‹ Description raisonnée d'une jolie collection de livresChapitre 56 sur 149 · Livre d'une grande rareté, puisqu'on n'en connoit jusqu'ici · texte numérisé non relu

Livre d'une grande rareté, puisqu'on n'en connoit jusqu'ici

. que deux exemplaires, dont Fud, qui fait partie de la ribbe bibliothèque de Besançon, ne subira jamais la chance des enchères. Il paroit par quelques vers de la fin de l'œuTre, qu'elle se donnoit en présent, et ce sont ordinairement, les liyres de cette espèce qui disparoissent le plus yite. Le volume contient trois petites gravures en bois assez bien exécutées. Il a été im* primé par Jacques Estauge qui étoit établi plus tard, tantôt k Basie, tantôt à Strasbourg, mais qui paroit avoir fait Fessai de ses presses k Besançon. C'est bien certainement avec les caractères de ce Jacques Estauge, et ceux mêmes qui ont servi k l'impression de Y Elégie de Julyot, qu'a été exécutée la fameuse Episire envoyée au Tigre de la France^ dont M. Brunet possède le seul exemplaire connu.

Le précieux volume qui fait le sujet de cet article m'a été donné par M. Du Bouvot.

419. BuGNYON (Philibert). Erostasmes de Phidie et Gélasine; plus le Chant panégyrique de l'île Pouline, auec la Gayeté de may. Lyon^ Jean Tempo^ raly 1557, în-8, mar. rouge, fil., aux écussons. (Thouvenin,)

Volume très rare.

420. Belleforest (Françoys de). La Chasse d'amour, avec les fables de Narcisse et Cerbère ausquelles sont aioustés diuers sonetz. Paris, Estienne Groulleau, i56i^ in-8, mar. citron, fil. (Derome.)

431. Désiré (Ârtus). Les Combatz du fidelle papiste pèlerin romain, contre Fapostat anlipapiste, tirant à la synagogue de Geneue, maison babilonicque des luthériens. Ensemble la Description

de la cité de Dieu, assiégée des hérétiques. On les vend à Rouen, au portail des libraires^ par Robert et Jean Dugort, frères, i55i,pet. in- 12» flg. dans le texte, mar. rouge, fil. (Thouvenin.)

^iiï. — Le même. Les ARXicxEsdu traicté de la paix entre Dieu et les hommes, articulez par Artus Désiré. Selon la copie imprimée à Paris, 1 563, in-8, goth., mar. rouge, fil.

Imprimé en caractères gothiques.

4^3. — Le même. Les Regretz et Complaintes de Passepartout et Bruictquicourt sui" la mémoire renouvellée du trespas et bout de l'an de feu très noble et vénérable personne maistre François Picari, docteur en théologie, et grand doyen de Sainct Germain de TAucerrois. Sutra erised (Artus Désiré.). Paris, Gaultier, 1657. — Le Regretz, Complaintes et lamentations d'une damoiselle, laquelle s'estoit retirée à Genesve pour vivre en liberté, avec la converlion d'icelle estant à l'article de la mort. Paris, Gaultier, i558. — La Complaincte de paix et de son ami Bontemps. Paris, de Gourmont, i558, 3 parties en 1 vol. in- 12, mar. rouge, dentelle.

Trois des pièces les plus rares de l'auteur.

434- PoETOu (Guillaume de). La grande liesse en plus grand labeur, auec la table copieuse pour facilement trouuer les odes et sonnets, plus son

BËLLES-LETTRES. 471

hymne de la marchandise. En Anvers, par Guillaume Silvius, imprimeur du roy, i565, pet. in-ia, mar. Tiolet, fil. (Koehier.)

Volime très rare, omis des bibliographes, et que je cherche inutileiiient dans les catalogues; je n'en ai jamais vu d'autre exemplaire.

4 35. TuBRm (Claude), Dijonnois. Les œuures divisées en six liures : les deux premiers sont d'elegies amoureuses, et les autres de sonets, chansons, eclogues et odes à sa maistresse. j^ Paris, chez Jean de Bordeaux, au clos Bruneau, à renseigne de r Occasion, 1573, pet. in-8, veau fauve, fil., tr. dor.

4^26. Demorenne (Cl.)- Les Regrets et tristes lamentations du comte de Mongommery, sur les troubles qu'il a esmeus au royaume de France, depuis la mort du roy Henry, deuxiesme de ce nom, iusques au vingt sixiesme de iuing qu'il a esté exécuté ; auec une prédiction sur la prinse de son fils, en la ville de Charenton , par C Dem. P. Paris, Pierre Des-Hayes , 1674, in-8, mar. bleu, fil. (Dura.)

Exonplaire non rogné.

Pièce fort rare, et peut-être unique en cette condiion.

4^7. Sainte Marthe (Scevole de). Les premières œuures qui contiennent ses imitations et traductions recueillies de diuers poètes grecs et latins. Le tout divisé en quatre liures, etc. Paris, Federic

n2 BELLES-LETTRES.

Morely au Frano-Meuriery iBôg, in-8, mar. violet, doublé de tabis, dentelle.

4a 8. — Le même. Le même ouvrage. Poitiers ^ Jean Blanchet, 1600, pet. in-iâ, mar. vert, doublé en mar. rouge, fil. (Thompson.)

4^29. La puce de madame des-Roghes, qui est un recueil de diuers poèmes grecs, latins et françoîs, composez par plusieurs doctes personnages aux grans lours tenus à Poictiers, Tan m.d.lxxix. PariSyAbeirjngeliery 1672, în-4î ™^r. bleu, fil. (Thouvenin.)

Magnifique exemplaire.

430. Baif (Jan Ant. ). Amours. Paris. Lucas Breys, iSya. — Les jeux, iByS. — Les passetemps, 1573. — Euvres en rimes, i573,4 vol. pet. in-8, mar. rouge, aux écussons. (Thouvenin.)

Superbe exemplaire qui avoit appartenu a Balesdens, dont il porte la signature au frontispice.

43 1. — Le même. Quatre livres del'amour deFrancine. Paris y fFechel, i555. — Les amours de Jan Ant. Baif. Paris y veufve Maurice de La Porte, i55a. — Le Ravissement d'Europe, 1 55a, 3 part., I vol. pet. in-8, mar. rouge, aux écussons. (Thouvenin.)

Très bel exemplaire de la première édition de ces ouvrages. EIIq est extrêmement rare.

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43a. — Le même. Mîmes, enseignemens et proverbes. Paris, Mamert Pâtisson, i58i, pet., in-ia, mar. rouge, aux écussons. (Thouvenin.)

Bel exemplaire, et que l'on croiroit ^and papier a le comparer avec tous ceux que j'ai vus. L'éditiou de \ 584 ne contient ordinairement que les deux premiers livres des Mimei; mais les deux autres ont été joints k quelques exemplaires, lors de la réimpression de 4597. Celui-ci est parfaitement complet; il a aussi appartenu à Balesdens dont il porte le chiltre.

433. — Le même. Les mimes, etc., reueues et augmentez en ceste dernière édition. A Toumon , par Clavde Michel, imprimeur en VUniuersité, 1619, pet. in-i6, mar. rouge, fil. à froid. (Thou-venin.)

Petite édition fort rare.

434* — Le même. Ëtrennes de poezie fransoeze an vers mezurés, au Roe, a la Reine mère, etc., par Jan Antoine de Baif, segretaere de la çanbre du Roe. J Paris, de t imprimerie de Denys du y al, 1674, in-49 niar. rouge, fil., az^ écussons. (Thouvenin.)

Magnifique exemplaire en trI» grand papier, et le seul que j'aie jamais tu de ce tirage, omis ou négligé par les bibliographes.

Baîfprétendoit aussi, conmie on le voit par ce livre, à devenir le réformateur de l'orthographe et même celui de la versification ; car il est un des novateurs mal inspirés qui avoient formé le ridicule projet de soumettre la poésie françoise aux

règles de la prosodie latine. Il estk remarquer que ces fantaisies révolutionnaires, qui auroient révolté Marot, Gomeille, Racine, Molière ou La Fontaine» ne passèrent jamais que par la tête d'un rimeur médiocre et follement ambitieux. C'est un Balf, un Peletier, un Taillemont qui tentent ces voies extravagantes vers la renommée, quand toutes les autres leur sont interdites par des rivalités trop puissantes. Il y a donc k les imiter beaucoup d'étourderie ou beaucoup d'abnégation. Quel rôle k jouer dans les lettres que celui de plagiaire de Taillemont, de Peletier et de Balf I

435. Le Loyer (Pierre), ÂDgeyin. Les œuures et meslanges poétiques, ensemble la comédie Nephelococugie, ou la nuée des cocus, non moins docte que facétieuse. Paris y JeanPoupyy 1579, pet. in-i 2, mar. rouge, fil. (Derome,)

Charmant exemplaire.

436. Habert (Isaac). Les trois livres des météores auecques autres œuures poétiques. Parisy Jean Richer, i585, pet. in-12, mar. vert. (Koekler.)

Poème peu commun et d'un certain mérite.

437. Erreurs amoureuses , augmentées d'une tierce partie, plus, un liure de vers liriques. Lyon^Ian de Tournes, i555, in-8, mar. brun, ornements, fil. (Thouvenin.)

Superbe exemplaire d'un livre fort rare (vendu près de 65 fir. Blanford). Ces poésies passent généralement pour être de Ponthqs de Thiard, un des poètes de la Pléiade ; mais M. Brunet les attribue, dans la 4* édition du Manuel, k An-

(oine du MouUd, dont il existe efrectiTement une ConiinuaiUm dês Erreurs anumreuies.

438. Desportes (Philippes). Les premières œuures. Paris, Félix le Mangnier, i587, in-ia, mar. citron, fil. (Derome.)

Superbe exemplaire.

439- — Le même. Les premières œuures , dernière édition, reueûe et augmentée. Paris , Mamert Pâtisson, 1600, in-8, mar. vert, aux armes.

Admirable exemplaire que je crois d'un papier plus fort et plus grand que celui qui a été employé au reste de l'édition. Il proTient de la bibUotbèque de Jacques Auguste de Thou, et il est décoré de ses insignes. Aussi m'a-t-il coûté, dans sa beauté modeste, l'énorme prix de 468 (r. à la vente de M. Goirion.

440. — Le même. Les premières œuures. Aoi<«/i^ /{aphaèl du P etit-Val y 161 1, in-ia, mar. rouge. (Première reliure.)

Joli exemplaire d'une parfaite conservation. Il a appartenu au savant Du Tilliot dont il porte la signature et une longue note autographe.

44 1- Bertaut (Jean), évêque de Séez. Recueil de quelques vers amoureux. A Paris, par la veufue Mamert Pâtisson y 1602, pet. in-8, réglé, véL, tr. dor. et dorure fleurdelisée sur les plats, aux armes.

Si Ton se rappelle l'étroite liaison du monarque et du prélat, on ne sera pas étonné de trouver les Yer» amoureux de

Bertaut dans la bibliothèque de Henri IV. Ce précieux volume est timbré, en effet par le doreur, des armes et du chiffre du bon roi, et on peut présumer que ce n'est pas celui de ses livres qu'il a le moins feuilleté, n me semble qu'il faudroit être bien insensible aux douceurs de la bibliomanie pour ne pas trouver quelque charme a un pareil souvenir.

44îi* — Le même. Recueil des œuvres poétiques. Pa^ risj i6o5, pet. in-8, mar. rouge, aux écussons. (Thouvenin.)

Magnifique exemplaire.

443. Passerat (Jan). Recueil des œuures poétiques de Jan Passerat , lecteur et interprète du roy, augmenté de plus de la moitié, outre les précédantes impressions, dédié à M. deRosny. Paris, Claude Morely 1606, in-8, mar. rouge, fil., aux écussons. (Thouvenin.)

Un des exemplaires peu communs où se trouvent réunies aux poésies françoises les Kalendœ januariœ, et autres poésies latines publiées sous la même date.

444* Vauqùelin (sieur de la Fresnaie). Ses diverses poésies. Caen, Charles Macé, 161 2, in-8, mar. rouge, fil. (Derome.)

Volume fort rare. Très bel exemplaire de M. de Pixérécourt.

445. Franeau (lean). lardin d'hyver, ou cabinet des fleurs, contenant en xxv élégies les plus rares et signalez fleurons des plus fleurissans parterres.

illustré d'excellentes figures représentantes au naturel les plus belles fleurs des jardins domestiques. A Douay, de F Imprimerie de Pierre Bor^ remansj à S. Pierre et S. Paul. (Thouvenin.)

Délicieux exemplaire d*un liyre channaDt dont les figures sont parfaites.

44^. De Vellat (Jacq. Copp.). Déluge des Huguenotz, avec leur tumbeau, et les noms des chefs et principaux, punys à Paris le xxiuj . iour d'aoust, et autres iours ensuyuans, iS^^. Paris, lean Dallier, 1572, in-8, mar. rouge, fil., aux écussons. (Thouvenin.)

Pièce très remarquable sous le rapport historique et pour la nomenclature des yictimes.

447- Lejeune (Jhérosme), Parisien. Adieu du roy de Pologne au peuple françois et aux dames de la court. Paris, Guillaume de JNyuerd (sans date) , in-8, fig. et armes sur bois, mar. rouge, fil.

Pièce rare, et que je crois inconnue.

448. Bragh (Pierre de). Les poèmes de Pierre de Brach, Bourdelois, divisés en trois livres. Bourdeaux, Simon Millanges, 1576, in-49 m^i*- rouge, fil. (Koehler.)

Ce bel exemplaire d'un livre rare m'a été donné par mon ami M. le comte d'Ourches.

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449* Sylvain de Flandrbs. Poèmes et anagrames, composez des lettres da nom du Boy et des Roynes, ensemble de plusieurs princes et gentils hommes et dames de France. Paris, Guillaume Julian, 1576, pet. in-49 mar. vert, fil. (Koehler.)

Ce triste poète s'appeloit Van den Bussche, qu'on peut traduire par Du Bois, et dont il avoit fait Sylvain. Ses ouvrages sont rares, mais ils n'ont pas d'autre mérite.

45o. Papon (Louis). Discours à mademoyzelle Panfde. A Monbrison, par L. P. S: P. M. F. J. S., 158i, in-32, mar. vert, fil., tr. dor. (Derome)^ étui en mar, bistre, tr. dor. (Thouvenin.)

Joli manuscrit sur vélin dont tous les feuillets sont encadrés dans des bordures d'or, et qui peut passer pour un des chefsd'œuvre de la calligraphie françoise au seidème siècle. Le long discours annoncé sur le titre est suivi à'emhl^nMè ei de devises â^ amour ^ ornés de petites figures peintes en or et en couleurs. Louis Papon, auteur de ces ouvrages, ne se nomme au frontispice que par des initiales, mais il a signé la dédicace en toutes lettres. C'étoit un homme d'esprit bien connu de La Croix du Maine et Duverdier, qui ne le citent toutefois que pour un ouvrage qu'il n'a pas fait : la traduction du Traité du Ris de Laurent Joubert, traité qui n'a jamais été écrit qu'en françois. Le Discours d tnademoyzeUe Panfile prouve qu'il avoit quelque talent pour la poésie, et justifie jusqu'à un certain point ce qu'ont dit à ce sujet quelques-uns de ses contemporains ; mais on comprend aisément, en le lisant, que Louis Papon, devenu prieur de Marcilly et chanoine de Montbrison, n'ait pas jugé k prc^os de mettre le public dans la confidence d'un genre de composition si peu analogue à son état;

et c'est pour cela sans doute qae ses œuvres poétiques sont inédites. Quant au chaimant manuscrit qui les contient, la coquetterie de sa précieuse exécution et de sa jolie reliure semble annoncer qu'il étoit destiné k mademoiselle Panfile ellemême, et qu'il a dft faire longtemps un des principaux ornements de sa bibliothèque. Le reste de son histoire est beaucoup plus obscur. Tout ce qu'on en sait, c'est qu'il a fait partie du célèbre cabinet de Girardot de Préfond, dont il porte k l'intérieur d'une de ses gardes Pécusson si cher aux amateurs, et qifil est mentionné dans le Catalogne de Gaignat. H me tient de notre fameux relieur Thouvenin qui me Fa cédé par échange, et qui ne m'a pas fait connoitre le dernier de ses propriétaires, f aime k croire qu'il sera mieux suivi dans ses fortunes éventuelles par l'attention des amateurs. 11 mérite de la fixer, et comme manuscrit unique, et comme un bijou calligraphique auquel j'ai vu peu de choses k comparer.

45i.Ptbrag (Guy du Faur, sieur de). Quatraius escrits en diverses sortes de lettres, par Esther Ânglois, Françoise. Uslebourg, Van 1600, pet. in-3a, oblong, mar. rouge, très riche» tr. dor., étui en mar. rouge, fil.

Délicieux manuscrit en diverses sortes de lettres ^ et par conséquent le spécimen le plus complet qu'on puisse désirer des talents calligraphiques d'Esther Auglois, célèbre calligraphe de la fin du seizième siècle. Ce nom est, k la vérité, peu connu en France ; mais il faut peut-être s'en prendre a la gaucherie de nos biographes qui semblent n'avoir conservé son souvenir que pour l'altérer. Qui se dout^oit qu'il faut aller chercher, tome XIII de la Bioçrapkie universejk, k l'article EngUsh, des renseignements sur une illustre demoiselle qui s'appeloit Anglois et non autrement? Ce qu'il y a de positif, c'est qu'Esther Ânglois passa une grande partie de sa vie en Angleterre, où elle épousa M. Kello, et oîi elle a produit presque tous ses

rares clicrs-d'œuvre. Nous en avons admiré quelques-uns dans la bibliothèque Bodléîenne. Il n'existe probablement en France que deux de ses manuscrits, la traduction de quelques livres poétiques de la Bible qui appartient au savant M. Yalkenaèr, et mon petit volume dePibrac. Encore est-il bon de remarquer que ni i*un ni l'autre n'a passé, du moins k ma connoissance, dans des ventes où l'on ait pris soin d'en signaler le mérite. Je voudrois être assez heureux pour que ma foible et tardive recommandation ne fût pas inutile à la mémoire d'Esther Ânglois, et pour détourner sur elle un peu de la faveur hyperbolique dont jouissent dans la librairie curieuse les moindres travaux de Jarry, de ses écoliers et de ses contrefacteurs ; mais quoi qu'il en soit de la valeur certainement très bornée que les amateure attacheront k un livret dont aucune réclame bibliographique n'a jusqu'ici révélé l'existence, et qui ne doit peutêtre mes éloges qu'aux préoccupations de la propriété, j'ai la satisfaction de me trouver d'accord avec son premier possesseur qui n'en faisoit pas moins de cas que moi, puisqu'il lui a accordé les honneurs de cette jolie reliure k compartiments et k petits points, si estimée aujourd'hui des bibliophiles.

452. La Primaudàte. Cent quatrains consolatoires du sieur de laPrimaudaye. Lyon,Behoist Rigaud, i582,in-8,mar. bleu, dentelle, fil. (BauzonneL)

Bel exemplaire de M. Audenet.

453. D'AvosT (Hiérosme), de Laval. Essais sur les sonets du divin Pétrarque, avec quelques autres poésies de son inuention. Paris, A bel VAngelier, i584. — Poésies de Hiérosme d'Avost, de Laval, en faueur de plusieurs illustres et nobles personnes, i583, in-8, mar. vert, fil. (BauzonneL)

Très bel exemplaire dont la seconde partie ne se trouve pas toujours réunie à la première.

454* Spipame (Martin). Les premières œuures poétiques de Blartiii Spifame, gentilhomme françois, seigneur du Grand Hostel et d'Azi. Paris, la veufue Lucas Breyer y i583, pet. in-ia, mar. vert, fil. (Roehler.)

Volume d'ane grande rareté.

455. Les Larbies, regrets et déflorations, sur la mort de Jean Ëdouart du Monin, excellent poëte grec y latin et françois , composé par François Granchier, Marchois, son nepueu et escolier. Paris, Pierre Ramier, i586. — Les Regrets sur le meurtre et assasinat commis, le 4 nouemb., à la personne de M. du Monin, excellent poète de son temps, hébreu, grec, latin, françois et italien, composé par son disciple Estienne Marchant Champenois. Paris, Pierre Hury, i586. — Complainte FUNÂBRE sur le trespas de Jean-Ëdouard du Monin, poète et philosophe, composée par T. Bretonnayau , escolier. Paris , Estienne Preuosteau, i586. — Élégie sur la mort du sieur Jean-Ëdouart du Monin, très excellent poète philosophe. Paris, Estienne Preuosteau, i586. — In OBiTUM BUSERABiLEM et luctuosum domiui de Monin, poetae et philosophi prope diuini, épigrammes et quelques sonnets françois, authore J. Rigolet Britone. Paris, Pierre Hury y i586. — Joan- Nis MoRELLi apud Burgundios classici in miserabilem indignamque necem Edoardi Monini funebris panegyrica oratio, ad suos auditores

ciassicos. ParisiiSy Steph. Preuosteauy i586,in-8, mar. rouge, fil. (Thouvenin.)

Jean Edoaart du Monia que je chéris comme compatriote, que j'honore comme savant, et dont je n'ai jamais pu lire dix vers de suite, fut assassiné à Paris, k l'âge de 29 ans, le 5 novembre A 586. Les pièces épicédiques dont se compose ce volume doivent être fort difficiles k rassembler.

456. Perrin, Autunois. Trois centuries de sonnets : contenant le vray pourtrait de la vie humaine, ou naifuement est dépeinte la corruption de la misère humaine et le bien souuerain deThomme, auec les antiquitez de plusieurs citez memora* blés, ji PariSy chez Guillaume Chaudière^ i588^ in-8, mar. violet, fil. (Koehler,)

457. PERROT(Paul), Tableaus sacrez de Paul Perrot, sieur de la Sale, qui sont toutes les histoires du y iel Testament représentées et exposées selon leur sens en poésie françoise. A Francfort, de Vimpression de Jean Feyrabendty aux despends de Théodore de Bry, 16949 pet. in -8, fig. dans le texte, mar. vert, fil. (Koehler.)

458. Du Petrat (Guillaume). Les Essais poétiques de Guillaume du Peyrat, gentilhomme lyonnois. Tours y Jamet Mettayer, iSgS, pet. in-ia, mar. bleu, fil. (Koehler.)

459. Yauchelles (François de). Les Amours et premières œuurcs poétiques de François de Louuen-

court, seigneur de Yauchelles. Paris, George Drobet, 1695, pet- in-8, mar. citron. R. A. (Lewis.)

loli ezemplaire sur papier snperfln ; je ne sais s'il en est ainsi da reste de l'édition. Le liyre est orné d'un oharmant por« trait en^taille-douee.

460. kxKkih (Pierre). L'Esté. Paris, Claude Morel, 1607, in'8, mar. violet, fil. (Koehler.)

Quatrains moraux d'un avocat qui étoit fort médiocrement poète. Son liTre me parolt rare, et il mérite d'être conservé, au moins pour un beau portraitde l'auteur dessiné par Mallery, et supérieurement gravé par Tliomas de Leu.

461. Rapin (Nicolas). Les QEuures latines et françoises de Nicolas Rapin, Poictevin, grand preyost de la connestablie de France. Tombeau de Fautheur auec plusieurs éloges. Paris, Olivier de Varennes, 16 10, in-4, mar. rouge^ fil. (Koehler,)

Un des plus célèbres poètes de son temps, et, je ne sais trop pourquoi, un des plus négligés aujourd'hui. Son discrédit pourroit bien tenir li celui des vers mesurés h la latine, genre détestable de composition auquel il eut le malheur de se livrer, k l'imitation de Balf. Le reste de ses poésies ne manque ni de force ni de grâcC) mais Malherbe itoU venu.

46a. Baddel, Bassinois. Poèmes d* Amours où se voyent les diversités amoureuses. JEn Amsterdam, imprimé par Paul Raves tey n, anno 1616, in-4, xnzv. rouge, fil. (Koehler.)

Poésies rares et fort peu connues, si tant est qu'elles le

soient de personne, mais on peut les ignorer sans aucun inconvénient. La feuille P qui doit manquer souvent dans le livre ( ce que je n*ai pas été à portée de vérifier, puisque je n*eu ai vu qu'un exemplaire), contient éei&joyeuseiés fort mal sonnantes, contre lesquelles Tauteur met prudemment son lecteur en garde par un exorde rimé en forme de précaution oratoire. Le frontispice est orné au recto d'une très jolie gravure en bois qui représente le jugement de Paris , et au verso, d'une autre figure très hardiment jetée en traits déplume. L'exemplaire est charmant.

463. Ramberuiller (Alphonse de), lieutenant général au bailliage de Metz. Les dévots élancements du poète chrestien, présentés à très cbrestien, très auguste et très victorieux monarque Henri lUI, roy de France. Paris, Abraham Pacard, 1617, pet. in-ia, fig., mar, vert. (Jansé^ niste.)

Petit volume fort négligé des bibliographes, et qui ne manque cependant pas, comme on va le voir, d'un certain intérêt. Il est orné de planches assez jolies, dues au burin de J. de Weert et de Thomas de Leu. Le soin que ces graveurs ont pris aux têtes de leurs personnages semble indiquer que ces petites figures sont des portraits; on y dislingue en effet très facilement un bon portrait de Henri IV, et un autre de Philippe Emmanuel de Lorraine. Mais pe qui, selon moi, recommande encore plus particulièrement ce livre à l'attention des amateurs, et cela ne feroit pas de doute en Angleterre , si c'étoit d'un roi d'Angleterre qu'il s'agit , ce sont deux lettres de Henri IV, insérées p. ^i 75 et p. -1 77, et qu^on chercheroit peutêtre inutilement ailleurs. Ce fait m'a paru mériter d'être consigné quelque part, au moment où l'on s'occupe de recueillir la correspondance de cet excellent prince, et où Ton se propose d'en enrichir notre littérature.

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