Les coNSEiiiS de la sagesse, ou Recueil des
maximes de Salorno (sic) les plus nécessaires à l’homme pour se bien conduire dans le commerce de la vie, avec des réflexions sur ces maximes. Manuscrit du xviii® siècle, sur
papier; in-foi. de a35 pages, magnifique reliure ancienne, mar. r. tr. dor. {^ux armes de Hardancourt.') loo fr.
Manuscrit db pb^seftàtion, en tête duquel se lit une épître dédicatoire adressée par l’auteur, M. de Chanterenne, à M. Hardancourt, directeur de la compagnie des Indes, seigneur des terres et seigneuries de Chantemesle, Logron, la Grange, Grand et PetH Bléville et autres lieux. »
En regard de chacune des maximes tirées des Proverbes de Salomon, et dônt le texte latin est accompagné d’une traduction littérale, M. de Chanterenne a placé, sous le titre de réflexions, un commentaire de sa façon, composé de seize vers et divisé en quatre quatrains.
Cette poésie est très-faible et parfois peu correcte, comme on en pourra juger par les vers suivants qui servent de développement à cette maxime : « Non est capiU nequius super caput calubri^ et non est ira super iram muiieris, »
De tous les animaux la plus mauvaise espèce Fut toujours le serpent; il nous causa la mort.
Instruit par le démon, sa dangereuse espèce A sur le cœur d*Adam fait un funeste effort.
Rien n’est plus dangereux qu’une femme en colère. '
Elle n’écoute rien, pleine de sa fureur ;
Le bon sèns, la raison, tout fuit cette mégère ;
C’est un tigre, en un mot, qui nous doit faire horreur.
On peut apprivober une bête sauvage,
Mais la femme en courroux ne peut pas se dompter.
Le plus léger sujet, un rien lui fait ombrage,
Au moindre contredit prête à se révolter.
Du venin du serpent c’est le malheureux reste,
Que Ton nomme fureur, caprice, entêtement ;
En elle du démon c’est l’ouvrage funeste;
Elle perd à l’instant l’esprit, le jugement.
Ne soyons pas trop sévéres pour l’auteur. Rien de plus modeste que sa dédicace à M. Hardancourt. S’il a écrit, c’est « pour occuper le temps qu’il n’a pu employer à servir les intérêts de son protecteur.» « Fatigué du poids de ses infortunes et peu chéri des Muses, » il n’a pas la prétention de « s’ériger en poëte. » Il y aurait bien de la rigueur à lui refuser l’indulgence qu’il réclame.