‹ Description raisonnée d'une collection choisie d'anciens manuscrits, de documents historiques et de chartes réunis par les soins de M. J. Techener, et avec les prix de chacun d'euxChapitre 4 sur 20 · DIS ET ENSEIGNEMENTS DE TOUS LES PHILOSOPHES · texte numérisé non relu

DIS ET ENSEIGNEMENTS DE TOUS LES PHILOSOPHES

Manuscrits du commencement du xv* siècle, sur vélin, in-fol.de i 36 feuillets à deux colonnes, mar. brun, comp. tr. dor. dans un étui. 5oo fr.

Précieux manuscrit, d’une belle et régulière écriture des premières années du xv« siècle ou peut-être de la fin du xiv®; est orné de rubriques et de nombreuses initiales coloriées.

La table placée en tête du recueil indique en premier ligne les chapitres « Du très noble livre du dyalogue Mons. S, Grégoire, » Cependant on trouve d’abord dans le volume le Traité île la vilté misérable de la condition humaine^ qui n’est pas cité parmi les œuvres de ce pape (i).

Ce curieux traité, divisé en trois livres, commence ainsi : « A son treschier pere en dame Dieu l’euesque de Pois (sic), Lothiers indigne diacre salut en celui qui est vray salut en sa grâce en présent et sa gloire apres les trespas de ceste mortel vie. Le petit repos et séjour que je ay pris et apres mes grans angoisses,comme vous avés bien sceu, n’ay pas du tour yci en oysiveté trespassé ; ains y ay descripte la vilté de l’humaine condition pour défouler et depriser orgueil qui esrcommencement de tous les vices. » Viennent ensuite « Les bons dits et enseignements de tous les philosophes » qui occupent douze feuillets de notre manuscrit, mais dont la fin manque. En voici le début: « Talent m’estoit pris que je racomptasse l’anseignement des philosofes de celle clergie qui est appelée mortalité, laquelle est espatidue par plusieurs voulûmes, si que je puisse une partie de leurs bon dis (mettre) en un livret briefvement. Endementiers que je pansoie a ceste chose en cette lieure que on appelle le premier somme, il a vint que je me endormi, et veez un homme de moult grant beauté qui vint devant moy, et si le suivoit une compaignie de clers qui sembloient estre haultes'personnes de corps et d’aage...»

On voit que ces deux ouvrages appartiennent à la langue parlée en France au xiv® siècle. Il en est de même de la traduction des dialogues du pape saint Grégoire le Grand. Nous l’avons comparée avec celle qu’a publiée Antoine Vérard en iSog (a) et dont

(i) Ce livre de la Misère de U condition humaine est du pape Innocent III. qui récrivit avant son élévation au pontificat et sous son nom de Lotaire,

(a) Le dialogue Mons, sainct Grégoire, translaté de latin en français, Paris, Antoine Verard. iSog, pelit in-4, gothique, de 147 feuillets.

il existe à la Bibliothèque impériale un magniBque exemplaire sur vélin. La version de notre manuscrit est différente et évidemment plus ancienne. On en pourra juger par le rapprochement suivant :

Traduction manuscrite : Chapitre XXlll du livre I : « Comment Tevesque Boniface devisa (divisa) le vin es vessaus de S. Grégoire.» — «Vns homs honnourables fu qui avoit nom Boniface, et fu evesques de une cité qui a nom Prends. Loians, un prestre qui encore vit, raconte plusieurs miracles de ce Boniface, car il fu en son service nourris, et de tant en peust il raiex dire la venité, comme cil qui avec lui avoit esté. »

Traduction publiée par A. Vérard: «Il fut un homme de vénérable vie nommé Boniface lequel fut evesque d’une cité nommé Ferent, et Toffice épiscopale accomplist par œuvres. Gaudence, prestre qui encores est vivant, m’en a dit plus plusieurs miracles; lequel longuement le servit et en peult de tant plus seurement parler qu’il a esté plus présent aux choses faictes. »

Malheureusement les dialogues de saint Grégoire sont incomplets dans notre manuscrit. 11 manque les feuillets contenant les chapitres i-ai du i" livre et le commencement du chapitre aa.

220. Enquête et examen de témoins, pour un procès entre Louis de Harlay, seigneur de Césy et de Chanvalion, et François d’Ailègre, comte de Joigny; i5i8. Manuscrit de 3o feuillets, sur papier; petit in-fol. relié. loo fr.

Expédition d’une enquête, délivrée par Fun des examinateurs royaux au Châtelet de Paris, le 3 décembre i 5 i 8 .

11 paraît que messire François d’Alègre, chevalier, comte de Joigny et seigneur de Précy, contestait à Louis de Harlay, écuyer, la propriété des seigneuries de Césy et de Chanvalion, en qualité de cessionnaire d’une rente de vingt livres, perpétuelle et non rachetable, constituée sur la terre de Chanvalion, par un propriétaire antérieur ; et il lui intenta un procès par-devant le Châtelet de Paris. Mais Louis de Harlay obtint des lettres-royaux qui lui accordèrent la faculté de faire procéder à une enquête pour savoir et enquérir la vérité du discord et procès. Jehan Mitiagier, licencié ès lois, lieutenant du prévôt de Sens, fut nommé cornmissaii'e en cette partie, et, le 8 août i 5 i 8 , Louis de Harlay

fit comparaître dix témoins, qui déclarèrent tous, qu*il était devenu seigneur de Césy et de Cfaanvallon, comme héritier en partie de Jean Cousinot, son cousin germain, mort célibataire, en 1 5 o 5 .

Cette pièce nous apprend de quelle manière et à quelle épocpie les seigneuries de Césy et de Chanvallon sont entrées dans la maison de Harlay, dont une branche a été si longtemps distinguée par le nom de Chanvallon.

Louis de Harlay, né en i 463 et mort en i 544 , était fils de Jean de Harlay, chevalier du guet, et de Louise Luillier. Jean Cousinot était fils de Adam Cousinot, président à mortier au parlement de Pans, et d’une sœur de I.ouise Luillier. En conséquence, Louis de Harlay et Jean Cousinot étaient cousins germains; et le premier hérita du second, mort sans enfants.

Les dix témoins produits par Louis de Harlay sont presque tous des marchands et des laboureurs. Nous ne trouvons à citer que noble homme Jacques de Saint-Saturny, écuyer, seigneur de Mercilly, page, en sa jeunesse, de Jean le Boutillier, chevalier du guet: celui-ci avait épousé Odette de Harlay, sœur de Louis.

221 . État de la solde du militaire en France. Manuscrit du xviii* siècle, sur papier; pet. in-8, de 53 feuillets, tableau ployé, raar. r., dent., fil., tr. dor. {Ane. reliure.) 6o fr.

Très-joli manuscrit exécuté vers i75o, en caractères minuscules, par un excellent copiste, qui en a fait un chef-d’œuvre de calligraphie. —Ce petit livre est curieux et fort intéressant pour Thistoire militaire de la France.

En regard du titre, on trouve un tableau ployé, à quatre colonnes principales, et intitulé Etat général des troupes que le Roj a jconservé après la paix de 1749. Cet Etat indique les régiments d’infanterie et de cavalerie, avec les noms des colonels, la force de chaque régiment et la date de sa création. L’armée se composait, à cette époque, des gardes françaises, des gardes suisses, de 8a régiments d’infanterie française, 10 régiments suisses, la régiments allemands, 10 régiments italien, corse, écossais et irlandais; de 56 régiments de cavalérie fi*ançaise et quatre régiments étrangers; de 11 régiments de grenadiers royaux; de 16 régiments de dragons ; de six régiments de hussards ; de sept compagnies et six escadrons de troupes légères ; du royal-artillerie ;

des mineurs ; et de la maison du roi (gardes du corps, grenadiers à cheval, gendarmes de la garde, chevau-légers, mousquetaires, cent-suisses et gardes de la prévôté). Uarmée française sur pied de paix présentait, en i75o, un ensemble de 223,5lo hommes.

Par ordonnance du 3i décembre i749y 1^ avait créé deux compagnies de bas officiers: l’une, de 82 hommes, a tambours et 5 officiers, pour servir à la garde de la Bastille; l’autre, de io6 hommes, 3 tambours et 7 officiers, pour la garde des Tuileries et du château du Louvre.

Chaque arme avait une solde différente. Dix huit feuillets encadrés d’un double filet, et calligraphiés avec élégance, ont suffi pour donner, à ce sujet, tous les renseignements (jiron peut désirer : c’est la première partie du livre. Dans l'infanterie française, un capitaine recevait par jour 3 livres 6 sols 8 deniers ; un lieutenant, i livre 2 sols 10 den.;-un sous-lieutenant, i livre; un soldat, 5 sols 6 den. Un régiment d’infanterie coûtait par an 169,44^ livres.

La deuxième partie est intitulée : Etat des appointemens et emo^ lumens attachés aux Gouverneurs, Lieutenants du Roy^ Commun^ dans y Majors^ Aides-Majors et Capitaines des portes, de toutes les villes de guerre, citadelles, forts et châteaux du royaume, distingués par Provinces, C’est une nomenclature complète de tous les lieux fortifiés de la France. Ce tableau acquiert aujourd’hui une grande importance ; car la plupart des forts qu’on y trouve désignés ont été entièrement détruits depuis 1760. Les citadelles et les châteaux, au nombre de SSq, étaient répartis dans 3o Gouvernements généraux. Nous ne pouvons analyser un document de ce genre. Nous ferons seulement remarquer que les appointements dés gouverneurs des villes et de provinces, étaient fort élevés. Ainsi, le gouverneur du Languedoc recevait 160,670 livres; celui de la Guyenne, 99,708 liv. ; celui de Normandie, 72,800 liv., etc. Le gouverneur de la ville de Paris avait 3o,3i8 livres d’appointements. Bastille: Le Gouverneur, 14,400 liv.; le lieutenant de Roi, 3,000 liv.; mais le lieutenant de la compagnie, le médecin, le chapelain, l’apothicaire, le chirurgien, le contrôleur et le commissaire provincial ne coûtaient par an que 2,670 liv. Le gouverneur de Lille recevait 97,o3o liv.; celui de Besançon, 66,024 liv. ; celui de Calais, 27,760 liv.; tandis que le gouverneur des Invalides touchait seulement, pour appointements, émoluments et pension, 7,600 livres, plus 40 cordes de bois; mais il était blanchi aux frais de rhôtel.

222. Evreox (vicomté cl’). Extrait fait en la chambre des comptes de Paris, de plusieurs adveuz et dénombremens baillés en ladite chambre par les vassaulx du Roy, ès chaslellenies, terres et seigneuries de Pacy, Nonnancourl et Aezy, situées ou bailliage et vicomté d’Evreux ; i474- Manuscrit sur parchemin, in-fol. carré de Sy feuillets, cart. aao fr.

Manuscrit d’une belle écriture et d’une conservation parfaite. — Expédition en forme légale, datée du i 6 juin 1474 et signée de Mauregart.

Ces vitigt-hiiit aveux et dénombrements, extraits des registres de la chambre des comptes, intéressent plusieurs familles nobles, et sont importants pour Thistoire territoriale de la vicomté dTvreux, pendant la première moitié du quinzième siècle. Parmi les noms des seigneurs et de fiefs, que renferme ce manuscrit, nous citerons les suivants.

En i/| 5 a, aveu de Tévéque d’Evreux, pour les fiefs tenus à cause de son évéché, dans la ville d’Evreux, à Pacy, à ISonnancourt, et autres lieux.

Aveux des fiefs de l’abbaye de la Croix-Saint*Lieffroy, rendus en 1412 par l’abbé Nicole Boquet; en 1419» par l’abbé Guillaume 1 ^ Gois; en 14S19 par l’abbé Jehan du Chemin.

En 1 456 , aveu du chapitre de l’église Saint-Antoine de Gaillon, pour le fief de Saint-Vincent.

Eu 1400, aveu de Robert, dit Boisgeroult, pour le fief de Cirton. Aveux du fief de Mendies: «en 1402, par Pierre de Mendies, écuyer; en 1411, par Jehan de Mendies, écuyer; et en i 45 o, par Guillaume Le Cesne, à cause de Jehanne de Mendies, sa femme, fille et héritière de Jehan. •

Aveux de la sergenterie de Nonnancoiirt; en i 4 o 3 , par Michel Gervaise ; eu i 455 , par Robin Gouvereiiau, à cause de sa femme, petite-fille de Michel Gervaise.

Aveux de la sergenterie de la Haye-le-Comte, qui s’étendait dans la forêt d’Evreux, de la mairie de Fontaine et du fief de Cousture: en i4xo, par Colin du Buisson, écuyer; en i 453 , par Jehan du Buisson, écuyer.

Aveux du fief de la Hourderesse: en i4ifi, par Catherine de

Ménilles, veuve de Roger de Chambère, écuyer; en i 45 o, par Guy de Chaïubère^ éc^iyer.

Aveux du fief de Sassy: en i 4 o 9 > p«r Riehart dé Fôurneaulx, écuyer, .seigneur propriétaire de Sassy; en » 453 ,{>ar Robert de Eoiupeaulx, écuyer^ ,

En 14079 aveu du^ üef du Moncel^ par Gicart d’Anifreville, équyçiv seigneur, déclarée, , .

^ En. J 40^9 aveu des &efs de la HuànièreeC de Breneourt, par Guy, seigneur de la Roche, chevalier et chambellan du roi.

Ëq\r 409 , aveu des ftefe de Creisy et de Hardencourr, par Jehan fk f[^arepcièrcs, seigneur, de Croîsy*, . .. m

En ;i 4 ia, aven do fief de Chambines, par Pierre de iêucourt^ dit Ppi^paignpn, écuyer. ^ ^ ^ ^

.pEp.. l déGu:^nibreu)eiU de la baronnie dTvryy rendu par PieutTC-Pedt, pheyalier, à cause de Ca^erioe de MarsiJly, sa femuip.^ll étaU en pfocès pour cette seigneurie avec Robert d’Eatoutçville, chevalier, qui.piétendait.faire valoir les droits de sa. femme, et prenait égaleitient le titre de baron d’Ivry. Ce déuojnbi^iueat, de treize, pagés^; foumti de. cfriiieux renseigne^ paeiUs sur ; la ville el le château d’Ivry, détruits fietidant les guerres anglo-françaises, ainsi que sur les droits féodaux dont jouissaient.)e$ sei^eqrs.. P . ; ,

223. (jRADüALE /ad üsüm PARtsiEWSEM). Manuscrit (Je la fin du au” siècJe^ vélin ; in^ 8 , de 233 feuillets à deuA colonneSÿ une miniat., init., rubr., fnusjque notée. 900 fr.

Les manuscrits de ce genre sont fort rares; celui-ci est précieux, comme Tun des plus an|ples recueils de musique rhythmée du moyen âge. Ce jgraduel,, siir .vélin très-fin, est écrit en caractères minuscules d’une netteté et d’une élégance peu communes. Le texte est accompagné des antiennes, versets et traits qui se ^chantent à l’Église^ : la notation musicale est d’uue remarquable pureic. Ces chants forment la i^oitié du volunie, et 63 feuillets sont entièrement occupés par des antiennes et des hymnes notées. De nouibreuses rubriques, des majuscules et de charmantes initiales, coloriées et diaprées, avec des appendices qui encadrent les colonnes, ajoutent encore de l’éclat à ce beau manuscrit. Le canon de IJ messe, commençant au folio 82, est le seul passage du livre qui soit écrit en gros caractères. L’initiale du canon con- II 3

tient une miniature à fond d*or, dans le genre byzantin; elle a souffert des injures du temps, et représente la Vierge et saint Jean au pied de la croix figurée par la lettre T.

Nous avons donné à ce manuscrit, le titre de Graduel^ quoiqu’il renferme tout ce qui constitue VAntiphonaircy le Eituel et même le Processional. En effet, on y trouve les antiennes des dimanches et des fêtes de Tannée. Les rubriques indiquent les cérémonies de Tautel, et Tordre observé dans certaines processions.

Ce Graduel est à Tusage de TÉglise de Paris. On Ut folio 7 ; iVo/i dicitur ad usant parisiensem ; et jolios 57 - 58 , Tordre de la procession qui avait lieu, le dim^che des Pameaux, depuis T^lise de Notre-Dame jusqu’à Téglise de Sain te* Geneviève du Mont Voici la rubrique : «Dominica in palmis palmarum, congregatis processionibus conventualibus in ecclesia beate Marie, capiceriis portantibus capsam et tribus clericis in albis paratis très textus; exitus de ecclesia nichil cantando ; et si eundum est usque ad ecclesiam sancte Genovefe de Monte, in cujus introitu nichil eciam dicitur« Facta autem benedictione palmarum et ramorum ab Episcopo vel ab alio de ecclesia beate Marie, stadm legitur evangelium, Cum appropinquasset, ab aliquo de ecclesia sancte Genovefe : quo finito, fit sermo ad populum : finito sérmone, exeundum est de ecclesia nichil dicendo ; cum autem exierit populus de ecclesia, incipitur a cantore antiphona Cum appropinquaret...» — « Cum autem ventum fuerit ante portam civitatis, ibi sistendum est, et incipitur a quatuor pueris, etc. » On lit encore, folio 187 : Illi episcopo et congregationi sancte Marie salas et vita.

Nous datons ce manuscrit de la fin du douzième siècle, parce qiTon ne trouve pas dans les litanies [folios 77 et 78) le nom de saiut François, canonisé en iaa8. Au surplus, certaines‘parties do Graduel dénotent une haute antiquité.

Une des pièces les plus curieuses du volume est une longue oraison notée pour le pape, le roi et la reine de France, Tévêque de Paris, et Tarmée française, cuncto exercitui Francorum vita et Victoria* Cette oraison solennelle est suivie d’une hymne sur la couronne royale de France.

Ce manuscrit est incomplet des trois derniers feuillets, qui peut-être n’étaient pas entièrement écrits. C’est une lacune peu importante; car le Graduel finit avec l’office de sainte Catherine, dont la fête est fixée au a 5 novembre ; et Ton sait que Tannée ecclésiastique commençait à TA vent.

224. Idée des finances. Manuscrit du xviii® siècle, sur papier; in-4 465 pages, mar. r. à comp. tr. dor. {Belle reliure du temps). i5o fr.

Ce manuscrit, dont la reliure est ornée de dauphins et de fleurs de iis surmontées d’une couronne ducale, paraît avoir appartenu au Dauphin, père de Louis XYI, Louis XVIII et Charles X, qui mourut en 1765.

L'ouvrage, écrit vers 1745, pourrait bien avoir été rédigé pour l’instruction de ce prince, alors âgé de seize ans. C’est un exposé très-complet de l’état financier de la France à cette époque, et en même temps un traité méthodique qui fait connaître l’origine et donne la définition de tous les impôts si divers, si compliqués, dont se composait le revenu de l’Etat sous l’ancienne monarchie. La ferme générale, les gabelles, les traites, les aides, les domaines, les tabacs, les postes, les parties casuelles, les forêts, les monnaies, forment autant de chapitres distincts, pleins de renseignements curieux.

Pour chaque généralité, l’auteur a dressé les états du prix des baux des sous-fermes des aides et des sous-fermes des domaines en 1726, 173a, 1738 et 1744? «vec les noms des financiers intéressés dans ces baux. Les sous-fermes des aides produisaient en i7a6 13,819,000 livres, et en 1744 i 5 ,o 55 ,ooo livres; celles des domaines, 1 3 , 33 1,600 livres en 1726, et i 5 ,oa 7 ,ooo livres

en 1744.

Il donne également le montant détaillé des impositions dans chaque province pour les années 1736 et 1789, et il en récapitule l’ensemble dans un tableau général dont voici les résultats. En 1735, pendant la guerre, les impositions de toutes les généralités du royaume s’étaient élevées à ia8,7o5,707 livres ; elles n’étaient plus en 1789, pendant la paix, que de 9i,a55,8a2 livres. Un troisième tableau nous montre que ces impositions s’étaient de nouveau accrues depuis 1789 et qu’elles montaient, en 174a, à 140,605,994 livras.

On voit ailleurs que les fermiers généraux, en 1744, âvaient le bail des postes pour 4 millions et qu’ils payaient à la compagnie des Indes 8 millions pour la ferme des tabacs, dont ils retiraient eux-mêmes plus de 10 millions.

Enfin il résulte de deux états placés à la fin du volume que les revenus du roi, c’est-à-dire de l’État, s’élevaient au total, pour l’année 1742, à *^57,905,994 livres, et les dépenses à

190,362,038 livres. Les détails de ces dépenses sont très-dévcloppés et intéressants à plus d’un point de vue.

22o. La. Guenedaiz. Enqueste sur le (lef dé la Guenedaiz, près Vernon. Manuscrit Am xvi® siècle, sur parchemin; in-fol. de 8 feuillets,cari, loo fr.

Manuscrit provenant de la collection A.-A. Modteil, et inter*^ folié de huit feuillets en papier, s^i^ lesquels oii a transcrit plusieurs passages de Tenquéteolâginale^ellecstdatée du 1^'février i 553 , et revêtue de q4»an?e signatures autographes.^

Cette enquête révélé un fait curieuse et assesirare dans les annales du droit féodale fkmorahleilKHBine Jehad ;Le Gousturier, grenetier «lu grenier à sel de Vemen, sieur de la Guenedaiz, fils et héritier de Simon Le Cousturier, avait présenté, le 22 octobre précédent, son aveu pour ladke seigneurie deda Guenedaiz, à Nicolas I^fclère, conseiller au « parlement de Paris et maître des requêtes de très-illustre piincesse Madame Renée de France, duchesse de Chartres, comtessede Gisorset dame deMontargis, et à Lyon James, son .secrétaire ordinaire, commissaires députés par ladite dame pour recevoir les iby-etrhommages à elle dus. Ces pominissaires renvoyèrent l’aveu de U seigneurie de laGuenedaiz au bailli de GisorS ou son lieutenanL /MMir ùcelux vêotr^ dé^ btUtre, ou intérigner, idnsi qii*il tmiiveroU efmsà faire. Jehan Le Coustiirier réunit alors qiiinzé témoins, habitant la Guenedaiz ou les environs, les<juels comparurent^ Je 1^^ février iSS3, par^^devant Guiliaûme Alorge, lieutenant du bailli de Gisprs, Guillaume Le Chéroii et Charles Duv-al, substituts de ravoeat,et du procureur du Roi. Lesrémoins prêtèrent serment, «et furent iuter- 4 *ogés sur la ooiiteiHince et la «qualité du fief, sur les droits dont jouissaient kfS seigneurs, etCv, etc. Puis, après cet interrogatoire, le juge'leur demanda comment ils savoie^itet cotgnQissoieni les dires de leurs dépositions. Les témoins répondirent unanimement qaUls en avaient congnoissance pour autant que depuis le temps de leur jeunesse^ ils ont veu etapperceu oculairement que les prédécesseurs tenans et jouissans dudit fief de la Guenedaiz percevaient et jouissaient sans contredict desdits droietz^ fraaçlUses et cügnitez piir eulx depposez, . ,

C^eci prouve que les aveux n’étaient par toujours reçus sur la simple affirmation du vassal. Le seigneur dominant avait le droit de soumettre les aveux qu’on lui présentait, à une enquête jur

clieiaire^ afin d’en débattre Us çlauses et d’en, constater l’exac* titude*

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