Mélibiêe. Le Hyre de Mélibée et de Prudence
(trad. du lat. d’Âlbertan, par Régnault de Louans). Manuscrit du xiv® siècle, sur vélin, in-fol.à a col. d.-rel., vélin blanc. 120 fr.
Ce manuscrit est incomplet du premier feuillet et du dernier. Les quinze feuillets qui nous restent sont parfaitement conservés, et d’une bonne écriture de la fin du xiv® siècle. — Cet ouvrage est encore attribué à Christine de Pisaii, dans une note collée sur la garde du volume; mais nous renvoyons à la notice que nous avons consacrée au manuscrit suivant, qui toutt^fois est moins ancien que celui-ci.
Notre manuscrit commence par ces lignes : « Lors 1. surgiens du conseil de autres se leva. Sire, dit il.... » Et il finit ainsi :
MANimUTS.
« Nous inetODS, dirent il, nous et nos biens en tout et par tout en vostre. » En comparant les deux manuscrits, on trouverait sans doute quel(|ues variantes utiles pour améliorer le texte.
100. MiLiBSE. Le livre deMélibée et de Prudence, sa femme (traduit du latin d’Âlbertan par Renaud de Louens). Manuscrit du xv* siècle, sur vélin, in-4 de a3 feuillets, miniature, initiales, rel. en velours grenat suraisde bois. 5oo fr.
Ce beau et curieux manuscrit, d*une très-jolie écriture ronde, contient un grand nombre d'initiales gothiques en or sur fond colorié ; la première page est encadrée de branches de houx, or et couleur, et ornée d'une large majuscule à vignette. Cette miniature représente Tévénement qui fait le sujet du livre. Mélibée, à cheval, sort de son château que trois hommes escaladent du côté opposé, à l'aide d'une échelle.
Ce volume a été attribué, par les bibliographes français, à Christine de Pisan : c’est une erreur, l^e Livre de Mélibée n'est point une œuvre française, mais la traduction d'une œuvre latine du xiii« siècle. L'auteur, nommé AIbertan, avocat de Brescia, composa cet ouvrage pendant les mots d'avril et de mai il est intitulé : Liber Consolationis et Consilii, Peu de temps après, il fut traduit en italien, puis en français sous le titre de Livre de A Ibertan^ dou consolement et des conseils, 11 commence par ces mots : Uns joenes qui avait a nom Melibeus^ hom puissant et riche, La traducticm italienne est classée, par certains bibliographes, aux moralistes italiens, tandis que la traduction française se trouve parmi les romans (rançais.
Dans le siècle suivant, vers i 34 o, frère Renaud de Louens, dominicain, traduisit de nouveau l'ouvrage d’Albertao, et l’intitula le Livre de Mélibée et Prudence, Cette traduction, imprimée vers 1481, et par Vérard vers i 5 o 4 , est d’on style remarquable pour l'époque. En voici le début : «Uns jouvenceauU appelles par son nom Mellibée, puissant et riches, ot une femme appellée Prudence, et de celle femme avoit une fille. Advint an jor qu’il saloit eabattre et jouer, si laissa en sa maison sa femme et sa fille, et les portes closes. Trdis de ses anciens ennemis appuyèrent eschielles aux murs de sa maison, et par ses fenestres entrèrent dedens et bâtirent sa femme forment et navrèrent sa fille de cinq playes en cinq lieux de son corps, œst assavoir
es yeulz, es oreilles ou nés, en la bouche et es liiains, et la laissièrent presque morte et puis sen alèrent. »
Mélibée, à sou retour, est saisi d*une violente colère et jure de tirer vengeance d’un tel outrage. Prudence, femme de Mélibée, cherche à le détourner de ses sinistres projets ; elle emploie, à cet effet, les raisonnements les plus judicieux et les considérations les plus instructives. Ébranlé par les discours de Prudence , Mélibée réunit en conseil ses voisins, ses amis et ses ennemis réconciliés» Les jeunes gens et les faux amis de Mélibée lui conseillent la guerre, et tournent en ridicule les avis modérés. « Adoncques se leva un des anciens et estendi la main et comanda que len feist silence, et disl : Moult de gens crient guerre, guerre, qui ne scevent que guerre se monte. Guerre en son commencement a si graiit et si large entrée que un chascun y puet entrer, et la puet on trouver legierement; mais a grant paine puet on savoir a quel fin on en puet venir; et quant la guerre encommence, moult de gens ne sont pas encore nez qui pour cause de la guerre morront jeunes ou vivront en douleur et en misère et fineront leur vie en povreté et en chetiveté, et pour ce avant que l’en esmeuve guerre, on doit avoir grant conseil et grant deliberacion. Quant cel ancien cuida conformer son dit par raison, ils se levèrent presque touz enconti'e lui et li rompirent sou propos...• Quant cellui saige vit quil ne povoit avoir audience,... si dist : Je voy bien maintenant que le proverbe commun est vray, loVs fault le grain quant le plus grant besoing en est ; et ce dit, il se assist comme tout honteuz. »
Tel est le sujet moral de ce livre : Doit-on se venger de ses ennemis, ou doit-on leur pardonner? La colère qu’on ressent d’un outrage excite à la vengeanhe ; mais la prudence défend de se laisser entraîner par ce premier mouvement. Ainsi, dans l’histoire de Mélibée, Prudence fait en sorte que les coupables viennent demander pardon à Mélibée, qui, vaincu par les raisons et les instances de sa femme, finit par les recevoir en grâce.
Cdi ouvrage est l’expression d’une haute pensée civilisatrîce. Albertan écrivait son livre de consolation et de conseil^ au milieu de l’anarchie, de la tyrannie et des excès de tout genre qui désolaient l’Italie au moyen âge. En appliquant à une action sauvage, qui semblait excuser de terribles représailles, un système de modération fortement motivé, et en substituant â la vengeance un généreux pardcm, l’auteur cherchait à modifier les
mœurs sanguinaires de ses concitoyens; car, âi cette époque, l’histoire de Tltalie n’offre qu’une longue série de meurtres, de vengeances particulières, de villes surprises et saccagées. Ce livre eut un grand succès; il fut traduit plusieurs fois en italien, en allemand, en flamand et en français. Ces traductions^ imprimées dans le xv* siècle, ont fait oublier l’original latin, qui est encore inédit.
Âlbertan avait écrit, pour l’éducadop de ses enfants, un autre ouvrage, intitplé : jirs loquendi et tacendi. Hain {Repertorium bibliograpkicum) cite vingt éditions latines et trois éditions flamandes de ce livre, publiées dans le xv* siècle. Mais ce qui nous paraît extraordinaire, c’est que la composition de VArs loquendi soit datée de l’an i 3 S 5 , tandis qu’il est certain qu’Albertan vivait au xni* siècle. Il est probable que cette singularité est le résultat d’une faute typographique, commise dans la première édition et répétée dans les suivante.
110. Mercier (Jean). In omnes.TT. II. ANAATTIKH STNOVIS, cui appositae sunt columnae 4 ; e sinistris prima LL. et §§. principium, secuuda numerum, tertia irapaTwXa; quæ a dextris est quarta, jurisperitos legum authores habet. Pars prima. yers i556; manuscrit in-fol. de 23 feiiillels sur papier, portrait, dessins à la plume dont plusieurs sont coloriés, d.-rel. en vélin. 35o fr.
Ce manuscrit est autographe. Le texte et les dessins sont du même auteur. C’est une œuvre fort originale, composée par un étudiant en droit, âgé de aS ans. — Au-dessous du titre, écrit sur fond rose, J. Mercier a peint une femme diadémée, vêtue d’une robe rouge, et tressant une couronne : Dispersas colUgit herbas. Cette peinture à Taqiiarelle, qui occupe la moitié de la page, est curieuse pour le costume du temps. — Sur le verso du titre, on voit une femme offrant une couronne à un jurisconsulte drapé dans son manteau : Fictori, Ces deux personnages sont peints en pied, et soutiennent les armoiries de l’auteur, d^azur au chevron d'or accompagné de trois roses d'argent , avec la devise : Dormiens vigilo. Nous n’avons pas cité un animal, piteusement posé entre nos deux personnages; chien ou renard, il est d’une maigreur effrayante.
La troisième page est eatièrement occupée par le portrait de Mercier, dessiué par lui-inéme au crajou rouge. On lit au-dessus^ dans un médaillon acosté de figures £antastiques : « Pingebat speculo Jo. Mercerius Biturix, anno i 556 ^ setate a 3 . » Ainsi « l’auteur de cette fantaisie se nommait Jean Mercier de Bourges, né vers i 533 . U appartenait à une famille noble de Berry, dont plusieurs membres furent maires et échevins de Bourges, dans le XVI* siècle et dans le xvii*. Nous croyons que notre auteur est le noble homme maître Jean Mercier, docteur-régent en droit dans Tuniversité de Bourges, élu maure de cette ville en 1589} d’autant plus qu’il porte les mêmes armes. Dans tous les cas, il ne faut pas le confondre avec Jean Mercier d’Usès, qui suivit les cours de droit à Avignon et à Toulouse, se livra ensuite à l’étude des langues, devint professeur d’hébreu au collège royal, et mou^ rut de la peste à Uzès en 157O.
Au-dessous du portrait de J.* Mercier de Bourges, un mé* daillon renrferme ces deux vers latins :
Sic mea stat faciès, nisi me delusit imago ;
Qui sequitur liber est mcDtis imago meaç.
Ce médaillon est soutenu par deux grotesques, dont le nez, s’allongeant jusqu’à terre, leur sert de béquille.
La quatrième page est vide, et le texte commence sur le troisième feuillet. Il nous serait impossible de décrire les initiales dorées, les majuscules à vignettes, les arabesques, les médaillons et le» figures dessinées à la plume, qu’on voit sur toutes les colonnes de ce livre. Nous signalerons seulement la grande composition du folio 17; elle représente une vasque dans laquelle un enfant vient de puiser de l’eau. Cet enfant se tient au-dessous d’un fàt de colonne surmonté d’un faune ailé, armé d’une faux, et dont les longs cheveux Bottants rappellent l’image de l’Occasion.
Nous ajouterons que le litre græco-laliû fait connaître assez clairement le but et la disposition de cet ouvrage. Toutefois nous croyons qu’il n’est pas complet. L’auteur s’est arreté au milieu d’une page, avant d’avoir achevé l’analyse du n’rre 4 du 4* de la première partie.
lil. MsrcurioTrismegisto. Pimandro, dialogo délia potentia et sapientia di Dto; trad. di greco iu latino da Marsilio Ficino, et di lalino in volgare da Thotnaso Benci. Manuscrit du xvi* siècle, sur papier, in-4 de 8 a feuillets, v. f. gaufré, ais en bois (i” reliure.) aoo fr.
Ce beau manuscrit, parfaitement conservé, et d’une jolie écriture italienne, paraît avoir été écrit pour Zanobi di Zanobi Bartolini, à qui cette traductiou a été dédiée. Le premier feuillet, en vélin , est orné d’une H en or, dont les branches sont entrelacées de spirales feuUlées qui se tordent en tous sens. La bordure, qui encadre trois marges, est paiement composée de spirales enlacées, sur fond d’azur rehaussé de gueules : ces spirales sont blanches et ont été ménagées dans le vélin. L’artiste a peint dans rencadrement un papillon et deux oiseaux. On voit, dans la marge inférieure, un écusson rond en or, contenant des armoiries, qui doivent être celles de Bartolini : de gueules^ à un lion coupé d'argent et de sable. Le dixième feuillet, correspondant du premier, est aussi en vélin. On trouve dans le volume deux autres majuscules en or, avec des appendices du même genre que la bordure du premiec feuillet.
Mercure Trismégiste, philosophe égyptien, vivait i6oo ans avant Jésus-C^hrist. On lui attribue l’invention de l’écriture, et il est regardé comme le créateur de l’alchimie et de la philosophie occulte. Marsile Ficin dit, dans son Prologue, qu’au temps où naquit Moïse, ilorissait Atalante l’astrologue, frère du physicien Prométhée, et aïeul maternel du premier Mercure, dont était neveu Mercure Trismégiste; c’est de ce dernier que parle saint Augustin. Cicéron et Lactance reconnaissent cinq Mercures, et avancent que le cinquième fut surnommé, par les Égyptiens, Thenty et par les Grecs, Trismégiste, Les anciens ont souvent signalé les nombreux ouvrages de ce philosoplie. Deux seulement nous sont parvenus : VAsclepiusy o\x de la volonté de Dieu^ traduit en latin par Apulée le platonicien. Le Pimander^ ou de la puissance et de la sagesse de Dieu^ n’était pas sorti de la Grèce, lors(|u*aù milieu du xv* siècle il fut apporté de Macédoine en Italie, par un moine nommé Léonard le Macédonien. Marsile Ftcin s’empressa de le traduire en latin, et dédia son œuvre à Cosme de Médicis. Or Marsile Ficin naquit eu i 433 , et Cosme
t76 ItANÜSGElTS.
mourut en 1464 ; Marsile composa donc sa traduction avant 1464» à l’âgé de trente ans ou environ. La même année, Thomas Benci traduisit Pimander^ de latin en italien. La traduction latine de Marsile Ficin fut imprimée dès 1471» et réimprimée plusieurs fois dans le xv* siècle et dans le xvi*.; mais la traduction italienne est restée inédite. Les manuscrits du Pimander en italien doivent être fort rares. Si Ton avait voulu en multiplier les exemplaires, on aurait eu recours à la typographie, plutôt qne d’exécuter péniblement de nouveaux manuscrits. — Celui-ci est, peut-être, unique.
Quoique le Pimander soit attribué à Mercure Trismégiste, cet ouvrage n’est point de lui. Il est probable que l’auteur était plus jeune de 1800 ans, et qu’il écrivit, dans le ii‘ siècle de notre ère, ce livre où se trouvent mêlées les doctrines chrétiennes et les doctrines platoniciennes.
Notre manuscrit est composé de la Dédicace de Thomas Benci à noble homme Zanobi di Zanobi Bartolini; du Prolog de Marsile Ficin, adressé à Cosme de Médicis; et du Pimandro^ di* visé en quinze chapitres.
112. Millk (les) ET UNE HEURE, coDtes péruviens. Tome troisième y in-ia, v. i5o fr.
Manuscrit autooraphe , signé de Simon Gueullette. On lit en tête cette note du savant bibliographe Jamet : « Manuscrit lion imprimé pour cause d’obscénités. 11 est de la main de Gueullette, auteur des premiers volumes, et vient de sa succession. » Gueullette, qui, malgré ses graves fonctions de substitut du procureur du roi, avait un penchant décidé pour la littérature légère et très-légère, publia ses Contes péruviens y en lySS, sous la rubrique d’Amsterdam, chez Wetstein , 2 volumes in-12. C’était le bon temps des contes de fées graveleux, et Gueullette tenait à honneur de ne pas être moins gaillard conteur que l’abbé de Voisenon. Les Mille et une Heure n’eurent pas moins de lecteurs et surtout de lectrices que les Mille et une Nuit, L'auteur voulut donner une suite à un ouvrage qui avait si bien réussi dans le monde galant, mais le censeur ne voulut pas accorder à cette suite, même une permission tacite d’imprimer. Simon Gueullette se résigna donc à ne jamais voir paraître le tome troisième de ses Contes péruviens^ où la polissonnerie se cache sous des noms anagraramatiqiies et s’enveloppe prudemment de mainte précaution
oratoire. Gueullette a signé sou œuvre ; il avait alors 71 ans; mais, dans la préface, il prétend avoir découvert le manuscrit dans la succession d’un ecclésiastique de Blois, manuscrit intitulé : Suitte et conclusion des C... P,.., Le bon Gueiillette, qui mourut en bon chrétien, à Tâge de 83 ans, avait oublié de brûler ce petit volume, qu’on pourra imprimer, si les Contes péruviens reviennent jamais à la mode. P. Lacroix.
H 3. Mirâval, diocèse de Sisteron.—Homagia et recognitiones bominum desanclo Vincentio Miravallis sistarici diocesis.(Hommages et aveux des ha¬
bitants de Saint-Vincent de Miraval, diocèse de ' Sisteron, rendus à nobles damoiselles Blanche et Catherine d’Adhèmar, filles^et héritières de Baudoin d’Âdhémar, autrefois coseigneur dudit château de Saint-Vincent). Manuscrit du commencement du XVI* siècle, sur papier, in-fol. de 116 feuillets. 35 o fr.
Ces hommages sont datés de Tan 1491 ; mais cette grosse n*a été expédiée qu’en i 5 xo. On lit à la fin du volume : « Est sciendum qiiod domina Catherina Adheymart ad quum recognitiones pertinent, debet illas grossare fucere infrà annum , sumptibus suis et propriis grossatis , illas signatas per discretum magistrum Gaspardum Vernete comissariuin, debet indè iiobilis Petrus Peytavinus, qui illas expedivit, retrocedere, quia ita fuit actiim inter dictani doniinam et dictum Peytavinum. Actis wsumptis per discretum inagistrum I^urentium, episcopalem notarium habitalorem Sistarici, aiino luillesimo v*^ x^et die xij* Maii. » Blanche d'Adhémar avait épousé noble homme Aymar d’Urre^ qui reçut, en 1491, les aveux des habitants de Saint-Vincent, en qualité de conservateur des biens dotaux de sa femme, et de procureur de sa belle-sœur Catherine d’Adhémar.
Voici quelques vassaux de cette famille, dont nods avons^pu déchiffrer les noms ; Noble André de Saulx {de Saltu) ; noble Michel deGuibert; noble Siffred de Medullione; les prieurs de la confrairie du Saint-Esprit, à Saint-Vincent de Miraval ; Jehan Englesii, vicaire de Saint-Vincent; Gillet Giraudelli, chapelain du meme lieu.
m MANUSCRITS.
Ce manuscrit ÿ exécuté sur papier fort, à la tête de bœuf y ^st un magnifique specimeu de récriture diabolique du xvi« siècle. Les caractères ont été tracés avec une plume mal taillée, les lignes sont rapprochées outre mesure, et, pour rendre la lecture epcore plus facile, les malheureux grossoyeur a surchargé le ma?* nuscrit d’abréviations barbares, indiquées par des traits de idume qui enveloppent chaque mot. Certaines pages ressemblent exactement à des planches d’hiéroglyphçs.
Cependant ce manuscrit est important pour les localités qui s’y trouvent désignées, ainsi que pour la famille d’Adhémar. 11 mérite également, par la singularité de son exécution, de prendre place dans un cabinet d’amateur. C’est un type parfait de l^époque de transition. On rechercherait en vain dans cette écriture cursive et grossière quelques traces de ces beaux caractères des siècles précédents.
114. AIissa pko defünctis. Fenetiisj 1622; mApuscrit in-fol. max^, sur vélin, dessins à la plume, cl.-rel. mar. brun. { Elég . reliure .) 260 fr.
Ce beau manuscrit, sur vélin d’une blancheur remarquable, est écrit en caractères gros romain de treize millimètres de hauteur , rouges et noirs ; il se compose de six feuillets à longues lignes de quinze à la page. Cette œuvre, d’un excellent calligraphe, rivalise par la netteté et l’ampleur des caractères avec les produits de la typographie. Les dessins sont bien habilement e^écu^és.
Au-*dessous du titre, l’artiste a dessiné l’arbre de la Stcience surmonté de Jésus-Christ crucifié; au pied de l’arbre sont Adam et Lve séduits par le serpent.
Le verso du titre est entièrement occupé par une Mort gigantesque, appuyée sur une bêche. A la fin de l’office, on voit un homme mort, dont la tète repose sur une pierre. On trouve sur d’autres feuillets des banderoles, des fleurs, un sablier, des têtes de mort : le tout dessiné à la plume.
Nous signalerons encore quatre magnifiques majuscules de huit centimètres carrés, ornées d’arabesques, et plusieurs initiales gothiques, i:ouges et noires.
Cette messe pour les morts est datée du juillet i6aa, dans une banderole enroulée autour de la seconde majuscule, et dont la souscription est ainsi conçue : « Venetiis in domo... (le nom du copiste a été biffé) Anno Domini i6aa kalendas julii. »
HANCSCRITS.*
H6. MISSALE, PBOPRîDMQOE SANCTORÜM. Manuscrit du XIII* siècle, vélin, pel. in-4 de a44 feuillets à 2 col. roioiat. init. rubr. musique notée,, rel. en velours vert, fermoirs çn vermeil, tr. dor. doublé de tabis. 3,aoo fr.
MAOifiPtQUB KAimscmiT DU TBBtziiMB sticLB. Lb finesse et la blancheur du vélin, la beauté de récriture, Téiegance et la netteté des notes de la musique, les nainiatures^ la richesse des encadre* ment:^ le grand nombre de majuscules dorées ou coloriées^ tout rend ce volume digne d’avoir appartenu à un roi. Aussi quelquesuns ont-ils pensé que ce volume était le Missel de saivt Louis. Mais il serait diflicile de soutenir cette assertion, surtout après avoir remarqué que, dans la miniature du feuillet i 45 , saint Michel terrassant le dragou est armé d'un ëcu au champ d'azur à une croix surhaussée d'or et cantonnée de quatre fieurs de lis d'ar^ gem. Ces armoiries, si différentes des armes des rois de France qui portaient, au treizième siècle, d^azur semé de fieurs de lis (Tor^ dotvent étee attribuées à une église dont l'évéque avait adopté le blason.
Les cinquante- trois miniatures à fond d’ut ou de couleur représentent des saints et des martyrs^ elles sont peintes dans des majuscules de quatre centimètres carrés, et quelquefois dans des initiales de deux centimètres. On voit, de plus, des petits bustes de femmes posés de face au milieu d'initiales qui n’ont pas un centimètre carré : les figures, dessinées au trait, ne sont point coloriées; les costumes ^nt drapés avec goût.
Nous signalerons encore treize cent soixante-seize majuscules en couleur rehaussées d'or, et sept cent quarante-huit initiales en or rehaussées de couleurs. Les encadrements qui serpentent autour de chaque page peuvent être comparés à des branches de houx épineuses, contournées, écliancrées et bifurquées. Ces branches, or et couleur, sont chargées de quatre cent soixante-cinq animaux fantastiques, dont deux cent quatre à figure humaine. N oublions pas d'indiquer les coiffures variées et originales des tètes d'hommes et de femmes.
L’or et les couleurs étincellent sur les feuillets. Ce mavuscbit bst une oeuvre d\et TEis-REMARQUABLs; il devient encore plus précieux par la musique notée qui accompague les prières et les hymnes sacrées, ejt qui occupe peut-être la moitié du volume. Cha-
iSO
que morceau de musique commence par une charmante initiale dessillée à la plume et accostée de têtes en profil.
Enliii^ sans craindre <ie nous répéter, nous dirons que ce missel est un des plus beaux spécimens de la calligraphie littérale et musicale de répoqiie de saint Louis.
Dans le Propre des saints^ on lit des notices très-étendues sur la vie de plusieurs saints honorés dans les diocèses de Troyes, de Sens, de Meaux et de Blois. On pourrait en conclure que ce missel avait été composé pour Tiisage de Tarchevéché de Sens. Quant à la date, elle est postérieure à Tannée 1^55, puisque le nom de sainte Claire est inscrit dans le manuscrit. .
MONACO (les PRir^cEs de). Registres, documents et pièces niaiiuscriles. —Les sept numéros suivants^ ensemble^ i,35o fr. .
Ces pièces, relatives k la famille des princes de Monaco, sont aussi eu rieuses qu’importantes pour l'histoire de cette maison princière. Nous croyons ulile de faire précéder Tanalyse de ces pièces d*un extrait généalogique de la deuxième maison des Grimaldi, princes de Monaco, depuis 1731 jusqu’en 1800.
La famille Grimaldi-Monaco s’éteignit en la ligne masculine en
I. Louise-Hippolyte Grimaldi, fille aînée et héritière d’Antoine Grimaldi, prince.de Monaco et duc de Vulentinois, née le 10 novembre 1697 et morte le 29 décembre i73i, avait épousé, le 20 octobre 1715,
Jacques-François-Léonor Goyon de Matignon, qui fut substitué aux nom et armes de Grimaldi. Duc de Yalentinois après la mort de son beau-père (20 janvier*1731), il prit possession de Monaco le 3 o mai 1731; mais il abandonna cette principauté à son fils aîné en novembre 1733, reprit le'titre de duc de Yalentinois, et mourut à Paris le 23 avril 1751. Il eut, entre autres enfants :
1, Honoré-Camille-Léonor, qui suit;
2. Charles-Maurice, comte de Yalentinois, lieutenant général au gouvernement de Normandie, né le 14 mars 1727. Il épousa, le 10 novembre 1749 ; Marie-Christine-Chréiienne de Saint-Simon, née le 17 mai 1728 et morte à Paris le 4 juillet 1774» sans postérité.
11 . Honoré, 111 ® du nom (Camille-Léonor), né le 10 septembre 1720, prince de Monaco en 1733, mourut à Paris le 12 mai 1795;
il avait épousé, le i 5 juin 1757, Marîe-Chnstine de Brignolé, dont il eut :