aperçoivent de loin : c'est un cône régulier par le sommet duquel s'échappe une grande masse de fumée (Sauer,

p. 164). Kotzebue évalue sa hauteur à 5,167 pieds de Paris. |

En octobre 1826 , il se lit dans l'Ile d'Unimak , dans un vallon situé entre les montagnes, une terrible éruption de cendres qui obscurcit l'air à un tel point que les habitants furent obligés de se renfermer dans leurs yourtes avec de la lumière; sur l'Ile de Tschemo Bouri ces cendres firent périr tous les bestiaux de la Compagnie. L'éruption dura jusqu'à la fin de décembre. Elle se renouvela en janvier 1827 , et en mai , le volcan Chilchaldinsk se fraya un nouveau passage , un peu plus à l'est du grand cratère. Le volcan s'élève en forme de cône régulier à 7,578 pieds de Paris. La hauteur do Makuschkin sur Unalaschka est seulement de 5,148 pieds et celle du volcan d'Akutan de 3,152 pieds (Frédéric Lutké, Voyage autour du Monde, 1855, i,p. 217 et250).

10* Alaska. Les montagnes de granité forment actuellement une crête aiguë et fort élevée qui s'éteud à travers la presqu'île d'Alaska jusqu'à l'origine du Cooksinlet. Elles sont précédées de montagnes de schiste argileux, et les volcans ne se présentent plus à la base , mais au milieu même de ces montagnes. Les deux pics qui terminent Alaska sont d'une hauteur prodigieuse. Le premier au nord-est , qui , par suite d'une éruption en 1786, s'affaissa sur lui-même, parait cependant encore avec son sommet tronqué être le plus haut et s'élever considérablement au-dessus du pic d'Unimak. La neige recouvre non seulement le cône du volcan, mais encore les deux tiers de la base sur laquelle il s'élève (Ghamisso , p. 165).

11° Volcan sur le côlé-nord du Cooksinlet, avec un grand cratère sur le penchant tourné vers le fleuve; il est situé à la partie supérieure des montagnes et est probablement plus haut encore que le volcan d'Alaska (Coofc

Troisième Voyage , u , 208). Malgré son étonnante hauteur , cette chaîne de montagnes est singulièrement étroite , elle n'a pas plus de six milles géographiques de largeur. Le volcan est situé dans la partie où le détroit de Cook vient traverser cette chaîne qui est entièrement brisée par le Sund du prince Williams. Elle se continue pourtant avec d'immenses précipices et des glaciers fort étendus vers la mer , et peu élevés au-dessus de sa surface , et sa hauteur reste constamment entre 6,000 et 9,000 pieds.

Au-dessus de cette chaîne s'élèvent deux pics que les navigateurs ont avec beaucoup de vraisemblance considérés comme des volcans, et tous les deux atteignent une hauteur qu'on n'est guères accoutumé à trouver que dans les Andes. L'un de ces pics est le mont St.-Elias, dont Vancouver a donné une très belle vue ( V oy.t m, 304); lat. 60° 4 7*50"; long. Par. 4 38° 50' 53" O. Sa hauteur d'après Malaspina , est de 46,758 pieds de Paris (Humboldt, Nom*. Méx. , i, 258. n , 487. Krusenstern Hydrogr. , 227 ). \J Annuaire du bureau des Long, de 4847 donne pour cette hauteur 4 6,974 pieds de Paris.

L'autre montagne est le Cerro de Buen Tiempo {Mountfair Weather). Lat. 58° 45' long. Par. 434° 54' 55" O. Sa hauteur est de 4 5, 84 9 pieds de Paris (Humboldt, Mex. n , 487). L' Annuaire de 4847 donne 44,005 pieds. Ces montagnes se terminent au Cross Sund, latit. 57° 45' (La Peyrouse, u, 249).

Le mont Edgecumbe , lat. 57° 5' N. , longit. 457° 58' O.de Paris, a été reconnu comme un volcan par le capitaine Lisiansky qui , en 4796, l'a vu brûler et dégager d'abondantes fumées. Il s'éleva sur sa cime et trouva que sa hauteur était de 2,800 pieds. D'après M. Ernest Hoffraan , qui l'a déterminée en 4825 , cette hauteur serait de 2,855 pieds. Selon cedernier, la montagne serait composée de porphyre basaltique, à cristaux de feldspath,

4M PHENOMENES vôuUNfQirrs.

et leé flattes seraient recouverts de pechstein et de pieited-ponces (Arch* des Mines de Kntsten, 1829, 257).

vin.

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