‹ Description raisonnée d'une collection choisie d'anciens manuscrits, de documents historiques et de chartes réunis par les soins de M. J. Techener, et avec les prix de chacun d'euxChapitre 8 sur 20 · Pbéceptes et Avis de Philippe 11, roi d’Espagne, à son · texte numérisé non relu

Pbéceptes et Avis de Philippe 11, roi d’Espagne, à son

fils Philippe 111 (i3 pages). Philippe 11, né en i 527 , mourut

le 1 3 septembre 1598 . C’est pendant sa dernière maladie |que ce Prince écrivit ou dicta ces instructions si curieuses pour l’his toire politique de l’Europe au seizième siècle. Nous en transcrirons un passage qui intéresse l’histoire de France.

« J’ay voulu conquérir le royaume de France, par le moyen de mes intelligences achetées bien chèrement ; je me fondois sur les différends allumez pour la religion que j’avois suscitez par le moyen des ecclésiastiques mes pensionnaires ; et en tous ces desseins, j’ay employé plus de six cent millions de ducats, à ma connoissance particulière. Mon ambition a esté cause du

meurtre ou occision de plus de vingt millions d’hohimes, et de la destruction et dépopulation de plus de provinces que je n’en possède en Europe ; et je me trouve n’avoir rien remporté de tant de magnifiques dépenses, fatigues et ruines, que le seul petit royaume de Portugal. »

On lit à la suite des Lettres de Catherine de Médicis un jE’xtrait du testament de Philippe II: deux pages qui contiennent encore des avis adressés à Philippe III.

3. CATREnivB DE Medigis, reine de France. N. i5i9. — M. 1589. Copie de deux lettres adressées au Roi, son fils.

« Monsieur mon fils, vous ayant envoyé ce que j’ay pensé vous satisfaire à ce que me dites avant vostre départ pour Gaillon, il m’a semblé qu’il restoit encore ce que j’estime estre nécessaire pour vous faire obéir et aimer à tout vostre royaume, et vous donner avis comme les Roys mes seigneurs, vos père et grandpère, se comportoient envers leur Noblesse. »

La première lettre, de 7 pages, est un code complet d’étiquette. La reine-mére indique minutieusement l’emploi de toutes les heures de la journée du Roi.

« Au sortir de la Messe, disnez s’il est temps, ou sinon vous vous pourmenerez pour vostre santé, et ne passez unze heures que vous ne disniez ; et après disncr, pour le moins deux fois la semaine, donnez audience, qui est chose qui contente infiniment vos sujets, et après vous retirer et venir chez moy, ou chez la Reine, etc. »

Dans la seconde lettre, de 8 pages, Catherine de Médicis trace le plan de conduite que le Roi doit suivre, pour se faire aimer et obéir de ses sujets. On dit que, pour connaître l’esprit et le caractère d’qne femme, il suffit de méditer les Post-scriptum des lettres qu’elle écrit: Catherine de Médicis nous ferait croire à l’exactitude de cette observation. Voici le Post-scriptum de sa dernière lettre :

« J’ay oublié, dit-elle, une autre chase qui est bien nécessaire de pratiquer, et cela se fera bien aisément, si vous le trouvez bon. C’est qu’en toutes les principales villes de vostre royaume, vous y ayez gagné trois ou quatre des principaux bourgeois et qui ont te plus de pouvoir en la ville, et autant de principaux marchands ayant bon crédit parmy leurs bons concitoyens, et que sous main, sans que le reste s’en apperçoive, ny puisse dire que vous romj>iez leurs privilèges, fassiez tellement par bienu 6

faicts et autres tuuyens, que les ayez si bien gagnés, qu’il ne se fasse ne dise rien en corps de ville, ny par les maisons parti* culières, que n’en soyez adverty, et que quand ils viendront à faire leurs élections pour leurs Magistrats particuliers, selon leurs privilèges, que ceux-ci, par leurs avis et pratiques, fassent toujours faire [élire) ceux qui seront du tout à vous ; qui sera cause que jamais ville n’aura autre volonté que ia vostre, et n’aurez point de peine à vous y fsiire obéir; car, en un mot^ vous le serez tousjours en ce faisant. »

Ces deux lettres, datées en marge de Tan iô 63 , ont pour titre: Lettres de Catherine de Médicis^ envoyées au Roi Henri IIl, pen^ dant les Barricades de Paris, Nous ferons d’abord observer qu’en i 563 , le Roi se nommait Charles IX. De 'plus, la journée des Barricadés eut lieu en 1 588 ; Henri lli se retira à Chartres, et non pas àGaillon ; et ces instructions étaient fort inutiles pour un Roi âgé de 37 ans et fugitif. Nous croyons que la Reine-mère adressa ces lettres, en à François ll.Xes avis qu’elles renferment

convenaient parfaiten^t à un jeune Roi de . 16 ans, déjà marié depuis un an.

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