‹ Description raisonnée d'une jolie collection de livres (volume 2)Chapitre 29 sur 113 · ORIGINE ET ÉTYMOLOGIES · texte numérisé non relu

ORIGINE ET ÉTYMOLOGIES

i7îi. EsTiENNE (Henri). Project du livre intitulé : De laprécellencedulangagefrançois. Parisj Mamert-- Pâtisson^ 1579, pet. in-8, pap. fort, vélin.

Les exemplaires en papier fort sont très rares et très recherchés, et celui-ci est de la plus grande beauté. Il a appartenu au savant Brunck, dont les livres se distinguent par une conservation parfaite et une excellente reliure.

173. La Deffence et illustration de la langue françoyse, pari. D. B. A. (Du Bellay .) ^^^w^ Arnoul FAngelier, i549, in-8, pap. réglé, mar. violet, omem., fil.

Cet ouvrage curieux se trouve dans toutes les éditions de Du Bellay que j'ai eu occasion de voir ; mais l'édition originale est devenue fort rare.

1 74* Pezron (dom P.). Antiquité de la nation et de la langue des Celtes, autrement appeliez Gaulois. Paris^ Prosper Marchand et Gabriel Martin^ 1 703,

in-ia, mar. bleu, dentelle. (Bauzonnet.)

Très bel exemplaire d'un livre intéressant et peu commun.

175. Fauchet (Claude). Recueil de l'origine de la langue et poésie françoise, ryrae et romans, plus les noms et sommaire des œuvres de cxxvii poètes françois, viuants auantFan mccc. Paris y Mamer t' Pâtisson et Robert Estienne^ 1 58 1 , pet. in-4, mar. vert, fil. à froid. (Koehler.)

Très important pour Thistoire de notre langue et de notre littérature. Cette édition est fort rare.

176. Brieux (Moysant de). Origines de quelques coutumes anciennes et plusieurs façons de parler triviales, avec un vieux manuscrit en vers touchantroriginedeschevaliersbannerets.Ca<?/ï, Jean Cavelier^ 1672, pet. in-12, mar. bleu, fil. (Purgold.) <— Recueil de pièces en prose et en vers. Caen^JeanCas^elier^ 1 671, pet. in-12, mar.

bleu, filets. (Purgold.) — Le Divertissement de M. D. B. (Moysant de Brieux.) Caeriy Jean Cavelier, 1673, pet. in- 12, mar. bleu, fil. (Purgold.) — Poematum pars altéra. Cadomiy Jean Cavelier^ 1669, in-i6, mar. bleu, fil. (Purgold.)

Quoique le premier de ces quatre derniers volumes se rapporte seul dans son contenu à la division sous laquelle je les réunis, je n'ai pas cru devoir les séparer, les amateurs se faisant, depuis quelque temps, un plaisir d'en former une collection fort difficile a compléter ; le premier, le second et le troisième sont a peu près égaux en rareté, et s'élèvent à peu près aux mêmes prix. Quant au quatrième, il seroit peut-être difficile d'en citer une adjudication, car il manque, même en Normandie, aux collections les mieux composées. Il est vrai que son titre latin paroît le rendre étranger à la suite des œuvres françoises de l'auteur, et qu'il étoit assez naturel de négliger la seconde partie d*un recueil de poésies latines qu'on ne lit plus, recueil, pour le dire en passant, qui ne peut s'assortir par le format à aucun des autres ouvrages de Moysant de Brieux, et que j'ai négligé moi-même, quoique je l'aie souvent rencontré. 11 est donc k propos d'expliquer les motifs qui me fout attacher une véritable importance k la possession de celui-ci, et en vertu desquels je le regarde conmie une de mes petites raretés les plus curieuses et les plus exquises. Les Poésies latines, dont quelques-unes ne sont pas sans intérêt pour l'histoire de Caen, n'occupent que 98 pages , à la suite desquelles vient un feuillet blanc; le reste, eu 48 pages d'un très petit caractère, appaitient essentiellement & la collection des œuvres françoises, dont il forme peut-être la partie la plus piquante. Il se compose de lettres relatives aux antiquités, aux usages, k l'histoire littéraire de la ville de Caen, et particulièrement à celle de son académie, qui lenoit ses assemblées chez Moysant de Brieux. Or, cette académie de province n'étoit pas de ces honnêtes filles qui n'ont jamais fait parler d'elles,

et il suffit de nommer Huet, Boebart, la Roque, Segrais, Ménage, et Moysant de Brieux lui-même, pour prouver qu'on n'y ëtoit pas toujours admis à titre gratuit. Ces lettres contiennent aussi nombre d'étymologies ingénieuses et fort agréablement exposées. On sait que l'auteur en mettoit partout.

Ces quatre petits volumes, imprimés par Gavelier, avec une élégance et une pureté presque elzéviriennes, sont reliés uniformément par Purgold et Bauzonnet, qui en ont fait un de leurs plus jolis ouvrages.

177. Pemonii (Joach.). Dialogorum de linguae gallicsB origine ejusque cum graeca cognatione libri IV. ParisiiSy apud Sébast. Nluelliurriy i555, in-8, veau fauve, fil., tr. dor. (Thouvenin.)

1 78. EsTiENNE (Henri). Traicté de la conformité du langage françois avec le grec, diuisé eu trois Hures, etc. avec une préface remonstrant quelque partie du desordre et abus qui se commet auiourdhuy en Fusage de la langue françoise. Paris, Robert Estienne^ 1 569, pet. in-8, v. fauve, fil., tr. dor. (Derome.)

Excellent livre qui augmente de prix de jour eu jour, comme tous les ouvrages françois d'Henri Estienne. N'est-il pas douloureux, ety tranchons le mot, n'est-il pas honteux de penser que dans ce siècle spéculateur où les libraires s'acharnent comme des vampires sur les dépouilles des morts pour se dispenser de donner du pain aux vivants, il ne s'en est pas trouvé un seul pour réimprimer Henri Estienne ? En Italie, en Espagne, en Angleterre, il n'est auteur classique et distingué du seizième siècle, dont on ne trouve des éditions courantes dans le commerce. Â Paris, il faut qu'un honune de lettres, pauvre comme un homme de lettres qui n'exploite pas lo/>re-

, mier Paris ou le feuilleton, épargne deux cents francs et davantage pour lire les trois ou quatre volumes frauçois d'Henri Estienne, le premier et le plus national de nos prosateurs du seizième siècle, après Rabelais et Montaigne.

Ce bel exemplaire m'a été donné par mon ami M. le marquis de Gannay.

179. TRippAULT(Léon). CeltHellenisme, ouetymologie des mots françois tirez du graîc, plus : Preuues en général de la descente de notre langue. Orléans^ Eloy Gibier , i58o, in-8, maroq. lilas, doublé de tabis, fil. (Ginain.)

Charmant exemplaire d'un livre bien fait, mais qui seroit fort insuffisant aujourd'hui, et qui le deviendra de plus en plus, si quelque heureuse révolution survenue dans l'esprit humain ne met pas un tenne au déplorable charlatanisme des nomenclatures. Ce beau volume a étd largement annoté par Jamet le jeune, qui a profité de l'occasion, suivant l'usage, pour épancher sur ses marges les trésors cyniques de sa mémoire et de son imagination. Il provenoit de la bibliothèque de Lancelot. On a placé en face du frontispice un bon portrait, sur bois, de Léon Trippault, qui n'appartient pas à l'ouvrage, ou que je ne me souviens pas du moins d'y avoir jamais remarqué.

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