‹ Description raisonnée d'une collection choisie d'anciens manuscrits, de documents historiques et de chartes réunis par les soins de M. J. Techener, et avec les prix de chacun d'euxChapitre 10 sur 20 · Maeie PE MÉnicis, reine de France. N. i573. —-M. 164a · texte numérisé non relu

Maeie PE MÉnicis, reine de France. N. i573. —-M. 164a

Cetle partie contient lai lettres de Marie de Médicis: des instructions au vicomte Fabroni, son résident près du Saint-Siège; une longue dépêche à la Reine d’Espagne; deux relations de la mort de Marie de Médicis, et un procès-verbal de l’autopsie de son corps. On a inséré parmi les lettres la copie d’une lettre de Louis Xlll à la Reine-mère, et d’uue protestation de Gaston, duc

MANUSCRITS. C7

d'OrléaoSj contre les oppositions faites à son mariage avec Marguerite de Lorraine.

Ces lettres peuvent être classées ainsi qu*il suit : cent neuf sont copiées sur trois cahiers, d’une écriture du temps. Ou serait tenté de croire que ces cahiers ont été détachés du registre de correspondance de la Reiiie-mêre; cinq ont été transcrites par le copiste des lettres de Henri lY ; cinq, écrites par un secrétaire de Marie de Médicis, nommé sur le verso Garnier cadet^ étaient prêtes à être envoyées à leur adresse ; il n’y manque que la signature de la Reine. Enfin, deux sont signées Maeie, avec une souscr^tion autographe.

En i 63 x, Marie de Médicis se réfugia dans les Pays-Bas, qui appartenaient à son gendre, le Roi d’Espagne. -Elle résida à Bruxelles, à Malines, à Gand, à Anvers ; mais la guerre ayant été déclarée entre la France et l’Espagne, la Reine se retira en Angleterre, à la fin de i 638 . Les troubles qui agitèrent ce pays Tobligèrent à chercher un autre asile. Les états-généraux de la Hollande’refusèrent de la recevoir, et elle vint mourir à Cologne, le 3 juillet 164s,'dans le plus grand dénûment.

Les lettres que ce recueil renferme ont été écrites dans les Pays-Bas, depuis le 27 octobre i 63 a jusqu'à la fin de l’an i 636 . Elles sont adressées à Louis XllI, au roi et à la reine d’Angleterre, au roi et à la reine d’Espagne, au Pape et aux cardinaux, à des ministres étrangers^ etc., etc.

Les premières lettres sont relatives au projet déjà conçu par Marie de Médicis, de se retirer en Angleterre. — Une lettre est adressée au duc de Montmorency :

« Mon cousin, la plus agréable nouvelle que j’ay receue depuis que je suis dans ces desplaisirs, a esté celle de l’action généreuse que vous avez faicte de vous joindre à mon fils, le duc d’Orléans, etc. » — Cette action Onéreuse lui coûta la vie.

Suivent plusieurs lettres au Pape, aux cardinaux, au grandduc de Florence, eu faveur de la duchesse d’Ornano.

Vers la fin de ifiSa, Marie de Médicis avait envoyé à Paris^ pour des affaires particulières, le sieur de Sazerac, neveu du P. Chantelouve, et quelques autres officiers et domestiques de sa maison. Le cardinal de Richelieu, ayant appris leur présence à Paris, les fit tous arrêter et leur intenta un procès criminel. Marie de Médicis s’empressa d’écrire^ le ao décembre, à Mé de Bérulle, son procüreur général, au président de Novion et à d'autres personnes, pour protester contre cette arrestation, intervenir au

procès en son nom, et s’opposer à toute condanmation. Enfin^ elle écrivit au Roi ; *

« Monsieur mon fils, tout autre moyen m’estant osté de vous faire sçavoir de mes nouvelles, je suis contrainte de me servir de cette voye pour vous dire qu*ayant envoyé à Paris le sieur de Sazerac chercher de l’argent sur ce peu de pierreries qui me restent, que je suis contrainte de vendre ou engager pour vivre, et ceux qui Tassistoient ayant esté arrestez, je me promets tant de vostre bon naturel, que je veux croire que vous ne souffrirez pas que le cardinal de Richelieu, ayant eu le pouvoir de m’oster le bien, l’aye encores de faire perdre la vie à ceux qui s’employent pour trouver les moyens de me la conserver : ne me pouvant persuader que vous désiriez leur mort, ny celle de vostre mère, etc. »

En i 633 , la Reine-mère tomba malade à Gand. Louis Xlli lui adressa la lettre suivante :

H Madame, le bruit commun m’ayant mis en doute de vostre bonne disposition, j’envoye le sieur des Roches pour savoir certainement (|ud est l’estât de vostre santé : vous assenrant que si elle est bonne, j’en seray entièrement aise, et si au contraire elle estoit mauvaise, j’en recevrqis un extrême desplaisir. Je vous supplie de le croire, et que je serây tousjours, Madame, vostre très-humble et très-obéissant fils. A Fontainebleau, le a juin i 633 .»

Marie de Médicis saisit cette occasion pour écrire au Roi, son fils, plusieurs lettres dans lequelles elle exprime le regret d’étre éloignée de lui, et le remercie d’avoir envoyé à Gand le médecin Riolan. Richelieu avait refusé de laisser partir Vautier, médecin ordinaire dé la Reine-mère, et, par mesure de précaution, l’avait fait enfermer à la Bastille. Jeau Riolan ne quitta plus Marie de Médicis,et ne revinten France qu’après la mort de cette princesse

Quelques lettres sont adressées à Gaston, duc d’Orléans, au duc d’Ëlbeuf, au Roi et à la Reine d’Espagne ; sur la mort de l’Infant Don Carlos, en faveur de la marquise de Mirabel, et sur d'autres sujets.

Plusieurs autres lettres furent envoyées au Roi et à la Reine d’Angleterre, au comte de Carlisle, dans le but de se préparer une retraite en Angleterre.

Sur l’une des trois lettres suivantes, datées de i 634 ) et copiées au net par le secrétaire de la Reine, on trouve une torrection faite par Marie de Médicis, et deux mots autographes.

Deux lettres, adressées à des cardinaux, et datées du i 5 juillet i 635 , avec la signature autographe Marie, et la souscription également autographe : Vosire bien bonne et affectionnée tante , sont suivies de la copie de deux lettres, Tune à Jules Mazarin, JmerSy le 3 i août i 635 ; Tautre, au Pape, Anvers^ le 22 novembre i 635 . Ces quatre lettres avaient pour objet d’engager le Pape à interposer son autorité pour faire cesser la guerre qui s’était élevée entre la France, l’Empire et l’Espagne : guerre qui dura 25 ans.

Instructions GORFiDENTiELLxs données, en i 635 , par Marie de Médicis au vicomte Fabroni, son résident à Rome.

Ces instructions, copiées au dix-septième siècle, par le secrétaire qui écrivait le registre de correspondance de la Reine, avaient un double but: 1" Discréditer le cardinal de Richelieu, en dévoilant ses intrigues et ses méfaits; a*' Obtenir la rentrée de la Reine-mère en France, par l’intercession du Pape. Cette pièce, de 18 pages in-fol., contient de très-curieux renseignements pour l’histoire du temps. Voici quelques-unes des choses que désirait Marie de Médicis ;

Que le Pape use de l’autorité apostolique contre le cardinal de Richelieu; ce qui se peut de plusieurs façons, par révocations, interdictions, commandemens exprès, et autres qui se sçavent assez à Rome. » — « Qu’il écrive au Nohce de Franèe, pour traiter avec quelques-uns des principaux ecclésiastiques, à ce que chacun contribue ce qui est de soy, pour désabuzer le Roy, charger sa conscience de la restitution des biens, honneur, liberté de sa mère, de son frère et de tant de gens de bien, ses fidelles serviteurs, surtout des guerres intestines. » — « Qu’il face advertir le Général des Jésuistes, afifin que le confesseur du Roy face son debvoir en cette affaire, etc. »

« Quant à ce qui sera directement contre le cardinal, si on ne voit aucune espérance de l’obtenir, ny autre chose semblable, il sera bon d’en publier le contraire, et en donner opinion pour le décréditer tousjours autant. » — « Il (Fabroni) n’oubliera point les trois intérests qui sont tousjours en la cour de Rome ; assavoir, celluy du Pape, de France et d’Espagne, pour traicter avec chacun d’eux, selon les termes qui leur sont plus convenables. Quant au quatrième (inlérest), qui est celluy de la religion et de la piété, ce sera pour les gens de dévotion. » — « Finalement, si on trouve tant d’union avec le cardinal de Richelieu et d’ulié-

nation pour la Reyne, qu*il n*y eust plus à Rome d’espérance d’obtenir aucune des choses justes et raisonnables que Ton en peut désirer, en ce cas prenant Tadvis des personnes plus entendues en cette cour, et particulièrement de l’ambassadeur catho> lique, on déclarera par un escript publicq les offices faits avec Sa Sainteté, ayec son procédé sur iceux, et l’on fera une belle protestation pour la descharge de la conscience de la Reyne et de Monsieur, rcjectant la faute des malheurs de la crestienté sur ceux qui en seront coulpables. »

DicLsaATiOH de Gaston, duc d’Orléans, sur la validité de son mariage avec la pnnoesse Marguerite de Lorraine. (Copie,)

Ce mariage clandestin avait été célâ>ré le 3 janvier i 63 a. Louis XIII, à l’instigation du cardinal de Richelieu, voulut en fiiire prononcer la nullité, par arrêt du parlement de Paris. Ce fut alors, c’est-à-dire en i 634 , que Gaston notifia son union avec la princesse de Lorraine, au Pape, au Roi d’Espagne et aux autres souverains, ses parents,. Il termine ainsi cette déclaration :

« Nous protestons de nullité de tout ce qui pourroit estre fait ou intenté an prgudice de nostredit mariage. »

Dépicns de Marie de Médicis au Roi d’Espagne, contenant la relation des excès commis contre elle, par les conseils de Puylaurens (ifi 34 ). (Copie,)

Cette dépêche, de ai pages, se rattache au mariage du duc d’Orléans. La Reine-mère avait fait d’actives et heureuses démarches pour faire ratifier cette union par l’archevêque de Matines et les docteurs de Louvain. Piiylaurens, le favori de Gaston, qui mourut à la Bastille en i 635 , s’était laissé séduire par les promesses de Richelieu, et engageait Gaston à se réconcilier avec le Roi son frere, ainsi qu’à rentrer en France : ce qui eut lieu le 8 octobre i 634 . Les relations dePuylaurens avec le cardinal furent bientôt connues à Bruxelles. La Reine-mère et son fils se brouillèrent; Puylaurens faillit être tué d’un coup de pistolet ; et la Reine fut en butte à de mauvais traitements. Cette dépêche de Marie de Médicis fournit de curieux détails sur les dissensions intimes qui existèrent à cette époque entre la mère et le fils.

Copie de trente-deux lettres de Marie de Médicis au Pape^ aux cardinaux, à la Reine d’Espagne, au duc de Savoie, etc., sur divers sujets; elles ont été écrites de i 634 à i 636 . ^ Quelquesnnes sont datées.

La dernière lettre de Marie de Médicis^ dont nous ayons la copie, fut adressée au Pape, en x 635 .

< Le principal dessein que le cardinal de Richelieu a eu, dans la révolte qu*il tenoit infaillible des Pays-Bas, a esté de nous perdre, ce qui fèt arrivé si Dieu ne nous eût préservé de ce péril, en favorisant les armes du Boy d’Espagne nostre beau-fils, sous

le commandement de nostre neveu l’Infant cardinal, qui-

a forcé cette armée victorieuse de cinquante mille hommes à se retirer des portes de Bruxelles, et dans sa retraite ayant assiégé Louvain, l’a aussi contrainte de lever le siège, tellement qu’elle est maintenant réduite à un si petit nombre qu’il est impossible qu’elle puisse sortir sûrement que par mer, de ce pays. »

l-e siège de Louvain fut levé le 5 juillet i 635 . Marie de Médicts, réfugiée chez nos ennemis, était réduite à se réjouir des désastres de l’armée française.

Relation be quelques faits qui se sont passés dans la chambre de la Reine Marie de Médicis, à Cologne, le jour de sa mort, 3 juillet 164a.

Rappoet médical sur la dernière maladie et la mort de Marie de Médicis, et sur l’autopsie de son corps. •*— Ce rapport est quto^ graphe^ et sans doute écrit par le célèbre médecin, Jean Rioian.

Lktteb n’iTiTE raiaiB de obambee de la Reine-mère, contenant le récit de sa mort.

Ëpitaphe de Marie de Médicis, en vers français.

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