Adoration des mages. Au-dessous, leur arrivée à cheval
7. [.a présentation au temple et la Circoncision. Vingt et uu personnages.
8. Réception de la Vierge au ciel. Au dessous, la mort de la Vierge et, dans un compartiment, TAssomption. Dix-neuf personnages.
9. David combattant Goliath. Au-dessous, David, pasteur, jouant de la harpe, — et David adorant le Seigneur. La miniature principale représente un camp et un grand nombre de soldats armés.
10. Le jugement dernier, le ciel et Tenfer. On a mis en enfer des papes, des cardinaux et des évêques. Plus de cinquante personnages.
Les neuf dernières miniatures sont encadrées.
11. La Trinité. — la. Saint Michel.— i 3 . Saint Christophe. — i 4 « Saint Sébastien. — i 5 . Saint Antoine. — 16. ^int George. — 17. Sainte Marguerite, en prison. — 18. Sainte Marie-Madeleine. — 29. Tous les saints.
Les têtes de saint Jean, de sainte Marguerite et de sainte Marie-Madeleine, sont charmantes. Le dessin des plus petites figures est d’une délicatesse extrême. Les costumes sont riches et bien exécutés, ainsi que les meubles et les détails d’architecture. Néanmoins Tartiste n’a point évité l’écueil ordinaire des miniaturistes de son époque. Que d’objets bizarres sont enchâssés dans les bordures! N’oublions pas de signaler, dans les tableaux, l’aigle de saint Jean, qui tient l’écritoire, les deux acolytes du grand |)rétre juif, tonsurés comme des moines, et la chaudière du diable.
Les douze premiers feuillets sont consacrés au calendrier. Les premières lignes de chaque mois, les fêtes principales et d’autres indications, ont été écrites en lettres d’or. Les jours néfastes sont marqués par deux sigles qui signifient dics eger; mais les vers explicatifs, que nous avons cités dans d’autres articles, n’existent point dans ce calendrier.
74. Hore. Manuscrit du xv* siècle, pet. io-S, vélin, miniatures, bordures, majuscules, v. ant. sur ais de bois, empr. tr. dor. (Rel. du temps.) ^oo fr.
Ce maDUscrit sur vélin blanc, à grandes marges, et d*une parfaite conservation, contient 17a feuillets, 6 miniatures, a viguettes en camaïeu, ta majuscules et i 3 oo initiales gothiques ornées, en or sur fond de gueules. La plupart des rubriques sont en français; le calendrier est écrit en caractères rouges et noirs.
La reliure du volume est très-curieuse, car elle porte le nom du relieur. Chacun des plats se compose de deux compartiments égaux, séparés par trois anges qui jouent de la trompette et du triangle. Autour des compartiments | on lit en caractères gothiques ; Anthonitu de Gauere ob laudem ChrUU Ubrum hune recte ligapL —Antoine de Gauere est un des plus anciens relieurs dont le nom nous soit connu.
Ces heures sont divisées en six parties : la Passion selon saint Jean; les heures de la Croix, du Saint-Esprit et de la Vierge; les Psaumes et les Litanies ; TOfUce des morts. Chaque partie est précédée d’une jolie miniature, remarquable par le dessin, le coloris et l’entente de la perspective ; la page en regard de la miniature est entourée d’une large et riche bordure.
La première miniature représente le Christ au jardin des Olives : ou aperçoit dans le lointain les soldats qui sortent de Jérusalem pour se saisir de Jésus-Christ. — Large bordure, à fond d’or, animée d’oiseaux, de papillons, de mouches, et chargée de fleurs et de fruits : le tout exactement dessiné et finement colorié.
La bordure de la page en regard, est à fond d’azur pointillé de noir, et ornée de papillons et.de fleurs.
Seconde miniature pour les heures de la Croix. — Jésus crucifié, entouré des saintes femmes : en perspective, les Juifs qui descendent la montagne, et la ville de Jérusalem. Bordure, à fond d’or, semée d’insectes, de fleurs et de fmits.
La bordure de la page en regard est également à fond d’or ; on remarque, parmi les ornements, une grappe de raisin, un oeillet rouge et un faisan.
Troisième miniature pour les heures du Saint-Esprit. — C’est un tableau de la descente du Saint-Esprit. La bordure est à rubans or et azur; l’or chargé de fleurs et de fruits, l’azur chargé d’arabesques.
La bordure correspondante est aussi à rubans. Cette ornementalion est fort élégante.
Quatrième miniature pour les heures de la Vierge. l.a Salutation angélique. — Bordure à fond d’or, omoe.
La bordure de la page suivante est du môme genre; seulemeiiti au haut de U page, la majuscule est remplacée par une petite vignette en camayeu, représentant Dieu qui apparaît à Moïse dans le buisson ardent.
Cinquième miniature, pour les Psaumes et Litanief. David priant à genoux : vue d’un château fort du moyen âge. Bordure à fond d’or, ornée.
La bordure de la page eu regard est à fond rose* semé de papillons, de âeurs et de fruits.
Sixième miniature, pour TofSce des morts. ~ Les trois Vifs et les trois Morts. Cette miniature est sans bordure, et diffère e^entiellement des tableaux qu’on trouve souvent dans les heures anciennes. — Au milieu du paysage s'élève une colonne élégante, servant de piédestal à une croix tréflée. Trois cavaliers, richement liabillés et coiffés d’uue toque surmontée de plumes roses ou blanches, rencontrent les trois Morts, dont ils ne sont séparés que par la croix. Deux d’entre elles portent une bière. La première indique du doigt ta terre où doit être enseveli le cavalier à la plume rose ; la seconde semble offrir sa bière au cavalier à bi plume blanche : ces deux cavaliers chancellent sur leurs chevaux qui se cabrent. La troisième Mort, fièrement campée, se moque du deniier cavalier, qui poursuit sa route lentement et sans détourner U tète.
La page en regard est ornée d’iuie jolie grisaille, représentant la résurrection de Lazare. La bordure, à fond noir mat, est chargée de 'pensées, de myosotis, ot de dairx têtes de morts tenant un os entre les dents.
7S. Hori: CAiroNiCE. Breviariuio.—Aubrice. — Fesla Sanctorum, etc. Manuscrit du xv* siècle, sur vél. pet. in *8 de 889 feuillets à a col. niiniat. bord, iuit. rubriques. 100 fr.
MaDQScrit italien du commencement du ûècle, $ur vélin fin, d’une très-jolie écriture, orné de 89 majuscules, or et cou* leur, formées de feuillages qui se prolongent sur la marge, et d’une immense quantité d’élégantes înitûdM coloriées. Les
rubriques sont nombreuses, et on a remplace la plupart des réclames par des banderoles également coloriées.
Ce manuscrit se compose de plusieurs parties dont quelquesunes sont incomplètes. — Le premier feuillet des Retires canoniques a été arraché.
IjC Breviarium secundum consuetudinem romane Eeclesie est complet en 170 feuillets. La première page est encadrée d’un large filet en or, de fleurs et d’arabesqiies. L/initiale contient une petite figure de saint.
Incipiunt rubrice noue secundùm curiam romanam totius anni. Cette partie est entièrement écrite en lettres rouges , et elle est incomplète du dernier feuillet» On y trouve cité le pape Urbain VI en 1889.
Incipiunt festa Sanctorum pertotum anni circulum. Cette partie est complète. L’initiale, ornée d’une tête de saint, est accompagnée d’appendices qui encadrent la marge du fond et la marge supérieure.
La dernière partie, qui paraît être un recueil de leçons, d’hymnes, et d’oraisons pour la commémoration des papes et des saints confesseurs, est incomplète du premier feuillet et de plusieurs feuillets à la fin.
76 . Hore et preces pfe (en lalin et en italien). Manuscrit du XV® siècle, vélin, in-^a de 294 feuillers, miniat. bordures, init. rubr. 60 fr.
Manuscrit exécuté en Italie par un religieux de l’ordre des Iliéronyinites, en l’année 1452; 011 lit sur le verso du f* 2o3 ; Complétam fuit hoc opus per tlominum fratrem Jacobum de Alexandrin ordinis Sancti Jeronimi dievi mensis Januarii i 452 . Les heures sont précédées d’un calendrier à l’usage de Rome; il est incomplet du premier feuillet et commence au i 5 janvier.
Ce manuscrit est orné de douze miniatures peintes dans des majuscules; de dix-huit autres majuscules coloriées à fond d’or, avec des appendices eu arabesques; de nombreuses initiales coloriées, fort élégantes; et d’une foule d’initiales plus petites, également coloriées. Les pages sur lesquelles on trouve les miniatures sont encadrées d’une large bordure, or et couleur. Dans la première page du texte, on voit des armoiries qu’on peut blasonner ainsi : Bandé d*or et de sable, au chef de sable chargé d'un cerf issant d'or.
Le volume contient les heures de la Vierge : Incipit officium hcate Marie Virginis^ secundum consneiudinem romane Ecclesie ,• rOfQcedes morts; les sept Psaumes de la pénitence et les Litanies ; TOffice du Saint-Esprit; TOffice de la croix ; Psalrni graduuni. Au P 20/4, on lit une oraison à laquelle le pape Jean XXll avait attaché deux mille ans d'indulgence. Cette oraison est suivie d’une dévote salutation à saint Jérôme.
Les 84 derniers feuillets, écrits par un autre scribe en jolis caractères minuscules, renferment des heures canoniales, des prières à la Vierge, des litanies, les commandements de Dieu, etc.
Les passages les plus curieux de ce manuscrit sont en italien. Ainsi, on lit, f® 256 : Le septe ope de la misericordia spirituale; du f® 260 au f®a76, une méditation de saint Bernard et l’Échelle d’humilité : Questa èuna meditatione di Sancto Bernardo, — La scala de la humilità; enfin, au P 292 : Queste sono alcune devocione ad impetrare ogni gratta che justa a Dio se domanda^ per la domenega de Ofivo,
77 . Horloge de la Passion. Manuscrit du xv® siècle, sur vélin, pet. in-ia de 4 feuillets, cartonné. 80 fr.
Cette jolie plaquette, ornée d’initiales coloriées et de imbriques, est en vers français. Voici le litre complet : ■ Cesle horloge est de la passion De Jhesucrist; qui la veult méditer Vingt et quatre heures, fault en particion De quatre quars chascune heure compter; A chascun quart ung mislère adiouster. Des griefues paynes que souffrit Jhesucrist, Depuis huyt heures que laigneau voulut gousler, Jusques à lheure que au sepulchre on le mist. » On peut déjà s’apercevoir que ce titre est écrit en vers. A chacune des vingt-quatre heures de la journée est affecté un quatrain rappelant quatre mystères distincts.
L’horloge commence à huit heures du soir :
Qnaut Jhesucrist eut de laigueau goutté.
Les piedz lana aulx apostres et baisa.
Puys a de pain son saint corps consacré ;
Soubz celle espece à iceulx se donna.
Les quatrains sont suivis du Stabat maternel on a ajouté, d’une écriture un peu plus récente, deux courtes oraisons en latin. Enfin ou lit sur le dernier feuillet celle note du xvi® siècle : « Item lau mil v'* xix fut receupte au couuent de Saincte Claire
da Pont à Mousson^ nostre tresreuerende mere seur Phelippe de Ghcldres, jadis Royne de Cecilleet de Ihenisalem, duchesse de Bar, de Lorraynne et de Calabre, et très passa audit couuent, lan mil v* xlvij le xivj* îour de feburier. Pries Dieu pour sa belle ame. »
Oq sait que Philippe de Gueldres, mariée en 1485 à René II, duc de Lorraine, et veuve le 10 décembre i 5 o 8 , se retira au couvent de Sainte«Claire, où elle fit profession le 8 décembre iSao, et mourut à Tàge de 85 ans.
Cette note prouve que Vhorloge de la passion appartint ü Tune des religieuses de Pont-à-Mousson, et très-probablement à Philippe de Gueldres. En effet, pourquoi nurait-on inscrit une notice nécrologique, composée et écrite avec tant de soin, sur un livre de dévotion qui aurait été étranger à la duchesse de Lorraine?
78 . Hystoirb de Taotb t4 grant. Manuscrit du xv* siècle, sur vélin, in-fol. de 117 reiiillets à a col. mar. vert^ compart. à fr. ais en bois, tr. dor. i^Thompson.) i 5 oofr.
Beau manuscrit en caractères cursifs, du commencement du XV* siècle; il n*a pour ornements que des rubriques et des initiales coloriées. Les espaces réservés aux miniatures sont restés vacants. *
Ce précieux manuscrit contient : 1* L’histoire de Ninus et des autres rois assyriens; a® la destruction de Thèbes, où Ton trouve rhistoire d’Œdipe; 3 ® Thistoire d’Hercules et de Théseus; 4° l’histoice de Troye. Cy commence la grant et la vrojre histoire de Troyc la granty en laquelle sont contenues les epistres et lectres que les dames enuoiaient aux seigneurs et les seigneurs aux dames, laquelle histoire contient vignt (sic) et deux batailles, laquelle his^ toire enuojra le Roy despaigne au Roy de Jrance Charles le quint, et est la dicte histoire toutecomplecte sans rien abergier. Celte histoire débute par la conquête de la Toison d’or et se compose des récits de la première destniction de Troye par Hercule, et de la seconde destruction, comme client Dictis et Daires dont ce fa moult granî doleur.
Histoire de Troye est plus ancienne que l’histoire de Raoul Lefèvre, qui porte le même titre, et que la Fleur des histoires de Jean Mansel. Notre manuscrit reproduit Vhistoire ancienne de
AIANUSCRITS.
Thèbes et de Troye, compilée par un auteur du xiii* siècle, à Taide des romans en rers et des béroïdes d’Ovide; seulement on s’aperçoit que le style a été légèrement rajeuni.
C’est un roman qui doit être classé parmi les romans de che> valerie. Les Troyens et les Grecs sont transformés en paladins : on retrouve dans la Troade les moeurs et les usages du moyen âge. Ainsi le cheval d’Hector, nommé Galathée^ avait été donné à ce héros par la fée Morgane. On ne parle que de heaumes, de hauberts, de beaux coups de lance et de grands coups d’épée. Les damoiselles troyennes se mettent aux fenêtres pour admirer les merveilleux faits de chevalerie que les Grecs et les Troyens exécutent au pied des murailles, pour l’amour de leurs mies. Voici le récit d’une rencontre entre Troïlus et Diomèdes :
« Troïlus et Diomedes assemblèrent auec toutes leurs gens : là veissiez chevaliers abatre et detrenchier. Les deux princes vindrent lun contre l’autre et senlrerenconlrèrcnt si durement que Tun et l’autre cheirent des arçons ; mais Diomedes remonta premièrement et feri Troïlus tout à chenal et lui donna tel coup que tout le heaume lui escartela et Troïlus qui fut àpié feri si le chenal Diomedes quil le fendi jusques au poistral. Or furent les princes tous deux à pié en la bataille et sentredonnèrent grans coups et pesans sur les heaumes... »
Mais ce volume ne contient qu’une partie de l’œuvre du romancier du xui« siècle. Cet immense ouvrage avait pour titre : les Livres des hystoires du commencement du monde, et il embrassait rhistpire sainte, ainsi que l’histoire ancienne, jusqu’à la naissance de Jésus-Christ. Au surplus, nous ne connaissons point de manuscrits, même à la Bibliothèque impériale, qui renferment ces histoires complètes.
Notre manuscrit s’arrête au meurtre d’Emphimacus, après la prise de Troye ; £t là fut Emphimacus detrenchiez touz par pièces, qui estoit Jilz au roy Priant, dont ce fut grant dolour et grant dom^ maige. Et les grieux prindrent... Le copiste, découragé, nous laisse au milieu d’une phrase qui se continuait ainsi : ... co/zseil entre eulx de traire par force ceulx qui estaient fouis dedens les temples. 11 lui aurait suffi d’écrire encore deux ou trois feuillets pour achever le récit de la destruction de Troye.
C’est Henri de Transtamare qui envoya à Charles V le roànus* crlt sur lequel celui-ci a été cupié. Ce roman français avait été, sans doute, apporté en Espagne lorsque Blanche de Bourbon épousa Pierre le Cruel \ et il fut inscrit, après x373, dans le cala-
logue de la Bibliothèque du Louvre : « Une hystoire do Troye en prose, en François, très-bien historiée et enluminée, à histoire de Boulongnc. »