CROIX -DU -MARCHÉ
La réunion des quatre rues porte le nom de Croix-du-Marché , dont on voit la première mention vers la fin du XVI* siècle. Peut être ne fut-ce qu'alors qu'on la débarrassa suffi* samment pour y établir le marché des denrées. Ce lieu est devenu insuffisant pour le débit, qui se fait aujourd'hui jusque sur la rive du lac et dans la rue de la Balance. Les montagnes de la seigneurie de Yalangin , renfermant une nombreuse
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population industrielle y et dont le sol ne peut suffire à son ebtretien , trouvent une grande partie de leurs comestibles au marché de Neucbàtel. La consommation a encouragé la culture des légumes dans les environs de la ville. L'abondance des denrées qui sont amenées au marcbé, les maintient h un prix tolérable.
Les premières constructions de la ville basse durent se foire dans ce quartier, mais sans aucun alignement et à mesure que le sol se formait. On laissa seulement un passage dès la Maleporte au torrent, qui devait avoir à cette époque un lit encore assez large, puisque Ton y construisit les boucheries (i). Il parait que les terrains étaient au premier occupant (k), aussi cette place devait -elle être fort resserrée à raison de cette confusion dans les constructions ; on y réserva cependant un passage étroit, descendant de la tour de Diesse au bord' du lac par le quartier où est la ruelle Fleur y. On retrouve encore , dans ce passage sinueux et irrégulier dès la Croix-du-Marcbé, une image de Tancienne distribution des rues et de la construction des maisons. Quelques - unes de ces dernières datent du commencement du XYI*^ siècle. 11 y avait des bancs de boucherie appartenant à des particuliers; trois autres étaient au seigneur, ce qui indiquerait que les premiers du moins furent établis lors de Tacte de 1214.
(i) Le seigneur, par la charte de i21(r, avait fixé les droits qu'il retirerait sur divers articles de consommation , principalement sur la viande , mais Tentreprise n'était point publique ; cependant le Magistrat avait Tinspeclion sur les boucheries qui étaient propriétés particulières. La ville paie annuellement pour le droit de boucherie 100 livres de suif au souverain, et les langues des bœufs et des vaches qui faisaient partie de la pension du gouverneur. Elle retire des bouchers un droit en argent pour chaque bè(o à cornes quMLs tuent, prix fixé pour chaque espèce. Pour prévenir les abus résultant de la vente du bœuf et do la vache h la même boucherie, chacune de ces bétes a sa boucherie. Le petit bétail s*y vend indistinctement.
(k) Arrêté du conseil de la ville en 1454 : Ordonne que personne n'ail à se piller les places communes.
Les seconds l'étaient déjà sans doute quand les seigneurs fixèrent leur demeure à Neuchâtel , et ils servaient à lapprovisionnement du château. Au commencement du XYI® siècle , le Magistrat acheta les boucheries particulières , et Jeanne de Hochberg lui vendit celles du seigneur en 1537. Toutes furent placées d une manière plus salubre sur le courant du Seyon^ sous l'ancien hôtel-de-ville, et la place de b Croix-du-Marché commença à être déblayée. Il existait sur cette place une fontaine au commencement du XV I*' siècle ; mais elle était peu considérable , car elle portait encore le nom de petite fontaine en 1568. L*on ne sait quelle eau y coulait alors ; en 1584 on y amena celle qui alimente aujourd'hui la fontaine de Saint-Guillaume. Le pennon en fut peint en 1519, mais la colonne que Ton voit aujourd'hui dans son bassin, trop forte pour une petite fontaine, parait dater, avec le Suisse qui soutient le pennon, de sa restauration en 1581.