‹ Description raisonnée d'une jolie collection de livresChapitre 90 sur 149 · DEPUIS CORNEILLE · texte numérisé non relu

DEPUIS CORNEILLE

729. Corneille (Pierre). Chefs-d'œuvre, savoir : Le Cid, Horace, Cinna, Polyeucie, Pompée^ Rodogune, avec le jugement des savants à la suite de chaque pièce. Oxford, Jacques Fletcher, 1746, in-8, mar. rouge, fig. aux écussons. (Thouvenin.)

Exemplaire en grand papier, orné du portrait de Corneille et des figures de Moreau, épreuve avant toute lettre.

730. — Le Cid, tragi-comédie (à la Sphère)^ Suivant la copie imprimée à Paris, 1644» petit in-iâ, mar. rouge, fil. à froid. (Duru.)

Exemplaire non rogné de la véritable édition elzévirienne.

73 1. — Polyeucte, martyr, tragédie (à la Sphère). Suivant la copie imprimée à Paris, 1648, petit în-ia, mar. rouge, fil. à froid. (Duru.)

Exemplaire non rogné de 1^ véritable édition elzévirienne.

On sait que l'édition prétendue elzévirienne du tiMUre de P. Corneille est sortie des presses de Wolfganck, et que les Ebéviers eux-mêmes n'en ont imprimé qu'un petit nombre de pièces, dont cinq ou six se trouvent quelquefois réunies

dans un yolume fort rare, auquel un spéculateur, plus ou moins postérieur k leur époque , s'avisa d'attacher un titre postiche. Quand on n'a pas ce précieux petit livre, et on n'en connott que trois ou quatre exemplaires, il faut se contenter de recueillir quelqne&-unes de ces pièces isolées, k mesure qu'on a le bonheur de les rencontrer, et cela n'arrive pas souvent. Cependant, comme leur nombre ne s'élève pas k plus de douze ou quinze au plus, qui sont a la vérité choisies parmi les meilleures, cette bonne fortune n'est pas tellement sans exemple, qu'elle ne puisse couronner les vœux de plus d'un amateur. Quant k la prétention de les rassembler en exemplaires brœhiê ou non rôgnét^ elle seroit peut-être extravagante. Je ne suis jamais parvenu qu'au second, et l'âge m'avertit que je n'ai plus le temps d'atteindre le troisième. C'est réellement dommage, car les presses des EIzéviers n'ont rien produit de plus net et de plus élégant.

7 3 a. Racine (Jean). Œuvres. Paris, Thierry, 1679, 2 vol. in-ia, mar. bleu, fil., fig. (Dura.)

ÉDinOlf ORIGnfALB.

L'édition la plus ancienne des omvrei ou plutôt, du théâtre de Racine, Esiher et Aihalie exceptées, est celle qui porte la date de ^ 678, et qui est sortie des presses de Wolfganck, mais que sa singulière beauté a fait ranger parmi les éditions eizéviriennes ; elle a donc sur celle-ci un an de priorité ; toutefois, on ne peut la considérer conune édUian origin€Ue des • cmvreiy puisqu'elle ne se compose en réalité que de pièces publiées une k une, puis rassemblées après coup sous un titre et une date po$tiche$. La première édition consécutive ou exécutée sous le chiffre continu, et la seule qui puisse être considérée comme pnncepj, est celle que j'annonce. La tragédie de Phèdre, qui termine le second volume, y est cependant encore placée sous sa pagination particulière, parce que l'édition originale de cette tragédie, publiée en 4 677, n'étant pas

encore épuisée, on jugea à propos de s'en servir pour compléter les œuvres et de s'épargner ainsi les frais d'une réimpression. Cette édition de ^679 est extrêmement rare et toutrà-fait digne de l'intérêt et de l'estime des gens de lettres, ayant été imprimée sous les yeux de Racine qui la regardoit alors comme la collection définitive de ses ouvrages, et qui ne rentra que dix ans après dans la carrière du théâtre. Les gravures de François Ghauveau y sont de très belles épreuves. Le frontispice général et celui de Phèdre^ sont dus au crayon de Le Brun, et gravés par Sébastien Leclerc.

Une particularité qui ajoute encore à la valeur de ce précieux exemplaire , c'est qu'il a appartenu à Racine le fils, dont l'écriture si connue ne peut se confondre avec aucune autre, si ce n'est pourtant avec celle de son père dans ses autographei les plus nets et les plus soignés. Louis Racine, dont la mémoire étoit parfaitement ornée de lectures classiques, se plaisoit, comme on sait, k rechercher les imitations des anciens que Racine avoit fait passer dans ses ouvrages, et il en a porté trois ici, sur la marge supérieure d*Iphigénie et de Phèdre, tom. II, pp. 506, 44 et sr

Duru n'a jamais fait de reliure plus irréprochable et plus élégamment simple que celle de ces beaux volumes.

N. B. A l'instant oà je relis cette feuille (2\ novembre 'l 845), la septième livraison du Manuel du Libraire vient m'apprendre l'existence d'une édition collective de Racine , imprimée en 1676, et que M. Âdry n'a pas plus connue que moi. C'est donc \ celle-là qu'il faut restituer le titre usurpé d'édition originale que j'ai donné par ignorance k l'édition de -1679 ; mais cette dernière n'en reste pas moins une édition fort rare, et, peut-être même n'est-elle autre que celle de \ 676, munie de nouveaux titres quand il fut à propos d'y joindre Phèdre, que Racine regardoit alors comme son dernier ouvrage de théâtre.

733. — Esther, tragédie. Paris ^ Thierry, 1689. — Athalie, tragédie. Paris, Thierry, 1692, 2 part.,

1 vol. in-iâ, mar. bleu,doobl. mar. rouge, dent, aux armes. (Reliure ancienne,)

Très bdl exemplaire en papier fort, qui est propre<k compléter l'article précédent, puisqu'il contient en éditions originales les deux tragédies qui n'ont pas pu y être comprises. J'appelle originale cette édition à'Atkal^^ parce qu'elle est la première in-^2. Nous verrons dans un moment la véritable édition prineepi de cet admirable ouvrage.

734. — Œuvres, nouvelle édition, augmentée de diverses pièces et de remarques, etc. Amsterdam et Leipzig, chez Arkstée et Merkus, 1760, 3 vol. in-ia, fig., mar. rouge. (Duru.)

Exemplaire non rogné.

Cette édition dont on connott des exemplaires sous la date de ^745, est fort recherchée des amateurs, quoiqu'elle ne. soit pas remarquablement belle, et que les figures de Boulogne, dont elle est ornée, n'ajoutent pas beaucoup à son mérite ; mais elle est nette, correcte, soignée par un éditeur intelligent, et enrichie d'ailleurs des utiles et curieux travaux de d'Olivet, Desfontaines, Racine le fils, etc., sur le théâtre de Racine. Elle contient entre autres choses un recueil de variantes et diverses leçons, tirées des éditions précédentes, qui suffirolt pour lui donner l'avantage sur toutes les autres; je n'ai pas besoin de dire que les exemplaires dans l'état de conservation ob se trouve celui-ci, peuvent être comptés au nombre des livres rares.

735. — Atbalie, tragédie, tirée de FËcriture-Sainte. Paris, Thierry, 1691, iii-4^ fig^ DMir. rouge, fil. (Reliure ancienne.)

Edition originale, in-4.

C'est ici, comme je Tai dit, la première édition à'Aihalie

imprimée probablement pour Tusage de la coar, k l'oeeasion des premières représentatioDs domiées k Saint-Cyr. Les exemplaires en sont rares, mais ce qui donne une yaleur particulière k celui-ci, c'est qu'il provient de la bibliothèque de Saint-Cyr, dont il porte les insignes ordinaires, et qu'on peut imaginer, sans pousser trop loin les présomptions flatteuses de la propriété, qu'il a servi aux études et aux répétitions de l'ouvrage. Ce que cette idée a d'attrayant pour un biblio^Me, se passe aisément d'être expliqué.

736. Molière (J.-B.Poquelinde). Œuvres. Nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée d'une nouvelle vie de l'auteur et de la Princesse d'Elide, toute en vers, telle qu'elle se joue à présent, imprimée pour la première fois, ornée de très belles figures gravées d'après celles de l'édition de Paris, in-4. Amsterdam, fTetstein et Smith, ^74'? 4 vol. pet. în-ia, mar. vert, fil. (Derome.)

charmant exemplaire d'une jolie édition pour laquelle ont été gravées les figures de Punt, réduites d'après celles de Boucher, et qui en contient, par conséquent, les premières épreuves.

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