I. Honoré-Anne-Charles-Maiirice, qui suit
a. Honoré-Jérôme-Joseph, dit le prince Joseph, né en 1763, mort le 28 juin 1816; il ne laissa que deux filles de son union avec Marie de Choiseul-Stainville, morte victime de la révolution , à Tâge de 26 ans, le 8 thermidor an ii (26 août 1794)*
III. Honoré IV (Anne-Charles-Maurice)^ duc de Valentinois, né le 17 mai 1758, prince de Monaco par suite du traité de paix de Paris du 3 o mai 1814, qui lui rendit cette principauté, réunie à la France en 1793; il mourut le 16 février 1819. 11 avait épousé N... d’Aumont, fille de Louis-Marie-Guy d’Aumont, duc de Mazarin, et de Louise-Jeanne /le Durfort de Duras; il eut pour enfants :
1. Honoré V* du nom, né en mai 1778, officier dans les armées de la République, en 1799 ou 1800, prince de Monaco le 16 fé* vrier 1819, mort le 2 octobre 1841;
2. Florestan l®'’du nom, né le 10 octobre 1785, succéda à son frère dans la principauté de Monaco.
Cette famille est actuellement représentée par les descendants du prince Florestan 1 " et du prince Joseph.
La première pièce que nous analyserons concerne Charles-Maurice, comte de Valentinois; les deux registres renferment de curieux srenseignements sur Marie-Christine-Chrétienne de Saint- Simon , femme du comte de Valentinois ; la quatrième pièce est relative à Honoré III, prince de Monaco, et à ses deux fils, le duc de Valentinois et le prince Joseph ; le cinquième article, composé de quatre pièces, concerne le duc et la duchesse de Valentinois, fils et bru du prince Honoré III ; le sixième article contient le récit des malheurs éprouvés, pendant la révolution française, par le prince Hohoré III et ses deux fils; le septième article consiste en une lettre autographe et signée du citoyen Honoré Grimaldi, volontaire dans les armées de la République, en 1799*
I..a réunion de ces pièces forme un ensemble essentiel à consulter pour rhistoire de la principauté et des princes de Monaco, depuis le traité de Péronne conclu en 1641, et surtout depuis l’extinction de la première famille des Grimaldi-Monaco, Jusqu’en l’année
116. Monaco. Registre conieoant le détail des bienset des dettes de la comtesse de Valentinois (de 1764 à 1771 ). Manuscrit in-fol. de 272 pages, mar. r. fil. tr. dor. doublé de idihh. \j4rmes du comte et de la comtesse de Valentinois.')
Manuscrit d*nne bonne écriture, réglé et parfaitement conservé. Marie-Christiiie-Chrétienne de Saint-Simon, née le 7 mai I7a8, fille unique de Jacques*Louis duc de Saint-Simon, épousa, le 10 décembre 1749» Charles-Maurice Grimaldi, comte de Valentinois, fils puîné de Jacques-Fr?nçois-Léonor, prince de Monaco. Par arrêt du 7 janvier 1766, elle fut séparée de biens avec son mari.
Le Registre des biens et dettes nous apprend que la comtesse de Valentinois avait vendu, par acte du ai juin 1764, la terre de la Ferté-Vidame, i, 55 o,ooo livres; elle employa cette somme à Tacquisition du marquisat de Maillebois et de renies perpétuelles sur les Ëtats de Bretagne et sur les aides et gabelles. Elle possédait, en outre, le comté de Basse, affermé 6,aoo livres; une maison à Passy, louée 4,000 livres; une maison à Paris, dans le faubourg Saint-Germain; les lods et ventes de la Rochelle; un capital de 1,400,000 livres en rentes perpétuelles ou en numéraire, et 3a,ooo livres en rentes viagères. Enfin elle recevait 4,000 livres d’appoin*tements comme dame d’atours de madame la comtesse de Provence. Les dettes, d’après le même Registre^ ne ^élevaient, en 1771, qu’à 10,000 livres de rentes et 5 o,ooo livres par billets.
11 résulte de ces comptes que la comtesse de Valentinois, seule et sans enfants, jouissait d’une grande fortune, fort peu obérée, qui s’était accrue, après la mort de son oncle, le duc de Ruffec, du comté de Basse, avec le titre de grande d’Espagne. Trois ans plus tard, tous ces biens passèrent dans la maison des ducs de Fita-dames, ainsi qu’on peut le voir dans l’article suivant.
H7i Moitaco. Tableàu historique et chronologique des opérations de la succession de dame Marié- Christine-Chrétienne de Saint-Simon de Ruffec, comtesse de Yalentinois, grande d’Espagne de la première classe,grand’croix de l’ordre de Malte, dame d’honneur de Madame; 1776 . Manuscrit gr. in-fol. de 93 feuillets, mar. r. fil. tr. dor. doublé de ta bis. {^Àrmes du maréchal et de la maréchale de Fit Z- J âmes.')
Manuscrit d'une très-jolie écriture, réglé et parfHitement conservé; il est composé de quatre-vingt-treize feuillets, dont trentesept ont été employés; les cinquante-six derniers sont restés blancs;
La comtesse de Valentinois mourut le 4 juillet i 774 > dans Son hôtel, rue de Bourbon, faubourg Saint-Germain. Le même jour eut lieu l’ouverture de son testament olographe du i 3 novembre 1768; toutes les formalités requises en pareil cas furent exécutées : dépôt, contrôle, lecture, publication, enregistrement; itlsinuation et procès-verbal d’oüverture. Siiitla teneur du testament.
Après avoir légué à madame la comtesse de Provence une tabatière enrichie de diamants et ornée du portrait du fbi; à M. dë Stainville (Choiseul) sa maisoti de Passy, qlii valait quatre-vingt mille livres, garnie de glaces et de meubles; à Mw de Thiard un diamant de cent mille livres; aux dames de Gaumont et de Cambyse un diamant de vingt mille livres, etc., etc., la comtesse de Yalentinois institue sa légataire universelle la duchesse de Fitz- James, avec substitution en faveur de son fils aîné et dé ses descendants. On apposa de suite les scellés, et, le t 5 , on procéda à Tinventaire.
C’est alors que se présentèrent tous les parents de la défunte; réclamant une part de la succession. Le duc de Gramont, en qualité de cousin germain, se disait seul habile à succéder aux meubles et propres maternels ; le duc de Lorge, odcle à la mode de Bretagne, réclamait les propres de la ligne des Durfort de Lorge; le comte de l’Aubespine, les propres paternels, hotaihment les pTOpreé venant de Charlotte de l’Aubespine, bisaïeule dè la cdmtesse de Yalentinois; le marquis de Saint-Simon se pbrtait seul héritier des propres paternels de la ligne de Saint-Simon. Assistèrent également à l’inventaire le duc de Fitz-James,légataire uni- ^versd par substitution, et Chai'les-Maurice de Grimaldi de Mo-*
naco, comte de Valentinois^ grand d’Espagne,* stipulant comme mari. Ces diverses prétentions donnèrent lieu à autant de procès soutenus par le maréchal de Fitz-James. Tous les réclamants furent déboutés, à l’exception du cluc de Lorge, qui obtint deux mille livres de rente.
Mais une contestation plus sérieuse fut soulevée par le marquis de Saint-Simon. 11 devait succéder à la grandesse d’Espagne, que possédait la comtesse de Valentinois; cette grandesse était assise sur le comté de Rasse, qui avait été vendu au roi^ -et que, par conséquent, le marquis ne pouvait racheter. Or, pour ce fait, il demandait une indemnité; cette cause fut plaidée au Châtelet pendant cinq audiences, et, par arrêt du 3 i mai 1776, le marquis de Saint-Simon perdit son procès : il eut la grandesse sans indemnité.
La comtesse de Valentinois avait vendu au roi, par acte du a6 août 1773, le comté de Rasse, trente mille livres de rente viagère, avec entrée en jouissance du 1*^ juillet. Ainsi ce comté ne coûta au roi que trente mille trois ceut trente-trois livres.
Voici le tableau sommaire du passif et de l’actif de la succession:
Les legs en argent s’élevèrent à 345 ,i 6 /| livres; les gratifications à divers, 82,740 livres; les frais funéraires, 6 ,o 38 livres; frais de scellés, d’inventaire, etc., 26,576 livres; centième denier de la terre de Maillebois, ii,ao 3 livres; dettes, 168,808 livres; rentes viagères à servir, livres* Le passif de la succession
fut arrêté à 697,105 livres.
La vaisselle d’argent produisit 4^9626 livres ; les meubles, 229,225 livres; les rentes viagères, qui s’éteignirent par suite du décès, s’élevaient à 81,888 livres de rente : on reçut, pour arrérages, 53,352 livres; arrérages de rentes perpétuelles, 13,667 livres; il était dû à la comtesse de Valentinois, pour ses places à la cour, 29,679 livres; revenu arriéré du marquisat de Maillebois, 21,664 livres; arrérages d’une rente viagère de 3 ,ooo livres, due par le prince de Monaco, 1,624 livres ; reprises et créances sur le comte de Valentinois, 237,618 livres; créance sur la succession du notaire Delaleû, 26,802. Total de l’actif, 646,872 li* vres. — Déficit, livres.
Oo voit que celte grande fortune avait subi une notable diminution, à la mort de la comtesse de Valentinois, par suite des legs particuliers que renfermait son testament, et des rentes viagères qui s’éteignirent avec elle. Cependant la duchesse de Fitz-James trouva encore dans cet héritage, enlevé à la maison de Monaco,
un marquisat, un hôtel à Paris, trente mille livres de rentes perpétuelles et vingt mille livres en numéraire.
H8. Moktaco. Mémoire pour mellre en état M. le comte de Valenlinois de décider quelle qualité il lui convient prendre dans la succession de feu M. le duc de Valenlinois, son père, 1751; manuscrit in-fol. de i 8 feuillets.
Jacques-FrançoiS'Léonor Goyon de Matignon, substitué aux noms et armes de Grimaldi par suite de son mariage avec Théritière de Monaco, avait abandonné cette principauté, en 1733, à son fils aîné, Honore 111 ; il reprit le titre de duc de Yalentinois et mourut le a 3 avril 1751.
En mariant son fils puîné, Charles-Maurice, comte de Valentinois, avec Marie-Cliristine-Chrétienne de Saint-Simon, le 10 décembre 1749, il lui assura 55 ,ooo livres de rente; mais, paf son testament, il institua ses deux fils légataires universels, pour partager ses biens mobiliers par égale portion, et ses immeubles selon les coutumes des pays où ils étaient situés.
Il s’agissait donc de savoir s’il était plus avantageux poiù* le comte de Valenlinois d’accepter le legs universel, que d’y renoncer et de s’en tenir à son contrat de mariage. Ce mémoire a été habilement rédigé pour éclaircir la question. Tous calculs faits, l’auteur conclut à la renonciation au legs universel et au maintien des engagements insérés dans le contrat de mariage.
Cette pièce fait connaître exactement l’état de la fortune du duc de Valenlinois à l’époque de son décès. I.a valeur des biens qu’il délaissa s’élevait à la somme de 4,93o,ooo livres, non compris la principauté de Monaco, le duché de Valenlinois, le marquisat des Baux, le comté deCarlade?; et l’hôtel de Matignon, sis,à Paris, rue de Babylone, qui composaient l’apanage du fils aîné. Le duc de Valenlinois possédait en Normandie le duché d’Estouleville, le comté de Thorigny, les baronnies de Uambie, Moyon et Saint-LÔ, les forges à fer de Danvoult, et, en Bretagne, la châtellenie de Matignon. Ses meubles avaient été estimés 3 i 3,476 H* vres, et son argenterie 75,409 livres. Par suite de la renonciation à l’héritage par le comte de Valenlinois, son frère Honoré 111 , prince de Monaco, entrait en possession de cette immense fortune, à la charge néanmoins de payer au comte 55 ,000 livres de rente; mais, comme celui-ci mourut sans enlants, le tout reviut plus tard à la branche aînée.
MAWïSCRim
H9. Moitaco. Projet d’uti pacte de famille, pour la substitution de la principauté de Monaco, du duché de Valentinois, du marquisat des Baux et du comté de Carladez, en faveur des descendants mâles en ligne directe ou collatérale, à l’exclusion des filles, proposé par Honoré III, prince dé Monaco, à ses deux fils, le duc de Valentinois et le prince Joseph^ vers 1784} manuscrit gr. in-fol. de ta feuillets.
Ce projet est précédé d*un long préambule ayant pour but de démontrer aux deux frères les avantages d’une nouvelle substitution; nous en extrayons cette phrase remarquable, qui ne manque pas peut-être d*actualité : « Les revenus de la principauté de Monaco ne sont pas suflisants pour fournir seuls de quoi soutenir ta dignité de celte éminente possession; si les auti‘es terres, qui lui sont supérieures eii revenu, cessaient d’y être réunies, ce qui arriverait n’y ayant point de substitution, il est possible qifelle devînt ufa jour à charge au prince dont elle serait l’unique bien. »
Le préambule est suivi de trois tableaux. Le premier énumère , dans les plus grands détails, les biens possédés par le prince de Monaco, avec l’indication des rèvenus et de leiir valeur en capital. 11 en résulte que la fortune de la famille, sans y comprendre la principauté de Monaco, s’élevait à 387,914 livres de rente, et à i2,588,a8o liVres en capital, tarmi ces immeubles nous signalerons un grand hôtel sis à Paris, rue de Varedhe, légué au prince de Monaco par la maréchale d’isengtiien, évalué 600,000 livres, et un hôtel de 100,000 livres à Versailles.
Le second tableau offre la division de ces biens entre les deux frères avant toute substitution; et le troisième donne le partage deà mêmes biens, tel qu’il est proposé, avec substitution, par le prince de Monaco. D’après ce projet, le duc de Valentinois obtenait un revenu de ^27,290 livres, et le prince Joseph, un revenu de 189,459 livres ; bien entendu que ce partage ne devait se réaliser qu’aprês la mort de leur père. Mais les événements politiques en décidèrent autrement, et ce pacte de famille fut violemment brisé.
120 . Mowaco. Situation des affaires du ducde Valentinois, Honoré-Anne-Charies-IVlaurice, et de la duchesse de Valentinois, en 1789. 4 pièces manuscrites gr. iu-fol. formant ensemble 12 feuill.
Le duc de VaieodDois u’avait d’autre bieA qu une peAsîon de 15*000 livres qu’il recevait de sou père^ le prince de Monaco; il rêvait sans doute à rekécution éventuelle du pacte de famille, dont nous avons parlé dans l’article précédent, et, en attendant, il s’endettait. En 1781, une grande succession échut à la duchesse; malheureusement, cette succession était fort obérée et ne servit qu’à augmenter les embarras de la maison. En effet, la duchesse de Valentinois, hile du duo d’Aumont et de la duchesse de Mazarin, recueillit, dans l’héritage de sa mère> le duché de Mazariii dont Méaières était la capitale, le duché de Mayenne, des terres en Alsace et le domaine de Chilly, qui donnaient un revenu annuel de 221,648 livres. Mais la duchesse de Mazarin était trop grande dame pour payer ses dettes ; sa succession se trouva grevée de 2,43i,ooo livres, et les créanciers réclamaient en sus 3 millions : total 5 , 43 1,000 livres. On procéda, on traiK sigea, on emprunta pour arrêter les poursuites, et l’on parvint à ce résultat : en abandonnant aux créanciers les deux cinquièmes du duché de Mazarin, les deux neuvièmes de la terre de Chilly, les bois des duchés de Mazarin et de Mayenne, le tout estimé plus de deux millions, le duc de Valentinois resta débiteur de un million aux créanciers de madame de Mazarin, et s’endetta lui-méme de 1,798,836 livres. Au janvier 1789, d’après le compte rendu par le sieur Bataille, chargé des affaires du duc, celui-ci ne devait plus que i, 338 , 4 o 5 livres^
La duchesse de Valentinois, alarmée d’une telle situation qui lui semblait périlleuse, fit établir un tableau de l’état de ses affaires par le sieur Correugeot. Dans ce tableau, elle ajoute aux i, 338 , 4 o 5 livres de dettes avouées par le sieur Bataille ^ le tnilUon dù aux créanciers Mazarin et les 3 oo,ooo livres dues au doc d’AumOnt, total ; 2, 638 , 4 o 5 livres; et elle demande avec quelles ressources le duc de Valentinois pourra payer cette somme énorme, puisqu’il ne possède que sa pension de 26,000 li* vres. Elle le taxe, en outre, de dissipation, et conclut à une séparation de biens. Elle suivait, en cette circonstance, l’exemple de sa mère, Louise-Jeanne de Durfort de Duras, duchesse de Mazarin, qui avait obtenu, par arrêt ,du 17 juillet 1760, une
i88 MANUSCRITS.
séparation de biens avec son mari, I.ouis-Marie-(>iiy d’Auinoiit.
Au mois de mai 1789, le duc de Yalentinois déclara que Fétat dressé par les ordres de la duchesse était inexact, et il fit rédiger un tableau contradictoire dans lequel ses dettes ne s’élevaient qù’à i,iao,ooo livres, en y comprenant les 3 oo,ooo livres dues au duc d’Aumqnt ; il constata avec tant de soin l’emploi des sommes empruntées, que les dépenses balançaient parfaitement les recettes. Nous voyons figurer parmi les dépenses 5 oo,ooo livres pour l’acquisition, les peintures et rameiiblement de son hôtel, rue Saint-Lazare, et 86,ai6 livres pour la toilette, les bracelets, les diamants et l’argenterie de la duchesse de Mazarin, dont il devint adjudicataire. 11 détaille ensuite les revenus qu’il percevait chaque année, montant à 2i4^858 livres, ainsique les dépenses annuelles ordinaires^ qui donnent pour résultat un déficit de 24 ,o 58 livres. Nous avons remarqué les articles suivants : 1 a pension de madame la duchesse, 24,000 livres ; les deux loges de madame aux spectacles, 4,000 livres; loyer des chevaux de madame, 7,200 livres; voitures, 10,000 livres; office et cuisine, 20,000 livres; bougies, i, 5 oo livres.
Dans le déficit des 24,000 livres n’étaient pas compris les frais des voyages de madame la duchesse : voyage et eaux du mont d’Or en 1782; voyage et eaux de Baréges en 1788; voyage à Genève, en Suisse, en Allemagne et en Alsace, pendant tout l’été de l’année 1785; voyage et eaux de Cauterets en 1787. Le duc de Yalentinois se résume en disant que, si la duchesse voulait ne dépenser pour sa pension et pour sa maison que 60,000 livres par an, les dettes seraient acquittées en peu de temps. Les deux époux s’accusaient mutuellement de prodigalité; nous croyons qu’ils avaient raison tous les deux.
Mais ces embarras allaient bientôt disparaître, pour faire place à de plus tristes préoccupations. La suppression des droits féodaux, décrétée le i 5 mars 1790, commença k battre en brèche cette fortune princière; le décret du 27 juillet 1792, ordonnant la confiscation des biens des émigrés, reçut son exécution pour les domaines que les Grimaldi possédaient «en France; enfin l’annexion de la principauté de Monaco à la République française les réduisit à une excessive pauvreté. Débiteurs et créanciers fureut également ruinés.
iSi. Monaco. Tableau fidèle et vrai des Vexations et persécutions que le prince de Monaco, Honoré III et ses deux fils, connus ci-devant sous les titres de duc de Valentinois et de prince Joseph, ont éprouvées en France, depuis le commencement de la révolution. Vers 1800 ; manuscrit in-fol. de 4 feuillets.
Ce manuscrit important parait être un autographe du duc de Valentinois. L’auteur analyse des titres et des pièces qui prouvent que le prince de Monaco était allié à la France ; qu’il n’avait jamais cessé de lui donner des preuves de fidélité ; que, sans aucun motif, les troupes françaises, qui devaient le protéger, entrèrent à Monaco, provoquèrent une insurrection et la réunion de ce pays à la République ^ que c’est également à tort et au mépris du droit des gens, qu’on a appliqué au prince de Monaco et à ses deux fils les lois révolutionnaires de la France.
On lit, dans ce Mémoire, l’histoire de la principauté de Monaco, depuis le traité d’alliance conclu avec Louis XIII, à Péronne, le*i/| septembre 1641. C*est tfprès ce traité que les Espa-* gnols s’emparèrent de tous les biens que le prince de Monaco possédait dans le royaume de Naples et dans le duché de Milan ^ Louis Xlll lui donna, en compensation, le duché de Valentinois, le marquisat de Baux, je comté de Carladez et la terre de Saint- Remy. Les princes de Monaco jouirent de ces domaines sans aucun trouble jusqu’au mois de mars 1790. La suppression des droits féodaux leur enleva la partie la plus considérable de leurs revenus. Le ai septembre 1791, l’Assemblée nationale, statuant sur les réclamations du prince de Monaco, déclara qu’il y avait lieu à l’indemniser; mais ce décret resta sans exécution. £n 179a, par ordre du général Brunet, commandant à Nice, des troupes se mirent en possession de la ville et du fort de Menton ; l’arbre de la liberté futplanté à Monaco, et la Convention nationale décréta, le 14 février 1793, la réunion à la France de la principauté de Monaco, et son incorporation au département des Alpes-Maritimes.
Le prince de Monaco résidait à Parb depuis 1790 ; cependant 011 l’avait porté sur la liste des émigrés dans les départements de la Manche et de la Seine-Inférieure, où il possédait des biens. Il obtint d’étre rayé provisoirement, mais il n’était pas encore rayé définitivement en 1799.
m MANUSCRITS.
Dans le courant de Tannée le prince de Monaco fut ar^ rêtécomme suspect et incarcéré; malgré son grand âge et ses infirnutés^ il fur détenu pendant treize mois et plongé dans la plus affreuse misère. Mis en liberté le 5 octobre 1794, il mourut le fa nsai f795, dans son hôtel, rue de Varenoes, par suite des soufifancea qWU avait éprouvées pendant sa captivité, et de la doideujr qu'il ressentit en apprenant la mort do Marie de Choiseul-Stainville, femme de son ûls puîné, le prince Joseph, âgée de vingt-six ans, et condamnée par le tribunal révolutionnaire, le 8 thermidor an U (s6 ao 4 t i 794 )«
$e6 deux fils partagèrent ses malheurs. L’aîné, Honoré-Anne* CharleS'Maurice, duc die Yalentinois, habitait Paris depuis 1790, lorsqu’il ftU anété comme suspect et détenu pendant plus de quinze mois dans une maison d’arr^. il fut également porté sur la liste des émigrés des départements des Ardennes et de Seineet-Xhsie, où il po^édait des biens du chef de sa femme. « Rayé provisoirement, il a vaioement sollicité depuis trois ans sa radiation définitive : En luauquedu plus strict nécessaire; car
le séquestre existe toujours sur les biens de son père. Cependant il a un fils ôgé de vingt-et-un ans, qui sert avec zèle dans les aru mées de la Répiddique, et qoi a mérité, par sa bonne conduite, d'étre nommé officier et aide de camp. »
Honoré-Jérôme-dosefdi, fils puîné, était à Paris en 179a et 179^; mit le séquestre sur les biens qu’il possédait, du chef de sa femme, dans le départem^t de la Meuse. Quefque temps après, ayant été informé qu’il aUajt être arrêté comme suspect, il se endbn; mai^ sa inaibeureuse épouse fut arrachée k ses enfants en bas 4 ge^ et conduite dans une maison d’arrêt d’où elle ne sortit que pour porter la tête sous la hache révolotioniMHre. L’effvoi que cet atroce évéDomenl inspira au prince Joseph Tobligea A sertir de France.
L’aoteiur conchst en exprimant Tespoiv que « le gouvernement actuel, $age et éclairé, fondé sur Ws vrais principes die loyauté, d’éqidté et de justice^ s’empressem de mettre un terme à tant de malheurs, en rayent définkivement des listes d’émigrés les noms de Girimaldtdllfonaco, qui n’aurment jamais dû y étve inscrits. »
Cette phrase pronvie que ce Monoure fat rédigé sous le consulat, vee^ la fia de Tannée 1*799, ou dans les premiers mois de l’année i8oo»
MANUSCRITS. iO|
122 . Moicaco. Lettre autographe, signée Honoré Grimaldi (volontaire dans rarmée républicaine), datée de Bruxelles, le ao ventôse-an VII (ip mars ^799)- ^ feuillets, petit pap. in-S.
Ou lit le fidèle des inalhew^ de la fapUla Gn-
inaldi*Monaco ; « pt cepeod^att W dac de Yaleatinais a un fila de vin^t et un ans, qui sert avec zèle, comme volontaire, dans les armees de la République, et qui a mérité, par sa boupe çon* duite, d être nom^mé officier, puis aide de camp. »
La lettre dont nous nous occupons a été écrite par ce fils du duo de Yalentiiiois, If citoyen Honoré Orimald», né en mai 1778, successeur de sou pAue, en qualité de prince de Monaco, le 16 février iBig, spps le nw d’Honoré V, çt mort en 1841.
Ce jeune prince, qui servait dans la. cavalerie, écrit au citoyen Dupetit, rue des Pères, vis-à-vis la grande rue Taranne, à Paris, pour le prier d’eugager ses parents à lui faire un sort quelcone/ue^ c*çat-à-dwe à lui assurer une pension fixe. Si le duc de Valentipois déclarait, à cette époque, quV/ manquaU du.plus strici né^ cessaire, son fils souffrait également de cette excessive pénurie.
f Je ne me serois «eriainement pas attendu, à mou départ, dit-il, à me trouver dans rembejrcas oA je suis maiptenant. J*avois demandé à maman de me fixer un sort quelconque. Je suis dans un régiment fort agréaJde, mais encore fitut-il pouvoir $*y soutenir, et depuis près-de six seipaioes que j*ai d4>eosé ce que* j'avois emporté de Paris, oa ma envoyé deux cents(rancs. Yous sentez, bien qu’il ne m’est pas possible de vivre ainsi; je suis exposé de jour en jour à des humiliations.... Maman me fait espérer de jour en jour un sort plus heureux. Je suis bien persji^é de son anoitié, maboivne vit pas d’air pi d’espérance^ Nous, par<7 tons le pour le Rhin : je vais donc fiiire^ un voyage de cent lieues, et peut-être davantage, sans argent et sans pouvoir en emprunter, puisque je ne saurois quand le rendre.,
Il ajoute que, s’il n’est pas sùu de pouvoir vivre honorablement, il restera aux escadrons de goerre et tâchera, de vivre sur le pays ennemi.
La duchesse de Yalentiaois, en promettant à son fils un sort plus heureux, fondait sans doute ses espérances sur les démarches actives que faisait le duc près du gouvernement feaufats, pour obtenir sa radiation définitive des listes des émigrés et la levée du séquestre mis sur ses biens depuis 1792.
m MANUSCRITS.
Cette lettre»* qui porte le timbre de Bruxelleâ et le chiffre de la taxe» finit par ce postscriptum : « Vous pouvez adresser votre réponse au cit, Grimaldi» chez le cit. Nicaise» place de la Monnoyé, à Bruxelles. »
l.e cit Dupetit a écrit sur la marge supérieure de la première page : Rép. le lo germinal; mais nous ignorons si cette réponse i\it accompagnée d*un mandat sur la poste (i).
1 S 3 . Mesrobert» au comté d’Ëstampes* Adveu et dénombrement de la seigneurie de Mesroberl, rendu par François de la Vallée» écuyer» à noble homme Jehan Galope, avocat en parlement» seigneur en partie de Boutervillier au comté d’Estampes. Manuscrit du XVI® siècle sur vélin» très-grand in-4 de 44 feuillets» v. marb. fil. a5o fr.
Ce beau manuscrit, d*une conservation parfaite etd*une bonne écriture ronde» provient de la célèbre collection de A. Mon- Ceil.
L’aveu et dénombrement de la seigneurie de Mesrobert et des arrière-fiefs dépendant de ladite seigneurie, a été rédigé par-devant notaire» scellé du scel aux contrats de la prévôté d’Étampes, le juin i 5 a 5 , et signé Boudin. Au-dessous de la souscription, on lit un acte de réception de cet aveu, écrit et signé par Jehan Galope, seigneur en partie de Boutervillier, de la part vulgairement appelée le fief de Malicorne : cet acte autographe est daté <lu 5 juillet iSiO.
Dans ce dénombrement, les terres ne sont pas évaluées par aripcnts, mais par muids, septiei*s et miuots, c’est-à-dire selon la «quantité de grains qu’elles devaient produire. Sauf quelques exceptions, les tenanciers payaient annuellement au seigneur dix «deniers tournois par septier de terre.
L’abbaye des Bdathurins de Paris possédait un fief sur le territoire de Mesrobert. Les seuls noms que nous ayons remarqués sont ceux de Guillaume Audren, licencié en droit, garde de la prévôté d’Ëtampes, et de Jehan du Monceau, écuyer, qui habitait un manoir nommé la Thuilerie, dépendant de la seigneurie de Mesrobert.
(i) Celle coUrciioa de précieux roanuscriti e»t du prix de i,a5o fx.
BlÂNUSGRlTS. 193
124 . Miscellanea theologica. Manuscrit du xi'' siècle, sur vëiin, pet. in*8 de 108 feuillets, inir., rubriques, maroq. brun gaufré. 4oo fr.
Ce manuscrit» du xi'’ siècle, est parfaitement conservé; mais il est incomplet des quatre premiers cahiers et de quelques feuillets à la fin. Nous possédons treize cahiers (de V à XVIl), sans autre lacune que celle des deux feuillets !^i 4B. Ce beau frag¬
ment, précieux par son ancienneté, est orné d'initiales en rouge et de rubriques en lettres onciales. On trouve sur la marge du f° 96 une note encadrée dans une espèce de bannière d’un dessin singulier.
La première pièce du manuscrit était un dialogue entre Augustinus et Orosius sur certains points difGciles de l’Écriture sainte : Orosius proposait les questions et Augustinus les résolvait. Nous ignorons si cet opuscule doit être attribué à saint Augustin. Nous n’avons que les treize derniers feuillets de cette œuvre. Notre fragment commence ainsi : « Agustinüs. Deus qui instituit tempora non movètur in tempore. Nichil in eo est preteritum et futurum, nullum consilium novura, nullaque cogitatio nova. Quia scilicet si nova, et accidens accidit aliquid, jàm non est inmotabilis. IgiturinmotabilisDeus est : nichil illi accidit; nulla cogitatio nova; nullum novum consilium. Ideo non movetur in tempore. » Ce raisonnement théologique est peu consolant et contredit tout ce que l’Église nous enseigne. En effet, si Dieu est immuable et ne peut prendre de décisions nouvelles, notre destinée est fixée de toute éternité, et rien ne saurait la changer; c’est le dogme du fatalisme, démontré par un théologien chrétien.
Sentencic Senece philosophi. Ces sentences, rangées par ordre alphabétique, s’arrêtent à la lettre P.
Cent Proverbes adressés au roi Henri. — Premiers mots : « Pax sit Henrico dei amico. » Derniers mots : « Hec tibi, Maxime rex, centum proverbia dat lex. »Le roi Henri cité dans ces feuillets était HenriP^, qui régna de io 3 x à 1060. Cette pièce indique la date du manuscrit.
Epistola quedam Tvonis. — Dissertation sur la triple nature de famé. — De tribus ordinibus Ecclesie et de vestimentis sacer^ dotum, — Incipiunt quedam expositiones super aliquot capitula Genesis, Cette partie est incomplète de deux feuillets. — Quatuor sermones. — Paraphrases sur divers passages de l’Écriture. —
i04 MÂNUSGRltS.
De reparatione hominis. — De quinque locis. —- Quomodo duposùtus est homo ad pœnitentiam, De tribus signis, ^ De quatuor judiciis, — De voluntate Dei quœ est eterna et una^ et de signis ejus voluntatis. — Ordo Misse expositus a S, Jheronimo. — * 9 ^ cundorexpositio, —^ Terüa expôsitio, La troisième exposition de la messe commence sur la dernière page du volume; le reste manque.
Quoique ce manuscrit ne soit pas complet, il est cependant très-curieux. On remarquera surtout les cent proverbes our le roi Henri Cette paetie est peut-être urique.
125. MiSSALIS LIBER SEGÜKDÜM COItSUETLDIItEM SEDIS Valewtie. Manuscrit de Tan i477î in-fol. max® de 278 feuillets^ à 2 col. sur vélin, miniat. bord. init. musique notée, v. ant. empreintes à froid sur ais de bois, tr. dor. {Riche reL ancienne,) 2,800 fr.
Missel à l’usage de l’évéché de Valence, en Espagne. Splendide manuscrit sur vélin d*une grande pureté, orné d’une charmante miniature et de deux peintures maokipiques. •— Conservation parfaite. — Beaux caractères solides, rouges et noirs.'— Dix-huit pages de musique notée.
On lit sur le verso du premier feuillet In hoc anno Dominé Jlf® cccc^ Ixxvif* est littera dominkalis E ut in cruce, • Au-dessous est une figure à cercles concentriques, avec les lettres dominicales et les lettres bissextiles. On lit plus bas : • In hoc anno cccc^ Ixxvif sunt xp de aureo numéro ut in crace, • Cette rubrique est également accompagnée d’une figure semblable à la première, avec les nombres d’or et les concurrents lunaires.
Sur le feuillet suivant commence le tableau dés fêtes et des offices de chaque mois ; ce tableau occupe cinq pages.
Au verso du quatrième feuillet : « Hec festa sunt obseruanda que dominas archiepiscopus Tarraconcnsis precepit colere et obserpare in sua propincia et in omnibus episcopatibus suis, « Les fêtes qu’on devait rigoureusement observer ne sont qu’au nombre de quarante et une, y compris trois jours à Pâques et deux jours à la Pentecôte.
Suit lé calendrier en six feuillets.
La rubrique du feuillet suivant est ainsi conçue : « Incipit liber Missalis secundum consuetwUnem sedfs ralentie. Et primé sequb-
MANUSCRITS, m
ttir henedictioaque dominicis diebus. » Deux feuillets, dont les trois dernières colonnes sont vacantes.
Le Missel commence sur le treizième feuillet. La première page est richement encadrée de larges bordures à filets d’or, treillissées en entrelacs dont les méandres blancs sont ménagés dans le vélin. En tête de la première colonne, une charmante miniature représente la Salutation angélique. On a peint dans les bordures un médaillon à paysage et un écusson armorié, soutenu par deux wges. Ce manuscrit contient encore un grand nombre de majuscules en or à treillis compliqués, et une foule d’initiales coloriées.
Les litanies commencent au verso du 98® feuillet. — Les dixhuit pages de musique notée sont comprises entre les feuillets i 5 a et 167.
Le i6o® feuillet est blanc. — Suivent deux admirables taUeaux, de la grandeur des pages. L’un représente Jésus- Christ dans sa gloire; l’autre, J^us-Christ crucifié, la Vierge et saint Jean au pied de la croix. Si ces deux pièces étaient signées, nous lirions certainement le nom d’un des plus célèbres artistes de l’Espagne.
première page du feuillet 161 est ornée d’une grande majuscule en or, avec un appendice formant bordure sur la marge du fond, et se terminant par des épis d’or sur les marges supérieure et inférieure; la marge externe est occupée par un large ornement, croiseté, fleuronnéet surmonté d’une perruche. Le tout en entrelacs, dansle genre de la bordure de la première page du volume. Le feuillet 168 est blanc.
Le texte finit au feuillet 277, recto. On a ajouté, d’une antre écriture mais du même temps, les ofEces de saint Nicolas et de saint Pierre.
126 . Nicole. Lettres de M. Nicole. Vers i 65 o; ma* nuscritin*ia, sur pap. de 5 i 8 pag. v. br. i 5 o fr.
Ce manuscrit, d’une bonne écritnre, se compose de trois parties. Les Lettres de Nicole, au nombre de trente et une, occupent 480 pages; les Considérations pour une âme abattue, par Arnaud,a8 pages ; Apis à une religieuse contre le découragement^ 10 pages.
Sept lettres de ce recueil n’ont pas été imprimées dans les œuvres de Nicole : ce sont les lettres 18, ao, a 3 , a4, 27, a8 et 3 o ; la a a® lettre a été publiée avec de notables différences, et les autres offrent de nombreuses variantes avec l’imprimé.
Nous ignorons si les Considérations^ par Arnaud, ont été publiées. — D’après M. Dodart, VJçis à une religieuse aurait été composé en i 65 o, pour une religieuse de Port-Royal.Oo trouve cet opuscule dans les Exercices de piété à Vusage des religieuse^ de Port-Rojraly imprimés en 1687,
127 . Notre-Dame de Jouarre. Statuta reformationis monasterii bealæ Mariæ de Jolro in diocesi Meldensi (Notre-Dame de Jouarre, diocèse de Meaux). Manuscrit du xvi® siècle, sur vélin, in -4 de 5 1 feuillels, V. br. à compart. [Ane. rel.) 4^0 fr.
Ce curieux manuscrit, sur vélin très-fin et très-blanc, est parfaitement conservé. Les initiales des chapitres sont exécutées en traits de plume, dont Télégance dénote un calligraphe exercé. Le texte, en caractères fort nets, est encore chargé d’abréviations. Le manuscrit peut être daté vers iSao.
L’abbaye de Notre-Dame de Jouarre, fondée au vu® siècle sous la règle de saint Benoît, fut réformée au commencement du xvi« siècle par des religieuses de l’ordre de Fontevrauld. LéonX, pape de z 5 i 3 à 1 Sai,approuva les nouveaux statuts, et confirma à l’îibbaye le privilège de relever directement du saint-siège.
Ce monastère se composait de frères et de sœurs; mais on u’admettait de religieux que pour servir jusqu’à la mort les servantes de Jésus-Christ : Promiitentes aneillis Christi usque ad mortetn service. Us juraient obéissance à l’abbesse, et ils étaient entièrement soumis à son autorité. l.es statuts sont divisés en deux parties. La première, de 41 feuillets, concerne les sœurs : Et hec de sororibus, La seconde, de 9 feuillets, contient les ordonnances pour les frères.
Les dignités et emplois monastiques étaient exclusivement confiés aux religieuses. Les moines n’avaient d’autres charges que celles de recevoir les hôtes et de fournir nu père confesseur que choisissaient les sœurs réunies en chapitre.
Les heures de repas, la manière de se vêtir et de se coucher, la ration de pain et de vin, etc., etc., tout est minutieusement réglé 4}ar ces statuts. Plusieurs chapitres sont consacrés à la répression des fautes et délits. On sait que la discipline jouait un grand rôle dans les couvents réformés. Les sœurs et les frères de N.-D. de Jouarre recevaient la discipline aux vigiles des grandes fêtes, et tous les jours pendant le carême, afin d’entretenir l'hu-
milité ; Ad exercitîum humilitatis. On distribuait aussi quelques coups de fouet^ pour l'expiation de certaines fautes* Mais, lorsqu'une soeur commettait un délit grave et qu'elle y persistait, acrior ei accédai correction Si la soeur résistait aux foudres de l'excommunication et aux verges, adplagas virgarum^ on la retranchait de la communauté lAbhatissa utaturferro abscissio/iis^ scilicet ut a consortio ceterarum omnino explnnatur. Cette dernière phrase nous rappelle ce couvent des Clarisses dans lequel on découvrit, après la révolution de 17B9, des cachots grillés situés sous le choeur de l'église, d'où les prisonnières pouvaient entendre l'office divin elles chants des religieuses.