‹ Description raisonnée d'une collection choisie d'anciens manuscrits, de documents historiques et de chartes réunis par les soins de M. J. Techener, et avec les prix de chacun d'euxChapitre 7 sur 20 · Livre de fortificatioit, fait d’après les leçons · texte numérisé non relu

Livre de fortificatioit, fait d’après les leçons

du sieur La Scalle, mathématicien à Rome, en 1596 . Manuscrit sur papier ; in Fol. de Sg feuillets, parch. 60 fr.

Ce manuscrit contient 5 a figures de fortifications avec une explication en regard, et trois figures relatives à la mesure des distant ces. Nous ignorons si le sieur La Scaile prétendait, ainsi que Scaliger, descendre en ligne directe des anciens, seigneurs de .Vérone. Quelques articles de ce livre paraissent avoir été écrits par le professeur; les descriptions de boulevards et de bastions sont Tœuvre de Rélève, dont la signature, qui se trouvait sur le titre, a été biffée avec soin.

Le maître et l'écolier connaissaient imparfaitement lalangue française. Ainsi on lit sur le titre : Livre de fortificacion^ faite par les lésons du sieur La Scaile^ mathématique en Rome; et plus loin : cette façon dUstrument est commode pour prandre distances et se fait de tail mesure que Von voudra. Cet instrument, dont le modèle en carton est annexé à Tun des feuillets du volume, avait été, sans doute, inventé par La Scaile. On a ajouté trois planches gravées in-8, qui font connaître la figure exacte et l’usage de cet instrument de trigonométrie.

229. Lorraine. Comptes rendus au duc de Lorraine^ en i 6 ao, 1627 et i632, pour l’emploi de certaines sommes reçues et dépensées en France. 2 états en 4 feuillets, et 2 registres de 24 et 8 feuillets. Manuscrits sur papier, in-fol. parch. 225 fr.

Ces États originaux de recettes et dépenses, présentés par Gilles Tiercelin secrétaire du duc de Lorraine, au nom et à la décharge de M. de Chanvallon et du marquis de Bréval, surintendants des affaires dudit duc en France, vérifiés par des commissaires spéciaux, et approuvés par le duc de Lorraine, sont revêtus des signatures autographes du duc, des commissaires et d’un secrétaire.

Les surintendants des affaires du duc de Lorraine en France, étaient : Jacques de Harlay, seigneur de Chanvallon, le célèbre amant de la reine,Marguerite, qui mourut, fort âgé, à la fin du mois d'avril i 63 i; et son fils, Achille de Harlay, marquisde Bréval, morille 3 novembre 1667 • 1 ^ traducteur, en ^français.

des ceuvres de Tacite* GeUetradiictionikit iaipriinée pourla pre* iniêre fois ei| 1644. . , r . 1 :

Les fonds confiés à la gestion deM.deUianvalloii, secomposaient d’une pension annuelle dequarante mille livres que hroide France avait prié le duc de Lorraine d*accepter^ pour témoignage de leur amitié et des em|^runts^eoMiiactéS' en Ptntice par le

duc. '■ ' ‘ - '■ • ■ ' • • ^ .

Les deux premiers comptes, rendus le t ) 'avril tfiao,'constatent l*empk>î d^iifie somme de 71,000' livres, /^/nveriar/rf rfe deniers secrets. Ces comptes sont srgnéspai^ quatre commissaires : Charles de Tomielle, grand-rtiaîire de la maison'dU duc de Lorraine et surtntendànt dé ses finances; Yoillor, premier secrétairé'Oés eoinmandements; de Pullenoy, trésorier général; et Janiii, secrétaire; Farrété'est signé par le duc Henri.

Henri II, duc de Lorraine, mourut le juillet 16^4. ItèUt pour successeur sou frère, François de Yaudemont, qui abdiqua; le a6 novembre 1614» faveur de son fils, duc de Lorraine, sous le nom dé Charles IV.

Le troisième compte, rendu le i 3 février 1617, comprend les années i6ao-i6i6; cW-à-dire quatre années et demie du règne du duc Henri 11 ^ et deux années et demie de celui du due Charles IV. ‘ ^ . .

La pension de 40,000 livres n’était pas payée régulièrement* Ainsi, en 1617, il était dû au duc de Lorraine, 10,000 livres pour i6i4; 17,500 Jjvres pour 16 ï5; 40,000 livres pour 1616 et 1617; i4,5oo livrenpour ifiifi. On n’avait pu obtenir d’assignation pour l’année i 6 i 5 , è pause delà banqueroute du sjeurFejdpau.

Puis «n était obligé de composer avec les financiers cl^avgé^ du payement. Gilles Tiercelin déclare qu’il a fait des compositions pour assurer la solde de la pension, de crainte que les assignations ne fussent diverties, et qU’on ne perdit tont. V.es compositions s’élevèrent, pour huit années, à la somme de 95,5oo livres.

Pour subvenir à leurs dépenses, les ducs de Lorrarne empruntèrent en France, à divers particuliers,' de x6io à 1616, deux cènt quinze mille francs. Et le duc Charles IV, qui a arrêté et signé ce compte en 1617, reconnaissait devoir à'M. de Chativalon, quatre-vingts inilie livres. "

Le quatrième compte, rendu le i 3 février ifiBi, au nom du . marquis de Bréval, fils et héritier dü feu siéur de Chânvalon, comprend les annéès 1615-1619.— La pension des années i 63 o et i 63 i ne fut point phyée. Charles IV avait donné asile dans ses

États à Gaston, duc d'Orléans;'l^uts envahît la Lorraine,

et, en i 634 , le duc se fît cbnlràint <l*^sbdit[uèi*’ Le compte de i 63 a est le dernier dans lequel a dû fig^irer la pension de 40,000 livres accordée par le roi de France, tàmoignuge d'une amitié réciproque» ■ .

Ce compte fut arrête le fê^riei*'l 63 a, et signé au château de Nanci par sept commissaire^ et .p^r let duc. Çhfirles.

On trouve dans ces cc^npies, plusieurs artÂeks^relatifs à l'iiôtel de Lorraine, sis à Paris dans^ la cetisiv>e de lâ‘' e6mmanderie du Temple, soit pour des'rêparatiôm,'sort pioîiii* il payement d’un cens annuel de 4 livres 18 sols 5 deniers, dû au grand-prieur de France, ou de la cotisation pour les pauvres^fixée par anà i 3 livres. Nous transcrivonsl^avticlesuivaUtyqnfnous a paru curieux: « Pour les frais d’un arrest obtenu afü'conseil ftoi, avec com • mission portant défenses de passer outre aux saisies réelles faites sur l'hôtel de Lorraine à la reqi^odos.^créanoiers de la maison de Bouillon, piétendant avoir hypothévfiie s^ir Jametz, et ayant obtenu arrest du parleinént pouF seT [loürvôir ^iir les biens que son ,altesse^(le duc de Lorraine) possède en France ^ la;soj;nm&de 8 pistoles, valant 04 livres 16 sols. .v , , ,,

La duchesse de Lorraine, Nicole,jouait du luth,,car on ilit dans le troisiènae compte : Pour le racoustragç du luth appiurjtenant à l’Altesse de Madame» liv..4solf. » i

230. Louis Xïv. Dernières paroles du roy Louis XIV, dans la maladie dontiil est jûmrt^ la septembs'è 1715 . Manuscrit du xviii® siècle ; a de 3o pages, cart. ■ ^ 35lfr.

Nous avons lu dans un' recueil dé pièces, com^bsé ^èrs 1718, une chanson ^e ^t^/cQupletSsi,^^ M /UOrf de J^uù .XlF^ Ajr : O reguinguc, 6 ha QujçhfneS:;c^pJfltÿBi ,<j^ cetterésjUr

ment exactement, j^s%ex.pu|j[^te^ les dernière§

paroles de Louis XIY.^ Nous nous empressons d’pfCrirtài.nps Jec-i teurs cette analyse rimée : = . ^ i<s - ,1 .

ïf (/tf itoij harangua d’un sens égal' '

Toüs les princes dtt'sang royal : ' .

Mémo fe Dâtiphin en personne, ^

î Et Mainlenoïk^la ttiite bonne* ^ i 1; ^ >

le nieuh, âit-it ; car tout prenJ lia.'

’'’Vbiiâ pHnce*,^pûrlat4iaû‘Dauphîn, ' " ’

imitas TOtre père.

Régnez en paix : jamais de guerre.

Vous, Monsieur le duc d’Orléans,

Pour mon fils regentez céans.

Desmarets je vous recommande,

Homme de probité très'grande.

Et fous, cher objet de mes fœux,

Je fous (lis mes derniers adieux.

Louis fous regrette, mignonne,

Bien plus qu’il ne fait sa couronne.

Vous tous, princes, petits et grands.

Soyez unis dans tous les temps.

Vous êtes tous parmits, je pense;

Vivez en bonne intelligence.

* Deux ou trois jours après cela,

Un empirique le traita.

Mais que l’heure, ou non, soit venue.

Comme bourreau, médecin tue.

Notre manuscrit en prose dit que cet empirique se nommait Brun, et qu*il fit prendre au Roi dix gouttes d*un élixir infaillible contre la gangrène.

Les derniers feuillets contiennent le texte d*une lettre que Louis XIV écrivit peu de temps avant sa mort, pour être remise à Louis XV| lorsqu’il aurait atteint l’âge de dix-sept ans.

231 . Mémoires de la généralité de Limoges, mdcxcviii. Manuscrit in-(bl. de i66 pages. Écriture de la fin du XVII® siècle, mar. r. Ir. dor. et doublé de mar. rouge dentelle. {Belle reliure ancienne^ 200 fr.

De tous les mémoires rédigés sous Louis XIY par les intendants des diverses provinces de France, celui qui concerne la généralité de Limoges est certainement un des plus intéressants par l’abondance, la variété des renseignements, et surtout par la singulière liberté des appréciations.

On sait que la généralité de Limoges comprenait, outre le Limousin, l’Angoumois, la Basse Marche et une petite partie du Poitou enclavée dans l’élection de Bourganeuf. Le rédacteur du' Mémoire n’omet rien de ce qui se rapporte à l’étal ecclésiastique, civil, agricole et commercial de ces divers pays. Il s’attache aussi à peindre les mœurs des habitants ; ses jugements sont, en gé-

néral, sévéres, et on voit que le tableau n’était pas destiné au grand jciur de la publicité.

«Les habitants du haut Limousin sont grossiers et pesants, mais laborieux et entendus pour leurs affoires; vigilants, économes jusqpes à Tavaiice, jaloux, défiants et craignant le mépris ; durs sur les recouvrements des deniers du Roy, mais néanmoins obéissants quand ils sont pressez, peut estre autant par crainte que par bonne volonté. D’ailleurs, fidèles à leur piince, comme ils l’ont témoigné en plusieurs occasions. »

Ce portrait peut paraître flatteur si on le compare à celui des populations du bas Limousin. «Les habitants de ce pays, et principalement ceux de la ville de Tulles et des environs, sont déliez, insinuants, cachant sons des dehors plus nobles des inclinations du n^oins aussi intéressées, mais plus sujets encore à leur vengeance qu’à leur intérest; accoustumez à former des brigues pour servir leur haine, et s’unissant tellement par ces cabales, que la querelle ou l’affaire de chaque particulier devient celle de tout un party et se trouve combattue par le party opposé. Us passent mesme quelquefois par-dessus les droits les plus sacrez et n’épargnent ny les faux témoins ny les faussaires, qui se trouvent dans ce canton à meilleur marché qu’ailleurs. »

Pes traits non moins vifs se rencontrent dans les jugements portés par l’intendant sur plusieurs conseillers, procureurs du roi ou autres officiers des présidiaux et sénéchaussées du limousin et de FAngoumois, dont il cite les noms en toutes lettres.

La noblesse, mieux traitée que la magistrature, occupe une place importante dans ce mémoire. Les détails sur tous les fiefs de la généralité de Limoges et sur les seigneurs qui les possédaient en 1698 offrent beaucoup d’intérêt pour Fhistoire des familles.

M^hoires sur l’Alsace; manuscrit in'4) sur papier, de 3^4 pages, mar. rouge, fil. à comp. tr. dor. {Ane. rel. du temps.) i5o fr.

Ce volume, d’une remarquablement belle écriture*^ du commencement du XYIIF siècle, fait partie de cette importante collection de mémoires (restés inédits) que Louis XIV fit rédigerj vers l’année 1700, pour connaître à fond Fétat matéiîel et moral ainsi que les ressources de chacune des provinces de France, et qui sont connus sous le nom de Mémoires des intendants.

Après des notions générales sur la géographie physique et les divisions territoriales de TÂlsace, on trouve dans notre raaouscrii un exposé trçs-coinplet et iiiinutieiise«()|;a 4 détaillé de l’état de la province au peint de; vue ecelé^astique^ militaii^^ financier, industriel et commercial^ avec des développements liistoriques qu’il ^rait difficile de rencontrer ailleurs. Ces mémoires m’étau^ pas destinés à la publicité, les usages^ les mœurs du pays, le caractère des habitants y sont jugés en toute Uberté^ et parfois d’une façon très-piquante. ’ > '

Nous devons signaler encore coiÉtne d’un;grand intérêt pour l’histoire, nobiliaire, l’état des familles nobles de la haute et de la basse Alsace, avec les noms des térres qu’eUes possèdent et Vindicatian des services rendus oudfe-la position occmfée par le chef de chaque Tamille. Ces renseignem^ts sont d’aiitaia plus précieux ^’ils émanent d’une source officielle. ,

Le calligraphe qui a exécuté ce beau manuscrit a placé son nom, en très^^petits caractères^ au bas^de la dernière page. Il se nommait Ducavxiv et il a exécuté ce gros volume avec une perfection comparable aux plnr beaux volumes écrits par .Nie* Jar r y, Rousselet et Gilbert. . . . .. . .. .1

. ■ ii . . îi i,. J ii; , ■

233. Nôels Aucimv&iET sovytàvx. Marwerii de Tan î6oo; petit in^4j' dessins côloriésj airs iiotéu, mari r. compart. semés Üé fleuri dôr. à pet. Terà, fi\. {^Reliure du temps.) / , 65o fr.

Manuscrit de loodeuilletsv curmux et singulier par la lorme èt par le fond ; Les vingt premiers fetiilleu, nbn chiifrésÿ contiennent uno^blealphal^tiquedes Noëls^^t dix^sept portraits de saints. La belle reliure, exécutée vers 1600, et dorée à petits fers, porte sur les plats le nom de Gabriel Hubert.

On Ut sur la bwdàVe^iit %à6adi% ünéiit^juscâle,-pt 79:- Ga^ briel Hubert^ apotieq^ire de Jfogent-l^Rotj^^ a fyiet efi présent recueil de cantiques de Noël^ en Van 1600 \ et, page 68 : Philippe Hubert, mon fils, 1600. Ainsi, cette collection de 94 noëls .est l’œuvredHiû apothieâiré Üe* Nogenti C/fest |yourquoi;>ses^ armes sorit peiiites! Sûr ie péeiiiiér * feuillet. En Voibi k description: : D*azHr, it irbîs piéÉ itu naturel, a et 1; — chwier : f 7 >ie fièur-délis =rfVv, entré deux croix du pied haussé aussi éVot. L’écusson est souienu par deux magnifiques griffons,''au^de9Stts û*un mortier d*apothicalée/ide sinbple cerclé d*or, garni de deux pHons d*ar-

MiWÜSeRlTS. 45

genti le tout entouré de> branches d’olivier et orné des chiffres de Gabè'iel et Philippe Hubert. . ' v^

jLes iliüsti'adons ile ce violâmes dessinées et coloriées à rimitatiôii >des anciens manusmts, se conoiposent de 17 figures en pied^ représentant > desi sain ts ; de 1 3 : taUeaux, dé la grandeur d’une page; de 89? majuscules très-compliquées ; de nombreuses figures et de médaillons peints sur les marges. L’artiste qui a fait de si belles choses n’est autre que le fils de l’apothicaire, Philippe Hubert, prêtre régent au collège de Nogent,

On trouverait difficilement des portraits de 'saints qu’on pùt comparer avec les dessins colbriéS de PlVil^pe Hubert. H est impossible de décrire les figures extraibrdinairèâ de saint Pierre, saint Jacques, saint Jean, saint Luc et saint'Matthieu, les plumes mal taillées et les mains crochues des quatre Evangélistes, les pieds de saint Simon et de saint Matthieu, l’aigle de saint Jean et le bœuf de saint Luc. Les pauvres saints ! on les croirait tous goutteux. ,

Les i 3 tableaux ont été copiés sur d’anciennes miniatures. Mais quel déssift et ^uel cblorîs? La pièce la plus curieuse est l’annonce de là bonne nouvelle. Bergers, brebis et chiens sont mélés d*uue étrange façon. On admire la factiwe étbnnante d’un chien jaune, posé dans le fond, Sur Uné cîniïienée. Les figures et les médaillons, peints sur les marges, sont du meme style que les autres dessins.

Les 89 grandes majuscules coloriées qui, avec leurs accessoires, occupent souvent la moitié d’une page, offrent de l’intérêt. La plupart sont originales et d’un dessin fort compliqué. Philippe Hubert a prodigué leS;masques grotesques qu’il a,presque toujours parfaitement réussis. Ces majuscules sont à traits de plume ou en eutrelas de différentes couleurs, surchargés de figures, de banderoles en spirale et d’animaux fantastiques bizarrement contournés.

Les noëls que renferme le volume forment trois séries. La piü^mici'e comprend 7/1 cantiques, extraits d’anciens recueils imprimés ou inédits de la fin du seizième siècle. La seconde série, treize cantiques du premier adpénement de JéstLS-Christ, par le comte d*Alsinois (Nicolas Denisot). Ces treize cantiques d’un concitoyen de Gabriel Hubert, avaient été imprimés en i 553 ; dans notre manuscrit, ils sont accompagnés des airs notés. Enfin, la troisième série, sept cantiques du nouveau advénement de Jésus^

Christ^ faictz en cette année i SgS, pàr vénérable et discret messire Philippe Hubert, prestre régent au collège de ce lieu de Nagent.

On reconnaît dans cette collection, d’anciens Noëls déjà publiés. Mais un grand nombre de ces cantiques, écrits en patois et inédits, ont été faits et chantés dans le Perche, dont Nogent-le-Rotrou était la capitule. A l’appui de cette assertion, ifous citerons seulement les couplets suivants :

Prions à Dieu qu*il luy plaise Chasser la noyse et Ir guerre De ce peuple Nogentois,

Et délivrer nostre France De donleur et de souffrance,

De gens iniques et pervers.

Prions à Dieu qu*il luy plaise Chasser tous ceulx qui empescbent Nostre comte soissonnois De gouverner les provinces ;

11 a tous, nostre prince.

Prions pour luy, Nogeutois.

Le comte de Soissons était Louis, prince de Condé, tué à Jarnacen 1669.

A son aide, douce Tierge pucdle,

Tout le peuple 4 c Nogent si Pappelle.

Fortune, diverse,

Qui luy est perverse.

Le tient en ses las;

Il vit en souf&anc»,

Mus que nul de France,

Criant, hé! Dieu, hélas !

Quelques passages sont dirigés contre les protestants ;

Qu’il nous garde, ses aigneaux,

De ces vieux loups et nouveaux Qui sont en ce pais de France;

Qu’il les mette en four chault Et nous en paradis là haut.

Certains noëls sont mêlés de latin et de français : ^

La Trinité en soit louée In nobîli sacrarh ;

De tout mon cœur et ma pensée,

Benedicamus Domino.

Honoré Dieu, je te mercie,

Noël, Noël nay de Marie.

Enfin, plusieurs cantiques fort longs se distinguent par des facéties assez triviales : chansons populaires des campagnes du Perche, composées par des bergers, et adaptées à des airs connus. Cette poésie exceptionnelle n est point assujettie au exigences de la rime. Les fabricants de noëls ne songeaient guère à la prosodie. Voici un échantillon de leurs œuvres :

Yray Dieu ! commeot Degringlotterons Nau ?

Nous le degriugliogo glingotterons bien,

Puisqu'à^degringlotter Convient aux pastoureaux.

Allons à la veille,

Allons voir Noël,

Portons la bouteille De bon vin nouvel.

J'ay pommes et poyres, lia charge d*un asne,

Et de bon gastel A chanter Noël.

Si madamoyselle Fust encore icy,

Elle est bonne et belle ;

Estant jusques icy,

Iroient i l’église Le curé et eux.

Disant leurs matines.

Qu’ils seroient joyeux !

A la Gauberdière,

C’est un très-beau lieu, etc.

N’oublions pas les cantiques inédits de Philippe Hubert, prêtre, régent, dessinateur, peintre et poëte. Voici le début de son sixième noël :

Combien que la belle aurore Soit naissante du soleil.

Qui ce grand monde décore Au beau de son teint vermeil.

Toutefoys vient la première Et celle qui la produit.

Qui lui donne sa lumière, Gomme sa mère la suit.

Tout ainsi la Vierge mère, Fille du Dieu tout-puissant.

EQCaote.éon fon pèrei . .

par moyen eçbahissant.

Nousfiou.s abstiendrons de transcrire les dix-neuf couplets suivants. C*est à regret qne nous mettons fin à nos citations; car^ plus nous parcourons ce manuscrit, plus nous le trouvons intéressant et curieux.

234. Paris. Papier terrier de plusieurs maisons SISES A Paris, dans la censive du Parlouer aux Bourgeois. Manuscrit du xvi® siècle; pet. in-fol. de 1 5o feuillets, relié. aSo fr.

Manuscrit précieux pour Thistoire de la ville de Paris. — Ce papier terrier a été rédigé, de i54a à i547, par deux notaires commissaires en cette partie, qui reçurent les déclarations des censitaires, au bureau de la ville.

Voici les noms des rues, dont nous avons le dénombrement. — Rues de la Vannerie; de Saint-Jacques la Boucherie; de TEscorcherie, dite la Guespine; de Saint-Christophe en la Cité; du Marché-Palu; — Le Petit-Pont. — Rues Saint-Julien le pauvre; Sainte-Geneviève du Mont; aux Poirées; Saint-Jacques. — Le carrefour Saint-Severin. — Ruesdu;Petit-Poiit; de Saillembien; de Saint-Severin; de la Huchelte; de fAbreuvoir de Mascon, dite la vieille Bouderie; — La place du pont Saint-Michel. — Rues des Poitevins; du Batouer; de Hante—feuille; du'Palais do Terme, dite des Mathurins; de la Herpe; du Foin ; de la Mégisserie; du faubourg Saint Denis.

Chaque déclaration est suivie d’extraits des titres de propriété, qui rempotent quelquefois au quinzième siècle, et contiennent des renseigiien^nts inédits sur certaines familles. On y trouve cités des établissements religieux et plusieurs collèges. Nous indiquerons d’abord les collèges de Sorbonne et de Cambray ; puis, dans la rue Sainte Geneviève, le collège de la Marche, dont le principal, en i54i, se nommait Jehan Chollet; dans la rue aux Poirées, le collège de Rains et de Rethel; principal, en i 542 . Jehan de Rueil, docteur en théologie; et dans la meme rue, le collège Notre-Dame des Dix-huit : principal, Guillaume Ribou, docteur en théologie ; le collège Fortet, et celui des Quatre- Nations. . à

Il est impossible de rappeler tous les noms des nobles, des magistrats, des marchands, etc., etc., qui sont inscrits dans ce

MANÜSCTITS.

terrier. Nous signalerons seulement Pierre Dugard, tapissier du Roi, propriétaire d’une maison sise rue du Marché-Palu, à l’enseigne de la Ratière; et Guillaume de la Ruelle, maître des œuvres de maçonnerie du Roi, demeurant rue Saint-Julien le Pauvre, à renseigne des Maillets. Nous ferons observer, à cette occasion, que la plupart des maisons de Paris avaient des enseignes, qui servaient à les distinguer.

On trouve encore dans ce manuscrit les noms de plusieurs libraires et imprimeurs vivant en iS^a, ou n’existant plus à cette époque: Jehan de Rugny, Robert Ëstienne, Michel Urbersa, Josse Radius, François Régnault, Didier Maheu, Jean Passer dit Barbier, Jacques le Forestier, imprimeur en 1499 » Jean Bonhomme, Loys le Royer, Jean de Brie, Pierre Deane. — Michel Urbersa, Jean Passer, Jacques le Forestier, Louis le Royer et Pierre Deane ne sont point nommés dans le Catalogue des libraires de Parisj par Lottin. De plus, ces déclarations fournissent des détails curieux sur les familles de ces libraires et imprimeurs et sont fort utiles pour corriger certaines erreurs qui se sont glissées dans le Catalogue que nous venons de mentionner.

Enfin, nous citerons le dénombrement des maisons construites sur le Petit-Pont. Dix maisons ou loges^ sises du côté à^amont^ dont la première tenait au Petit Chastelet, et la dixième à l’Hôtel-Dieu, étaient possédées à titre viager, ou à bail limité, par des marchands ; cependant. Tune d’elles était habitée par Jacques Fradel, maître joueur d’instruments. — Du cpté d’ara/, on ne comptait que six maisons, parce que PierreChauberon, marchand mercier, possédait un long bâtiment, n’ayant qu’un rez-de-chaussée, et s’étendant depuis la cinquième maison jusqu’à la dixième. La première tenait au Petit Chastelet, la seconde et la troisième étaient possédées par noble homme Guillaume de Marseilles, seigneur de Maisons-sur-Seine; trois maisons portaient pour enseignes les Quatre Vents, le Cheval échappé et le Croissant.

Cette courte analyse suffit pour indiquer combien d’articles intéressants peuvent être extraits de ce terrier.

Le 17* et 19^ jours de mars t 53 g, par-devant les Notaires commissaires en cette partie comparurent :

Jehan de Rught, libraire, Jherosme Lecaînne^ bonnetier, Robeht Estieitni, aussi libraire, et Michel Urbersa, aussi libraire, tant en leurs noms à cause de leurs femmes, filles de feu M** Josse Radius, en son vivant marchant libraire, et encore lesdits de Ruigny et Robert Ëstienne, comme tuteurs des enffans myneurs dudict deffunct B^ius;

Il 4

Lesquels es noms que dessus ont dict et déclairé qu*ilz sont détenteurs et propriétaires d*une maison assise en ladicte rue Saint Jacques, qui fut Jehan Lesaige, en laquelle pend de présent pour enseigne le Salemendre, tenant d’une part k l’hostel de l’Ymaige Saint Nicolas appartenant à Didier Maheu^ imprimeur, et d’aultre part à Thostel des Quatre Fils Hémon, aboutissant par derrière au Colleige de Cambray ; et que sur ladicte maison dessus déclairée, MM. le préTost des marchans et eschevios de ladicte ville de Paris ont droict de prandre et parcevoir par chascun an, au jour sainct Remy, un denier parisis de cens et fons de terre, portant lotz, ventes, saisines et amendes quand le d» y ecbect, etc.^

Ledict de Rugny est depuys comparu par-devant lesdietz notaires, lequel a dict et déclairé que ladicte maison cÿ-di»sus déclairée a esté depuys adjugée par sentence des requestes du parlement, confirmée par arrest de la Cour, aux Religieulx de Fromont.

Cet acte fait connstitre les quatre gendres de Josse Badins^ parmi lesquels est nommé Michel Urbersa, libraire qui n’est point cité; et de plus, nous apprend qu’en iSSq, Jean de Rugny et Robert Ëstienne étaient tuteurs des enfants mineurs de Josse Badins.

Le 3 mai i54o, par-devant les Notaires commissaires en cette partie, a comparu :

MAoniLBiirx Bouesictx, veste de feu Frakçots Régnault, en son vivant libraire, laquelle a dict et déclairé qu’elle est à présent détenteresse et propriéteresse d’une maison assise à Paris rue Sainct-Jacques, en laquelle pend de présent pour enseigne TÉléfant et auparavant le Barillet, tenant d’une part à la maison de la ^ulle et d’autre part à la maison de l’Ange, aboutissant par derrière à Sainct-Jehan de Latran, etc.

Ledit jour a comparu Guillaume Rollant, marchant et bourgeoys de Paris, lequel a dict et déclairé qu’il est détenteur et propriétaire d’une maison assise rue Sainct-Jacques, en laqurile d’ancieiineté soulloit avoir pour enseigne le Mortier d’or et de présent la Couronne, qui fut Françoys Régnault^ marchant libraire et bourgeoys de Paris, qui la lui vendit en i5ao, etc.

Cet acte prouve que François Régnault ne mourut pas en i55i2, mais qu’il avait cessé de vivre avant le 3 mai i54o; de plus, que sa veuve se nommait Boursecte, et non Bourselle. Lottin.)

Le 3i mars i54a, par-devaut les Notaires commissaires en cette partie, est comparu :

Didier Maheu, imprimeur, lequel a dict et déclairé qu’il est détenteur et propriétaire d’une maison assise rue Saint-Jacques, en laquelle pend pour enseigne Sainct Nicolas, tenant d’une, part à la maison où pend pour enseigne l’ymaige Nostre-Dame, d’autre part aux hoirs de feu maistre Josse Radius, aboutissant par derrière au Colleige de Cambray ; ladite maison chargée envers les Prévost des marchans et Eschevins de la ville de Paris, de soixante sols parisis de rente ; d’autres soixante sols de rente envers le Colleige de Sorbonne ;

et de douze lirres dix sols de rente envers les Maistres et Gouverneurs de la ' confndrie Nostre-Dame, fondée en sa chapelle en Téglise Saincte-Opportune, etc.

Cet acte prouve que Didier Maheu exerçait encore en i54a la profession d’imprimeur. [Foy, Lottin.)

Le aa novembre par«devant les Notaires commissaires en cette partie» est comparue :

Aoivàs SnssxBiK» vesve de feu Lots Li Rôtie» en son vivant marchant libraire et bourgeojs^de Paris, et auparavant de feu Jihak db Betè (aussi marchant libraire)» tant en son nom à cause des acquisitions par elle faictes cy après déclairées» que comme tutrice et curatrice des enfhins myneurs dlms dudict deffonct Le Royer et d’elle»

A dict» dédairé et confessé qu’elle est à présent détenteresse et propriétéreste d'une maison assise k Paris rue Sainct-Jacques» en laquelle pend pour enseigne le Pot d’estain» faisant le coing de la]rue des Noyers» tenant d’une part à la rue des Noyers, d'autre part aux hoirs et ayans cause de feu M* Florent Hamelin, aboutissant par derrière k Jehan Gherière et d’autre bout a la dicte rue Sainct-Jacques» en la censive du parlouer aux bourgeoys de la ville de Paris» et chargée envers elle de deux deniers obole parisis de cens» etc.

Suivent les actés d’acqubition de la maison ci-dessus déclarée.

Il en résulte que Jkhait db Buts, libraire, acheta cette maison» par acte du 5 mai i5aa. Il mourut avant le i4 avril i5a3» laissant cinq filles: Perrette, mariée à Pasquier Eschart» marchant boulanger ; Claude, femme de Pieebb DEAKB»-roarchant libraire; Geneviève, femme de Noël Sussebin» marchant; Jehanne et Marie.

Agnès Sussehiny veuve de Jehan de Brye, resta propriétaire de ht moitié de cette maison» et chercha à acquérir l’autre moitié appartenant par cinquième aux filles de J. de Brye.

Par acte du i4 avril i5a3» elle acheta les deux parts de Perrette et de Claude. — Elle se maria» en ^secondes noces» avec Loys Le Royer, libraire» et ils acquirent conjointement» par acte du 3 juillet i5a7» la part de Geneviève de Brye» plus les trois quarts du cinquième qui avait appartenu à feue Jehanne de Brye.

Enfin» par acte du 3 mai x533» Agnès Sussebin^ veuve àeLoys Le Royer^ devint propriétaire de la maison tout entière» en achetant des trois sœurs survivantes la part de feue Marie de Brye.—

Il ne fallut pas moins de dix ans pour obtenir ce résultat.

Cet acte fait connadtre deux libraires non cités dans Lottin : Loys le Royer» qui épousa» vers iSa 7 » la veuve de Jean de Brie et mourut avant le 3 mai iS33 ; et Pierre Deane^ l’un des gendres de Jean de Brie. Cet acte fournit encore des rénseignemens cu^ ricux sur les cinq filles de Jean de Brie.

Ambroise Paré fit imprimer la a® édition de la Manière de traiter les plaies faites par arquebuse s y à Paris, la veuve de Jean de Brie^ 1 552. Cette veuve ne pouvait être qu’Agnès Sussebin. Il nous parait extraordinaire que cette dame, veuve en i533 de Loys le Royer, ait repris le nom de son premier mari, en i552.

Le 17 juin i547, par-devant tes Notaires commissaires en cette partie, est comparu :

Jehan Bonhomme, marchant, Vun des quatre libraires jurez de /*Université de Paris, lequel a dict, déclairé et confessé qu'il est à présent détenteur et propriétaire d*une maison assise en la rue du Palais du Terme, appelée la maison de la Caige, de quatre corps d’hostel, court, quatre caves, aisances et apparlenauces, à luy advenue et escheue tant de son chef comme héritier de feu Jehan Bonhomme son père, que par don à lui faict par feu M* Jacques Bon^ homme son frère, icelle maison assise rue du Palais du Terme, autrement dicte la rue des Mathurins, tenant d'une part à l’hostel des Carneaux, d'autre part à l’hostel de Harcourt dict de Lorraine, appartenant de présent à M® Gilles Magny, advocat du Koy en la Court de Parlement, et à Thostel de l’Étrille- Fauveau, etc.

Cet acte fait savoir que Jean Bonhomme IP du nom, libraire, exerçait dès Tan i547, qu'il avait succédé à son père, dans la charge de Vun des quatre libraires jurésy et qu'il avait eu un frère^ nommé Jacques, mort avant le 17 juin i547. (Tous ces renseignements sont omis dans Lottin.)

Le i*' février i5ai. Jehan Landre, apothicaire à Paris, avait pris à rente une maison sise rue Saint-Jacques, de Nicole Bérault, avocat en parlement, et Esliennette Le Painctre, sa femme, auparavant femme de feu Jehan Passer, dit Barbier, en son vivant imprimeur.

Le 14 mars f499> vente d'une maison sise carrefour de Saint-Sévérin, par Jacques Le Forestier, imprimeur de livres, à Denis Charpentier, procureur au Châtelet.

Jean Passer dit Barbier, imprimeur avant iSai, et Jacques Le Torestier, imprimeur en 1499 , le Catalogue

de Lottin.

Le 8 avril i54o, par-devant les Notaires commissaires en cette partie, est comparu M« Jehan Thibault, procureur du Colleige de Sorbonne, lequel ou dict nom a dict et déclairé que audict Colleige de Sorbonne compectc et appartient une maison assise en la rue du Palais du Terme, en laquelle pend pour enseigne rEstrille-Fauveau, tenant d’une part à Jehan Bonhomme, d’autre part à une maison appartenant à Madame d'Orgeval, et que sur ladicte maison MM. les Prévost des marchans et Eschevins,^ etc.

Ledit jour et an, ledit Thibault déclara que le Collège de Sorbonne possédoit une maison assise en la rue Saint-Jacques, où pend pour enseigne le Soufflet vert, contenant deux corps de logis et deux cours, tenant d’une part à la mai-

MANUSCRITS. B3

son de la Bouteille, et d’autre part à la maison de la Caige, aboutissant derrière au Collège de Calny^ etc.

La maison du Soufflet vert était habitée, au xv® siècle, par uu libraire-imprimeur dont le nom est inconnu, et qui exerçait en 1476 , 1477 et i479- Lottin, a* part., p. 17 / 1 .)

235. PARIS. — Registre d’emprunts forcés , faits par ordre de la reine mère Catherine de Mé- Dicis, pendant les mois d’août-dècembre i562. Manuscrit in-fol. de 38 feuillets reliés. aSo fr.

Manuscrit très-curieux qui se rattache à Thistoire de Paris au XVI* siècle. Le fait dont il donne la preuve a été oublié par tous les historiens. Le massacre de Vassy provoqua, en iSôa, la première guerre civile. Après avoir saccagé Beaugency, le prince de Condé s’empara d’Orléans qui devint le quartier-général des calvinistes. Catherine de Médicis, le roi de Navarre (Antoine de Bourbon), et les triumvirs, c’est-à-dire, le duc de Guise, le connétable Anne de Montmorenci et le maréchal de Saint-André, assemblèrent une armée pour s’opposer aux progrès des calvinistes. Mais les profusions du roi Henri II avaient épuisé le trésor de l’État. Pour solder les troupes, il fallut recourir aux expédients. On s'adressa au prévôt des marchands et aux échevins de la ville de Paris, qui consentirent à prêter au roi cinq cent mille livres tournois, remboursables le 3i décembre suivant, sous la gnrantie des biens--meuble s et immeubles de la reine-mère, du roi de Navarre et du cardinal de Lorraine, Il s’agissait de défendre la religion catholique : tous devaient concourir à cette œuvre sacrée. En conséquence, des délégués du corps de ville taxèrent d’offlce les nobles, les bourgeois, les marchands, les abbayes, les chapitres, les magistrats, les collèges, etc., à des sommes plus ou moins considérables, selon leur fortune présumée. Quelquesuns des cotisés réclamèrent et obtinrent une modération de taxe. Ainsi le banquier Bernard dal Barbigia ne paya que six cents livres, au lieu de douze cents. Nous ne pouvons faire connaître plus exactement la forme de ces emprunts, qu’en reproduisant un article du registre.

« Le 7 août i56a. — Lesdits procureurs confessent devoir à noble homme maître Nicolas Prévost, conseiller du roy en parlement ès enquestes de ladite cour, à ce présent, la somme de 3 oo livres tournois, de laquelle il a fait prest, et c’est assavoir en

vais$elle d’argent pesant 14 marcs 4 onces 1 gros d’argent, à raison de i 5 liv. i 5 sols le marc, aaS liv. la sols 6 den. pièce et 56 liv. 17 sols 3 den. en a 3 escns pistolletz à 49 sols pièce, et 10 sols 3 den. monnoye; de laquelle somme, du consentement desdits sieurs procureurs, a esté en la présence des notaires soubzscriptz, foumy, baillé et mis ès mains de noble homme Raoul Moreau, conseiller du roy et trésorier de son espargne, la somme de 284 liv. 8 den.^ tant pour ce qui est revenu à la fonte la valeur desdits i 4 marcs 4 onces i gros d’argent, et lesdits 56 liv. 17 sols 3 den. argent foumy en deniers compétens, pour en tenir compte ainsi qu’il luy sera ordonné; laquelle somme de 3 oo livres tournois iceulx sieurs procureurs esdits, noms et chacun d’iceulx seul et pour le tout, sans division ni discussion, ont promis, promettent et garantissent rendre et restituer audit Prévost ou au porteur des présentes, le dernier jour de décembre prochain venant, rapportant et restituant par ledit Prévost la quictance dudit trésorier de l’espargne, d’icellé somme de 284 liv. 8 den., et ces présentes seulement ; et pour ce faire, ont obligé et obligent tous et chacun les biens meubles et immeubles présent et advenir de ladite dame royne, dudit roy de Navarre et cardinal de Lorraine, et de chacun d’eulx seul et pour le tout, sans division ni discussion. »

Il paraît qu’eu 1662, l’argent monnayé était rare. On payait les taxes en testons, en douzains, quelquefois en pièces d’or étrangères, et le plus souvent en vaisselle d’argent. C’est ainsi que Anne (Diane) de Poitiers, duchesse de Yalentinois, prêta 1222 livres 10 sols 7 deniers. Charles de Troyes, seigneur de Sainte-Maurei livra à la fonte un bassin, deux coupes et une aiguière.

On a vu que la vaisselle d’argent valait, en 1662, i 5 livres i 5 sols le marc. Ce registre indique également la valeur de certaines monnaies d’or. L’écu sol est prisé 5 i sols; les doubles Henry, 110 sols; l’écu pistolet, 49 sols; la portugaise, 27 livres 10 sols; le double ducat, 1x2 sols 6 den.; l’angelot, 4 livres 4 sols; le noble à la rose, 6 livres X2 sols 6 den.

. On pourrait extraire des 708 articles que renferme ce manuscrit les noms de la plupart des conseillers au parlement, à la chambre des comptes et à la cour dçs, aides, existant en 1662, et les noms d’un grand nombre de fonctionnaires publics, de nobles et de bourgeois résidant à Paris. Les abbayes et les chapitres des églises de la ville figurent sur la liste des cotisés, ainsi que les

collèges de Sorbonne^ de Laon, de la Marche, des Chollets, de Beauvais, de Fortet et de Boncourt.

Parmi tous ces noms, nous en choisirons quelques-uns qui nous paraissent offrir de Fintérét.

Haute et puissante dame Anne de Pisseleu, duchesse d’Estampes ; noble homme Jehan Mygot, secrétaire de la reine-mère ; N. H. René de Sainctan, protonotaire du cardinal de Guise; Gabriel Berart, secrétaire du maréchal de Saint-André; N. H. Pierre Lescot, abbé de Clermont, aumônier du roy; Jean Le Bailleul, chirurgien du roy ; N. H. Guillaume de Marie, seigneur de Yersigny, prévost des marchands ; Joseph Foullon, abbé de Sainte-Geneviève—du-Mont; Bernard Fortia, conseiller au parlement; N. H. Jehan Grollier, seigneur d’Agnisy, conseiller du roi et trésorier de France; N. H. Louis de la Grange, seigneur de Trianon; N. H. Olivier Ayméry, seigneur de Yiroflay, bourgeois de Paris; Ogier le Danois, marchand bourgeois de Paris ; Jacques Dupuys, marchand libraire juré ; Philippe de Gastineset Richar^ son fils, marchands bourgeois de Paris.

Nous transcrirons encore un article très-curieux ^ relatif à la famille Gobelin. On sait que, dès Tan x 45 o, il existait au faubourg Saint-Marcel un habile teinturier en laine^ nommé Jean Gobelin; que son fils Philibert acquit, par ses travaux, de grandes richesses; et que, sous le règne de François P', Gilles Gobelin trouva le secret de teindre cette belle écarlate, qui a conservé le nom ÿécarlate des Gobelins. Plus tard, les membres de cette famille abandonnèrent le commerce pour occuper des emplois dans la magistrature, dans les finances et dans Tarmée : le marquis de Brinvilliers, le malheureux époux de Marie—Marguerite d’Aubray, se nommait Antoine Gobelin. On dit que les Canaye, teinturiers renommés, succédèrent aux Gobelin. L’acte suivant nous apprend qu’en iS6a,ces deux familles exerçaient simultanément leur industrie sur les bords de la Bièvre; il prouve que les Canaye étaient déjà très-riches, car iis furent taxés à 1800 livres, tandis que les duchesses de Valentinois et d’Étampes ne payèrent chacune que laoo livres.

« Le 7 octobre iSfia. — A honorables hommes M^ Jehan et Pierre Canaye, frères, marchans demeurant à Sainct Marcel lez paris, la somme de 1800 livres tournois, de laquelle ils ont faict prest A ladite dame rqyne de France dessusdite, laquelle somme, du consentement desdits sieurs procureurs, a esté en la présence des notaires soobzscriptz, comptée et uombrée comptant par les

mains de honorable homme Jehan Gobelin aussi marchant demeurant audit Sainct-Marcel^ en 600 écus sol à 5 i sols pièce, 60 angelotz à 4 4 sols pièce, et le reste monnoye, des deniers

provenuz de la vente cejourd’huy faicte audit Gobélin par honorable homme Maître Jacques Canaye, advocat en la court de parlement, comme procureur desdits Jehan et Pierre Canaye ses frères, de 1 5 o boestes de pastel ausdits maîtres Jehan et Pierre Canaye appartenant, ès mains de noble homme Raoul Moreau, conseiller, etc. »

236. Paris. — Registre de constitutions de rentes par la ville de Paris, en iSôg et 1670 . Manuscrit sur papier,pet. iii-fol. de38 feuillets, relié. a5ofr.

Registre original^ dont tous les articles sont signés par les deux notaires Imbert et Quetin. — Manuscrit important pour l’histoire tinancière de rHôtel-de-Ville de Paris.

On a vu dans la notice précédente, que, lors de la première guerre civile en i 56 a, la ville de Paris s’engagea à payer 5 oo,ooo livres tournois remboursables sans intérêts en un court délai, sous la garantie des biens de la reine-mère, du roi de Navarre et du cardinal de Lorraine. 11 est peu probable que le remboursement eut lieu à l’époque fixée. Au surplus, les garanties manquaient de solidité. Le roi de Navarre mourut le 17 novembre i 56 a, et Jeanne d’Albret, sa veuve, n’était point disposée à engager ses biens en faveur des catholiques; Catherine de Médicis était endettée ; et le cardinal de Lorraine, en sa qualité de prince étranger, n’avait à redouter aucune action judiciaire.

Lorsque la troisième guerre civile éclata en i 568 , on abandonna le système d’emprunt forcé, employé en i562. Le roi aliéna certaines parties de ses revenus, et les vendit à la ville de Paris. Au mois d’août i 568 , il céda cent mille livres de rente sur Jes aides et les greniers à sel , à la charge par fa ville de fournir au trésorier de l’épargne douze cent raille livres comptant.

La première pièce de ce manusciît est une expédition notariée des lettres de Charles IX, datées du 3 i août iSGq, par lesquelles il engage aux prévost des marchands et eschevins de Paris, 5 o,ooo livres de rente à prendre'sur les traites foraines d’Anjou, duché de Beaumont, vicomté de Thouars, Saint-Florent-le-Yieil, et l’imposition qui se levait à Laval, pour six cent mille livres à fournir en deniers, ou moitié en deniers et moitié en dettes du

Roy, comme il avoit jà esté faict. Dans Ta de de vente, figurent Antoine Duprat^ chevalier, seigneur de Nantouillet, chambellan du Roi et garde de la prévôté de Paris ; Nicolas Legendre, chevalier, seigneur de Villeroy, baron de la Chapelle-la-Reine, prévôt des marchands; et les quatre échevins: honorable homme sire Jacques Kerver, nlïirchand libraire; noble homme Jérôme de Varade, conseiller médecin, notaire et secrétaire du Roi ; Pierre Poulin, marchand bourgeois de Paris ; et François d’Auvergne, seigneur d’Ampont, conseiller du Roi en son trésor. Cet acte est suivi de quatre constitutions de rentes, datées du mois de septembre lÔfiq.

La seconde pièce est Tacte de vente à la ville de Paris, le a7 novembre iSfig, de cinquante mille livres de rente, au capital de six cent mille livres, à prendre moitié sur les plus-valeurs des aides, greniers à sel et autres impositions déjà engagées, et moitié sur les tailles de l’élection de Paris. Les acquéreurs de rentes avaient la faculté de les payer, soit en argent comptant, soit en chaînes d’or, dorures, vaisselle d’argent et de vermeil. Par lettres datées du camp de Saint-Jean-d’Angély, le 9 novembre 1569, le Roi avait nommé pour le représenter, Christophe deThou, premier président du parlement; Antoine Nicolaï, premier président de la chambre des comptes, et Jean de Neufville, trésorier de France.

La troisième pièce est l’acte d’enregistrement au bureau de la ville, des lettres du Roi datées d’Argentan, le x 5 juin 1570, par lesquelles Charles IX informe les échevins qu’il a donné à son frère, le duc d’Anjou, les traites de ce duché engagées au mois d’août 1569, et qu’il les remplace par les impôts et billots du pays de Bretagne.

La quatrième pièce est l’acte de vente passé, le 37 juin 1670, au profit des prévôt des marchands et échevins de Paris, de trente mille livres de rente, sur les cent mille livres imposées à diverses provinces, à prendre sur la recette générale de Paris, le domaine du Roi, les aides, les greniers à sel, ou sur les tailles. Cet acte est suivi de vingt-cinq constitutions de rentes, faites du 1*^ juillet au 14 décembre 1670.

Parmi les acquéreurs de rente, nous avons remarqué Henri Aleps, sommelier d’armes du Roi, bourgeois de Paris; Jean Gobelin l’aîné, marchand teinturier, demeurant à Saint-Marcel; fi’ère Antoine Abelly, docteur en théologie, prieur de Saint-Laurent de Grenoble et prédicateur de la Reine. Ce dominicain, né

à Paris en i5a7 et mort vers 1600, devint prédicateur de Henri II et de Catherine de Médicis ; il fut successivement prieur de Saint-Laurent) abbé de Livry et vicaire-général de son ordre. Il composa quelques ouvrages ascétiques; mais il ne faut pas le confondre avec Louis Abelly) le docteur moelleux^ né à Paris en i 6 o 3 .

Dans un acte de constitution de rente, du 19 août 1570, on rappelle les noms du prévôt des marchands et des quatre ëchevins, attendu que le corps de ville avait subi des modifications, par suite de l’élection annuelle du 16 août. Au; prévôt des marchands, Nicolas Legendre, baron de La Chapelle, avait succédé Claude Marcel, bourgeois de Paris. Les deux échevins Jacques Kerver, marchand libraire^ et Jérôme de Varade, conseiller médecin, ayant exercé leurs fonctions pendant deux ans, furent remplacés par Simon Boucquet, bourgeois de Paris, et Simon de Cresse, seigneur dudit lieu.

D’après ces différents actes, la ville de Paris avait dûrfournir au Roi, depuis le mois d’août i 568 jusqu’au mois de juin 1570, deux millions sept cent soixante mille livres. Mais ces aliénations des revenus du domaine ne suffisaient pas pour subvenir aux frais de la guerre. Le Roi s’adressa au pape; et, comme il s’agissait de défendre la religion catholique, Pie lY ordonna, par bulle du 3 x août i 568 , qu’il serait aliéné, en faveur du Roi, cent raille livres de rente à prendre sur les biens du clergé de France; puis, par une autre bulle, cent vingt-cinq mille livres de rente ; et enfin, par bulle du 24 novembre 1 568 , cent cinquante mille livres : le tout représentant un capital de quatre millions cinq cent mille livres* Mais, de cette somme, il restait encore à fournir un million quatre cent quarante mille livres. Les officiers du Roi poursuivaient les agents du clergé et se disposaient à provoquer la vente des biens temporels de TÉglise : chose qui a semblé fort pernicieuse et dommageable^ disaient les délégués du pape, Charles, cardinal de Lorraine, archevêque de Reims, Charles, cardinal de Bourbon, archevêque de Rouen, et Nicolas, cardinal de Pelvé, archevêque de Sens. Pour éviter une expropriation, les délégués, de l’avis de plusieurs évêques réunis à Saint-Germain-en-Laye, et dont les noms sont inscrits dans l’acte, offrirent au Eoi douze cent mille livres, destinées à amortir des rentes constituées par la ville de Paris, sous la garantie des revenus du domaine. L’offre fut acceptée, et l’enregistrement au bureau delà ville eut lieu vers 1669; mais il existe une lacune de quelques

feuillets au milieu de ce cahier, et nous avons à regretter la fin de cette cinquième pièce, ainsi que le commencement de la sixième, qui devait être l’expédition notariée d’un octroi de dix deniers sur chaque muid de vin entrant à Paris, octroi qui servit de garantie à de nouvelles rentes constituées ; car ce manuscrit se termine par treize constitutions de rentes assises sur le droit de dix deniers, et faites du 3 o août au 3 i octobre 1569.

Philippe de Gastines était .un riche marchand du quartier Saint-Denis. Au mois de juin iSfig, il fut arrêté avec ses trois fils, Richard, Jacques et François, sous l’accusation d’avoir reçu dans sa maison des Cinq Croix blanches, au coin de la rue de l’Aiguillerie, en face de la rue des Lombards, une assemblée religieuse des Huguenots. Le a8 juin, le parlement condamna à être pendus Philippe et Richard de Gastines qui, en i 56 a, avaient prêté 600 livres à la Reine-mère; Jacques de Gastines aux galères perpétuelles, et François au bannissement. Leurs biens furent confisqués. On rasa la maison des Cinq Croix blanches, et on éleva sur l’emplacement une haute pyramide surmontée d’un crucifix doré. £n vertu de l’édh de Saint-Germain du mois d’août 1570, on voulut abattre la Croix de Gastines; mais le peuple s’y opposa. Elle fut enfin tr^^isportée, en décembre 1571, à l’entrée du cimetière des Innocents. Cette translation causa une violente émeute que François de Montmorency comprima à force armée.

237. Petrarca {Francesco). — Sonetti, Cancioni E Triümphi. Manuscrit du XV® siècle, in-4® sur véliu, de 200 ff.; miniatures, bordures, initiales coloriées, v. ant., ais en bois, compart. à fU., mir lieux ornés, dent., tr. dor. gaufr. {Reliure italienne du XFF siècle.) ^,000 fr.

MAONiriQUE manuscrit, d’une parfaite conservation, et à grandes marges. Il est orné de trois charmantes miniatures, aussi remarquables par l’exactkude du dessin que par la beauté des figures et la vivacité des couleurs. Le vélin est d’une blancheur et d’une finesse peu communes.

Les C entrelacés, six fois répétés dans les compartiments de la reliure, et les fleurs de lis florentines, posées au centre et dans les coins, font présumer que ce volume a été relié pour Catherine de Médicis.

On lit sur le feuillet 148 verso: GentUis depoetis m. i 45 i.— Le texte est précédé de neuf feuillets contenant une table alphabétique des poésies.

La première page des sonnets en l’honneur de Laure est entièrement encadrée d’une bordure en arabesques or et couleurs. La miniature, placée en tète de cette première partie, représente Pétrarque assis sur un riche fauteuil, au milieu d’un cabinet d’étùde, et tenant sur ses genoux le volume de ses œuvres, relié en velours vert, clous et tranche dorés.

La seconde miniature est sur la première page des sonnets relatifs au trépas de la divine Laure. La bordure consiste en une élégante guirlande de fleurs. L’artiste a représenté, dans la miniature, Laure se promenant près d’un lac.

Enfin, la troisième miniature est au-dessus de Toraison à la miséricordieuse Vierge du Paradis. Elle représente la Vierge dans une Gloire, portant l’enfant Jésus: le tout soutenu par quatre Génies. La bordure de cette page est formée de guirlandes de fleurs et d’arabesques, or et couleurs.

Les Triumphi^ qui suivent l’oraison à la Vierge, ne sont ornés que d’une majuscule, à fond d’or mat, accompagnée d’une guirlande de fleurs. — On trouve encore dans le volume un grand nombre de majuscules coloriées.

Sur le verso du dernier feuillet, on lit de récit de quelques faits de la vie de Laure, composé en prose latine par Pétrarque.

Un des possesseurs de ce manuscrit avait collé ensemble les feuillets 62 et 63 , après avoir biffé, avec beàucoup de soin, les trois sonnets écrits sur le feuillet 6a verso et sur le feuillet 63 recto; de telle façon que la lecture en est devenue très-difficile. Nous u’avons pas eu le temps de rechercher l’explication de cette singulière condamnation ; mais il est aisé de s’en rendre compte. 11 suffit de comparer le manuscrit avec une ancienne édition , imprimée, attendu qu’on trouvera le premier vers de chaque sonnet prohibé dans la table alphabétique. Au surplus, nous croyons que ces trois sonnets étaient dirigés contre la cour du Rome, et qu’ils furent effacés, pour éviter de scandaliser la jeune Catherine de Médicis.

238. Pièces relatives au procès de Jacques de Savoie, duc de Nemours, et de Françoise de Rohan, sur la validité ou la nullité de leur mariage

(XVr siècle). Manuscrit in-fol. de 8 feuillets relié. fr.

Ce recueil se compose de la copie de quatre lettres du roi Charles IX, adressées au Pape et à rambassadeur de France près du Saint-Siège ; de deux lettres de Catherine de Médicis, aux memes personnages; et de deux brefs du pape Pie V.

Le procès intenté par le duc de Nemours pour faire casser son mariage avec Françoise de Rohan, commença vers Tannée 1559. Cette union fut déclarée nulle par sentence de Tofücial de Tévêque de Paris ; puis, sur appel de Françoise de Rohan, par Tévéque lui-même; et, sur un second appel, par la Cour de parlement. Françoise de Rohan persista cependant à regarder celte affaire comme mal jugée. En i 565 , le roi Charles IX écrivit au pape Pie IV, pour le piîer de choisir un nonce ou tout autre dignitaire ecclésiastique, qui prononcerait en dernier ressort. Le pape, par un bref daté du mois d*août i 565 , nomma, à cet effet, Tarchevêque de Lyon, qui rendit, le 6 novembre i 565 , une sentence sans appel, par laquelle il déclarait quUl n existait pas et qiCil îi*avait jamais existé de mariage entre le duc de Nemours et Françoise de Rohan ; condamnait Françoise de Rohan à tous les dépens^ et rendait aux deux parties la liberté de se remarier. Le duc de Nemours profita, sur-le-champ, du bénéfice de la der— hière clause et épousa la duchesse de Guise. Cependant Françoise de Rohan appela, comme d’abus, de la sentence de Tarchevêque de Lyon : le Roi en son conseil la débouta de ses prétentions, par ordonnance du mois d’avril i 566 , en lui laissant néanmoins la faculté d’avoir recours au Pape. Comme Françoise de Rohan professait la religion réformée, elle fit d’abord quelques difficultés pour entrer dans celte voie; toutefois, elle interjeta appel en cour de Rome, le 4 juin i 566 .

Charles IX, ay^nt appris que Françoise de Rohan était disposée à recourir au Pape, écrivit le 17 mai i 566 à Pie V, qui avait succédé à Pic IV le 7 janvier i 566 , pour le prier vouloir donner ordre a administrer au duc de Nemours si bonne et si prompte Justice, qu'il n'ayt plus d'occasion de demeurer en Iongueurde procès. Le Roi écrivit le même jour à M. de Villeparisis, son ambassadeur à Rome; il expose dans cette lettre toutes les péripéties du procès, et lui recommande d’engager le Pape à juger celte affaire avec une telle diffinition qu'il n'y puisse plus avoir ny de procès ny dappel.

Pour donner plus de poids à cette recommandation royale, Catherine de Médicis écrivit également, le 17 mai i 566 , deux lettres sur le meme sujet : l’une au Pape, et l’autre à M. d’Oysel, sieur de Villeparisis.

Ces lettres sont les quatre premières pièces de notre recueil.

Par bref du ï6 juillet i 566 , le pape Pie V évoqua le procès et cita les parties en cour de Rome, à quatre-vingts jours après la notification dudit bref.

Dans cette pièce^ qui est la septième du recueil, le Pape a inséré le bref de son prédécesseur qui nommait l’archevêque de Lyon comme juge en dernier ressort, ainsi que la sentence du 5 novembre i 56 fi,

La huitième pièce est un bref du même Pape, qui choisit Jule Gradin, doyen des auditeurs de Rote, pour juger définitivement le procès du duc de Nemours.

Les procédures en cour de Rome traînaient toujours en longueur ; la citation à quatre-vingts jours fut, sans doute, signifiée fort tardivement ; puis Françoise de Rohan fit défaut. Toujours est—il que Jule Gradin rendit un jugement confirmatif de celui de l’archevêque de Lyon, le lundi 5 mars 1571, c’est-à-dire, 4 ans et 8 mois après le bref de cHalion.

Afin de clore définitivement ce procès, il ne manquait que le bref du Pape, qui devait notifier et rendre irrévocable la décision du tribunal de la Rote. Mais, en 1671, Pie V organisait une ligue contre les Turcs ; il n’épargnait ni dépenses, ni fatigues, pour mettre les confédérés en état d’agir, et il n’avait point le temps de s’occuper d’autres affaires. Il mourut le 1®' mai 1572, avant d’avoir promulgué le bref si important pour le duc de Nemours.

Charles IX écrivait, le a8 décembre 1673, à Grégoire XIII et à M. de Ferrari, ambassadeur près du Saint-Siège, pour obtenir du Pape un bref qui terminât cette procédure, attendu que Françoise de Rohan arguait de faux les pièces sur lesquelles les jugements rendus contre elle étaient intervenus.

Ces deux lettres sont les cinquième et sixième pièces du recueil.

Il résulte de là que ce procès durait depuis quatorze ans; que Jacques de Savoie, duc de Nemours, avait épousé la duchesse de Guise depuis sept ans; et que, malgré six sentences^ la nullité de son premier mariage avec Françoise de Rohan n’était pas encore solidement établie. Nous ignorons quel fut le dernier acte de la justice civile ou ecclésiastique dans cette étrange affaire.

239* Recettes de l’oeuvre PESAiNT-JosEPHaw college royal de Henri IV en i8a5 et i8îi6 . Manuscrit pet. in -8 sur papier, de ii6 feuillets, rel. mar. vert. tr. dor. aux armes de S. A. R. Mgr le duc de Bordeaux. lao fr.

Sur le premier feuillet de ce curieux carnet est inscrite la note suivante : <t S. Â. R. Monseigneür le duc de Bordeaux « nomme trésoriers pour l’œuvre de Saint-Joseph, dans le col- « lége royal de Henry IV, les deux élèves que monsieur le pro- « viseur voudra bien désigner. Paris, le i 5 avril 1825. » Cette, note est signée de madame la vicomtesse, depuis duchesse de Gontaut, gouvernante des enfants de France.

£n tête de la seconde page on lit : «Le proviseur a désigné « les élèves de Moetemabt (Arthur), élève de 6*^ et fils de M. le « duc de Mortehart, et Feugére (Léon), élève de 3® et neveu « de M. le censeur des études au collège royal de Henri IV; si- « gné Ch**" Auvray (proviseur). »

Viennent ensuite les listes des professeurs et des élèves qui ont souscrit pour Tœuvre de Saint-Joseph en iSaS et 1826^ avec Tindication de ce que chacun d’eux a donné à la quête.

Parmi les professeurs, nous ne voyons figurer que les noms de MM. PoiRSON, Villemeureux, Navarre, Mauger et Gobert. Les listes des élèves, disposées par ordre de classe, depuis la philosophie, 2® année, jusqu’à la huitième, comprennent plus de trois cents noms, presque tous connus, et dont le rapprochement n’est pas sans intérêt. Nous citerons seulement les suivants : le duc de Chartres, le duc de Nemours, de Musset, de la Rochejaquelein, de la Tour-du-Pin Chambly, Wolowski, Le Barbier de Tinan, Ferdinand Leroy, Frémy, de Vougy, Jubinal, Ganneron, Arago, Boudet, Azevedo.

Ces listes, signées de M. Auvray, proviseur, sont visées, fune par M. le comte de Brissac, trésorier de l’œuvre, l’autre par M. d’Orville, secrétaire du conseil supérieur.

240. Recueil de lettres autographes, de copies de lettres, et d’autres pièces relatives à l’histoire de France, de i 559 à 17 ^ 5 . Manuscrit in-fol. v. m. {Chiffres du duc de Nouilles sur le dos du volumê)k a/too fr.

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Manusg&it PEÉGiEux, qui contient des lettres de Catherine de Médicis, de Henri IV^ de Marie de Médicis, de Louis XI11| de Gaston duc d*Orléans, de Louis XIV, du duc de Bourgogne, du duc et de la duchesse de Savoie, du roi et de la reine d*Âiigleterre (Jacques 11 et Marie d’Est), et de la reine d’Espagne ; quatre pièces sur la mort de Marie de Médicis ; trois pièces sur l’arrivée en France de l’infante d’Espagne qui devait épouser Louis XV; deux pièces sur le mariage célébré par procuration, à Strasbourg, entre Louis XV et la princesse Marie Leczinska ; et quel- ^ ques dépêches, instructions et mémoires. Total, 194 pièces.

Ce recueil est précédé d’une table des matières. On trouve souvent, dans le volume, des dates et des sommaires ajoutés. Nous prévenons que ces indications sont presque toujours fausses : il faut se garder d’y ajouter foi. On lit, par exemple, en tête d’une lettre autographe, ainsi que dans la table de matières : Lettre de Gaston, due d'Orléans, à Louis XIFy potp' lui demander la grâce du duc de Montmorency. 12 novembre 169a. — Ce passage, vraiment extraordinaire, suffit pour faire apprécier l’ignorance de Tannotateur, en fait d’histoire. L’analyse du manuscrit donnera la facilité de corriger ces nombreuses erreurs, qui, heureusement, ne portent aucune atteinte à l’exactitude et à l’importance du texte.

1. Intereègnk et Regeiyge. — Ce mémoire inédit^ de i x pages in-fol., a été composé vers i643, en faveur de la Reine régente, Anne d’Autriche. L’auteur a Voulu prouver qu’il est plus avantageux pour l’Élat et moins dangereux pour la tranquillité publique, de confier la régence à la mère du Roi qu’à un prince du sang.

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