Du principe du mouvement des eaux
11. Des âmes qu*on a attribuées aux deux et aux astres. Il est impossible de décider si les astres ont une âme ou sMls n’en ont pas.
la. Des eaux qui sont au-dessus du firmament. Les eaux que l’Écriture place au-dessus du firmament servent à rafraîchir la ^uaiide ardeur des astres, et à charger de leur pesanteur le dos du ciel, afin de raffermir contre les secousses et les agitations des vents.
189. Lu Trespas de l’hermine regretêk; i vol. pel. in-4? vélin, xvi® siècle, avec miniatures, mar. rouge, fil. Ir. dor. (Derome,) 5,ooo fr.
Ce manuscrit, d’une parfaite conservation et ENTIÈREMENT INEDIT, renferme le récit détaillé des cérémonies qui ont eu lieu aux funérailles d’Anne de Bretagne, femme des rois de France Charles VIII et Louis XII. Celle relation, par le style et même par les détails, est différente de celle que Pierre Choque roi d’armes d’Aline de Bretagne, futofficiellement chargé d’écrire par Louis XII, et qui a été imprimée déjà plusieurs fois. (Voir à l’article suivant.)
\iHermine regretée., c’est Anne de Bretagne, qui avait pour devise une hermine, avec ces mots : A ma vie; ou bien encore : Potius mori quam fœdari (Plutôt mourir que se souiller), belle et fière sentence qu’elle tenait de ses aïeux.
Voici la description de ce manuscrit: sur le premier feuillet est peint un drap noir de deuil, partagé par une large croix blanche. Au milieu de la croix, dans une table encadréede bordures noires et or, on lit l’inscription suivante : LE * TRES-PAS * DE * LHER- MINE'-RECRE-TEE. Sur le drap noir sont peints, en or et en couleur, quatre écussons aux armes de la reine, mi parties de France et de Bretagne, avec la cordelière, deux en haut et deux en bas.
Au verso de ce feuillet, on lit, d’une écriture du xviii® siècle: Anne de Bretagne^ reine de France^ femme en premières noces de Charles huit^ et en secondes^ de Louis douze, morte le neuf ianvier i5i4. (Ex, B,-B. D* Aguesseau, Perieursanson,)
Au folio 5, verso, une première miniature à pleine page représente Ist reine morte, sur son lit de parade, dans sa chambre du
chiteon de Blois, an moment où elle est visitée par les dames dé son service, toutes vêtues de leurs habits de deuil.
Au folio 12, verso, une seconde miniature reproduit Tordre du service, tel qu^il a été célébré dans Téglise Saint-Sauveur, à Blois. Le milieu du chœur est occupé par le pompeux catafalque élevé à la reine; demère se voit le maître-autel.
Les folios 27, verso, et 28, recto, sont remplis par deux miniatures dans lesquelles on voit le cortège funèbre arrivant à Téglise Notre-Dame de Paris. Le cardinal du Mans, accompagné de Tévêque et d’un nombreux clergé, reçoit, à l’entrée de la cathédrale, le corps de la reine porté par les Henouards (mesureui*s de sel de Paris); le corps est couvert d’un drap d’or, et surmonté d’une effigie de la reine. Les quatre présidents du parlement tiennent chacun Tun des coins du drap. Le corps est suivi des serviteurs de la reine, dont on n’aperçoit que la tête; derrière eux, sur le folio 27, verso, on voit des personnages tout vêtus de deuil, les uns portant le dais qui pendant la marche a surmonté le corps: les autres, des torches^ manches d’or, aux armes de la reine. Le devant des maisons est tendu d’un drap bleu à flammes d’or. Cette double miniature est des plus remarquables.
Au folio 36 , recto, une dernière miniature représente l’ensevelissement du corps de lu reine dans le caveau que Louis XII avait fait préparer pour elle et pour lui. Ce caveau, qui était placé dans le chœur de Téglise Saint-Denis, en face et en avant du maîtreautel, est ouvert: le cercueil en occupe le milieu. Le cardinal Jean de Luxembourg, archevêque du Mans, couvert d’une cha|>e d’uu merveilleux travail, (jue la reine défunte, en compagnie de ses filles d’honneur, avait brodée elle-même, jette, avec une pelle toute dorée, la terre consacrée sur le cercueil. Au premier plan, Pierre Choque, roi d’armes de Bretagne, reçoit, des mains du grand maître, la couronne ducale pour la placer sur ce cercueil. Cette miniature est d’autant plus curieuse, qu’elle donne sur la sépulture d’Anne de Bretagne des indications qu’on chercherait vainement autre part. Elle ne se trouve pas non plus dans les manuscrits de la relation officielle des funérailles, dont il sera question à l’article suivant. Relativement aux quatre premières miniatures, la relation officielle en renferme d’analogues, mais elles sont exécutées d’une manière tonte différente.
Lk Roux DE Lîncy,
i 90. CoUHRMOttA.TIOir BT AVERTISSEMENT DE LA MORT DE TRÈS CRESTIEKNE, TRÈS HADLTE, très puîssailte et très excellente princesse, ma très doublée et souveraine dame Madamme Anne, deux fois royne de France, duellesse de Brelaigne, seulle heritiere d’icelle noble duché, confesse de Montfort, de Richemont,d’Eslampeset de Vertuz; enseignement de sa progéniture et complainte (|ue fait Bretaigne, son premier hérault et l’un de ses roy d’armes ; 1 vol. pet. in'foi. mar. riches comp. Ir. dor. (Jncienne reliure du xvi® siècle.) ' 3,ooo fr.
&(®au maoiiscrit sur vélin, de la première moitié du xvi® siècle, orne de dix grandes miniatures et d'une petite, de blasons en or et en couleurs, de lettres initiales peintes.
C'est la relation officielle, en partie inédite, de toutes les cérémonies qui furent observées aux funérailles de la reine Anne deBretagiie,tant à Blois, où elle mourut, qu’à Paris et à Saint-Denis, où son corps fut transporté. Cette relation fut composée, d’après les ordres de Louis Xll, par Pierre Choque, roi d’armes de Bretagne, un des serviteurs les plus dévoués de la reine défunte. Un certain nombre d'exemplaires de cette relation, écrits sur vélin et ornés de onze miniatures qui représentaient les principales circonstances de la cérémonie, furent exécutés et distribués tant aux princes et princesses de lu maison royale, qu’aux parents de la défunte.
On connait quinze manuscrits de ce genre dans les différentes bibliothèques publiques de la France et de l’étranger. La Bibliothèque impériale de Paris en possède dix à elle seule; il s’en trouve un au château de l'Hermitage, en Russie. L’exemplaire qui fait le sujet de cette notice est le seul qui provienne d'une bibliothèque particulière.
Voici la description succincte des miniatures :
La première représente un écusson aux armes de la reine, m parties de France et de Bretagne, avec un ange ailé à genoux et un lion debout pour supports; une hermine, avec la devise : a MA VIE, est placée au-dessous des armes entourées d’une cordelière d’or. Sous l’écusson, la lettre N ornée devait être suivie d’une dédicace qui n’a pas été faite. (Folio i, verso.)
La seconde représente rexpositioii du corps sur un lit de pa-
rade, dans la salle d*honneur tendue de tapisseries d*or et de soie. (Folio la, recto.)
La troisième, Tensevelissenient du corps, dans la meme salle. (Folio i 4 , recto.)
1^ quatrième, la prière faite, autour du cercueil de lu reine, par les dames d'honneur et les serviteurs de sa maison. (Folio i6, verso.)
La cinquième, le signe étrange vu au-dessus de la ville de Suze et de plusieurs autres villes d'Italie, le jour où mourut Anne de Bretagne. (Folio 19, recto.)
La sixième, le catafalque entouré de lumières, «salle de douleur, après qu’elle fut mise daus sa châsse ou cercueil,» comme dit la relation. (Folio 26, recto.)
La septième, la partie du cortège où se trouvait le cercueil couvert d'un drap d’or, porté par des hénouards (mesureurs de sel) de Paris, et accompagné de nombreux assistants, parmi lesquels on reconnaît les présidents au parlement de Paris. (Folio 4a, recto.)
La huitième, l'exposition du corps de la reine sous un superbe catafalque, au milieu de l'église Notre-Dame de Paris. (Folio 44 » recto.)
La neuvième, la même exposition dans l’église de Saint* Denis. (Folio 47 , recto.)
La dixième, l'exposition du cœur de la reine, dans la chapelle de l’église des Carmes, à Nantes. (Folio $7, recto.)
La onzième, la boîte d’or en forme de cœur, suimontée d'une couronne, entourée d'une cordelière, avec les insciiptions en vers qui y étaient gravées, dans laquelle fut enfermé le cœur de la reine. (Folio 61, recto.)
Toutes ces miniatures ont été gravées, tome IV, pages i 3 o et suivantes des Monuments de la Monarchie française y par le père de Montfaucon.
Cette relation a été imprimée deux fois : en 1619, par Théodore Godefroy, page 96 du Cérémonial de France y etc, y in- 4 ®; en i 858 , par MM. L. Merlet et M. de Gombert, sous ce titre : • Récit des tt Funérailles d’Anne de Bretagne, précédé d’une complainte sur tt la mort de cette princesse et de sa généalogie; le tout composé « par Bretaignc, son héraut d’armes, etc., etc. Paris, R. Aubry, « i 858 , m-12. »
Ce volume est couvert d'une reliure en maroquin, exécutée, je crois, au xvi* siècle. Les plats de cette reliure sont parsemés de
fleui's de lis, d'hermines, d*R couronnés. Au milieu, dans un ovale entouré d’un riche fleuron, on voit les armes de la reine, mi-parties de France et de Bretagne. Le dessin en a été fidèlement reproduit à l’eau-forte par M. Jacquemart, pour la publication intitulée : Histoire de la Bibliophilie (6* livraison ). Ce manuscrit provient de la vente de M. Desmars, où il a été adjugé au prix de a, 3 oo fr.
Le Roux de Lincy.
191. Treüillot de Ptoncour. Lettres sur TAkousmate, ou Bruits aériens d’Ansacq. 1732 ; manuscrit in- 12 . V. marb. 60 fr.
Le village d’Ansacq, du diocèse de Beauvais, est situé entre Clermont au nord-est et le bourg de Mouy au sud-ouest ; il appartenait à la princesse de Conli, troisième douairière. Aussi, Treüillot de Ptoncour, curé de cette paroisse, lui dédia-t-il sa relation de l’Akoiismate. Or voici ce dont il s’agissait ;
Dans la nuit du 27 au 28 janvier 1780, les habitants d’Ansacq en tendirent ou crurent entendre dans l’air un « bruit extraordinaire de voix humaines de différents tons, grosseurs et éclats, de tout âge, de tout sexe, parlant et criant touteSenscmble,sans néanmoins avoir pu rien distinguer de ce que les voix articulaient; etc. » ï-.e curé Treüillot déclare « qu’il est assez pyrrhonien à l’égard de tous ces contes nocturnes, des apparitions d’esprits, des sabbats et de tant d’autres bagatelles et sottises, auxquelles les gens de la campagne ont plus de foi qu’aux vérités essentielles de la religion. » Cependant, les témoins de celle espèce de prodige n’ayant point varié dans leurs dépositions, et ces bruits aériens s’étant reproduits dans la nuit du 9 au 10 mai suivant, il s’est alors déridé à rédiger un procès-verbal d’enqnéle, avec rintention de le coiiimnni(|uer à des personnes éclairées, « afin que, supposé le fait véritable, elles puissent exercer leur esprit et leur pénétration à chercher les causes naturelles ou surnaturelles de cet événement extraordinaire. >» Suivent les dépositions de plusieurs habitants d’Ansacq, et des réflexions du curé sur ces bruits aérions qu’il nomme Akousmatc^ mot qui signifie une chose qui sc fait entendre extraordinairenient^ kJàïï de faciliter les explications des savants, rauteur ajoute à sa relation une description topographique du village d’Ansacq; puis, dans un appendice, il raconte que, le 3 i octobre suivant, le même bruit se renouvela, « mais avec tant de violence, que des moutons, parqués près de là, en furent si effrayés qu’ils forcèrent
le parc et se répandirent dans la campagne. » Enfin, un juge de Clermont, ami du curé, lui avoua que, « quinze ans auparavant, passant pendant la nuit par le village d’Ansacq, il entendit un bruit si épouvantable en Tair et si près de lui, qu*il en fut transi de frayeur, w
Cette relation fut communiquée à des personnes éclairées, qui cherchèrent à expliquer Takousmate, et qui écrivirent, à ce sujet, huit lettres insérées dans notre volume. Quelques unes des opinions émises sont assez singulières: nous les analyserons très-sommairement.
La première lettre, datée du 4 février 1781, est adressée à M. de la Roque. L’auteur anonyme rapporte deux faits de même nature, observés à Saint-Jean-de-Losne et à Infernac, en Suisse. « L’air, dit-il, est peuplé de diables, qui se livrent, de temps en temps, à des concerts nocturnes. »
Dans la deuxième lettre, datée du i 5 février 1781,00 déclare que les prétendus bruits aériens d’Ansacq ont dù être le résultat d’une seule et unique voix. On cite, à l’appui de celte opinion, le fameux Philibert qui a apporté en France la flûte traversière, et qui, avec une poêle, une paire de pincettes et sa voix, contrefaisait, à s’y méprendre, le bruit d’un ménage en rumeur, les cris du mari, de la femme, des enfants, des chiens, des passants, du guet et du commissaire; il signale encore un certain Lœillet qui, placé derrière un paravent, imitait un concert, une bagarre, des éclats de rire, etc.
troisième lettre, du mars, est une réfutation des deux premières. L’auteur décrit un bruit extraordinaire, entendu à Fresne, dans la nuit du a au 8 octobre 1780, et propose, comme une cause probable des akousmates, les tourbillons de vent qui frappent de différentes manières des arbres, des forêts, des collines ou d’autres surfaces inégales.
Les deux lettres suivantes, datées du i 5 et du aS juiu, furent écrites par M. Lalouat de Soulaines. M. Lalouat rapporte un bruit semblable de voix humaines et de cris d’oiseaux, qu'il en lendit luimême, en plein jour, à Sézanne en Brie, au mois d’octobre 1724; il remarqua que ce bruit épouvantable était produit par un nuage très-noir qui marchait avec impétuosité d’occident en orient. Il démontre que les bruits d’Ansacq peuvent avoir la même cause. Ces deux lettres sont fort curieuses.
La sixième lettre, écrite k Eu, le ao juiu 1781, par M. Cappron, est pleine de l echerches historiques. Il rappelle tju’en 469 on en-
tendit de pareils bruits à Vienne en Dauphiné, et que le même phénomène avait eu lieu pendant la guerre des Cimbres. Il pense que ces bruits sont engendrés par un air grossier, chargé d’exhalaisons, dans lequel se fout entendre si souvent les éclats du tonnerre, Il conclut en disant que les akousmates d’Ansacq, ainsi que tous les autres, se sont formés dans les nuages.
Réflexions de M. Lalouat sur la lettre précédente. 11 se félicite d’avoir émis la même opinion que M. Cappron ; toutefois il lui soumet quelques objections sur la fermentation et sur les exhalaisons.
La dernière pièce est une réponse de M. Cappron aux réflexions et aux objections soulevées par M. lalouat.
192. Tuileries (palais des) et du I-.ouvre. Pièces relatives à rachèvemenl du palais des Tuileries et a la construction de la grande galerie qui réunit le palais au château du Louvre; 4 pièces in-fol. des ^4 et a6 juillet i6oo. 3oo fr.
1. — Commandement fait à la requête de Pierre Guillain et Robert Marquelet, maîtres maçons, entrepreneurs des bâtiments du palais des Tuileries, au trésorier des bâtiments du Roi, afin qu’il leur paye promptement la somme de écus i8 sols, qui aurait dù être payée par égole portion, chaque semaine, depuis le 1^'avril jusqu’au x 5 juillet courant, selon les clauses de l’acte passé le 7 mars précédent; ou, s’il aime mieux, leur payer 1,100 écus restant dus sur la somme de a,aoo écus, échue le 3 o juin. Faute de quoi ils entendent que leurs promesses et obligations, faites ledit jour, 7 mars 1600, soient milles, avec protestation d’en informer le Roi, afin qu’il ne leur impute la suspension des travaux.
Signifié à J. Jacquelin, trésorier des bâtiments du Roi, le juillet 1600. Signé : Jacquelin, Guillain, Mai^quelet et deux notaires.
2. — Requête des Mémes^ adressée à messire Nicolas de Harlay, sieur de Sancy, chevalier, conseiller du Roi et surintendant de ses bâtiments, noble homme Jehan deFourcy, sieur de Chessy, trésorier général, â Pans, intendant des bâtiments, et Jehan de Doiion, contrôleur général desdits bâtiments, afin d’être payés des sommes qui leur sont dues, au refus du trésorier, qui ne tient compte des sommations à lui faites. M. de Harlay répondit
que le trésorier devait les payercejourd’hiiy, et qu en conséquence cette remontrance était inutile.
Par celte requête, on apprend que les entrepreneurs s'étalent obligés à terminer les travaux de maçonnerie des bâtiments du palais des Tuileries, pour le prix de 18,000 écus, soit 54 ,000 livres.
Cette pièce, datée du a6 juillet 1600, est signée de Harlay, Guillain, Marqiiclet et deux notaires.
3 . — Commandement fait à la requête de Guillaume Marchant, Pierre Chambiche, François Petit, Pierre Guillain, Robert Marqiielet et Isayc» Fournier, maîtres maçons, associés au marché de la maçonnerie et construction de la grande galerie qui doit aller du château du ]..ouvre au palais des Tuileries; au trésorier des bâtiments du Roi, de leur payer promptement la somme de 3 ,102 écus 4 ^ sols, qui leur est due du i®** avril au 1 5 juillet courant, suivant le contrat passé le 7 mars précédent, s'il n'aime mieux leur payer 1, 833 écus 20 sols, restant dus delà somme de 3,666 écus deux tiers, échue le 3 o juin. A faute de quoi ils entendent que leurs promesses et obligations soient milles, avec protestation cPen informer le Roi.
Signifié à J. Jacquelin, trésorier des bâtiments, le 24 juillet 1600. Signé : Jacquelin, Chambiche, Guillain, Petit, Marquelet, Fournier et deux notaires.
4. — Requête des six maîtres maçons, assoçiés pour la construction de la grande galerie qui doit réunir le château du l^uvre au palais des Tuileries, adressée au surintendant, à l’intendant et au controleur général des bàtiinens du Roi, pour être payés de ce qui leur est dû, au refus du trésorier qui ne tient compte des sommations à lui faites. M. de Harlay répondit qu'on les payerait ce jour d'huy.
Par cette requête, on apprend que les entrepreneurs s'étaient engagés à faire exécuter l’ouvrage de maçonnerie au prix de 39,000 écus, soit 87,000 livres.
Otte pièce, datée du 26 juillet 1600, est signée de Harlay, par les maîtres maçons et par deux notaires.
Ainsi, l'entreprise des bâtiments du palais des Tuileries, faisant suite à l'œuvre de Philibert Delorme, fut concédée aux maîtres maçons, Pierre Guillain et Robert Marquelet, par acte du 7 mars 1600, au prix de 18,000 écus. La construction de la grande galerie, dite du Musée, avait été adjugée par acte du même jour, 7 mars 1600, à six maîtres maçons associés, au prix de
29,000 écus. Il parait cependant que cette construction éprouva des lenteurs, puisqu’elle ne fut achevée que sous Louis XllI, d’après les plans d’Androuet du Cerceau^ qui inodiBa les dispositions prinfïitives.
193. Valerii Maximi Factoriim Diclorumque memorabilium adTtberium Cesarem liber primusincipit. Manuscrit du xv® siècle, in-fol. sur vél. à 2 col. 35 lignes à la page, miniatures, bordures, majuscules col. (Jie/. claustrale de Thompson^ a,5oo fr.
Magnifique manuscrit de laS feuillets, exécuté sur vélin en beaux caractères ronds. 11 est enrichi de notes marginales d’une jolie écriture fine du temps. Sur l’un des derniers feuillets, restés blancs, on lit la phrase suivante, écrite de la même main : Fuit complétas anno Cette date convient au manuscrit; mais
l’auteur des notes marginales a voulu peut-être indiquer l’époque de l’achèvement de son travail ; le texte serait alors un peu antérieur à l’an 1418 ; ce qu’on doit admettre, car ce manuscrit est évidemment des premières années du xv^ siècle.
Une table des chapitres, en lettres rouges et noires, occupe le verso du premier feuillet et le recto du deuxième. I.a première page du texte est encadrée détruis côtés par une bordure formée de feuilles d’acanthe, or et couleur, capricieusement contournées et accostées de nombreux points d’or. Dans la marge inférieure l'artiste a placé des armoiries qu’on peut blasonner ainsi ; 'c d’argent, à la croix de gueules chargée en cœur d’un écusson écartelé aux I et 4) de gueules plein; aux 2 et 3 , fascé d’argent et de sable de six pièces. »
Chacun des neuf livres de Valère-Maxime commence par une majuscule gothique de six centimètres carrés ou environ, au centre de laquelle est peinte une charmante vignette. Les figures, les vêtements et tous les accessoires sont remarquables par la pureté du dessin et la vivacité des couleurs. Las sujets ont été empruntés aux matières traitées dans chaque livre. Les costumes des personnages rappellent ceux du xiv*’ siècle.
Ces vignettes représentent : 1® l’auteur assis, écrivant son œuvre; 2*^ un vieillard prenant les auspices d’après le vol des oiseaux; 3 ® un jeune Romain, richement vêtu; 4 ® Valerius Publicola se livrant aux travaux de la campagne (fnsces secutihus faciendo)\ 5 ® les prisonniers carthaginois rendus à la liberté sans
rançon ; 6** Lucrèce se traversant le corps d’un énorme sabre ; 7° un roi sur son trône ; 8® un préteur rendant la justice ; 9® plusieurs personnages au bain. Toutes ces vignettes sont accompagnées de longs appendices semblables aux bordures de la première page.
On remarque encore dans ce manuscrit quatre-vingt-seize petites majuscules coloriées sur fond d’or, et une foule d’élégantes initiales gothiques en or ou en couleur.
Ce bel exemplaire de Valère Maxime pourrait être consulté avec fruit pour une nouvelle édition de cet auteur classique.
On lit, sur les derniers feuillets du volume restés vacants, des notes assez étendues sur Valère Maxime et sur les personnages célèbres de son époque.
194. VariiQpuscoli italiani.M anuscrit du xv®siècle, sur papier, in -4 de 72 feuillets, réglé. laS fr.
Ce curieux manuscrit, d’une jolie écriture italienne, est daté de la Flandre, i 458 . La souscription est ainsi conçue : In Fiandria, m, cccc^ Iviijy et, au-dessous, Zoe Bruza per mi Christoforo,,,, La première ligne n’offre aucune difliculté. Doit-on traduire la seconde, comme nous l’avons lu plusieurs fois, à Bruges, par moi Christophe,,., Cette èxplication nous paraît douteuse ; mais nous laissons aux érudits en langue italienne le soin d’éclaircir la question.
Ce recueil est composé de dix pièces dont voici la liste : quatre lettres de saint Jérôme, écrites à la vierge Déinétriade, sur la chasteté ; au moine Rustique, sur la vie monastique; à l’un de ses compagnons, sur la réformation du clergé; à un de ses amis malade, pour Tcxhorter à souffrir avec patience. Nous ignorons si ces lettres font partie de celles qui furent traduites par frère Mathieu de Ferrare et impiimées en 1494* — Une Oraison à la louange du Christ. — Une lettre de J. Boccace à Pino de Rossi, pour le consoler d’avoir été banni de Florence; cette lettre de Boccace a été imprimée à Florence en 14B7. —Des vers composés par Dante Alighieri, lorsqu’il fut accusé d’étre hérétique et de ne pas croire à Dieu. Cette pièce de aSi vers est peut-être inédite. — Quelques préceptes utiles, en latin et en italien. Nous citerons les suivants : « Inimico reconciliato non des tidem. — Nunquam sécréta uxori tue vel pueris tuis revelaveris, quia midieres et pueri illud celant quod ignorant, u
« Nun ti fidare mai di prete o clii è richato di mala fama; ne d'uomo di pello rosso; ne d'uomosenza barba. »
Ces préceptes sont suivis d’une lettre sur le régime de la famille et de la maison; cette lettre, attribuée à saint Bernard, est de Bernard Silvester : La traduction italienne a été imprimée à Venise par Nicolas Jensoti. — la dernière pièce du volume est l’oraison de Cicéron pour Marcellus, également traduite en italien.
Nous n’insisterons pas sur le mérite de ce recueil. L’indication des pièces qu’il renferme suffit pour en faire apprécier l’importance.
195. Vauban. Projet de paix fait à plaisir : a février 1706 . Manuscrit gr. in-fol. de 67 pages, mar. r. fil. Ir. d. {Armes du mare chai de Vauban^ 800 fr.
Beau manusgeit inédit du xviii^ siècle, calligraphié et orOé d’une initiale avec arabesques dessinées et ombrées à l’encre de Chine.
En 1706, l’Europe entière était liguée contre la France. — l.ouis XIV soutenait la guerre, avec peu de succès, en Allemagne, en Italie et en Espagne : des revers étaient imminents. <t A l’intérieur, dit l’auteur de ce Mémoire, la misère du peuple est extrême; une nouvelle levée de soldats est rendue presque impossible ; les troupes sont sans discipline ; les provinces à demi désertes, la culture des terres abandonnée, le commerce ruiné, l’argent si rare qu’on est obligé de se servir de. monnaie de papier, et enfin tous moyens d’en avoir épuisés à un point qu’on ne sçait plus comment faire pour soutenir le courant. » C’est pour conjurer les dangers d’une invasion ennemie et d’un soulèvement populaire que ce projet de paix fut dressé, le a février 1706. Nous ignorons quel en est l'auteur; mais, en considérant que ce manuscrit est d’une condition exceptionnelle, qu’il porte les armes DU MARÉCHAL DE Vaubak et qu’ü est sans dédicace, nous n’hésitons pas à attribuer CET ouvrage a Vauban lui-même. Cetteattribution devient encore plus vraisemblable après avoir lu la savante dissertation sur l’état des places fortes qui servent de frontières à la France; elle mériterait les honneurs de l’impression.
Ce remarquable projet consistait à abandonner l’Espagne à l’Autriche, et la France devait recevoir, en compensation, le duché de Luxembourg, les duchés de Lorraine et de Bar, et l’Alsace.
« Après cela, dit l’auteur, je n’ay plus rien à dire, si ce n’est qu’il nous seroit d’une grande conséquence d’ajouter la Savoye et le comté de Nice à la France, en procurant quelque équivalents à M' de Savoye, au delà des monts, soit du Montferrat, si de Mantoue mouroit sans enfants, ou en démembrement de partie du duché de Milan. Le Roy a des prétentions bien fondées sur la baronnie de Faussigny et sur le comté d’Ast, qu’on pour— roit faire valoir. Pour le comté de Nice, on sçait que c’est un engagement fait au comte Vert de Savoye par une reine de Naples, qui fut donné pour un morceau de pain, c’est à-dire pour trèspeu de chose, auquel le Roy peut revenir quand il luy plaira. A la vérité le revenu n’eu est pas considérable, et peut à peine suffire à payer les charges ; mais cette pièce en deçà des Monts nous seroit un pré quarré d’une convenance très-utile à cause de la province de Dauphiné. »
Ainsi, en 1706, on proposait déjà la réunion de la Savoie et du comté de Nice à la France, réunion qui ne devait avoir lieu définitivement que i 5 o ans plus tard.
Ce mémoire est d’une haute importance, et peut être encore consulté avec fruit pour l’étude des limites naturelles des différents États de l’Europe, ainsi que des frontières'de la France.
N’oublions pas ce passage : « Si en bonne politique la France ne doit pas posséder un pouce de terre au delà des Monts, il est de son intérest que les Allemans et les Espagnols n’y possèdent rien non plus, et que le mieux qui puisse arriver à la chrétienté est que ces trois puissances soient bannies de l’Italie et n’y tiennent rien du tout. »
196. Vaux de Cernât (diocèse de Paris). Mémoire des religieux des Vaux de Cernay, contre Charles de Crussol, seigneur de Lévis, au sujet d’une revendication de onze cents arpents de bois. Manuscrit dû XVI* siècle, sur vélin, très-grand in -4 de 16 feuillets. 55o fr.
Ce mémoire, daté de i 5 a 6 , est adressé à Charles de la Mothe, conseiller du roi en son grand conseil, et commissaire en cette partie.
Dès l’année i 5 ii, Jacques de Crussol, seigneur de Lévis, avait intenté un procès à Pierre Le Clerc, conseiller au parlement,
ao
prétendu propriétaire de onze cents at^ents de bois situés près de i*abbaye des Vaux de Cernay. Le mars i 5 a 3 , Jacques de Crussol obtint un arrêt du grand conseil qui le maintenait dans la possession desdits bois nommés bois des Maréchaux; puis des lettres royaux pour l’exécution de l’arrêt Les religieux des Vaux de (Cernay s’y opposèrent^ attendu que Jacques de Crussol se pré* valait de cet arrêt pour s’emparer de terres, de bois et de mai*sons qui appartenaient â l’abbaye depuis un temps immémorial. Us requirent une descente sur les lieux^ afin de fixer les limites des domaines en litige. Cette description, rapportée tout entière dans le mémoire, est importante pour les localités qu on y trouve désignées.
Enfin, le 11 mai i 5 a 6 , Charles de Crussol, fils de feu Jacques de Crussol, obtint une nouvelle commission pour faire exécuter l’arrêt du i*' mars i 5 a 3 . Les religieux des Vaux de Cernay protestèrent contre cette prétention, et firent rédiger ce mémoire pour démontrer la validité de leurs droits. — Le bois des Maréchaux relevait de la châtellenie de Beaurain, appartenant aux religieux de Saint--Denis en France.
L’abbaye des Vaux de Cernay avait été fondée en iia8, dans le diocèse de Paris. Pierre, moine des Vaux de Cernay, écrivit en latin une Histoire des Albigeois qui fut trjiduite en français, au xvi^ siècle, par Â. Sorbin^ prieur de Sainle-Foix.
197. Venise. Le Armi gentilizie delle Famiglie nobili di Venelia. Manuscrit du xvii® siècle, sur papiet% gr. in-4 d® 3o6 feuillets, armoiries peintes, vélin bl. 3oo fr.
Beau manuscrit sur papier fort, à toutes marges. Cet ouvrage, important pour les familles originaires de Venise, a été exécuté au commencement du xvii® siècle ; car l’indication la plus ré— cente est datée de l’an i6oq, et la liste des familles anoblies en 1646 n’est inscrite ni dans les catalogues ni dans l’armorial.
Les dix-neuf premiers feuillets du volume sont blancs. Sur les feuillets suivants on trouve le catalogue des vingt-quatre familles nobles les plus anciennes de Venise; des dix-neuf familles venues ûe Constantinople, après la prise de cette ville, et admises parmi les nobles du Grand Conseil; des quinze familles anoblies à l’époque de la conspiration de Baiainont Tepolo ; des vingt«cinq familles anoblies en 1297; des sept familles venues de Soria, et
d’un grand nombre d’autres familles anoblies depuis i3o4 jusqu'en i 5 a 4 *
Au folio commence l’armorial général des familles nobles de Venise, rangées par ordre alphabétique, avec de précieux renseignements sur leur origine et sur les faits notables qui les ont illustrées. Les armoiries peintes sont au nombre de 1787.
198. La Venuta delle nobil faaiiglie e gasade jdb Venetia. Manuscrit du xvii® siècle, sur papier, pet. in-fol. de 161 feuillets, armoiries peintes, mar. r. ais en bois, riches coraparl. à pet. fers, dent. fil. tr. dor. {Ancienne reliure italienne^ 800 fr.
Ce beau manuscrit contient l’origine, les faits notables et les armes de toutes les familles nobles de Venise, depuis le ix® siècle : elles sont rangées par ordre alphabétique, et accompagnées sur les marges d’armoiries peintes, au nombre de 860 ou environ. La reliure du volume est remarquable ; elle est richement ornée de compartiments dorés à petits fers.
Cette première partie est suivie de plusieurs listes de familles nobles ou anoblies à diverses époques ; 24 anciennes familles de tribuns, réfugiées à Venise; 7 familles anoblies, pour s’étre distinguées dans la guerre contre les Génois en 1270; 7 familles nobles, venues de Soria en 27 familles anoblies, à cause
de leur Gdélité, lors de la trahison de Bagiarnonte Tiepolo en i 3 io; 3 o familles anoblies en ] 38 i, avec le nombre des suffrages qu’elles ont obtenus au scrutin public ; a 3 familles anoblies, de 1646 à 1649, pour avoir fait don à la république de sommes considérables et de vaisseaux armés et équipés, afin de soutenir la guerre contre les Turcs, en Candie et en Dalmatie; vient ensuite un catalogue des procurateurs de Venise, depuis l’an 811 jusqu’en 1647, avec l’indication de ceux qui parvinrent à la dignité de doge ; enfin un registre des suppliques adressées au Grand Conseil par les a 3 familles anoblies de 1646 à 1649, pour obtenir leur inscription sur le livre de la noblesse. Ces suppliques sont transcrites in extenso^ avec les réponses du Grand Conseil, et les résultats du scrutin public.
Ce manuscrit est d’un haut intérêt pour la noblesse de Venise et pour les familles originaires de cette ville.
199. ViLLiERs, en la baronnie d’Ivry. Papier terrier de la seigneurie de Villiers en Desseure, appartenant à Robert Deslouteville, chevalier seigneur de Beynes, baron d’Ivry et de St-Andrieu en la Marche, seigneur de Villiers en nom et comme administrateur de ses enfants et de dame Ambroise de Loré, jadis sa femme et dame dudit lieu. — Compte premier rendu par Mess. Simon Morsalines, prestre, receveur d’iceluy lieu, pour Tannée commençant à la Saint-Rémy (ï®*’ octobre) de Tan i474 finissant à ladite feste de Tan 147 ^* Manuscrit sur papier, in-fol. relié en vélin. 600 fr.
(]e manuscrit de 8i feuillets et d’une bonne écriture ronde, est complet. Quoique les premiers feuillets soient fatigués et fort usés sur les marges extérieures, cependant le texte est intact, sauf deux ou trois mots de la première page, qui peuvent être facilement rétablis.
Robert d’Estouteville, seigneur de Beynes, prévôt de Paris, depuis le 7 mai 1446 et mort le 3 juin 1476, avait épousé Ambroise de Loré, baronne d’Ivry, décédée en 1466, et Hile d’Ambroise de Loré, ancien prévôt de Paris. La seigneurie de Villiers dépendait de la baronnie d’Ivry; c’est |)ourquoi Robert d’Estouteville ne la possédait qu’en sa qualité d’administrateur des biens de ses enfants.
Ce papier terrier est divisé en plusieurs chapitres que nous parcourrons rapidement, attendu que la seigneurie de Villiers se composait de villages habités par des paysans, dont les noms n’offreut aucun intérêt. Mais il est rare de trouver un terrier du xv^ siècle aussi complet et en aussi bon ordre que celui-ci. On peut y puiser d’utiles renseignements sur les droits de tout genre que les vassaux payaient à leurs seigneurs. C’est un chapitre curieux de l’histoire de la féodalité.
1. Dénombrement des cens dus au seigneur à la fête de saint Rémy et à la Toussaint, à cause du domaine fieffé, sur des terres, des maisons et des masures sises à Villiers : x 3 a articles ne produisirent pour l’année 1474-147^1 que la somme de 94 sols 7 deniers parisis; la plupart des cotes sont exprimées en deniers et en oboles.
a. Recette en argent du domaine non ûeiTé, appartenant en propre au seigneur de Villiers. Cette recette se réduit à i6 sols parisis : la sols pour la tonture des taillis en dedans des fossés et du château ; et 4 sols pour la ferme de la coustume sur les marchandises vendues ou achetées dans la seigneurie. « Et doivent les habitans de chaque pièce de vin vendue, petite ou grande, a deniers; de chaque beste vendue, une obole. » Le revenu du domaine non fieffé pouvait être plus considérable. Mais le four à ban de Villiers tombait en ruines; et quoique le seigneur possédât justice haute, moyenne et basse, toutefois, pendant Tannée i474-i475, on ne reçut rien pour amendes, défauts, exploits de justice, droits de forfaiture, d’espaves, de confiscations, d’aubenages ou de voierie, ni pour les reliefs et rachats de quatre petits fiefs nobles relevant de la seigneurie de Villiers. Quant au droit de pasnage, les habitants refusaient de le payer, sous prétexte qu’ils le payaient déjà aux seigneurs de Bréval.
3 . Recettes en grains, sur le domaine fieffé. Elles consistaient en quelques boisseaux de blé et en 8o boisseaux d’avoine.
4. Recette pour la ferme du droit de cliampart sur les terres de Villiers : Deux muids de blé et un rauid d’avoine (le muid de Paris vaut i8 hectolitres).
5 . Recette en chapons sur le domaine fieffé. Cette recette s’élevait à 26 chapons, ou environ; car il n’est pas facile d’additionner des moitiés, des tiers et des quarts de chapon, (jui sont la redevance de certains tenanciers. Il en est de même pour la recette des œufs, montant à 36 douzaines d’œufs, ou environ. On lit dans ce chapitre des articles tels que ceux-ci: 7 œufs et demi, la moitié de 3 œufs, les deux tiers de quarante œufs.
6. Enfin s’ensuit la déclaration, en 33 o articles, des terres soumises au droit de Champart, qui était du douzième; c’està-dire de douze gerbes Tune. Mais le seigneur de Villiers était souvent obligé de partager le Champart avec l’église de Saint- Nicolas de Villiers, ou d’en laisser les trois quarts à Taumônier d’Ivry.
Telle est la composition de ce papier terrier d’une seigneurie sise aux environs de Paris, qui peut servir à vérifier ou à rectifier la position et les noms anciens de certaines localités.
200. WiLLKMET (Pierre-Rémi-François). Recueil de lettres autographes et signées, adressées à (Aubin- Loiiis-Millin) de Grandmaispn, du 4 avril 1785 au 25 mai 1789; in-4, d.-rel. non rogné. 120 fr.
Ce recueil se compose de 88 lettres^ dont la plupart ont plusieurs feuillets. Ces lettres^ datées de Nancy, de Strasbourg, de Paris, de Brest, de File de France et de Pondichéry, renferment des dissertations intéressantes sur la botanique, et des notices sur des naturalistes de tous les pays, ainsi que sur leurs ouvrages.
Pierre-Rémi-François Willemet, fils de Rémi Willeinet, professeur d'histoire natui'elle et directeur du jardin des plantes de Nancy, naquit dans cette ville le a avril 176a. Helléniste et botaniste distingué, il fut reçu en 1783 docteur en médecine, puis agrégé au collège de médecine de Nancy : c’est l’un des fondateurs de la Société linnéenne, créée à Paris en 1788. Son amour passionné pour la botanique le détermina à s’embarquer au mois de novembre 1788, avec les ambassadeurs de Tipoo-Saïb, en qualité de premier médecin du sultan. Pendant son séjour à Pondichéiy, il éprouva toutes sortes de persécutions de la part du gouverneur, f^e recueil de lettres est précédé des Détails sur la réception que M, de Conway (gouverneur de Pondichéry) a faite ailx ambassadeurs de Tipoo^Saïb et h leur suite, par Millin , imprimé en 8 pages in-12. Willemet mourut à Seringapatnam, au mois d’août 1790, à l’âge de 28 ans.
Aubin-Louis Millin, l’un des savants qui ont le plus contribué à répandre en France le goût de l’histoire naturelle et de l’archéologie, na(|uit à Paris en 1759. 11 prit d’abord le nom de Millin de Grandmaison. C’est sous ce dernier nom que toutes les lettres de Willemet lui sont adressées.
Plusieurs passages de ces lettres sont écrits en caractères grecs.
Dans la dernière lettre datée de Pondichéry, le 28 mai 1789, Q heures du matin, Willemet écrit : Des ordres subits donnés par M, de Conway obligent les ambassadeurs et nous de partir précipitamment. Mais il ne parle point des mauvais traitements que lui fit subir M. de Conway. Seulement, vers la fin de cette lettre, il s’écrie: Botanique! quels charmes n'as^tu pas? Tu aplanis toutes les difficultés et fais trouver dans toutes les circonstances de la vie des jouissances inexprimables.
dii
Ces lettres sont d*autant plus importantes, que les ouvrages préparés par Willemet ont été perdus.Ce volume contient presque tout ce qui nous reste des travaux de ce savant et malheureux botaniste.
201. ViTA BEATE ViRGiNis Marie. ManuscHt du xiv" siècle, sur vélin et sur papier, in-4 de i34 feuil* lets, init. rubr. ais en bois, fermoirs. 55o fr.
Ce curieux manuscrit avait été entièrement exécuté sur vélin, en i 344 ; car on lit à la fin de la légende : Scriptus et complétas per Andream Capelîanum. Anno Domini m? ccc9 xp/ÿ" kal. Februarii, Mais, dès la fin du xiv* siècle, le manuscrit était devenu incomplet de 41 feuillets cotés i 3-43 et 84-93. Un autre copiste a comblé ces lacunes, et, pour cette œuvre il a employé a 4 feuillets de papier et 17 feuillets de parchemin. Nous avons cependant à regretter la perte du 46® feuillet, qui n’a point été refait. Le volume a été relié après l’année 14^^) puisqu’on a collé sur un des ais en bois le fragment d’un acte qui finit ainsi : Datum in cash O nostro Segkaw propè Leybnicz, die décima septima men^ sis Aprilis J anno Domini millcsimo quadringentesimo vigentesimo^ quinto.
Nous cataloguerons dans l’article suivant une Légende de la Vierge^ en italien du x* siècle. Nous en signalerons les singularités, nous citerons quelques passages, tels que le dans lequel
l’auteur explique pourquoi on n’a pas écrit une vie de la Vierge ; et comme il lui semblait utile de lire dans les églises la biographie de la mère de Dieu, aussi bien que les gestes des saints, il avait compilé cette vie de la Vierge, extraite des Evangiles et des ouvrages de saint Épiphane, saint Ignace, etc. — G;tte légende, composée primitivement en italien, fut traduite en prose latine rimée. Le traducteur annonce ainsi son œuvre :
« Latioum in eloquium nuper hec translata Repperi, sed nondùm adhuc scriptis propagata.
Ad laudem ergo virginis dutdssime Marie Et Jbesu dilectissimi prolis sue pie Ilia nuindo propalanda scribere decrevi Slilo licet rustico sermone tamen brevi. »
« Sed tantum per poeticum modum decantare Laudes volo virginis et Jhesum collaudare. »
Ce poeme en prose rimée était donc destiné à être psalmodié dans les églises.
Le texte est précédé de la traduction en prose de la préface de l’auteur italien : C^/n diversorum sanctorum gesta seu vite sériés ab ecclesUL CathoUca reciplatur, queritur cur vita beatissime Virginis Marie in ecclesid non legatur. La légende latine de lu Vierge Marie est la reproduction exacte du manuscrit italien : mêmes rubriques, mêmes bizarreries, mêmes notes marginales. Seulement, ces notes ont été augmentées à la dernière époque du manuscrit, et le commentaire lutin est beaucoup plus ample que la glose italienne.
On trouve également dans ce manuscrit : les miracles de l’enfance de Jésus-Christ; le singulier dialogue entre Jésus et Marie: incipit Dyahgus she soliloquium Jhesu cum Marid matre sud; l’assomption de la Vierge, qui, après avoir traversé le ciel aérien, le ciel étlicré et le ciel sidéral, pénètre dans l’Empirée, où elle est reçue par neuf chœurs d’anges, dont l’auteur reproduit les chants. Puis la Vierge est complimentée par Adam, Noê, Abraham, Isaac, Moyse, Aaron, David, etc., etc., par son père et par sa mère, Joachim et Anne, par Joseph son mari, et enfin par la Trinité. Quomodà iota Trinitas suscepit Mariant, Voici Texorde du compliment du Saint-Esprit : *
« .Sanctus ait Spiritus, salve benedicta Maria virgo que solvisti seculi delictal Tu es ilia super quam ego requievi El quam ego septifornii gratia replevi.
Ac in matris utero te sanclificavi Et ab Omni fomite peccati mundavi ; '
Ego quoque super te descendons obumbravi Et in te locum filio Dei preparavi, etc.
Nous signalerons encore (f. 58 ) un arbre généalogique des enfants et petits-enfants de sainte Anne et de ses trois maris, dessiné sur ’la marge, et (f. 108) le calcul des années que la Vierge passa sur la terre.
Les douze derniers feuillets du volume contiennent l’Évangile de Nicodème sur la Passion : Evangelium Nicodemi de Passione ,— Actum est in annodecimo nono imperii Tiberii Cesaris, — Derniers mots : Et etiam legitur quod una illarum epistolarum vel cartharum Cesart Romanorum tradita ex post est et transmissa. Cet Évangile a été écrit par le second copiste sur trois feuillets de parchemin
MANUSCRITS. 3 i 3
et neuf feuillets de papier. On sait que TÉvangile de Nicodème, quoiqu’il soit apocryphe, a été fréquemment cité par les saints pères. Au surplus, l’auteur de la légende de la vierge Marie a souvent fait usage d’autres évangiles apocryphes, tels que l’Évangile de saint Jacques, l’Évangile de l’Enfance, etc.
Puisque nous parlons d’ouvrages apocryphes, nous ferons remarquer une note, placée au bas de la première page, dans laquelle on lit que l’Église considère comme a|>ocryphes, la dernière partie des prophéties de Daniel, le livre des Juges, Ruth, le second livre des Machabées, les Passions d'un grand nombre de saints; ce qui n’empéche pas de lire ces livres dans les églises.
202 . ViTA DE LA BCADA VERGENE MaRIA 6 del SO fiol Jheso Chrislo. Manuscrit du x* siècle, sur vélin, in -4 de 12a feuillets chiffrés. 5 oo fr.
Précieux manuscrit, d’une belle écriture italienne du x* siècle, avec des initiales en couleur et des rubriques. — Disons de suite qu’il est incomplet des cinq feuillets côtés 7, 27, a8, 107 et 108. 11 nous reste 1x7 feuillets, qui sont parfaitement conservés.
La préface commence par cette phrase : « Con ço sia che le vite e li fati de divers! senti, sia recevudi da la glesia catholica ; Lo se demanda cercha la vita de biada Vergene Maria per che ela no se leçe en la glesia. » L’auteur explique alors, pourquoi on n’a pas écrit la biographie de la mère de Dieu. (7est afin de combler cette lacune, qu’il entreprend de compiler une vie de la Vierge, à l’aide des ouvrages de saint Épiphane, saint Ignace, saint Jean l’Évangeliste, saint Jean Damascène, etc.
Cet ouvrage, divisé en quatre livres, est une légende fort singulière ; on y remarque surtout les miracles de l’enfance de Jésus-Christ.
Derniers mots du manuscrit : « Caschun loqual leçera questo libro a loldo et honor de la Vergene Maria e del so fiol Jeso Cristo, O che procurera chel sia leto, avanti si lo chel scrivera O ordenera chel sia scrito, sepia chel no niorira me de iiiala morte, e no passera me de questo monde sença penetencia. » Ainsi, l’auteur promet à celui qui lira ce livre, le fera lire, l'écrira ou le fera écrire, qu’il ne mourra jamais de mauvaise mort, et qu’il ne sortira jamais de ce monde sans avoir fait pé • nitence.
Ces courtes citations prouvent Tancienneté du langage employé dans ce manuscrit; mais quelquefois les expressions sont aussi singulières que le texte. Nous reproduisons un passage qui nous a paru curieux. Voici ce qu’on peut lire dans un dialogue entre la sainte Vierge et son fils : « La Vergene Maria disse; l)a puo che tu seras resusitado en che logo starastu e che farastu... ? La Vergene disse : Dredo quali quaranta di che farastu, o ho anderastu ? Se tu monteras en celo me lasserastu sola, o a ch\ me lasserastu ? yi
203 . WiLLELMUs DE Novo Bdrgo, vel Neubrigeosis. Chronica reruiii anglicaruiii. Manuscrit du xiii® siècle, sur vélin, in-4 de i 54 feuillets, v. br. comp. ais en bois. {Thompson.) 800 fr.
Ce beau manuscrit, l’un des plus anciens de cette chronique importante, est éciit en caractères cursifs d’une grande netteté. La première page est ornée d’iine majuscule gothique en or, sur fond diapré bleu et rose, et de longs appendices lancéolés, or et couleur, qui encadrent deux marges. Les nombreuses initiales gothiques, placées en tête de chaque chapitre, sont bleues sur fond rose à treillis, avec des appendices à filets, de la couleur du fond.
Cet ouvrage fut imprimé pour la première fois à Anvers, 1567, par les soins de Silviiis ; puis, à Heidelberg en 1687; mais d’une manière plus complète à Paris en 1610, avec les notes de J. Picard. La dernière et la plus exacte édition est celle que Th. Hearne publia en 1719, à Oxford, 8 vol. in-S®, revue et augmentée d’après un manuscrit très-ancien, accompagnée des notes de J. Picard et de celles de l’éditeur. Il serait curieux de savoir si le manuscrit très-ancien {Codex pervetîistus) , dont Th. Hearne a fait usage, ne serait point le nôtre. Car ce manuscrit est à peu près du même temps que la composition de la chronique, et la forme des caractères dénote une origine anglaise. Toujours est-il que l’édition de Hearne est fort rare, attendu qu’il faisait imprimer ses livres à petit nombre, afin de les vendre très-cher.
(■iiillaume le Petit, plus connu sous le nom de Guillaume de Neiibridge (Neubrigensis), naquit en 1 136 , dans le comté d’York; il donne lui-méme la date de sa naissance, dans l’introduction de sa chronique. Après avoir dit que plusieurs auteurs ont écrit
rhisloire d'Angleterre jusqu’à la mort de Henri 1 ®*“, il ajoute : Sumpto ab adventu Normannorum in Anglid exordio^ mea tem* para succincte percurram y ut a successore ejusdem Henrici Stephano cujus anno primo Ego Willelmus serporum Christi minimus in Adam primo ad mortem sum notas et in secundo ad vitam renatuSy narracionemy Deo volentCy incipiam producere pleniorem. Guillaume devint chanoine régulier dans l’ordre de Saint-Augustin dans le monastère, de Neubourg, d’où lui est venu le surnom de Neubrîgensis.
Cette chronique, divisée en cinq livres, commence en 1066, époque de la conquête de l’Angleterre par les Normands, et finit en 1197. Elle est très-succincte pour les événements qui ont précédé la naissance de Tauteur, mais elle est fort détaillée pour l’histoire de son temps. Le premier livre, en trente et un chapitres, contient l’histoire de 1066 à le second livre, en
trente-cinq chapitres, de ii 54 à 1176; le troisième livre, en trente chapitres, de 1176 à 1189; le quatrième livre, en. quarante-deux chapitres, de 1189 à 1194*, le cinquième livre, en trente chapitres, de 1194 à 1197.
r.e style de Guillaume de Neubourg est plus élégant et plus clair que celui de la plupart des écrivains du xii® siècle. Baronius lui reconnaît beaucoup d’exactitude et de sincérité. 11 lui a reproché seulement d’avoir parlé avec trop de liberté de l’archevêque de Canlorbéry et des désordres des moines de son temps; de s’être montré hostile aux habitants du pays de Galles, et sévère envers l’évêque de Saint-Asaph, Galfrid de Montmouth; mais ces reproches ne sont point pour nous des motifs de répulsion, car nous aimons à trouver dans les anciens chroniqueurs cette liberté de langage, qui est presque toujours l’expression de la vérité.
La chronique de Guillaume de Neubourg n’intéresse pas seulement l’Angleterre ; les historiens de la France, de la Normandie et des croisades, pourront y puiser d’utiles renseignements. Ce volume renferme le récit des événements les plus remarquables qui agitèrent le xii* siècle. Les règnes de Henri 11 et de Richard Cœur de Lion, ainsi que les règnes des rois de France Louis VU et Philippe-Auguste,-ont acquis assez de célébrité pour donner de l’importance à un ouvrage où ils sont longuement décrits par un auteur contemporain. Nous indi(|ueron5 seulement les démêlés entre Henri II et Louis VII, la répudiation de la reine Aliéner, qui fit perdre à la France la vaste province de
TAquitaine, la croisade et les aventures de Richard Cœur de Lion, et le schisme de l*Église romaine.
Le copiste a terminé son oeuvre par ce singulier vers pentamètre et léonin : Explicit expliceat ludere scriptoreat.